Et hop, rapidement une histoire !
Quelqu’un frappa à la porte… Gloubeurg Mange-Trippes leva le nez de son assiette, la sauce de la viande lui coulant encore au bout des doigts. Il n’aimait pas être dérangé, et encore moins à table. « Entrez » beugla-t-il de sa voix rauque et un petit gnoblar fit timidement son entrée dans la yourte. Il n’avança que d’un pas sachant qu’il finirait dans l’estomac du tyran s’il approchait plus près. « Euh… Chef, ch’sais bien k’vou zaimez pas etr’ dérangé pendant la bectanss’ mais y’a un zom qui veux vous parler et les zautr’ gars l’r’garde bizar’ment, genr’ la bave aux lèvr’ koi…
- Kess’ ki veut c’lui-là ?
- Ben… j’ai pas tout kompri mais en gros y veut nou payer pour une baston.
- Hmmm… Du taf, hein ? Bon j’arrive ». L’ogre se lécha les doigts, les essuya dans son pagne et il se leva de table. Il prit le crâne emplit de bière devant son assiette et ingurgita le breuvage d’un seul trait. Il éructa bruyamment. Il prit sa massue dans sa main gauche et ses gros doigts boudinés retrouvèrent leur place ne faisant qu’un avec l’arme, comme s’ils étaient sculptés d’un seul bloc. Il sortit de sa tente et arriva au beau milieu de sa tribu ogre qui se délectait en observant l’humain sur son cheval. « Salut, lui lança-t-il en levant la main droite.
- Bonjour, vous êtes le dénommé Gloubeurg Mange-Trippes, n’est-ce pas ?
- Ouep mon pote, c’est moi !
- J’ai ouï dire que vous vendiez vos services.
- Korrekt’ !
- Alors voilà le plan. Le comte de la région veut nous annihiler de ses terres car il n’aime pas notre… hum… trafic. Son armée est bien plus nombreuse que nous et on risque de se faire massacrer. D’où ma venue ici. Vous venez nous aider avec vos… euh… troupes et nous, en échange, on vous paye 1000 pièces d’or.
- Oké mais on garde les kadavr’ d’la baston, ça f’ra toujours d’la viande fraîche !
- Si vous voulez.
- Alor’ tap’ là, mon pote » l’ogre arriva au niveau de l’humain. Il dépassait encore d’une tête (d’ogre) le cavalier sur son cheval. Il tendit sa main droite que l’homme tapa. C’est à cet instant que le cavalier comprit ce que son fils de 3 ans ressentait quand il tapait de toutes ses forces dans la main de son père… Il chassa cette pensée, fixa l’ogre et lui annonça « Alors on se revoit à la plaine de Veharg dans 3 jours ». Gloubeurg acquiesça et le cavalier partit du village, toujours observé par les ogres de la tribu dont certains ventres commençaient à gargouiller. Le tyran rompit le silence : « Hal-P’un, viens ici ! »
Un ogre massif, vêtu de peaux de bêtes arriva d’un pas lourd, mais décidé, devant son chef. « Koi ?
- Tu pass’ras par les montagne pour nous r’joindre dan 3 jours. Tu ira d’mander un koup d’main aux yétis ki y vivent. Et puis, en passant d’vant la kavern’ maudite, tu laiss’ras un peu d’viande… On aura p’têtre la visit’ des kannibales, hur, hur, hur…
***
La poussière s’estompa laissant apparaître les ogres qui mangeaient les cadavres impériaux. Gloubeurg et sa garde personnelle arrivèrent vers leur employeur qui prit la parole le sourire au lèvre « Merci, sans votre aide nous serions morts à l’heure qu’il est. Voici vos 1000 pièces d’or » il montra un petit coffre bien accroché sur la selle de son cheval. Gloubeurg « Ouep, mais y’a un p’tit souci… On a enkor faim !» Le visage souriant de l’homme se glaça d’effroi quand il comprit qu’il finirait dans l’estomac de l’ogre. Il voulu prendre la fuite avec ses troupes mais ils étaient encerclés de ventres durs, leurs massues à la main…