Voici donc ma fiction, baptisée comme vous avez pu le voir " Les Chevaliers d´Opale".
Sans oublier de remercier Silver pour sa correction, voici le premier chapitre en espérant que vous aimerez. Bonne lecture.
---------------->Les Chevaliers d’Opale
Acte I : L’Armée Noire
Chapitre 1 : Organisation
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La Grand-place d’Opale affichait complet en ce premier vendredi de mai, où, comme chaque année, à cette période, depuis cinquante ans, s’ouvrait le Festival d’Opale, célèbre dans tout Tierra. Pour l’année de son cinquantenaire, les organisateurs avaient vu grand.
A chaque nouvelle ouverture, c’étaient quelques millions de visiteurs venus des quatre coins du monde qui procédaient dans les rues de la ville en chantant et en s’amusant. Seulement, cette année-ci, en plus des 50 ans du festival, les tierrans fêtaient l’anniversaire du plus grand évènement de tous les temps. Agée aujourd’hui même de 1000 ans, la victoire du roi humain Opale sur l’Armée Noire du puissant sorcier Armaggedon avait enclenché une restructuration complète de Tierra et des peuples qui y vivaient.
Pour fêter dignement l’évènement, les dirigeants de tous les peuples tierrans avait été invité à se rendre dans la « Cité du Roi ». Evidemment, la nouvelle fut accueillie partout dans le monde comme une véritable révolution. Jamais en effet depuis la victoire d’Opale et de ses troupes cosmopolites, tous les peuples ne s’étaient à nouveau réunis. Révolution d’autant plus importante et symbolique qu’aucun des dignitaires n’avait décliné l’offre de Cid, le maire de la ville.
Comme pour faciliter l’organisation titanesque de l’accueil de ces hauts représentants des peuples tierrans, tous avaient décidé d’arriver aujourd’hui même. L’effervescence qui régnait autour de la Porte d’Ibéria, la porte principale de la ville, était à la hauteur de ce qui avait été fait pour accueillir comme il se devait toutes ces personnalités.
Agé d’une vingtaine d’année, Bruno Gallandre avait du mal à cacher son anxiété. Habillé d’un ensemble noir qui recouvrait une chemise blanche, le jeune homme, qui n’était autre que le responsable de l’organisation de l’évènement, décroisa les bras et se passa une main dans les cheveux. Noirs comme sa veste, ceux-ci retombèrent implacablement sur un front lisse qui laissait néanmoins apparaître une cicatrice imposante à gauche. Bruno qui ne tenait plus en place décida finalement de partir en ville vérifier que tout ce qui devait être prêt l’était. Il descendit de l’estrade sur lequel il se tenait, à la grande surprise de Cid :
- Bruno ! !!!! Mais où est-ce que tu vas ? Ils vont arriver dans un instant ! ! s’écria le maire.
- Je sais mais ça fait une heure qu’ils doivent arriver dans un instant et sauf votre respect monsieur le Maire, je ne tiens plus en place. Je vais faire un dernier tour en ville histoire de vérifier que tout se passera bien.
- Bien. Comme tu veux mais si ils arrivent et que tu n’es pas là, je t’appelle et tu auras deux minutes pour revenir. Je ne peux pas accueillir de telles personnalités sans celui qui à tout organisé pour elles.
- Ne vous en faites pas monsieur, je serais revenu à temps, conclut le jeune homme en se dirigeant vers une berline garée sur le côté de l’estrade au volant duquel était assis le chauffeur de Bruno.
L’homme avait une main posée sur le volant de cuir de sa voiture, pendant que l’autre alla chercher ses lunettes de soleil sur le siège passager. Voyant que son patron allait monter, Roberto démarra le moteur et ouvrit sa fenêtre. Bruno ouvrit la porte à l’avant du véhicule et s’installa à côté de son chauffeur. Bien que professionnellement, les deux hommes apparaissaient comme patron et employé, ce qu’ils étaient, ils partageaient une relation particulière, et ce, depuis que Roberto prenait soin de Bruno, depuis son enfance. Après avoir été le majordome de la famille Gallandre pendant deux décennies, Roberto s’était vu proposé un poste auprès de Bruno qu’il considérait comme son fils.
- Il faut vous détendre Monsieur, esquissa Roberto avec un sourire.
- Roberto, depuis vingt ans que l’on se connaît, je t’ai déjà dit de m’appeler Buno, et pour la détente, on verra plus tard. Là il faut que tu m’emmènes en ville, je ne tiens plus ici.
- C’est parti.
Et Roberto enclencha la première.
- Bruno ! !!!!!!! Attends moi ! !!!!
Un jeune garçon, d’une quinzaine d’années, habillé d’un jean classique et d’une chemise bleue courait, sa queue de cheval châtaine virevoltant à droite et à gauche, vers la berline. Roberto remis le point mort et ouvrit la fenêtre du côté de son patron.
- Je … Je viens avec toi frangin, réussi à placer le jeune garçon entre deux inspirations.
- Et pourquoi tu viendrais avec moi Hervé ?
Roberto éclata de rire, ce qui ne troubla en rien les deux frères qui firent mine de ne rien entendre. Seul le regard bref de l’aîné suffit à lui faire comprendre que ce rire intempestif n’était pas réellement utile. L’homme se tu mais ne peut s’empêcher de sourire. Bruno se tourna à nouveau vers son frère.
- Il sait quand tu n’es pas sérieux Bruno, sourit à sont tour Hervé.
- Allez monte et attache ta ceinture, c’est Roberto qui conduit.
Cette fois-ci, ce furent les deux frères qui éclatèrent de rire pendant que Roberto effaça le sourire de son visage et, feignant la vexation, démarra en trombe vers l’avenue principale qui sortait de la place.
L’Avenue des Lys était surplombée d’immeubles commerciaux. Aucun ne dépassait pas les quatre-vingts mètres de hauteur mais tous étaient décorés de banderoles et de fleurs. Quelques baudruches flottaient de ci de là se rappelant aux cieux d’Opale. Aucuns de ces immeubles n’étaient ouverts au public. Les seuls commerces qui offraient leurs services aux clients potentiels restaient les marchands de glace et de beignets dont la majorité avaient pris place dans le Parc de Quendzidine, du nom du premier maire de la ville.
Le parc accueillait en effet la plus grande attraction du festival. La Troupe d’Hébus, célèbre dans le monde entier pour la qualité de ses pièces avait en effet choisi ce parc pour y jouer une reconstitution de la Bataille d’Ibéria, qui avait vu la victoire des troupes d’Opale sur les Soldats Noirs voilà mille ans. Les treize Trolls qui composaient la troupe avaient d’ailleurs engagé quelques centaines de figurants pour offrir le réalisme le plus saisissant possible aux spectateurs. Un immense amphithéâtre en bois avait d’ailleurs vu le jour sous les coups de marteaux de centaines d’ouvriers et de menuisiers.
- Pourquoi tu n’as pas voulu organiser cette pièce dans l’opéra de la ville ? se demanda Hervé.
- Simplement parce que la scène y est bien trop petite pour que la troupe puisse y jouer la Bataille d’Ibéria. Et une reconstitution en plein air est bien plus agréable. Toujours est-il que les tribunes que l’on a montées autour de la scène du parc peuvent tout de même accueillir dix milles spectateurs. Et il aura tout de même fallu quatre mois pour les dresser.
- Et cela force le respect, termina Roberto avant d’accélérer et de s’engager sur le Boulevard de la Cathédrale.
L’imposant édifice surplombait le boulevard de ses cent vingt mètres de haut. Le clocher s’avérait être le plus imposant du continent, d’autant plus qu’il abritait trois énormes cloches. La plus grosse d’entres elles pouvait se vanter de ses trente tonnes de poids. Cent vingt hommes durent être déployés pour la démonter et la nettoyer pour l’occasion, au même titre que ses deux sœurs de bronze. De la chaussée, seule la façade était visible, mais au vu de l’architecture et du soucis de la finition qui semblait avoir habités les bâtisseurs, il ne faisait aucun doute quant à la grandeur de l’édifice, aussi magnifique de l’intérieur qu’imposant de l’extérieur.
Le boulevard prenait fin sur un imposant carrefour giratoire. Les trois voies de la chaussée s’écartaient à l’entrée du rond-point pour laisser place a cinq files circulaires, au centre desquels se dressait une statut de bronze du roi Opale, victorieux. Pas moins de huit sorties différentes s’offraient aux conducteurs. La première, au nord, indiquait le Parc de Quendzidine et la Cathédrale d’Opale, la seconde, indiquait quant à elle, la Bibliothèque Nationale de Centra, suivie par une troisième sortie en direction du stade la ville. Les trois sorties sud indiquaient respectivement, d’est en ouest, « Hôtel de Ville », puis « Muséum d’Histoire Naturelle » au sud, et enfin, la sortie sud-ouest indiquait la fierté de la cité et de ses habitants, le Lycée d’Opale, fleuron militaire et culturel de tout le pays et mondialement reconnu. Il était enfin possible de rejoindre le périphérique par la sortie est, avant de prendre la direction de la « Chambre du Commerce et de l’Industrie d’Opale » par la dernière sortie du rond-point. Suivant l’itinéraire décidé par Bruno, Roberto sortit en direction du stade.
« Stade Orasmo Ruiz » pouvait-on lire à l’entrée du complexe sportif qui, outre les piscines et autres courts de tennis, comptait surtout un stade de quelque cent mille places, lieu des plus grandes victoires des équipes de football ou de rugby d’Opale. On pouvait entendre aux abords du stade les répétitions du gigantesque concert prévu dans l’enceinte de l’édifice qui s’était offert pour l’occasion une pelouse entièrement replantée.
- Orasmo Ruiz fut l’un des plus grands présidents de Centra, si Opale et le pays sont aujourd’hui si développés, c’est grâce à cet homme, entama Hervé, sûr de lui.
- Tous les plus grands artistes chanteront ici ce soir pour l’ouverture du festival. Ce sera fantastique, se félicita Bruno, exalté par la fierté du travail exceptionnel que lui et son équipe avaient fourni pour organiser un tel évènement.
- Pour ma part, tout ce dont j’ai hâte, c’est bien la rencontre entre Opale et Munienne demain soir. Une demi-finale du championnat de football de Centra de cette acabit là, ça ne se refuse pas, remarqua Roberto.
- Ils n’ont aucune chance, nous sommes trop forts pour eux ! !!! s’excita Hervé en frappant du pied le siège devant lui. Siège sur lequel était bien évidemment installé son frère.
- Mais tu n’en as pas marre de taper dans ce siège à chaque fois que tu montes dans cette voiture ! !!!! fulmina Bruno en se retournant vers son frère.
- Et tu crois vraiment que ça vaut que ça vaut la peine de brailler comme ça ! !!! surenchèra Hervé.
Voyant que le débat fraternel ne mènerait à rien, Roberto pris les choses en main.
- A l’age que vous avez, il est certain que se crier dessus ne résoudra rien. Admirez plutôt ceci, dit-il en pointant le stade du doigt.
Les deux frères fixèrent le doigt du chauffeur et purent voir une gigantesque banderole multicolore flotter dans les airs, surplombant l’entrée du stade. Bien plus imposante que celle de la Grand-place, on pouvait y voir affiché le programme entier des premiers jours de fête, outre le spectacle de la Troupe d’Hébus ou le concert géant, on y lisait aisément :
-------------Demain soir, 21 heures, ------------------------Stade Orasmo Ruiz d’Opale -----------
--------Demi-finale du Championnat de Centra-----
Cercle Athlétique Opalien – Olympique de Munienne
Roberto ne pu s’empêcher de laisser paraître la hâte qui le tenait. Les deux frères en oublièrent leur querelle et Roberto pris la direction de l’Opéra.
Arrivé à hauteur du bâtiment, personne.
- C’est bizarre, le directeur et ses employés devraient être là, s’inquiéta Bruno.
- J’ai un mauvais pressentiment, continua Hervé en ouvrant sa portière.
Les trois hommes sortirent de la berline et se dirigèrent vers l’entrée.
Ils furent accueilli par le directeur de l’Opéra, courant vers eux. Terrorisée, ce dernier ne parvint à articuler que quelques mots.
- Les Wolfs, ils sont sortis . ..
Espèce de loup extrêmement dangereux peuplant toutes les plaines de Tierra. Les Wolfs arborent un pelage gris ou marron suivant le sexe, respectivement mâle ou femelle de l’animal, recouvrant une cinquantaine de kilos de muscles. Véritables carnivores, machines à chasser, les Wolfs sont également craints pour leur mâchoire, l’une des plus puissantes des canidés tierrans. Une mâchoire parsemée de quarante deux crocs affûtés, surmontée par deux yeux rouges sang. Le tout reposant sur quatre pattes suffisamment musclées pour mettre à mal un animal de quatre fois son poids.
- Les Wolfs, …, pour le parc zoologique ? trembla Roberto.
- Oui. Le camion qui devait les emmener au parc s’est renversé en passant devant l’Opéra et les animaux se sont échappés pour entrer à l’intérieur, parvient à dire Stanislas Lefigier, le directeur de l’Opéra.
Un cri brisa le silence qui venait de s’installer.
- Hervé, on n’a pas le choix, prends ton arme et viens avec moi à l’intérieur. Roberto, appelle le Lycée, qu’ils nous envoient quelqu’un.
Les deux frères ouvrirent le coffre de la berline. Un double fond cachait un fusil à pompe et deux revolvers de type 9 mm que Bruno saisit et s’attacha autour de la taille. Hervé se contenta quant à lui d’ouvrir la mallette qui se trouvait à côté de l’arsenal de son frère. Celle-ci contenait deux dagues de taille moyenne, parfaitement aiguisées. On pouvait lire sur les deux poignées en bronze « Hervé Gallandre » et sur les lames de chaque dague, « Les Deux Jumelles », ainsi que le jeune homme avait baptisé ses deux armes blanches qui ne l’ont jamais quitté depuis qu’il avait appris à se servir de telles armes.
Désormais équipés, ils pénétrèrent dans la salle de l’opéra et y trouvèrent une meute enragée, et un homme, gravement blessé. En s’approchant du malheureux, les deux hommes se rendirent vite compte de la difficulté de la situation. Il s’avérait en effet que la meute qu’ils espéraient maîtriser comptait une quinzaine d’individus, tous plus agressifs et affamés les uns que les autres. Et un malheur ne venant jamais seul, trois autres monstres surgirent derrière eux, leur coupant ainsi toute retraite. Ils n’eurent alors d’autres choix que de se préparer au combat. Bruno sortit ses deux revolvers et les chargea, prêts à faire feu. Son frère s’adossa à lui et sorti ses deux dagues de leur fourreau. Les Wolfs s’approchaient patiemment des deux hommes, le malheureux blessé venait de perdre connaissance.
Le téléphone portable de Bruno sonna.