Avant de commencer à vous parler de mon ressenti sur le jeu, je précise que j'ai été obligé d'enlever un quart de mon texte, à cause de la limite des 5000 caractères.
J'ai donc été contraint d'occulter totalement la description globale du jeu, pour me concentrer uniquement sur mon avis.
Malgré les 60h que j'ai passé sur Death Stranding, il m'est difficile de noter la dernière oeuvre de Kojima, tant celle-ci souffle le chaud et le froid tout au long de l'aventure.
Tantôt ridicule dans sa façon d'expliquer et de décrire son propos, tantôt chargé d'émotions avec sa bande son et sa motion capture d'exception.
En effet, d'un côté le jeu s'avère étrangement addictif et chronophage, bien qu'ici on ne va faire quasiment qu'une seule et unique chose pendant 90% du jeu: Livrer des colis.
Les 10% restants sont constitués de séquences d'actions, à la mise en scène réussie, mais au gameplay basique et limité. Ces moments sont souvent déconnectés du reste du jeu et n'apportent pas grand chose, hormis un semblant de variété.
Toute la difficulté du jeu va résider dans votre façon d'appréhender et de parcourir l'Open World qui, contrairement à la grande majorité des jeux, n'est pas ici créée pour facilité la vie aux joueurs, mais bien au contraire pour lui poser des problèmes.
En faites, c'est aux joueurs de s'adapter au monde et non pas l'inverse.
Le gameplay n'est pas fait pour vous satisfaire, mais plutôt pour vous faire ressentir toute la difficulté d'un tel voyage.
C'est ce qui fait à la fois la force du jeu mais aussi sa faiblesse.
Sa force d'abord, car l'immersion et la sensation d'accomplissement est totale, lorsque l'on aperçoit enfin le centre de distribution, après avoir réussi à gravir un col enneigé parsemé d'embûches et d'échoués, le tout accompagné d'une belle musique, mais avec l'impossibilité de les écouter pendant nos très longues et laborieuses sessions de marches.
Ces séquences deviennent néanmoins de plus en plus faciles, grâce aux constructions et aux améliorations que vous obtiendrez au fur et à mesure de votre progression.
Ce qui m'en vient directement à parler de ses faiblesses puisque, même si l'ambiance et les panoramas sont au rendez vous, vous n'en ressentirez que plus la répétitivité et la redondance de votre quête, car vous allez passez au minimum entre 30 et 40h pour terminer l'histoire principale.
Un scénario qui, pour ce qu'il a à raconter, aurait plus eu sa place dans un long métrage de 2h30 que dans un jeu vidéo de 40h.
Car ici ce qui vous poussera à avancer, c'est bien la curiosité et le sentiment de vouloir connaître la suite de l'histoire.
Même si on ressort époustouflé par la motion capture de haute volée et la mise en scène incroyable de certaines séquences, certains passages sont parfois maladroitement racontés.
Des séquences qui sont également de qualités inégales, avec parfois des longueurs et des dialogues complètement inutiles, même si c'est sans doute volontaire de la part d' Hideo Kojima.
Le jeu veut tellement s'assurer que le joueur comprend son propos qu'il en devient par moment écœurant dans sa narration.
Même si l'intention et les thèmes abordés ici sont louables, avec une véritable prise de risque dans son gameplay, surtout pour un triple A, le jeu se perd souvent en chemin en voulant en faire trop.
Mais cette prise de risque là, il faut la saluer et l'encourager, même si elle est par moment maladroite dans son exécution.
Au final, j'ai aimé le voyage sans pour autant l'adorer, j'ai compris son propos et ses enjeux sans pour autant y adhérer totalement, la faute à un scénario trop alambiqué qui traîne inutilement en longueur.
J'ai un sentiment assez partagé après l'avoir terminé.
À mes yeux, ce n'est clairement pas un chef-d'œuvre, mais ce n'est pas non plus un mauvais jeu, loin de là.
C'est une expérience enrichissante, à travers un voyage où l'on se sent à la fois seul et connecté aux autres.
Pour moi, la legitimité de Death Stranding se situe dans le fait qu'il ne ressemble à aucun autre jeu.
Et même si cela ne fait pas pour autant de lui un produit d'exception, il vaut quand même la peine d'être jouer et terminer, non seulement pour avoir la vue d'ensemble d'une oeuvre qui reste, malgré ses défauts, une denrée rare et originale dans un univers du jeu vidéo qui est aujourd'hui extrêmement formaté et prévisible, pour plaire à la grande majorité des gens.