Divinity II parvient à dépasser son aîné (déjà révéré comme l'un des meilleurs RPG de sa génération) et à sublimer l'expérience de jeu en se dotant de nouvelles fonctionnalités, d'une direction artistique irréprochable et d'une écriture toujours aussi fine.
Si DoS 2 propose une expérience agréable en solitaire, il apparaît vite que le soft a été taillé pour la coopération large (à 4 ou 2 en écran splité) : de nombreuses fonctionnalités viennent enrichir un titre déjà généreux (la possibilité de détourner l'attention des PNJ pour faciliter un larcin, glisser des objets dérobés dans l'inventaire d'un de ses "amis", envoyer l'un de ses comparses en prison pour rafler le loot, etc.), même si l'exécution n'est pas exempte de défauts :
- L'expérience de jeu à 4 donne le sentiment d'être "amputé" d'une partie du plaisir de jeu, à moins d'imposer une discipline de fer à ses amis : chacun peut vaquer à ses occupations et lancer ses propres conversations, sans inclure les autres joueurs. Bien vite, le groupe se disperse, mène ses propres aventures et on se retrouve rapidement - via Discord (implémenté dans le jeu, la bonne idée !) - à relater ses exploits et expliquer l'avancée du scénario : "Bon, j'ai vu tel PNJ qui m'a dit que, en lien avec telle quête, donc faut qu'on..." (vous voyez l'idée ?) Dès lors, on se sent un peu perdu, à suivre des indications nébuleuses, suivant le principe du téléphone arabe et ne comprenant pas toujours ce qui se passe...
- Des interactions sociales, au final, assez limitées : on s'imaginait s'embarquer dans des discussions à 4, où chacun défendrait son parti et tenterait d'influer sur le cours de la conversation. Au final - et c'est plutôt décevant - ce genre d'interactions se veut rare (grosso modo 2 - 3 % des dialogues) et on a le sentiment d'être, la plupart du temps, relégué au simple rang de spectateur. On tombe vite dans l'écueil du : "Le premier à engager la conversation décide du sort de la mission".
- De sérieux problèmes de lisibilité et d'ergonomie : DoS2 offre une bonne dose de difficulté et il faudra prendre soin de constamment optimiser son personnage et la synergie du groupe. Toutefois, on reste un peu confus devant certains combats où se mêlent, de manière assez brouillonne, effets graphiques, sorts surpuissants et éléments de terrain. Difficile de décrypter clairement l'action au milieu d'une traînée de flamme (et de voir la menace d'une attaque d'opportunité) ou de situer son allié dans le décor (mon chevalier nain, invisible depuis les fougères). Et enfin, comme mentionné dans le test, on se heurte à l'austérité du journal de quête, sans réelle indication, parfois cryptique et qui offre peu de cohérence.
Malgré ces petites lacunes, DoS 2 reste un indispensable. Que l'on soit mordu de RPG (les rôlistes s'y retrouveront totalement, notamment avec le mode Game master, prometteur mais perfectible), désireux de vivre un expérience coop digne de ce nom ou un fan du premier, difficile de passer à côté. On s'émerveille, on fulmine, on s'esclaffe et on aime - seul ou à plusieurs - un jeu d'une générosité incroyable, à l'humour savamment dosé et aux possibilités folles. Chapeau bas, Larian Studios !