En voilà une exclu à fort potentiel. Je l'attendais de pied ferme et je me suis régalé. Après deux parties terminées d'hier matin, le constat est sans appel, Until Dawn est passé d'un jeu PS3 qui peinait à susciter l'engouement à une expérience interactive mémorable qui fera parler d'elle en bien comme en mal (principalement pour ceux qui vont démonter le jeu alors qu'ils n'y ont pas joué).
On pourrait parler d'un cauchemar signé Quantic Dream car le jeu en reprend les aspects dans son gameplay. Ce dernier pourra par ailleurs rebuter ceux qui n'en sont pas friands même s'il reste toutefois bien pensé. Bon je peux trouver matière à redire sur la précision des fonctions gyroscopiques lors des séquences pressantes (stress généré gratuitement) mais l'interaction qu'elles offrent avec les personnages sont appréciables. Et elle joue un rôle non négligeable dans la tension de certaines scènes. Les commandes classiques proposent une approche plus simple mais qui ne lime pas le plaisir pour autant.
Passé l'épineuse question du gameplay qui fera office de point noir pour certains ou d'un intelligent composé de fonctionnalités bien pensées pour d'autres, il faut avouer que le titre vise haut, partout. Avant tout avec une ambiance sombre et glauque servie par une très belle réalisation entretenant une tension du début à la fin. De la beauté des protagonistes au soin évident apporté à l'environnement (arrière-plans montagneux, forêts) en passant par de somptueux jeux de lumière, le visuel a fière allure. J'ai bien eu quelques chutes de framerate ici ou là mais elles n'ont pas suffit à impacter le jeu (pas pour moi en tout cas).
Expérience cinématographique oblige un bon casting et un fil scénaristique bien tendu, là encore le jeu se contente d'envoyer la sauce avec un doigté impressionnant. Qu'on les aime ou pas, les acteurs mobilisés offrent une excellente performance et ce ne sont pas Hayden Panettiere, Brett Dalton ou encore Peter Stormare qui me feront mentir. La profondeur du scénario et ses différents embranchements donnent lieu a de nombreuses séquences de dialogues plus ou moins rythmées mais que je trouve parfaitement jouées par nos comédiens se fondant alors à merveille dans leur rôle d'ados malheureux (j'en suis bien content perso). Là où le jeu réussit encore haut la main sans trop se fouler, c'est dans sa rejouabilité convaincante servie par cet excellent système d'effet papillon. Ces deux derniers éléments permettent d'incorporer des événements différents n'ayant rien de secondaires car souvent déterminants par la suite pour les personnages. Bon nombres de details peuvent également faire changer le cours des choses suivant la façon dont on s'y attarde. Très agréable. Ça m'a fait plaisir de constater qu'une liberté est accordée au joueur durant la huitaine d'heures nécessaires pour le finir à fond (les totems se montrent ingénieux quand il s'agit de faire grimper la tension). Les BA ne mentaient pas. Le joueur est le maître des clefs. Décider du sort de quelqu'un dans un jeu c'est parfois grisant d'autant plus que la - classique mais non moins bien pensée et intégrée - évolution des statistiques entre les huit amis a tendance a faire changer le regard que l'on porte sur untel ou un autre (toujours lié à nos choix). On peut donc s'attacher à un perso tout comme en détester un autre auquel on réservera un destin plus sanglants. Par ailleurs niveau violence, Until Dawn ne fait pas semblant, c'est crade mais classe et les multiples références au cinéma d'horreur ou non savamment glissées ici et là ne rendent l'expérience que plus jouissive (Souviens-toi l'Été Dernier, Scream, Vendredi 13, Freddy, Halloween, Le Seigneur des Anneaux (si, si mais version crade+), quelques doigts de Saw, The Descent...) un vrai hommage en somme. Malgré cela le titre ne se perd pas et se taille son identité à travers cette approche inédite du genre slasher. Genre oblige, le jeu rassemble bon nombre de clichés et de screamers tournés à sa façon. Se produisant essentiellement pendant les phases d'exploration, les screamers prêtent bien plus souvent au rire qu'à la peur en particulier avec Mike (le GL de Kaaraj
) tout comme certaines situations entre les filles.
Qu'on le veuille ou non, Until Dawn est un titre phare de la PS4 qui s'il ne rebute pas de par le choix du gameplay orienté film interactif (à mon goût le seul vrai potentiel point négatif selon les goûts) saura parfaitement divertir les amateurs de S/H que nous sommes avec une ambiance aux petits oignons, une superbe touche technique et artistique, et surtout des références et une rejouabilité plaisantes montrant que le jeu ne démérite pas.