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Bonjour ! Voilà, l´heure est arrivée ![]()
Ca faisait un moment que ce projet de roman me trottait dans l´esprit, à peu près depuis le début de Placebo de Mako, et c´est finalement un sujet d´invention en Français qui a été l´élément déclencheur de ma frénésie créatrice cette fois-ci
Alors ce premier chapitre est le texte que j´ai retouché plusieurs fois et qui répond au sujet de ma prof de Français : "Que serait une cité utopique moderne ?"
J´ai longtemps héisté sur le nom du personnage principal, sur le titre de l´oeuvre, je l´ai même filé au documentaliste de mon CDI, à quelques camarades qui voient déjà en moi un grand écrivain
Alors, pour cette nouvelle épopée toujours très improbable, je vous promets comme d´habitude un grand suspens, des personnages avec un air de déjà-vu, de nouvelles têtes, et puis surtout ma patte
Voilà, puisse ce récit (absolument rien à voir avec FF7, bien sûr
) ravir mon petit fan club que j´embrasse très fort et également de nouveaux lecteurs
C´est parti pour "Brumes", premier chapitre
Le second n´est pas encore écrit, mais pour la semaine prochaine, ça devrait rouler sur de bons rails
Bonne lecture !
Chapitre 1
“ Nous arrivons dans l’espace aérien de Gaïa. Nous vous remercions de bien vouloir attacher vos ceintures jusqu’à la fin de la procédure d’atterrissage. ” Annonça la voix sans intonation des enceintes de l’appareil. Une chaleur étouffante émanait des parois de la cabine, malgré la froideur de la nuit qui paraissait au travers des hublots. Tout dans l’habitacle des passagers avait été aménagé dans un souci évident de confort, des dorures le long des accoudoirs aux parois de la cabine en velours pourpres et aux couleurs chatoyantes. Le sifflement des moteurs à l’extérieur se faisait entendre depuis le départ et semblait être une constante présence rassurante pour les passagers. L’avion entama une courbe par son aile gauche, l’appareil s’enfonça lentement dans les abîmes de la nuit.
Rachel, qui n’avait pu trouver le sommeil durant tout le vol, ouvrit enfin ses yeux grossis et rougis de fatigue. Les autres passagers autour d’elle attendaient en lisant un journal ou en discutant avec leur voisin que l’appareil ne s’aligne avec la piste d’atterrissage. Alors l’adolescente se redressa sur son siège, épousant la forme du dossier très confortable et appuya sa joue froide sur l’épais hublot qui la séparait du froid et des ombres. L’avion s’était grandement détaché de la voûte étoilée et évoluait dorénavant dans un épais brouillard dont seuls les instruments de navigation de l’engin pouvaient venir à bout. Absorbée par toutes ces fibres de brume qui défilaient à une vitesse incroyable, ce réseau blanc et opaque infiniment complexe d’images et de songes qui se perdaient dans la nuit, Rachel se laissa tomber encore un peu plus dans cette profonde nuit que les premières lueurs de l’aube ne parvenaient pas encore à dissiper.
Seuls les feux de navigation à chaque extrémité de l’appareil creusaient un sillon dans la mer de brume et alors que Rachel pensa pouvoir palper ce fluide si mystique qui se répandait dans le firmament, l’avion passa sous le plafond et la strate de brouillard ouvrant soudainement ses entrailles à la nuit fit place à une immense étendue noire et sans dimension, une véritable mer d’huile s’étendait à présent à quelques centaines de mètres sous l’oiseau d’acier semblant ridiculement petit au milieu de cet océan ténébreux. Enfin, à plusieurs milles devant l’appareil, la côté apparut. Au milieu de la nuit, elle ne se détachait pas vraiment de la mer, sinon lorsque les pics de la chaîne de montagne qui la délimitait se fondait dans l’épaisse brume. Un véritable mur de montagnes se dressait à la frontière de l’océan et dans ce milieu semblant si sauvage, si ardu à substituer à la nature toute puissante, les premiers signes d’une présence humaine parurent au pied du massif, à la jonction de deux éléments.
Le puissant avion ne tarda pas à passer au-dessus de la ville portuaire de Junon, mais au travers de la nuit, la grande vile portuaire ne s‘avait être qu‘une galaxie imprécise, un vague amas d‘étoiles se reflétant sur l‘océan. La petite ville disparut derrière une crête car l’appareil entrait dans l’espace aérien de la ville dont Junon n’était qu’une périphérie. L’avion semblait raser dangereusement le col des barres rocheuses lorsque Rachel aperçut par le hublot le gigantesque champ d’éoliennes. Exposés au puissant vent de la côte, les générateurs au sommet des titanesques mats blancs produisaient de l’énergie en quantités intarissables, non par le nombre incroyable de tours que paraissaient réaliser les pales brassant infatigablement la nuit dans un mouvement uniforme et infini, mais par le nombre réellement incalculable de ces éoliennes formant une parfaite barrière en encerclant la presqu’île montagneuse. Il y en avait peut-être des centaines, des milliers, réparties en groupes de quinze sur tout le flanc sud de la ceinture accidentée.
L’aéronef franchit la dernière crête et enfin, Gaïa se révéla. Aucun brouillard en cette froide nuit ne s’était installé au cœur de la vaste cuvette dessinée par le massif et la grande cité rayonnait de milles feux dans ce royaume des ténèbres. La ville s’ouvrait sur le sud par une muraille digne des plus grands empereurs de tous les temps ; celle-ci s’élevait à une cinquantaine de mètres de hauteur et fermaient en fait la cuvette naturellement ouverte sur la mer. Mais l’imposant mur dont la couleur le confondait à la falaise était interrompu en son milieu par un pic rocheux taillé par les assauts passés de l’océan. Une double ouverture se trouvait au pied du talus de béton, de part et d’autre du piton et permettait à une grande voie routière de rallier Junon à Gaïa.
L’avion avança encore un peu plus dans le ciel étoilé de la cité et Rachel put bientôt voir apparaître la grande place Adora, décrivant un parfait demi-cercle à partir de la muraille coupant les assauts éoliens. Sur la plus grande esplanade imaginée par un humain ne se trouvait aucune voiture, aucun axe de circulation, aucun marché, et même aucun édifice, sinon celui de la nature. Car il s’agissait d’un gigantesque parc en l’hommage de la nature qui avait prodigué aux hommes ce formidable lieu de convergence et d’harmonie de tous les éléments. Les arbres s’y épanouissaient en paix, l’herbe y était grasse et verte à longueur d’année, des fontaines jaillissait une eau limpide et fraîche, les allées pavées s’inspirait de la promenade des sens et dans ce labyrinthe, les hommes pouvaient trouver leur chemin en paix. Cette forêt artificielle était délicatement éclairée par la lueur intarissable de la Tour, il s’agissait d’un donjon fait de pierres et de verres, son architecture semblait s’inspirer des gravures représentant la tour de Babel, mais à son sommet avait été érigée une gigantesque sphère remplie d’un fluide fluorescent, inondant ainsi la cité toute entière d’une douce lueur protectrice nuancée de vert et de bleu la nuit, et cette seule source de lumière permettait l’économie de réverbères à sodium ou électriques dans les artères de la ville.
Au-delà du rempart qui dessinait la base de la Tour et le jardin Adora se trouvaient les quartiers administratifs où les hommes travaillaient pour le bien-être de leur co-citoyens. De grandes et massives bâtisses jaune pâle s’organisaient autour de grandes avenues sans pour autant former des rues droites et longues favorables à la circulation de courants d’air indésirables. Orientée vers le Nord, au pied de la Tour trônait fièrement l’université Ceres, ce vaste et prestigieux complexe scolaire accueillait les nouvelles générations d’étudiants de leur plus jeune âge jusqu’au diplôme qui dessinerait leur vie. Car c’était à cela que Gaïa devait son statut de cité hors du monde et du temps ; la réussite de leurs élèves était leur véritable fer de lance et l’échec s’avérait rarement envisageable dans les murs de ce complexe. A l’extrémité nord de l’université, là où le halo diffusé depuis la Tour se dissipait se trouvait la gare internationale. Une vaste baie vitrée depuis le ciel, un édifice resplendissant et grandiose depuis les rues, ce bâtiment cerclé de colonnes était un des nombreux points de contact entre Gaïa et le reste du monde. Les voyageurs venus d’autres horizons s’avéraient pour la plupart être des étudiants ou des touristes, mais rarement des fonctionnaires ou des gens de classes moyennes venus en quête de travail ou de logement.
Enfin, après ce court survol de la cité, l’avion serra sur la droite et s’aligna à une piste d’atterrissage adjacente à l’aéroport qui se trouvait très en retrait de la ville, construit au pied du flanc est, au milieu de champs déserts et silencieux. Le puissant amas de lumière que soulevait l’aéroport aveugla brièvement Rachel, par le hublot, elle aperçut les parkings où se côtoyaient des appareils venus du monde entier, l’aérogare, véritable dôme de lumière dans la nuit des montagnes, était une pure merveille dans la fusion des couleurs, de la transparence et des structures. En face de l’avion s’étendait désormais la piste délimitée de chaque côté par une rangée de lucioles s’étendant vers l’horizon où elles allaient mourir au pied de la montagne. L’atterrissage fut bref mais palpitant et dix minutes plus tard, après un débarquement où elle s’était retrouvée mêlée à la centaine et demi de passagers qui l’accompagnaient, Rachel se retrouva dans le vaste hall inondé de lumière, de bruit, d’agressives couleurs et de songes vagabonds émanant de ces centaines de personnes qui allaient dans tous les sens jusqu’à démettre de son aise le plus aguerri des hommes.
Avec sa veste verte et ses lourds bagages, Rachel se sentit perdue dans le cœur de tous ces hommes vêtus de noir et ces femmes vêtues de rouge, ils allaient d’un point à un autre sans itinéraire prédéfini, mais la jeune fille fut bien vite rattrapée par son assurance lorsqu’elle vit l’agréable expression qui régnait sur tous les visages, pas deux ne se croisaient sans que l’un ne fasse un signe de tête à l’autre, creusant davantage les pommettes, accroissant le sourire à un tel point que la réciprocité ne pouvait que s’imposer. D’autres encore s’accueillaient bruyamment en se faisant une soudaine accolade, certains, lorsqu’il s’agissait d’un homme et d’une femme se retrouvait en se serrant avec autant d’amour qui n’était imaginable, mais uniquement lorsque l’affinité qui reliait les êtres le permettait. Qu’il s’agit d’humains anonymes qui se voyaient pour la première fois ou d’amis de la première heure, tous croisaient là leur regard non avec joie, chaleur ou bonheur, mais avec un réel sentiment de bien-être placé sous l’aile de la fraternité. Alors, l’assourdissant murmure de cette foule en perpétuel mouvement devenait le doux songe des habitants de Gaïa…
Soudain, dans cette mer écumée de visages anonymes et si familiers, un visage resurgit des mondes oubliés de sa mémoire, une jeune fille qui n’avait que quelques mois de plus que Rachel se détacha de la foule et se jeta dans les bras de l’adolescente encore lestée de ses fardeaux avant même qu’elle n’ait pu se souvenir exactement d’Anna. Anna était la personne à l’origine de ce voyage, une complexe et ancienne relation la liait à Rachel. Après de chaleureuses salutations comme il se devait, les deux jeunes filles prirent le premier tram pour le campus universitaire lycéen, ces étonnants omnibus furtifs, compacts, silencieux et mus grâce à un système de recyclage et de stockage de l’énergie solaire rampant dans toutes les artères de la ville, desservant tous les quartiers, étaient l’un des nombreux exemples de l’ingéniosité dont avaient fait preuve les hommes pour bâtir une ville dans la douce et respectueuse harmonie de la nature. Alors qu’elle entendait Anna parler derrière elle, Rachel s’évadait par la baie vitrée du tram, le regard vacillant vers l’horizon où le soleil pointait enfin derrière les montagnes qui gagnaient toute leur couleur, estompant l’éclat de la Tour, réveillant la cité. La jeune fille s’étonna de l’existence d’un tel monde où les hommes vivaient tout en tirant le plus grand parti de la nature qu’ils considéraient comme leur égal avant leur propre intérêt et leur industrie.
On comprends l´histoire mais ya trop de descriptions et de métaphores
J´ai commencé mais j´ai perdu courage de finir à la moitié du chapitre en vue de la taille de ce dernier donc je ne peux pas poser encore de commentaire. ![]()
DOG6011
il y a effectivement beaucoup de descriptions et de métaphores mais c´est le style particulier de bravo-leader bien reconnaissable: j´espère que cela ne te fera pas fuir et que tu poursuives la lecture de son roman.
bravo-leader
une belle description d´un nouveau monde et l´introduction de deux personnes (Anna et Rachel déjà vu quelque part
) mais qui ne nous révèle encore rien de l´hisoire même, bien qu´elle me laisse un sentiment de malaise, peut-être tout semble trop parfait?
À suivre ![]()
d’Anna. Anna un peut lourd
Anna ?
hum remix de ton ancienne fic ,
bon chapitre ,
merveilleux
je vais finir placebo @+
que de magnifique description et de metaphore. c´est autre chose que harry potter
j´éspére que tu deviendras un ecrvain celebre parce que tu le merite
Bonjour les gens et merci !
J´ai lu vos coms, ça me fait très plaisir, mais j´ai pas le temps de vous répondre...
Je viens de me faire couvrir d´éloges par mon documentaliste (je SERAI un grand écrivain ^^ )
Bon week-end à tous et à très bientôt ![]()
DOG6011
de quoi ? trop de descritions et de métaphores ?! Tu préférerais du sang et la guerre dès le premier chapitre
Comme le dit Amiel, c´est mon style, même que mon documentaliste m´en a fait l´éloge ^^
Axnyff
Anna ? Boh, elle me manquait depuis le temps...je dirai "de Anna" pour te faire plaisir
par contre, c´est pas un remix de mon ancienne fic...
kikuchi
"c´est autre chose que harry potter
j´éspére que tu deviendras un ecrvain celebre parce que tu le merite"
ouah, franchement je vais le garder dans mes favoris des commentaires celui-là ![]()
merci, c´est vraiment pour lire des choses comme ça que j´ai envie de continuer à écrire...
Malgré les partiels qui endorment mes facultés cérébrales au point que j´ai du mal à suivre ton rythme de publication, j´ai lu pour compenser ce début d´une nouvelle fic, siglée Bravo_Leader, l´auteur le plus déjanté du forum sur la productivité.
Bref comme l´a souligné Armiel, le style n´est pas dépaysant pour qui a l´habitude de lire tes proses ( comme ceux qui lisent Sugy ne sont pas choqués de la profusion des descriptions vestimentaires :p ) ).
Le monde que tu nous offre est dépaysant, pour sûr, avec des noms de cités pas si inconnues, mais pour des villes qui le sont à coup sûr. Un avion aux airs majestueux, l´Oiseau Blanc réadapté? Anna et Rachel deux noms connus, une relation qui a les faux airs de celle qui nous était décrite dans ton premier volume de ton cycle consacré à Anna et aux nephilims.
Par contre, un constat, le vocabulaire me donne à penser que la cité utopique semblerait plutôt dictatoriale ( l´échec scolaire " rarement envisageable" ) et l´opposition de la lumière douce diffusée par la sphère avec les lumières violentes que voit Rachel à sa descente d´avion.
fffanatic
râh, ça fait plaisir de voir tes commentaires ![]()
Désolé pour tes partielles, j´aurais du penser à toi...promis, un seul chapitre la semaine prochaine
"l´auteur le plus déjanté du forum sur la productivité. "
arrête, tu vas me flatter...
"comme ceux qui lisent Sugy ne sont pas choqués de la profusion des descriptions vestimentaires :p ) "
C´est sûr que j´aime l´intertextualité dans mes oeuvres, mais de là à voir une réadaptation des Silences d´Anna, non. L´oiseau Blanc, c´est vraiment non, aucun rapport, désolé, Anna, c´était pour reprendre un nom connu, hein...Par contre, Rachel, j´avais complétement oublié que c´était la petite fille ^^´ vous me taperez pas, hein ? Elle aurait du s´apeller Camille, mais j´ai opté pour Rachel à la dernière minute ^^
Donc, désolé, mais ça ne sera pas une redite des Silences d´Anna, non...Pour la dictature, j´y ai pensé, je sais pas trop encore...
Voilà...au revoir tout le monde ![]()
Merci fffanatic, c´est le mot ´dictatorial´ qui me manquait. ´ces hommes vêtus de noir et ces femmes vêtues de rouge´, pourrrait aussi faire penser à une sorte d´uniformisation de la société.
dsl mais je suis pas capable de fair des texte aussi "critique literaire" que fffanatic mais par contre je suis dac avec lui quand il dit que se que tu ecrir est "depayant" et a quel point se que tu ecrit est bien.
Je suis aussi dac avec kikuchi_c_moa quand il dit que tu deviendra un grand ecrivain et que tu le merite. a vrai dir si tu sors un livre un jour, ce clair que je me lut dans une librerie pour l´acheter (et venans de moi ce un gros complinant je bouge jamais de cher moi)
enfin tous pour te dir que ce super et qu´il faut que tu continue
un de tes nouveau fan : the king hades
rut pas lut dsl
![]()
oui, j´avais compris ![]()
Merci à tous, j´avais prévu de poster aujourd´hui, mais malheureusement, l´ordinateur que j´ai en face de moi ne peut pas lire works, et comme j´étais malade hier, j´ai eu la flemme de convertir mes fichiers...
Il faudra donc attendre demain pour lire le début de l´histoire... ![]()
Voilà @+! tout le monde ![]()
Voilà...
Chapitre 2
Vers le nord, au-delà des montagnes parut le soleil. Il commençait à inonder de son pâle et timide rayonnement la grande cuvette et à réveiller en douceur les humains. Le tram glissait doucement sur ses rails depuis la sorte de l’aéroport, tout en silence, il serpentait dans les avenues de la ville, passant dans les tranchées entre les immeubles de brique jaunâtre, passant sous les ponts, au cour des places le long des trottoirs consciencieusement protégés par de hautes barrières bleues. Le soleil frappa violemment et de façon inattendue sur les grandes vitres lorsque le convoi passa par le grand parc. Les arbres érigés par la sagesse infinie de la nature formaient un étroit tunnel dans lequel glissait agilement le train, négociant avec agilité les grandes courbes et coupant quelques fois une des nombreuses allées pavées du parc.
L’air en ce petit matin semblait rose. Le ciel s’était teinté en un petit quart d’heure d’un bleu clair et vif et la silhouette verte de la cime des feuillus en bonne santé aveuglait. Il se dégageait de cette palette improbable de couleurs une impression de grand froid, mais les oiseaux demeuraient là, sifflant sur les branchages, et effrayés au passage du tram, ils gagnaient soudainement le ciel, battant des ailes parmi les grands marins déployant toute leur envergure au service de leur majesté. Le serpent s’engouffra dans l’ombre d’un tunnel, cherchant son chemin sous le grand mur qui séparait les jardins de l’entrée de la ville. Le train changea plusieurs fois de direction sur de complexes réseaux d’aiguillages, dans les sous-sols, aucun éclairage ne paraissait, si bien que les lampes s’allumèrent au plafond du compartiment, éclairant violemment l’habitacle.
Après quelques bourrasques, le tram sortit du tunnel par une bouche où il croisa le chemin d’un autre convoi. Les rails s’élançaient dorénavant dans les pâles artères de la ville, de parts et d’autres de la voie s’étendaient de vastes trottoirs sur lesquels les foules de gens parties travailler en groupes circulaient en double file. Le ronflement des moteurs se fit moins strident et au rythme des barrières bleues qui défilaient de l’autre côté de la vitre, Rachel devina qu’un arrêt était proche. « On descend là » Déclara Anna en se décollant de son fauteuil. Tout naturellement, elle empoigna l’un des deux sacs de Rachel et alors que le tram donnait un dernier coup de frein à sa lancée, les deux jeunes filles se dirigèrent vers la sortie de leur voiture et attendirent l’ouverture des portes. Enfin, la dépressurisation se fit entendre et l’extérieur s’ouvrit en grand.
Rachel fut la première à fouler la rue pavée, suivie de très près par Anna. La nuit qu’elle avait passée dans le ciel l’avait éreintée, les étoiles coruscant et le brouillard dont s’était vêtu l’océan lui avait laisser craindre un grand froid pour cette journée, et pourtant, une écrasante chaleur fondait dans les allées de la cité et le soleil de plomb cognait de toutes ses forces, le ciel azur était pur, la luminosité aveuglante et le bruit semblait avoir du mal à se disperser dans cette véritable canicule. Avec un large et charmant sourire, Anna invita Rachel à la suivre. Alors que le tram regagnait sa course vers la gare ferroviaire internationale, les deux jeunes filles gagnèrent la ville.
Rachel avait fêté ses seize ans neuf mois auparavant. Elle ne savait plus très bien pourquoi elle était arrivée à Gaïa, elle ne semblait en fait ne pas avoir une vie méditée et placée sur des rails comme le tramway, comme si le simple fait de se coucher en vie et d‘être venue à but d‘un jour constituait pour elle une glorieuse victoire. Obscure mais pas ténébreuse, timide mais pas réservée, elle demeurait une fille simple et pourtant si complexe. Son visage ovale reflétait une sorte d’anxiété permanente, constamment illuminé de ses yeux brillant d’un bleu spécial, comme si un voile de larme s’était érigé derrière ses paupières. Elle ne semblait ni pâle ni rubiconde, un teint de peau très ordinaire lui colorait le visage parsemé de quelques irrégulières mais invisibles boursouflures, cicatrices d’une acné d’adolescence qui se mourait d’ailleurs en son être. Ses oreilles ne paraissaient jamais derrière son épaisse masse de cheveux châtain clair s’arrêtant sur ses épaules. Un corps frêle vêtu de quelque vêtement rose et noir, une veste verte sombre formaient sa seule silhouette. Elle portait un gros sac de voyage en cuir marron. Son bras était animé d’étranges tremblements à peine perceptibles.
Devant elle, Anna lui montrait le chemin. Les deux filles avaient fait leurs études de collèges ensemble dans un pays et dans une époque lointains. Ce jour joyeusement ensoleillé et terriblement suffoquant avait depuis longtemps été envisagé et planifié par les deux adolescentes animées par l’espoir de leurs retrouvailles. Anna avait déjà franchi ses dix-sept ans, de petite taille, cette fille pleine de malice et vive d’esprit semblait inséparable de son sourire qui creusait de profonds sillons au creux de son visage très arrondi, plissant davantage ses grands yeux verts en amande. De longs cheveux noirs légèrement ondulés tombaient sur sa nuque et lui caressait lentement le dos du bout des fourches. Rachel, dont Anna portait le second bagage et celle-ci ne cessèrent de se fixer, ne parvenant pas à croire que le jour de leur réunion était enfin arrivé, mais aucune ne parvint à engager une conversation, peut-être y avait-il trop à dire ou tout simplement rien, tant elles avaient pu communiquer par Internet ou par courrier.
Une sorte de contrat d’indépendance était signé par les étudiants lors de leur intégration au lycée de l’université de Gaïa. Cela signifiait que les élèves se voyaient séparés de leur famille à l’entrée de cette école pour se consacrer pleinement à des études pleines de réussite et à l’élaboration d’une nouvelle génération unie dans l’amitié et le respect. De telles valeurs auraient très bien pu être inculquées dans le cadre familial, mais l’école dès le lycée s’était avéré être un milieu adéquat au développement d’un tel idéal. Ainsi, les lycéens d’une génération livrés à eux-mêmes se voyaient divisés en groupes de cinq personnes à qui était attribué un appartement de la cité universitaire. L’éducation de la vie se prolongeait donc dans cet espace de vie tenu par des adolescents en phase de devenir adultes. Anna appartenait à l’un de ces groupes depuis son entrée en première année de lycée et avait grandi avec à ses côtés une fille et trois garçons dont l‘un avait décroché son diplôme, justifiant son départ de la communauté pour un premier emploi dans la société. Ainsi Rachel allait pouvoir prendre sa place aux côtés de Anna et de ses amis, pour apprendre la vie selon Gaïa.
Cette perspective la réjouissait, surtout lorsqu’elle voyait le bonheur qui émanait de son amie lorsque celle-ci lui parlait de son appartement et de l’enchantement qu’éprouveraient les autres jeunes colocataires lorsqu’ils feraient sa connaissance. Car à force de se poser toutes ces questions et de penser, Rachel ne s’était pas aperçue que Anna lui parlait depuis plusieurs rues. Le boulevard qu’elles franchirent les amenèrent au pied d’un immense portique en pierres jaunâtres derrière lequel Rachel put distinguer de grands et magnifiques bâtiments dans cette gamme couleur, éclatante sous la voûte azure du ciel. « Voici le complexe universitaire…suis-moi, nous sommes bientôt arrivées aux habitations. » Déclara la belle brune en invitant son amie à la suivre. Les deux jeunes filles se remirent en marche le long de l’allée qui étaient toutes exclusivement piétonnes et extrêmement noueuses depuis leur descente du tramway. Et en effet, deux rues plus loin, elles trouvèrent l’ouverture d’une enceinte qui semblait libre d’accès car elles franchirent le seuil de la porte sans aucun problème et après avoir traversé un agréable parc de verdures où des gens de leur âge prenaient paisiblement du bon temps, Anna se rendit au pied d’une barre percée d’une multitude de fenêtres et composa une série de chiffres sur une console. La porte vitrée s’ouvrit sur un hall et après avoir poussé la porte, la jeune étudiante invita Rachel, la nouvelle venue, à entrer la première avec un sourire radieux.
Cet espace commun semblait richement décoré et profondément éclairé. Des escaliers partaient de tous côtés vers les étages supérieurs et sur des bancs se trouvaient les jeunes habitants de l’immeuble, tous semblant être des étudiants entre quatorze et dix-huit ans. Il sembla à Rachel qu’à ce moment-là, tous les regards se posèrent sur elle, mais Anna fit d’elle la nouvelle-venue de la résidence, la curiosité et l’anxiété devinrent alors chaleur et familiarité. Les deux adolescentes montèrent l’un des escaliers et plutôt que d’écouter parler son amie, Rachel posa ses yeux doux sur sa frêle mai qui glissait sur la rampe.
« -Ca y est, tu y es enfin arrivée. Fit Elle. Rachel se retourna brusquement, mais elle ne vit que Anna gravissant les marches, ce n’était pas elle qui venait de parler…
-Oui, c’est magnifique…répondit-elle alors.
-Ils sont accueillants, hein ?
-Oui, ils ont tous l’air si gentils et adorables…
-Vas-t-en, tu vas leur faire du mal !
-Non, je… »
« Avec qui tu parlais ? » Demanda soudainement Anna en interrompant sa marche. Rachel ne sut que répondre, comme si elle venait de se réveiller soudainement, elle semblait aussi surprise que son amie. Alors elle secoua lentement la tête en agitant tous ses cheveux et rassura Anna en lui posant une amicale main sur l’épaule, un large sourire éclairait ses lèvres. Les deux adolescentes arrivèrent en rigolant à l’entrée de leur appartement.
... je suis epoustoufler...
c´est vraiment tres bien!!!
et ma mere qui a sa propre biblioteque telement elle a de livre me dit qu´elle aime bien aussi
pour parler du livre les description sont tres bien et nous mete directement dans l´ambiance du livre, tous est bien raconter, l´histoir est bien ex... c´est de la bombe
Belle introduction de Rachel sur deux chapitres: tu nous fait comprendre par de petites touches ça et là, que c´est une personne beaucoup plus compliquée et étrange qu´une jeune étudiante.
sinon, je trouve que tu t´améliores constammnet avec le temps dans ta manière d´écrire.
tu viens de gagner n nouveau fan bravo et tu le merites
je pense que armiel a tout dis
merci à tous pour ces bô com ^^ je vais concentrer tous mes efforts sur ce roman pour le moment, même si c´est un peu dur au niveau du nombre de lecteurs...
Je vous aime ![]()
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je crois que tout le monde n´a pas lu
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