Moi j´essayerais d elire cette fic le plutôt possible ![]()
de lire, pas d´élire xD ![]()
Tout lu
Très bien ![]()
Axnyff, je te déteste, tu as posté le 100°message à ma place
Pour avoir commis cet affront, je te condamne à tenir ta promesse
fffanatic
moui, mais je savais même pas que tu l´avais lue cette histoire ^^ elle avait pas fait un tabac, j´y ai même pas pensé figure-toi
pampaxnyff
mdr, t´es pas axnyff quand même ?! t´as tout lu en un jour ?? !!
Je suis Axnyff ![]()
Je suis Pampaxnyff ![]()
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tu sais que tu m´a fais du mal pour le 100°message ?? !! allez, vas, vas...
bon tu sais se que je pense comme dab... ia rien a dir c´est vraiment bien! en plus fffanatic a encore fraper avant
![]()
fffanatic a tendance à commenter plus vite que son ombre
Bon, je crois qu´en dehors de Armiel on attend plus personne, alors je vous donne rendez-vous demain pour le post du chapitre...10 ! un peu spécial, je voulais faire un truc dans ce genre depuis un moment...
si tu m´attends moi ![]()
lol, t´en es pas à un chapitre près, kikuchi ^^
Chpitre 10 alors, un chapitre musical dans la continuité des autres...
Copyright de la chanson "L´ombre du Miroir" écrite par une amie, Katell et pas encore lectrice...
Chapitre 10
Anna appuya sur l’interrupteur qui déclencha une intense lumière immaculée dans la vaste pièce. Lorsqu’elle eut refermé la porte derrière elle, Rachel ôta son imperméable ruisselant d’eau et le suspendit au porte-manteau à la gauche de l’entrée. Anna enleva simplement la capuche de son épais pull gris et inspecta les lieux avec un soupir emprunt de nostalgie et de pensées ressurgies de son passé. Le déluge claquait encore très fort sur le toit, ce qui constituait un fond sonore très agréable et reposant. Les murs gris étaient vierges, seules quatre ou cinq malles entassées sur le mur du fond au côté amplificateurs et d’appareils de capture servaient à meubler la salle. Quelques araignées avaient tissé leur toile dans un coin inaccessible.
« -Ca ressemble à un local de musique, non ? Interrogea Rachel intéressée.
-On faisait deux ou trois réunions par mois avec Landry quand on étaient pas encore au lycée…Répondit furtivement Irvin en faisant irruption dans la pièce, essoufflé. Il posa ensuite son anorak rouge à côté de celui de Rachel et se mit à hauteur de ses deux amies.
-Depuis, le temps ne nous le permet plus, j’ai l’impression…Fit pensivement Anna.
-Est-ce que ça veut dire que tu es en colère contre le lycée ?
-Non, c’est comme ça… »
Irvin semblait davantage enthousiaste que son amie à se retrouver dans ce local, les mains sur les hanches, il semblait incapable de s’empêcher de scruter le moindre recoin de la pièce et à se gratter la nuque. « Quel genre de musique faisiez-vous ? « . Demanda subitement Rachel. Anna ne répondit pas, elle était penchée sur une malle et essayait de l’ouvrir à l’aide d’un trousseau de clef. Le coffre s’ouvrit bientôt et la jeune fille put en extraire un précieux corps d’instrument en bois légèrement réfléchissant.
« -C’est mon violon. Affirma-t-elle. Mais je l’ai cassé l’année dernière en voulant y rejouer…Il m’a glissé des mains…Conclut-elle en indiquant une très nette fêlure qui parcourait le corps.
-Moi je faisais les claviers…Annonça Irvin. Mais j’ai du me séparer de mon synthétiseur le jour où j’ai aménagé au campus.
-Ah…Et dans quelle malle se trouve-t-il maintenant ?
-Celle-ci. Déclara-t-il en désignant l’un des coffres à côté d’eux. Mais tu vas rire : elle est verrouillée par un cadenas à cinq chiffres dont j’ai oublié la combinaison…Ricana-t-il.
-Je trouve pas ça si drôle…Trancha cyniquement Anna.
-Oui, c’est bête, mais j’avais enregistré pas mal de mélodies et quelques unes de nos maquettes là-dessus…
-Oh... Se désola Rachel. C’est vraiment dommage en effet…
-D’autant plus que tu avais du noter ce fameux code quelque part…Ironisa Anna en souriant. De toutes façons, Landry était comme nous ; partant pour faire de dures études…
-Je suppose que Landry jouait des guitares ? Hasarda Rachel.
-Il en avait trois ! Déclara Anna en se penchant sur un nouveau coffre. Une sèche, une acoustique et une électrique. Il n’a gardé que la sèche et il se promène partout avec, c’est plutôt incroyable ! »
Tout en parlant, la jeune fille avait sorti du coffre un très bel instrument qui semblait ne pas du tout avoir subi le temps. Son corps rouge vif étincelait vivement et le manche aux vingt-quatre cases demeurait terne et noir, seules les cordes de métal reflétaient la lumière de la pièce. « On a beaucoup ri dans cette pièce » ! Fit Irvin dans le vide, toujours les mains sur les hanches. Le silence pesa de nouveau et l’égrainement des gouttes sur le toit se fit entendre davantage. Doucement, Anna raccorda la guitare électrique à l’un des amplificateurs dont elle avait modérément réglé le volume.
En grattant les cordes de l’instrument à l’aide de son médiator, Anna fit sortir de l’amplificateur un vieux son électrique qui semblait ressurgir des abîmes de la jeune fille. Il était évident à l’aisance dont elle faisait preuve dans la maîtrise de l’instrument qu’elle avait autrefois longuement joué ce morceau. Mais depuis le temps, les notes semblaient désaccordées et la magie qui les tissait s’était fanée au fond de la malle. S’apercevant de son impuissance face à cette douloureuse extinction, Anna laissa filer la dernière note et posa la guitare contre la valise, puis laissa échapper un soupir en relevant ses yeux doux vers ceux désolés de Rachel. « Tu ne l’avais pas oublié depuis le temps ! S’exclama Irvin en réapparaissant avec un petit paquet de feuilles poussiéreuse dans les mains. J’ai retrouvé ces partitions ! »
Le jeune homme confia les précieux manuscrits à Rachel qui les inspecta de son regard captivé. Elle parcourut les gracieuses lignes, déchiffra les esquisses d’accords et de notes qui étaient inscrites, lut les brides de paroles écrites d’une main fugitive et rêveuse. « Landry en a composé d’autres depuis… ». Fit distraitement Irvin. Anna répondit, mais Rachel ne faisait plus attention à la conversation, elle semblait happée par les feuillets et à mesure que ses deux amis continuaient de parler à voix basse pour éviter l‘écho des murs, la jeune fille se rendit au près de la caisse qui contenait le violon de Anna. Elle y trouva le petit corps de bois fêlé et, tapis dans l’ombre d’un coin, le long archet paraissant intact à la lumière de la pièce lorsqu’elle l’eut soulevé.
« Je ne crois pas que je pourrai en rejouer aujourd’hui, même s’il était entier…Murmura Anna en apercevant l’archet dans les mains frêles de Rachel. » Mais cette dernière n’écouta pas les ragues propos de son amie et s’assit là où Anna s’était placée pour jouer l’air de guitare deux minutes auparavant. L’instrument était toujours branché à l’amplificateur, alors Rachel le posa délicatement sur ses cuisses et sur la caisse en face d’elle, elle déposa la partition de Anna. A mesure que les doigts de sa main gauche cherchaient sur le manche la première note, sa main droite fit étrangement corps avec l’archet et, tout en douceur, elle le fit glisser sur la seconde corde. Le crissement inédit qui jaillit mélancoliquement de l’amplificateur appela immédiatement l’attention de Anna et Irvin. Le murmure semblait réellement très proche de celui d’un violon, mais la teinte restait celle d’une guitare. Émerveillée, Anna resta bouche bée devant la mélodie que créait Rachel dans sa fusion avec les cordes et les notes, elle reconnut les tablatures qu’elle avait elle-même écrites pour sa musique, mais l’archet leur donnait une dimension supplémentaire, il ressuscitait le charme que le temps avait terni dans ses doigts.
« l’horizon de mon existence me semble…invisible… ». Murmura Ivin dans l’air de la musique en se souvenant mystiquement des paroles. Anna continua par cœur en remuant à peine les lèvres : « Sous mes pieds se dérobent mes souvenirs…mon passé… ». La pluie redoubla de puissance sur le toit pour bercer le chant des adolescents, Rachel assise sur la malle se donnait encore toute entière à la guitare dorénavant scintillante dont elle déchirait les cordes avec l’archet qu’elle tenait plutôt maladroitement. Ses yeux se perdaient dans la mélodie envolée parmi les gouttes de pluie.
Rachel secoua la tête subitement, comme tout juste sortir d’un mauvais rêve. Le crépitement strident du déluge à l’extérieur était toujours aussi violent, mais le local de musique s’était éteint. Elle se trouvait dans un petit endroit intensément éclairé, carrelé tout de blanc. Devant elle se trouvait un petit lavabo avec de vagues tâches de couleurs, des vertes, beaucoup de rouges, des blanches…Et devant elle se dressait un miroir. Elle y vit son propre visage. Elle n’avait plus la moindre idée de la façon dont elle était arrivée là, mais elle supposa que la nuit était déjà bien avancée. La jeune fille respirait avec difficulté, elle explora avec davantage d’inquiétude le reflet de son visage dans la glace. Ses lèvres entrouvertes sur des petites dents de porcelaine semblaient violettes, son visage squelettique était devenu extrêmement livide et ses yeux d’absinthe s’ouvraient dans des cercles de peau rougie au milieu de ses traits marqués par une terreur et une désolation dont elle n’avait conscience…
Dans le miroir par lequel seul elle semblait pouvoir se sentir vivre, elle eut l’impression de voir se dessiner des ondulations, telles des ronds dans l’eau et dans son dos, elle put voir la porte d’entrée s’entrouvrir. Dans l’ombre de l’embrasure apparut la silhouette blanche d’Elle. Le fantôme entra dans la petite pièce et s’arrêta derrière Rachel. La jeune fille put voir dans le reflet la main du spectre se poser lourdement sur son épaule mais cette sensation ne fut qu’imaginaire car à aucun moment elle ne ressentit ces doigts. Dans le reflet, Rachel vit son visage s’emplir d’une animosité qu’elle ne sut définir ni même dire si elle la ressentait vraiment. Car ce miroir ne semblait plus représenter ce qu’elle voyait, mais davantage ce qu’elle ressentait.
Ses lèvres remuèrent doucement et comme si sa voix n’était plus guidée que par le spectre derrière elle, elle s’entendit prononcer ces paroles :
« A quoi bon s’accrocher aux reflets du miroir.
Je ne sais qui est cet être qui chante et qui pense.
La mort du reflet attendra-t-il cet esprit de mort. »
Il s’agissait là bien de la réalité. Bientôt, le miroir se ternit, comme rongée par le calcaire et au fur et à mesure que la pluie à l’extérieur s’éteignit, ces mots résonnèrent dans l’esprit de la jeune fille comme sa propre voix dans un océan d’eaux noires. Ces rimes sonnaient comme avec l’air de la musique qu’elle avait jouée à l’archet…
Encore un très bon chapitre ![]()
Je risque de passer pour un ignorant, mais... un archet c´est quoi ? C´est le truc qu´on utilise pour faire vibrer les cordes du vilon quand on en joue ?
pampaxnyff
te voilà inscrit sur ma liste de lecteurs alors
jujudredd
oui, c´est bien cela
petit
au passage
Parcequ´avant je croyait qu´un archer c´est un mec qui tirre des flèches avec son arc...
Elle nulle ? Ok... 
bien que la musique ne sois pas mon truc j´ai ete (comme dab) captiver par ton chapitre. bien continue comme sa
. encore un tres bon chapitre a ton actife
Super
ça a l´air de bien marcher ![]()
Il ne reste plus que le traditionnel commentaire de fff avant que je poste le prochain chapitre demain ![]()
fff depeche toi de pondre une jolie critique pour qu´on puis lire la suite
Ah bah tiens, je poste on râle que je dis tout, je poste pas on râle parce qu´on veut mon commentaire
Donc Chapitre X
On commence tranquillement un chapitre, avec des jeunes gens en train de se distraire par la musique. On se retrouve dans un univers normal, loin des perturbations précédentes. Presque reposant, entre les oublis fâcheux et des moments de musiques envoutants. D´ailleurs à ce sujet, on pourrait voir une métaphore, le fait que les instruments soient enfermés montrant que le lycée a coupé, a enfermé la musique chez ces jeunes gens.
On a ensuite le grand moment du chapitre, la guitare électrique jouée à l´archet. j´aurais savoir d´où t´étais venu cette idée, assez étrange. En même temps Hendrix avait parfois les dents pour jouer donc...
Cela fait donc naître une sorte d´harmonie dans le groupe et comme auparavant c´est là que se produit la rupture.
on assiste à Son retour, prometteur, et qui me fait penser, d´après les indices physiques, à une possession ou à de la shyzophrénie, chose que tu avais déjà utilisé dans les Silences d´Anna.
Voilà, j´en ai terminé, après beaucoup de temps comme vient de me le faire remarquer l´auteur via MSN, nous allons donc pouvoir avoir la suite
Mh...En période de vacances, les chapitres sont peu séparés je trouve
ça c´est parceque Armiel est partie...Mais voilà, c´est fini, c´est demain la rentrée alors ça devrait aller mieux
Je reprends donc comme promis avec le chaptre 11 assez interessant sur le plan de la psychologie de Rachel, fff trouvera peut-être son compte ? En tous cas, il s´agit d´une petite pause dans la narration avant un redémarrage du rythme pour le prochain chapitre...Je qualifierai donc celui-ci d´élement perturbateur ![]()
Voilà, bonne lecture
Chapitre 11
Le lendemain, la tempête avait trouvé exil vers l’océan et le déluge qui s’était abattu sur la ville avait inondé les soupiraux et les caniveaux le long des rues piétonnes sur lesquelles s’étaient formées de grandes flaques d’eau réfractant la vive lumière du soleil qui regagnait lentement les cieux immenses. Un fin voile de nuées grises recouvraient cependant une grande partie du firmament et fondait délicatement sur les grandes avenues. Une légère bruine se déposait donc en silence sur les vitres de toute la cité. Morgane regarda par la baie vitrée la grande étendue verte et jaune de la ville sous un manteau de brouillard. En soupirant, elle se frotta le visage avec l’impression d’avoir pénétré un terrible secret dont elle était lune des seules à détenir la clef qui avait le terrifiant pouvoir de changer radicalement son monde et celui de son entourage. A coté d‘elle, dans le canapé, Rachel semblait prendre part à cette lourde peine. Les mains jointes masquant son nez faisaient tomber son regard dans le vide, elle paraissait extrêmement anxieuse voire catastrophée lorsque sa teinte virait au rouge et qu‘elle se massait les cernes en gémissant.
Le temps passa au rythme de ces gouttelettes qui glissaient sur la grande fenêtre du salon. Cela faisait une semaine que Rachel était arrivée à Gaïa lorsqu’elle assista à son premier cours aux côté de Anna. L’école ne la passionnait pourtant pas. Dans ses doigts couraient encore les sensuelles vibrations des cordes de la guitare électrique sous l’archet. Les trois musiciens s’entretinrent avec Landry durant vingt minutes pour prendre la décision ou non de reprendre le groupe de musique. Mais le jeune homme ne sembla pas reconnaître le passé au même titre que Anna ou Irvin et ne fut jamais d’accord pour reprendre ses guitares et poursuivre les maquettes. Les études étaient plus importantes que la musique et Landry ne semblait tenir à demeurer éternellement un de ces milliers d’adolescents qui arpentaient les rues du complexe universitaire. Il voulait se déraciner de ces briques jaunes et de sa collocation, connaître les autres quartiers de la cité et gravir un jour les échelons de la Tour d’où Till Gueguermann pouvait regarder d’un œil bienveillant le moindre recoin de la ville.
Irvin ne tarda pas à trouver Rachel qui se massait une joue rougie. Il la conforta contre son épaule en voyant de toute évidence qu’il venait de lui arriver quelque chose. Son visage toujours livide et ses cernes de plus en plus proéminentes éteignant l’éclat de ses yeux trahissait la bonne humeur dont elle semblait se forcer d’émaner. En posant sa main rassurante sur celle de la jeune fille, Irvin se rendit compte à quel point le tremblait.
« -Elle m’a mis une claque. Déclara-t-elle en parlant d’une demoiselle de sa classe qu’avait essayé de lui présenter Anna.
-C’est pour ça que tu te mets dans des états comme ça !? S’interloqua Irvin en se serrant davantage à Rachel qui soupirait vaguement.
-J’ai l’impression que je n’ai pas ma place par ici, les gens ne veulent pas de moi.
-Et Landry ? Et nous ?! Fit hautement Irvin, comme indigné, en ramenant les mains vers son torse en mimant évidemment le second degré de la conversation.
-Il ne s’agit pas de vous, mais de moi…Répondit Rachel pensivement en se levant puis elle continua sans même regarder son ami. C’est de la réticence qu’ont les gens pour moi, et ça fait bientôt deux semaines que je suis dans cet établissement sans que je ne ressente un réel intérêt pour les cours
-Et alors ?! Rien ne t’oblige à continuer le cursus ! Tu sais, ce n’est pas honteux de quitter le système à ce stade ! »
Rachel ne répondit jamais rien. Elle posa juste son sac sur son épaule et tournant le dos à Irvin, elle se dirigea vers la sortie du lycée où elle apercevait déjà Anna et Landry. L’adolescente interrompit par sa seule présence la conversation qui semblait avoir lieu. Un étrange sourire en coin partit des lèvres de Lanrdy et Rachel le reçut effectivement. Ce fut un signal que Anna ne sut déchiffrer, elle resta mystérieuse devant la jeune fille qui paraissait toujours plus abattue. Son souffle restait ample, son regard incertain semblait surveiller tous les déplacements autour d’elle, comme si elle craignait toujours d’être agressée sans raison…Entre deux profondes inspirations, la jeune fille déclara courageusement :
« -Anna, Landry, je m’en vais !
-Tu t’en vas ?! Comment ça ?! Fit Anna en secouant la tête pleine d’incompréhension.
-Les gens dans cet établissement ne me reconnaissent pas, je ne pourrait pas m’intégrer ici…
-Qui te parle d’intégration ? Interrogea sagement Landry. Tu es ici pour étudier, et tant que tu as quelqu’un à qui parler, tu ne peux pas t’estimer étrangère, tu comprends…
-Les études non plus…Reprit Rachel. Je n’arrive pas à suivre…
-Écoute…Déclara doucement Anna en faisant un quart de tour de façon à se retrouver face à son amie. Tu ne peux pas juger de cela en quoi ? Une ou deux semaines ! Le stress de ton arrivée, c’est tout. Arrête de trembler et retourne voir Irvin.
-Pour qu’une inconnue m’arrête et me gifle devant tout le monde ?! S’indigna Rachel. J’ai peur, moi !
-Tu ne dois pas ! Annonça hautement landry. Je me chargerai d’en discuter avec la vie scolaire si tu veux. Le jeune homme posa lourdement sa main sur l’épaule de Rachel et lui transmit ainsi toute la confiance dont elle avait besoin. »
Mais en silence, Rachel fronça les sourcils et dévisagea Landry. Elle parut indignée et quelque chose dans son regard suggéra une certaine trahison, une incompréhension. Sans croiser les yeux pleins de raison et de compassion de Anna, elle tourna les talons et se dirigea vers le grand portail de l’entrée du lycée avant de disparaître sous la grande voûte verte des bois sombres et humides. Rachel marcha longuement dans le chemin en écoutant craquer les grumeaux de terre sous les semelles de ses chaussures. Elle serait à l’appartement en dix minutes et elle connaissait déjà le chemin. Ses yeux semblèrent se brouiller d’incompréhension et elle se sentit profondément incapable face à la crise qui la submergeait…
En passant devant un petit banc au bois fraîchement rongé par la pourriture, Rachel croisa le chemin de deux jeunes amants se serrant très forts dans les bras. Lorsqu’elle passa, ils s’en allèrent, comme mystérieusement apeurés. Démunie, l’adolescente baissa les épaules en soupirant et prit la place des deux jeunes sur le vieux banc. Elle sentit l’humidité s’emparer de son dos et sous son doigt rouler la délicate tige de la fleur qu’ils avaient laissée derrière eux. Elle l’écrasa sans plus de compassion sous son sac et en enfouissant ses petites mains au fond des grandes poches de son épaisse veste, elle reposa sa tête sur l’une de ses épaules. Alors en silence, elle s’éteignit en comptant les gouttes d’eau tomber une à une de la branche d’un arbre en face d’elle. Les larmes scintillaient étrangement à la lueur du soleil âcre, elles semblaient pures et limpides à la couleur. Peut-être même avaient elles un goût de chlore. Car tout dans cette cité paraissait contre-fait. De la plus petite brique qui portait un mur à cette eau chlorée qui tombait d’un ciel de carton.
Rachel sentait ces choses-là. Elle se demandait qui pouvaient bien être tous ces étudiants arrachés à leur famille, ces fantômes qui, du haut d’une tour embrassant les nuages, jouaient à Dieu, qui se cachait derrière le nom de Till Gueguermann, pourquoi ici elle n’entendait jamais parler du pays d’où elle venait, pourquoi elle était là…Prise d’un soudain doute, elle cessa de penser…Son pays…Ses parents…Sa famille…Qui étaient ces gens-là ? Elle s’abîma encore un peu plus dans ses pensées mais jamais elle ne se souvint de cette période-là de sa vie. Elle ne parvenait à humaniser cette notion de parents, tout ce qui surgissait du brouillard au-dessus de l’océan ne semblait être que des lambeaux de souvenirs déchirés par un démon du passé.
La jeune fille rouvrit lentement les yeux, incapable de bouger toute autre partie de son corps. Elle était terrifiée. En silence, elle regarda ses mains et avec de grands yeux exorbités, elle se demanda avec effroi : « Qui suis-je donc ! ». Alors les larmes s’arrêtèrent de tomber de la branche et un nuage éclipsa le soleil. Rachel se retrouva plongée dans une nappe d’ombre et ensevelie de doute, elle commença à suffoquer. L’image si sensuelle qui se dégageait de cette jeune fille terriblement angoissée et cherchant la vérité dans les lignes de ses mains devint l’unique beauté de ce tableau automnal où le vent obscur balayait les feuilles mortes sur le chemin brun.
« Non…murmura-t-elle en serrant les dents avec une force colossale. Je suis…Je suis. ». Rachel se leva soudainement en empoignant son sac, comme portée par un brusque élan de rage et d’incompréhension. Elle manqua de peu de chuter à plusieurs reprises tant le sentier était en mauvais état et son allure effrénée. Elle arriva bientôt au pied de la barre et sans adresser le moindre regard à ses aimables voisins, elle poussa la grande porte vitrée de l’immeuble pour monter sur le palier de son appartement. Lorsqu’elle arriva dans le couloir, Morgane traversait justement, elle avait fini sa journée une demi-heure auparavant et adressa un grand sourire à son amie en la voyant arriver dans une telle précipitation. Rachel se rassura un peu de la sorte mais ne fit pas attention à la nouvelle coupe de cheveux de la grande rousse qui semblait en être fière. Comme assaillie de vertiges, Rachel gagna rapidement sa chambre et s’écroula sur son lit en se débarrassant de son sac. A bout de bras, elle explora le tiroir le plus bas de sa commode pour en sortir l’un des sacs de voyage avec lesquels elle était arrivée auparavant.
Elle le déposa lourdement par-dessus le livre à la couverture noire, et complètement déstabilisée, semblant traquer sa propre vie, la pauvre jeune fille fouilla son sac vide de fond en comble. Lorsqu’elle fut au comble du désespoir et que son front reluisait de sueur, ses doigts tremblant fébrilement saisirent enfin le zip d’une fermeture éclair qu’elle ouvrit sans plus attendre. Son cœur faillit exploser de soulagement lorsqu’elle découvrit en reprenant à peine haleine un classeur dissimulé dans une pochette secrète. Elle n’avait jamais eu connaissance de cet emplacement, ce classeur ne lui disait absolument rien, elle ne s’expliquait même pas la façon dont elle s’était rappelée son existence, mais elle savait que maintenant elle pouvait se sentir en sécurité et sa crise s’évapora bien vite. Sans même avoir osé soulever la première de couverture, Rachel réinstalla le classeur dans son étui au fond du sac et referma la poche qui devint absolument invisible.
Morgane parut sur le seuil de la porte, passant son timide visage dans l’embrasure de la porte : « Eh, Rachel, tu devais venir voir ça… »