150° MESSAGE
C´est dans cette ivresse de joie que je poste le tant attendu 13°Chapitre qui focalisera encore un pzu plus certaines thèses avancées...
Voilà, bonne lecture
Chapitre 13
« -Eh ! Quand as-tu attrapé un tel coup de froid ?! S’écria Anna en se penchant sur Rachel assise sur le canapé, le poing contre ses lèvres et ne s’arrêtant de tousser.
-Ne t’inquiète surtout pas, ce n’est pas grave. Rassura-t-elle avant de cracher de l’air puissamment. Je vais bien, ajouta-t-elle en se levant.
-Je préférerais te voir te reposer cette après-midi…Assura Morgane en arrivant dans la pièce, un chiffon dans la main et un verre dans l’autre. »
La grande rousse se pencha ensuite sur la table du salon et y déposa le verre qu’elle venait d’essuyer avant d’engager une conversation, étrangement basse avec Anna. Rachel a demi allongée dans le divan et affairée à se masser la gorge pour faire cesser cette terrible toux n’entendit pas ce qui se disait. Elle regarda d’un œil inquiet ses deux amies.
« -On va au centre commercial, annonça Anna en haussant les épaules , je suis désolée mais tu devras attendre la prochaine fois pour nous accompagner…
-C’est pas grave, je vais rester avec Stéphane…
-C’est bien. Répondit Morgane. Prend soin de toi ! Annonça-t-elle en empoignant son sac à main.
-Il n’y a pas de problème ! Amusez-vous bien ! »
En quelques instants, Anna et Morgane furent dehors et du salon, Rachel put entendre leurs pas résonner dans le hall de l‘immeuble. La jeune fille resta un long moment étendue sur le canapé, baignée par le soleil, une main sur la poitrine, l’autre sur le front. Ses yeux mi-clos brillaient faiblement et de son visage émanait une étrange impression. Non pas qu’elle se sentait seule ou malade, mais qu’elle ne voyait plus Morgane et Anna de la même façon depuis les deux mois qu’elle avait passé en leur compagnie. La disparition de son classeur et l’étrange comportement de ses deux amies qui l’éloignaient toujours, faisaient d’elle ce qu’elles voulaient, avaient fait naître en Rachel un doute…Elle était surveillée par ces deux colocataires, elle en était certaine et bientôt elle les démasquerait, elle se vengerait, peu lui importait dorénavant son amitié avec Anna.
A ce moment, Stéphane apparut à l’entrée du salon. Lui et Rachel avaient beau habiter dans le même appartement depuis deux mois, ils n’avaient jamais vraiment fait connaissance, la plupart des conversations semblant en fait catalysées sur les filles.
« -C’est bien la première fois qu’on se retrouve tous seuls tous les deux…Déclara-t-il en s’asseyant sur les tibias de Rachel. Tu vas bien ?
-Oui, ne te fie pas aux apparences, je me demande bien pourquoi elles n’ont pas voulu que je vienne avec elles…
-Tu sais, elles sont toujours allées au centre commercial toutes les deux, elles n’ont peut-être pas besoin d’une troisième personne…Mais ne t’inquiète pas, je suis sûr qu’elles t’aiment bien ! S’exclama Stéphane.
-Oh, mais je n’en doute pas. Fit Rachel en fermant les yeux.
-Tu vas bien alors ? Confirma le jeune homme. J’ai envie de te montrer quelque chose.
-Qu’est-ce qu’il y a ? Demanda-t-elle soudainement intéressée en se décollant du fauteuil.
-On va sortir de la cité étudiante aujourd’hui, et même si tu es un peu malade, il fait bon aujourd’hui !
-Je mettrai ma veste ! Annonça joyeusement Rachel en se retrouvant assise à côté de Stéphane, enfin invitée à sortir du sentier vers le lycée.
-Suis-moi alors. Conclut le jeune homme en se dirigeant vers le couloir où il chercha son porte-monnaie dans son manteau. »
Les deux adolescents sortirent à leur tour de l’appartement, dans le fascinant grand hall blanc de l’immeuble où le moindre petit bruit était amplifié et mis en écho par la cage d’escalier. Ils se hâtèrent de sortir à l’air libre où le soleil était seul dans le vaste ciel. La cour parut déserte, il s’agissait certainement de la première fois que Rachel observait un pareil spectacle auquel Stéphane ne semblait prêter aucune attention en franchissant le grand portail. Arrivés là, les deux personnes se retrouvèrent aux abords de la vaste cité piétonne où les petites boutiques en brique jaune séparaient les habitations rustiques très éclairées. Mais au lieu de marcher vers le Nord où les bâtiments administratifs du lycée paraissaient à deux rues, Stéphane emmena Rachel vers le Sud où un dédale de ruelles pavés s’emmêlaient et plongeaient dans les faubourgs de la cité.
Ainsi, ils ne tardèrent pas à arriver à l’arrêt de tramway où Rachel était descendue le jour de son arrivée. Les barrières bleues et les grands trottoirs fourmillant de centaines de piétons ainsi que la petite cabane de verre étaient toujours là, comme la dernière fois qu’elle les avait vus.
« -On prend le tram ? Demanda Rachel en reposant son menton sur l’épaule de son ami.
-Oui, répondit-il en découvrant son porte-monnaie. Je paye pour toi, ne t’inquiète pas. »
A peine le jeune homme eut-il fini que le grondement du train se fit entendre, et on le vit bientôt surgir de l’ombre d’un tunnel non loin de là. Le tram serpenta en ralentissant entre les rambardes de sécurité et s’arrêta au niveau de la borne où se trouvaient les deux étudiants. Rachel et Stéphane furent presque les seuls à monter dans le transport. La jeune fille retrouva le grand habitacle qui l’avait mené de l’aéroport à la cité, elle suivait son guide tout en s’amusant à reconnaître le moindre recoin de la cabine. Lorsqu’ils s’assirent à une banquette, Stéphane égraina au creux de sa main les pièces de monnaie qui lui avaient été rendues et il les tendit à Rachel qui les accepta volontiers. Les moteurs vrombirent soudainement et le tram glissa de nouveau sur ses rails, c’était un étrange bourdonnement qu’elle n’avait nullement oublié.
Alors que par la fenêtre défilaient les rangées d’immeubles occultant successivement la lumière du soleil, Rachel avait trouvé son divertissement dans l’observation des petites pièces dorées, elle scrutait avec attention ce qui y était gravé ; elle y vit la Tour de Babel, les crêtes jonchées d’éoliennes, quelques monuments époustouflants porteurs de la gloire de la cité comme le mur au Sud d’Adora, mais ce fut la dernière qui la retint plus particulièrement ; il s’agissait d’un grand homme impressionnant au visage ridé et aux traits semblant avoir été dessinés avec hâte et des instruments de géométrie, Rachel devina rapidement que cet homme était Till Gueguermann, mais elle n’osa pas demander confirmation à Stéphane qui la regardait pourtant avec une sorte de fascination. Lorsque l’adolescente eut fini son petit jeu, elle rangea maladroitement les pièces dans la poche de sa veste et dévisagea réciproquement son ami.
Les deux amis se regardèrent de la sorte durant tout le trajet, bercé par le seul sifflement lointain du tram sur le rail électromagnétique. Le convoi s’arrêta à plusieurs arrêts, des gens montèrent, d’autres descendirent, mais au fur et à mesure des stations traversées, la rame avait tendance à se vider et par la vitre, le décor changeait. « Nous ne sommes plus dans la cité universitaire. Là, tu vois c’est le musée. » Déclara Stéphane en montrant un grand bâtiment à l’architecture sur colonne et encerclé de jardins magnifiques, mais il demeurait dans un périmètre fermé par de hautes grilles et les rares routes qui s‘y rendaient semblaient désaffectés... Rachel ne posa pas de question quant à cette merveille car le tram ne s’y attarda pas et repartit vers d’autres quartier de la cité où l’urbanisation se faisait davantage éparse. Bientôt, l’adolescente se rendit compte qu’elle et son ami étaient les deux derniers occupants de la rame et que par la vitre elle ne pouvait plus voir que des forêts sauvages et des chaos rocheux défiler à toute vitesse.
« -Ca va être le terminus, on descend. Fit Stéphane en se levant.
-Oui, cet endroit a l’air désert, ça serait étonnant qu’il y ait quelque chose encore après cela. »
Les deux amis descendirent sur le quai en béton du terminus, une route de service en terre battue s’engouffrant dans les bois suivait la ligne du tram et un autre chemin allait plus loin dans le chaos et les ruisseaux gargouillant. En descendant les marches du débarcadère où était resté ronronner le tram à côté d’une maison de brique sommaire, Rachel fut intriguée par le silence de la forêt ; si la flore semblait tout à fait épanouie, la faune se faisait bien discrète. « Suis-moi, c’est par là. ». Dis Stéphane en invitant la jeune fille à le suivre dans l’enchevêtrement de rochers recouverts d’une fine pellicule de mousse très verte. En bondissant entre les énormes roches qui jonchaient le sol, Rachel découvrit la beauté de cet endroit, le chant d’une petite rivière passant sous les rochers, le murmure du vent frais dans les épais branchages qui formaient une voûte au-dessus d’elle.
« -C’est fantastique, cet endroit ! C’est ça que tu voulais me montrer ? Demanda-t-elle en revenant à la hauteur de Stéphane.
-Non, ce n’est encore rien. Assura-t-il en souriant.
-Où sommes-nous exactement ?
-Et bien nous sommes sur la façade Ouest de la cité. Déclara le jeune homme en allant face au vent. Ce chaos rocheux est en fait un pan de falaise qui s’est effondré il y a bien longtemps. La nature a repoussé par-dessus et a ouvert un accès sur l’océan. Assura-t-il
-Sur l’océan ?! S’étonna la jeune fille. »
A peine eut-elle fini sa phrase que Stéphane écarta de la main une épaisse branche faisant comme un rideau de feuilles. L’horizon se dévoila ainsi et Rachel découvrit en face d’elle et à perte de vue l’océan fortement agité ce jour-là. Derrière elle, mais avec moins de fascination, Stéphane contemplait également le paysage féerique. A leur droite comme à leur gauche s’érigeaient les colossales falaises protégeant la cité du vent qui soufflait dans les cheveux des deux adolescents.
« Fantastique, n’est-ce pas ? Fit Stéphane. »
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