Quand j´aurais fini le chapitre 39 ! LOL je croyais que tu avais fini, moi ! J´étais tout content en me disant que finalement j´avais presque fini en même temps que les autres et voilà que trois nouveaux chapitres se pointent ! MARDE^^
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pov Indien XD
Bah j´ai signalé à plusieurs reprises qu´il y aurait 43 chapitres, mais ça ne représentera toujours que 8 pages de plus à lire si tu pensais finir au 39...Et puis quand je pense à Armiel qui doit imprimer les chapitres qui lui manquent depuis un mois ou deux, j´ai du mal à penser que tu seras vraiment en retard
Mais bon, comme ça fait presque une semaine que j´ai rien publié, je suis désolé mais je vais devoir avancé parcequ´il y a du monde dans la file d´attente
Avant-dernier chapitre donc ! Je pense qu´arriver à ce stade là de l´histoire, on se passera de commentaire, l´histoire de Rachel touche maintenant à sa fin et il est temps de joindre les dernières pièces manquantes du puzzle
Chapitre 42
Le dix-septième anniversaire de Rachel fut magnifiquement décoré de sang. Elle avait attendu ce moment depuis longtemps, elle avait enfin trouvé la voix, la rouge beauté avec laquelle elle s’était purgée de tout ce qui palpitait en elle. Lorsque son père revint à la maison et qu’il trouva sa grande fille en extase au milieu de la cuisine où s’était déversés des litres de sang, devant le corps inanimé de sa petite sœur, l’arme du crime encore toute recouverte d’hémoglobine dans sa main tremblante, il eut plus que jamais envie de refouler une dernière fois son sentiment de vide et sa cruauté. Mais il se rendit compte que Rachel n’était plus la même, l’adolescente semblait avoir reçu une illumination dans ce bain de sang qui tâchait son visage pâle.
Le grand homme ne sut que faire. Détruire la grande une dernière fois ou pleurer la disparition de la petite, succomber à son envie de puissance ou à ses larmes…Rachel ne se souvint pas de ce qui avait pu se passer par la suite. Mais quelques semaines plus tard, elle enfilait un épais manteau et pour l’une des premières fois de sa vie, elle vit la lumière directe du jour sur sa peau pâle. Il faisait beau, les nuages gris planant à de très hautes altitudes ne perturbaient nullement le soleil. Malgré son équipement sensé retenir toute la chaleur de son corps, la jeune fille sentait l’air très froid grimper le long de son corps. Son père la fit monter dans une voiture noire où se trouvait déjà une grande personne inconnue. Rachel se demanda s’il s’agissait de la mère de sa petite sœur, mais elle ne parla jamais avec son père, sinon à très basse voix et avec une certaine distance.
Rachel resta très longtemps sur la banquette arrière, silencieuse, essayant de deviner ce qui allait se passer dans les yeux de l’inconnue dont elle accrochait le regard par le rétroviseur. La voiture s’arrêta sur une grande aire grise et déserte, les trois personnes en descendirent et entrèrent dans un grand hall dont les quelques lumières ne laissaient à Rachel qu’une impression floue dans ses souvenirs. Elle se souvenait cependant très bien du train dans lequel ils embarquèrent. La jeune fille s’assit du côté fenêtre où elle s’endormit très rapidement, son père à côté d’elle et l’inconnue sur la banquette en face d’elle.
Elle demeura ainsi pendant de très longues heures, si bien que lorsque Rachel rouvrit les yeux, le soleil avait déjà eu le temps de faire le tour de sa voûte céleste et les paysages qui entouraient la voie ferrée avaient bien changés ; il s’agissait dorénavant de grandes plaines verdoyantes et au loin flottait les brumes de chaleur émanant de l’océan, incertaine étendue d’azur se confondant avec le ciel. Lorsque le train ralentit enfin, le puissant jour avait été déchu jusqu’aux rebords de l’horizon et le ciel rougeoyant annonçait la fin de la journée. Le spectacle était fascinant et à la descente du train, Rachel resta rivée sur ce merveilleux tableau, essayant de déchiffrer le message qui se dissimulait derrière cette beauté soudaine du monde.
L’inconnue prit son téléphone portable et commença une conversation dont Rachel ne put rien saisir car elle fut enlevée par son père…
Ce ne fut qu’à ce moment que Rachel sortit soudainement de son rêve. Sa petite sœur n’était plus à ses côtés. Elle n’était plus sur le banc au milieu du bois. L’album de sa vie avait disparu. La jeune fille se releva alors et observa autour d’elle, ses yeux s’accommodèrent à l’obscurité et partout autour d’elle, Rachel vit de grands murs, d’imposantes statues au visage obscur, cela semblait faire longtemps qu’elles n’avaient vu personne…D’angoissants bruits semblait venir de l’infini, derrière elle dans les ténèbres. Cela ressemblait à des hurlements, des soupirs, des râles…Cet endroit semblait être un temple où se condensaient les sentiments humains.
Elle était enfin arrivée au Musée. Le jour s’était levé sur Gaïa, elle aurait bien aimé pouvoir se délecter une nouvelle fois de ce rougeoyant spectacle, le soleil levant était à peu près la même chose que le couchant ou que le sang, après tout…Rachel adressa un regard à l’un des vieux hommes de pierre qui méditait sur une corniche à plusieurs mètres au-dessus d’elle et s‘abîma dans l‘obscurité…
Le Musée était étrangement désert, personne ne semblait avoir reçu le message de Stanislas. Rachel était toute seule dans le noir, seule dans la solennité de son instant. Les seuls être qui l’entouraient étaient de pierre et ne faisaient plus attention à elle. La jeune fille n’avait rien mangé depuis longtemps et sentait dans ses veines couler le sang qui la menait à la mort. Elle était faible et cette fois plus rien ne semblait pouvoir l’empêcher de mourir. Elle allait s’asseoir dans un coin et s’endormir lentement pour ne plus jamais se réveiller, mais dans l’espoir qu’elle fût retrouvée par des soldats…
Rachel s’adossa contre un mur et se laissa glisser jusqu’à ce que ses jambes pussent s’étendre sur le sol et alors elle posa une main sur le ventre et se mit à sourire en fermant les yeux. Elle songea à ce qu’aurait pu être son enfant. Elle ne le verrait jamais, mais cela ne l’affectait pas. Car elle savait que là où elle irait, elle retrouverait les êtres qui lui avaient été chers. Elle, sa petite sœur qui s’était éteinte en lui ouvrant la voie, les deux sœurs n’avaient pas pu se connaître dans la vie ; ce serait dans l’au-delà qu’elles pourraient se contempler et se découvrir. Rachel avait menti à Stéphane lorsqu’elle lui avait dit qu’elle était persuadée qu’Anna vivait toujours. Elle était morte et elle l’avait très bien su à l’instant où elle n’avait plus trouvé son regard dans la nuit. Phelspart quant à lui avait du être fusillé comme tant d’autres lors de l’invasion de la cité. Irvin, Landry étaient les deux personnes envers qui elle éprouverait réellement du remords lorsque le moment serait venu de prendre la main froide et chétive de la Mort. Ses deux amants et les seules personnes en qui elle avait réellement pu faire confiance depuis son arrivée à Gaïa.
Elle n’avait cependant aucun regret pour Stéphane dont la présence dans son univers n’avait pas eu de grandes répercussions, à l’exception de sa tentative de meurtre. Ce ne fut qu’à ce moment-là que Rachel réalisa qu’elle n’avait pas revu Morgane. La jeune demoiselle avait en fait sombré dans la démence après son affrontement avec Anna. Elle n’avait pas du se faire simplement tuer par des soldats, elle était même certainement encore en vie et cherchait misérablement le moyen de survivre. Elle ne les reverrai plus jamais.
Après avoir passé une heure ainsi, Rachel commença à sentir partir, comme une élévation et des sentiments extra-sensoriels. Elle pouvait sentir tout ce qui se passait autour d’elle, elle voyait le jour s’étendre par-dessus l’horizon, les Anciens se réveillèrent et flottèrent au-dessus d’elle en lui faisant comprendre que l’heure de s’en aller allait venir. A la fin de cette grande procession d’hommes sages et de philosophes apparut Stanislas Henriet. Rachel le reconnut tout de suite, dans son habit de penseur, une grande et scintillante barbe grisonnante tombant sur sa poitrine, il marchait la tête haute aux côtés des grands hommes qui avaient élevé la cité. Ils traversèrent toute la sombre antichambre de la sorte et lorsque Rachel regarda les niches désertes dans lesquelles ils avaient reposé pendant des années, elle réalisa que ces grands partaient à tout jamais, ils quittaient le monde au somment duquel ils avaient érigé Gueguermann. Tout était dorénavant fini, un à un, les philosophes disparurent dans un grand couloir de lumière qui s’était ouvert dans le mur du fond.
Tous disparurent et lorsque vint le tour du dernier d’entre eux, Stanislas, le grand écrivain se retourna et regarda Rachel de ses petits yeux vifs et lui adressa un sourire. La jeune fille le lui rendit comme elle put et ferma les yeux avant de voir la lumière s’éteindre.
A cet instant, une explosion fit vibrer les murs du Musée. Le plafond trembla puissamment et des panaches de poussières tombèrent. En quelques secondes, plusieurs détonations secouèrent les lieux, arrachant parfois des pans de murs qui s’effondraient avec fracas puis enfin, un faisceau de lumière traversa la salle devant la jeune fille. Entre ses paupières entrouvertes, elle vit la lumière du jour peindre les murs de l’antichambre dans toutes les couleurs de l’arc-en-ciel et les niches accueillant autrefois les grandes statues se trouvaient dorénavant vide.
Les soldats arrivèrent en courant dans le halo lumineux, se répartissant dans tous les niveaux du bâtiment, certains restèrent en arrière, d’autres filaient à toute vitesse vers d’autres chambres, fusils en main. D’autres explosions effondrèrent les murs bloquant l’accès aux autres pièces du Musée, des colonnes s’effondrèrent alors et au pied du mur, Rachel vit le plafond se distordre en mugissant sourdement. Des poutres cédèrent dans de terrifiantes déflagrations qui dégageaient des colonnes entières de poussière se fondant dans un voile opaque. A travers celui-ci, la jeune fille put voir la sombre masse du plafond s’effondrer lentement, pulvérisant sous son poids une rangée de briques à chaque cran descendu.
Un fantassin surgit soudainement de l’épaisse fumée tel un archange bravant les nuages les plus orageux. Il s’arrêta brièvement au pied de Rachel qui commençait à suffoquer, puis abandonna son fusil sur le sol pour porter l’adolescente dans ses bras. Alors il se releva et se mit à courir de toutes ses forces vers la brèche qu’un véhicule blindé avait creusé en enfonçant un mur.
Le bruit qui en cet instant semblait infiniment dense et les couleurs pâles de l’aube qui défilaient sous les yeux de Rachel ne parvinrent pas à la faire revenir à la réalité. Elle avait les yeux rivés vers l’infini, ses lèves vaguement entrouvertes dans un sourire de délivrance, ses yeux devenus opaques et ternes, son visage couvert de cendres et figé par la fatigue indiquaient qu’il y avait longtemps que Rachel avait déjà disparu.
Pourtant sa poitrine respirait encore faiblement, quelque chose palpitait dans esprit comme sous ses os. Ce fut pourquoi le soldat qui l’avait sauvée ne perdit pas espoir. Ses lèvres se posèrent sur celles de la jeune fille et il tenta de la ranimer. Mais ce fut vain. Il appela dans un élan de panique des infirmiers qui arrivèrent au chevet de Rachel en quelques secondes. Sous l’œil anxieux du jeune fantassin, les médecins tentèrent de ramener la jeune femme.
Tout autour d’eux s’était arrêté de fonctionner, tous les regards semblaient se poser sur la jeune fille et le monde comptait jusqu’à trois avec eux avant de presser avec espoir sur la cage thoracique.
Alors ils recommençaient, tous s’arrêtèrent de respirer pour donner leur souffle et leur compassion et le monde comptait jusqu’à trois.
En voyant le regard de la jeune fille s’éteindre progressivement, le soldat commença à pleurer. Il déposa son casque, il arrêta de penser et le monde compta jusqu’à trois.
Ils essayèrent. Ils essayèrent. Ils essayèrent…
Ben... Où est le rêve et où est la réalité ? Je sais plus du tout... J´espère que le dernier chapitre me permettra de comprendre...
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"Ce ne fut qu’à ce moment que Rachel sortit soudainement de son rêve. " Je pense qu´on ne peut pas faire plus clair comme transition
Mais c´est bien, l´ambiguité est une nouvelle fois présente pour une histoire qui a un peu trop duré, je vous l´accorde
Le prochain et dernier chapitre sera plus un épilogue et une fin qu´une explication je pense...
Donc voilà, suite et fin de l´histoire bientôt, j´attends que toute l´équipe aie fini ![]()
"Ce ne fut qu’à ce moment que Rachel sortit soudainement de son rêve." => Sauf que peut-être Rachel se trompe, prend le rêve pour la réalité et inversément et prends un retour au rêve pour un retour à la réalité... Bref, à part b_l qui peut savoir ce qu´il en ait vraiment ?
Jujudredd, rôh mais c´est pas Rachel qui raconte ça, c´est moi, tu peux me croire ; je suis le narrateur
C´est bien de voir qu´il y a pleins d´interprétations possibles, comme quoi on est restés toute l´histoire entre la réalité et le rêve ![]()
Oui, mais il me semble que le narrateur et l´auteur peuvent être considérés comme deux personnages distincts ! Et rien ne t´empêche de mentir un peu pour nous embrouiller
Ca me rappelle un film hollywoodien, pas spécialement génial mais avec une idée intéressante : l´héroïne (interprétée par Demi Moore je crois, comme ça peut-être que quelqu´un saura nous ressortir le nom du film) est une mère de famille (en angleterre je crois, en tout cas en europe), puis quand elle s´endort elle se réveille avocate à New York (ou cadre ou un truc du genre) jeune mariée (ou vivant en comcubinage ou un truc du genre). Puis quand elle s´endort elle se réveille à nouveau mère de famille en Angleterre. Bref, elle ne sait plus distinguer le rêve de la réalité (elle fini même par aller voir un psy à New York). Si quelqu´un voit de quel film je parle (ou un truc du genre
)
dernier
Merci pour cette précision, jujudredd
Bon, je viens ce soir pour clore cette histoire qui m´a occupé pendant plus de sept mois..
Je vais pas discourir trop longuement ; je me suis déjà bien étalé sur ce discours et comme il ne reste plus beaucoup de monde sur la fin...Jer laisse juste de la place à ceux qui désirerait laisser un mot
Avant de poster le dernier chapitre, je tenais à préciser (et oui, la promo
) que je ne m´arrête pas là puisqu´une fanfiction ff7 va être publié dans quelques heures sur ce forum et que je m´inscris dans la S-F sur ce topic du forum Ecriture
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https://www.jeuxvideo.com/forums/1-58-88538-1-0-26-0-0.htm
Voilà, maintenant vous faites ce que vous voulez, continuez de me suivre ou non, mais en tous cas, je vous remercie tous d´avoir été là pour me lire et je sens que je peux m´améliorer encore, pourvu qu´il y aie quelqu´un derrière moi
Voilà, bonnes lecture...
Chapitre 43
« Allô Anna ? C’est Maman à l’appareil. Rachel est prête à monter dans l’avion, elle arrivera ce soir aux alentour de vingt-trois heures. Elle prend des antidépresseurs depuis qu’elle a tué sa petite sœur, alors elle risque d’être un peu inconsciente lorsqu’elle sera à l’aéroport. N’oublie pas qu’elle est très malade et qu’elle a très besoin des médicaments qui se trouvent dans sa trousse ; tu ne devrais pas avoir de mal à en trouver régulièrement en ville. Mais évite d’en parler à tout le monde, je sais que tu le pourras. Bonne chance ma fille… »
Tout devint soudainement clair dans l’esprit de Rachel. Elle avait réussi à joindre les deux bouts de l’énigme. Le cauchemar était fini pour de bon. Elle pouvait dorénavant se souvenir de n’importe quel moment de sa vie, de sa plus petite enfance à cet instant. Mais elle ne parvint pas à définir ce qu’était l’instant alors présent.
Ses yeux étaient encore clos, elle n’avait pas la moindre idée du temps pendant lequel elle avait pu rester endormie. Mais elle était habitée par une phénoménale impression de légèreté, il lui semblait être devenue une autre personne. Le temps avait repris sa course et elle l’entendait palpiter à coté d’elle. C’était un bip régulier, comme les battements de son cœur. Elle s’était enfin retrouvée, alors qu’elle n’y croyait plus ; elle sentait son sang ruisseler lentement dans ses veines, ce qui lui procurait la formidable sensation d’être plus vivante que jamais après tout ce temps à s’être cherchée, s’être découverte.
Elle ouvrit les yeux. Mais ceux-ci étaient restés enfermés pendant si longtemps que leur couleur avait fanée et pendant quelques secondes, la jeune fille fut incapable de discerner autre chose qu’une infinie étendue de blanc. Pourtant la première chose qu’elle vit fut un oscillographe retranscrivant les pulsations de son propre cœur. Elle se trouvait étendue sur un lit d’hôpital, plusieurs perfusions étaient raccordées à son bras et dans sa nuque elle sentait ses cheveux humides frotter contre sa peau, une sensation à laquelle elle n’était plus habituée ; ils avaient poussé.
Une jeune infirmière passa dans le couloir et aperçut les yeux de Rachel au travers de la grande vitre qui séparait la chambre du corridor. La jeune dame sembla hésiter un instant en se frottant les yeux et se précipita soudainement dans la chambre dont elle ouvrit la porte avec douceur. Rachel la regarda simplement entrer et s’asseoir sur la chaise qui se trouvait à côté de son lit. Elle n’osait parler, de peur de découvrir qu’elle ne le pouvait plus ou qu’elle ne se ferait pas comprendre. Fascinée, l’infirmière posa sa main sur le front de la jeune fille et lui demanda :
« -Est-ce que vous allez bien ?
-…Rachel écarta les lèvres et parvint à dire : Oui. Combien de temps ai-je dormis ?
-Trois ans. Vous vous souvenez de ce qui s’est passé ?
-Non…
-Vous avez été ramenée par hélicoptère. Par miracle, on a pu vous maintenir en vie, mais votre réveil était au-dessus de nos compétences…
-Et…Et mon enfant ? Comment va-t-il ?
-Il n’est jamais venu au monde madame. »
Rachel referma les yeux et but volontiers le verre d’eau que lui tendit l’infirmière. Elle avait vingt-et-un ans. Sur sa table de nuit reposaient les fleurs rouges que lui avait fait porter le jeune soldat qui lui avait sauvé la vie. La soignante s’en était occupée chaque jour pendant les trois années de coma de Rachel en attendant son retour à la vie. Quelques jours plus tard, elle reprit les pilules contre sa maladie qui lui avait jusque là été perfusés. Elle avait une drôle d’impression dans le ventre, elle se sentait toute autre, tout s’était fini si rapidement, sans qu’elle n’aie jamais pu dire adieu à personne. L’absence était déjà douloureuse dans son cœur.
Quelques mois plus tard, Rachel entra en service de rééducation. Ses jambes engourdies ne lui permettaient plus de marcher et elle se déplaçait en fauteuil roulant. Après, elle enfila un épais manteau malgré le puissant soleil qui illuminait le ciel et au début accompagnée de sa soignante, elle emprunta le couloir vers l‘extérieur. L’hôpital se trouvait derrière une haute dune verdoyante protégeant le massif bâtiment des puissants vents marins. Une grande plage bordant les dernières côtés avant l’océan s’étendait de l’autre côté de la dune. Un paseo la longeait, permettant aux internes de regarder les voiles s’enfuir vers le soleil absorbé par l’horizon du soir.
Le sable blanc et fin se laissait brasser par les marées. Quotidiennement, des gens heureux et souriants venaient le fouler de leurs pieds nus et laissaient la chaleur glisser dans leur dos avant de faire don de leur corps à la mer. Rachel vit pour la première fois depuis des années de jeunes enfants accompagnés de leurs parents. La plage était un divertissement, pas une fatalité et la liberté un paysage, pas un rêve. Là-bas, derrière la ligne verte que traçait le soleil en faisant fondre ses derniers rayon sur l’horizon, Rachel avait rêvé d’un ailleurs, avait envisagé n’importe quelle solution pour être sur ce paseo.
Elle avait réussi, mais au prix de son indépendance physique et d’une accolade à la Mort. Une brise lui fit tomber quelques cheveux sur le visage et ce fut à ce moment-là qu’elle eut un petit frisson. Elle resserra un peu plus sa laine sur son corps fragile, car elle préférait rester là plutôt que de regagner l’internat. La nuit allait bientôt commencer et plus personne ne se trouvait sur la plage où la mer avançait à chaque vague. Une femme se promenant sur le paseo s’avança pourtant, descendit les marches d’un escalier de béton donnant sur la plage et marcha sur le sable en direction de la mer. Lorsqu’elle fut au bord de l’eau, elle s’assit sur le sable frais et posa sa tête sur ses genoux qu’elle entourait de ses bras.
Rachel resta l’observer. La silhouette noire penchée sur l’océan semblait dévier les feux dansant du soir. La plage était un grand brasier se consumant à la vitesse du jour, et seul un chemin reliant Rachel à l’inconnu avait été épargné des flammes. La fin de l’histoire se trouvait au bout de ce tunnel flamboyant. La chimère qu’elle avait jusqu’alors vainement cherchée était réfugiée dans cet abysse. Elle posa alors les mains sur les roues de son fauteuil roulant et d’un air décidé, elle se mit en route vers le bord de l’océan.
Les roues de son siège s’enfoncèrent légèrement dans le sable, mais sa curiosité était telle qu’elle s’aventura jusqu’au bout, bravant une ultime fois la chaleur et la puissance des éléments. Elle s’arrêta au chevet de la personne restée accroupie sur le front de mer. Elles étaient dorénavant à la même hauteur.
Le murmure des vagues et le chant du vent dans ses cheveux lui évoquèrent de nombreux souvenirs en si grands nombres qu’elle ne sut par où commencer la quête de son histoire. Sa gorge se serra légèrement ; la beauté de l’instant l’avait ému. Derrière l’ombre de l’inconnue apparut le visage d’Anna, elle n’avait pas changé. Venue faire un dernier adieu à Rachel, elle se releva sans un regard et marcha vers l‘océan. Ses pieds s’abîmèrent dans les eaux et jamais sans se retourner, sous le regard émerveillée de Rachel, Anna erra vers l’infini, à chaque pas un peu plus engloutie dans l’océan jusqu’à ce que la dernière mèche de ses longs cheveux d’ébène balayés par le vent eut disparu dans les sombres profondeurs à quelques mètres du rivage.
Rachel resta assise dans son fauteuil pendant un très long moment à attendre que la nuit engloutît le souvenir. Lorsque les dernières lueurs protégeant l’horizon des ténèbres déclinèrent, les eaux déposèrent quelque chose au pied de la rêveuse. Intriguée, celle-ci cligna des yeux pour la première fois depuis quelques heures et se pencha pour examiner ce qui avait heurté la base de l’une des roues que l’eau touchait déjà. Elle y trouva un volume noir que la nuit ne lui permettait pas de voir. Rachel se pencha de tout son corps, tendant le bras dans l’espoir d’atteindre l’objet du bout des doigts. Mais il restait intouchable, lointain, comme si l’océan qui l’avait pourtant acheminé jusqu’à elle refusait de le lui céder.
Dans les derniers retranchements de la foi que Rachel avait en elle, elle se laissa tomber de son fauteuil et se retrouva étendue sur la plage, impuissamment livrée à l’océan. Elle sentit l’eau salée engorger ses vêtements et coller à sa peau en salissant ses cheveux. Elle posa ses mains agiles sur le volume noir qui avait commencé à être happé par une vague et en frotta la couverture pour disperser les grains de sable. La faible lueur de la lune éclaira la couverture sous les yeux stupéfaits de la jeune fille.
Sur le profond noir un peu granuleux du livre étaient apparues les lettres rouges « G A I A ». Elle se rappela alors les paroles de Stéphane : « Le quatrième me fut donné par le bouquiniste, mais je l’ai rendu à l’océan le jour où j’ai appris l’exécution de l’étudiant rédacteur d’une thèse sur Henriet… »
Rachel se mit à genoux dans l’eau et, levant les bras au ciel, elle se mit face à l’horizon qui n’était plus que nuit et hurla de toutes ses forces avec l’envie de pleurer : « Tout est-il donc de ma faute ? »
Mais non... Enfin je pense pas...
Ca rejoint justement la notion de distorsion entre rêve et réalité qui t´avais interpellé, jujudredd...
J´ai beau être l´auteur de cette histoire, mais il y a toujours des zones d´ombre qui persistent autour de ce sac à noeud, ainsi j´ai envie de penser que Gaïa était peut-être une projection des rêves de Rachel et dans son esprit torturé, elle a fait souffrir ceux qu´elle aimait...C´est ma propre interprétation de la chose ![]()
Chapitre 36 :
Rien à dire, c´est un très bon chapitre qui annonce le début de la fin puisque Stéphane avoue enfin qu´il connaissait le bouquin. Et il sait aussi que Gueguemann est un infâme saligaud qui se laisse pousser la moustache pour ressembler à Staline (c´est ce qui s´appelle « lire entre les lignes »). J´attends avec beaucoup d´impatience le retour de Anna (hmmm) et le face à face final... Mais qui sera de la partie ? Car entre les morts, les fous et les estropiés, on ne sait plus sur quel dada miser ! Inutile de dire aussi que je cherche à comprendre ce qu´est exactement Gaïa et comment expliquer la présence de Rachel dans cette ville bizarre.
Juste une petite remarque :
« la luminosité de la pièce s’obscurcit » « La luminosité diminue » ou alors « la pièce s´obscurcit », mais on n´a pas le droit de mélanger les deux ^^
Mais en fait non :
« les ténèbres qui s’assoyaient lentement sur la cité » Ben en fait il n´y a pas d´erreur, « assoyait » existe bel et bien... Zut ! (Mais franchement tu charries quand même un peu ^^ Tu ne pouvais pas dire « asseyait », comme tout le monde ?)
Chapitre 37 :
Huhu, ça sent la révélation à plein nez. J´ai presque envie de ne pas commenter ce chapitre pour entamer le suivant ! Encore un très bon chapitre, le passé de Rachel se dévoile peu à peu, j´ai comme l´impression que le truc qu´elle avait vu passer dans la maison (quand elle est avec son père) n´est autre que Elle (qu´Elle ?? ?)
Que dire, que dire ? Rien, c´est inutile de commenter des chapitres aussi courts qui ne livrent que des bribes d´informations.
Note : j´avais bien remarqué le code HN5528, preuve que je lis bien tout ^^ Mais qu´est-ce que ça signifie pour toi ? Je dis cela parce que dans mes fics je ne laisse pas ces détails au hasard et les petits détails comme celui-ci ont toujours un lien avec quelque chose de réel (une date, un acronyme, ...)
Chapitre 38 :
« Elle a une petite santé » Ben voyons, elle bute un gars avec un pied de table et un ordinateur et tu oses dire qu´elle a une petite santé ?? ? T´as peur de rien ^^
Le coup des mails au début m´a beaucoup plu, c´était une bonne façon de nous renseigner et de nous faire découvrir Rachel à travers les yeux des autres. Dommage qu´avec le temps j´aie un peu oublié qui était qui, et du coup je n´ai pas toujours bien compris qui parlait. On sent quand même que tu as bien suivi les cours sur le « style épistolaire » ^^
Il y a un moment où Rachel dit « Comme avec Mathias » lorsqu´elle se fait étrangler par Stéphane, mais je ne me souviens plus qui est Mathias et j´ai la flemme de relire les autres chapitres (on ne dirait pas comme ça mais c´est le 38ème et j´ai commenté les 37 premiers !)
Donc on découvre que Rachel se méfiait et que c´est finalement à cause de cela qu´elle devenait antipathique aux yeux des autres (ce qui lui donnait une raison de se méfier... Hmmm, inversion de causalité ?) Mais je remarque surtout que si elle n´était pas appréciée des filles, elle l´était en revanche beaucoup plus des garçons (mais quoi d´étonnant après tout ?)
Mention spéciale à l´expression « mais pas dans le sens qu’admet Gaïa » qui nous fait bien sentir que l´héroïne permet aux autres personnages de développer un certain sens critique. Les phéromones ont peut-être un rôle à jouer là-dedans, même si je suis persuadé qu´elle sont surtout la cause des agressions à l´encontre de Rachel.
En fait, seule la bagarre finale me semble un peu exagérée et j´aurais imaginé plus de finesse de la part d´une fille frêle et malade.
Chapitre 39 :
Un chapitre de fuite, en somme. Une belle plongée dans l´angoisse et le «
je-n´ai-pas-le-temps-de-réfléchir-parce-que-je-cou
rs » qui ne nous apprend rien sur la donzelle mais fait sûrement très plaisir à l´auteur. C´est au moins la centième fois qu´il torture gratuitement l´un de ses personnages (et je ne parle que de cette fic !) . Je n´apporterai qu´un seul bémol et je me pose d´ailleurs la même question pour de nombreux films américains : comment un petit Somalien unijambiste de huit ans qui n´a pas mangé depuis une semaine arrive-t-il à échapper à deux mille soldats américains ? (Il faut bien sûr préciser qu´il est recherché pour avoir décrypté un code top secret sur lequel planchait cinq cents scientifiques autrichiens, en s´infiltrant de nuit dans les bureaux de la CIA, et qu´il est sur le point d´envoyer une tête nucléaire sur la Maison-Blanche si on ne libère pas José Bové dans les 24h !) . Je divague, certes, mais le commentaire est d´autant plus long ! Faut savoir ce qu´on veut ! Et puis la gamine est malade, comment fait-elle pour semer des militaires qui, étonnament, usent du tir de sommation alors qu´ils tiraient au hasard comme des brutes au début ? Et leurs armes, pourquoi n´a-t-on pas plus de précisions dessus ? (Cette dernière question était inutile mais me faisait plaisir.)
Et, parce que personne n´aurait tort si tout le monde avait raison, et que personne n´aurait raison si tout le monde avait tort... Ou pas :
« son corps s’était abîmé dans les ténèbres jusqu’à la fin des temps et plus rien ne semblait pouvoir l’en déroger. » En voulant le déloger des ténèbres, elle avait dérogé à la règle.
Chapitre 40 :
Et dire que je croyais que c´était le dernier !
Ca commence d´entrée de jeu avec ceci : « le bois semblait avaler les molécules passant dans son environnement, de la lumière au son » Insinues-tu que le son et la lumière sont fait de molécules ? Tu sais qu´Moyen-Age, on en a brûlé pour moins que ça, pas vrai ? Je dis juste cela parce que le son est une onde et que la lumière est... Ben on ne sait pas vraiement en fait ! Si jamais les mots « dualité onde-corpuscule » te disent quelque chose, ils évoquent simplement le fait que l´on peut considérer la lumière soit comme une onde, soit comme un faisceau de particules, les photons. On choisit l´une ou l´autre de ces formes suivant ce que l´on veut montrer. Les scientifiques sont des tricheurs, et si tu veux un dossier philosophique sur les paradigmes et les révolutions scientifiques dans l´évolution des sciences, je serai ravi de te le faire parvenir. Ce petit bijou de littérature a obtenu un seize et demi, même si la note devait beaucoup plus à la (magnifique) prestation orale qu´au dossier lui-même. Et comme je suis gentil, je vais te donner tout de suite la fiche de synthèse (une sorte de quatrième de couverture) de ce chef-d´oeuvre, que j´ai écrite tout seul, sans l´aide de mes équipiers, et dont je suis très fier. On notera la référence subtile à un célèbre western italien :
« La révolution n’est pas un dîner en société, un événement littéraire, un dessin ou une broderie. On ne peut la faire avec élégance et courtoisie. La révolution est un acte de violence… »
(Mao Tse-Tung)
De paradigme en paradigme, de lois en lois et de théories en théories, ce sont pourtant les révolutions qui font évoluer la science. Mais que sont-elles réellement ? Comment les caractériser ? Comment voir ainsi l´évolution de la science puisque ces révolutions semblent en être le moteur principal ? Peut-être comme un combat de l´homme contre la nature, du scientifique contre lui-même, ou encore des paradigmes entre eux. Mais il est certain que cette lutte ne se fait jamais dans la sérénité, c´est un corps-à-corps brutal où les scientifiques n´auront jamais montré autant de passion et où les idées devront jouer des coudes pour s´imposer face à leurs rivales. C´est une course effrénée vers le Graal des sciences : la « vérité ». Au final il n´en restera qu´un paradigme pour remplacer le précédent et assurer un retour au calme dans la communauté scientifique. Mais là encore, ce ne sera que temporaire...
A travers les paradigmes de Newton et d´Einstein, il s´agira de comprendre la structure et l´apport des révolutions scientifiques pour comprendre l´évolution de la science.
A ce moment précis, tu te dis (ils se disent tous en fait) que j´ai cramé un fusible. Mais que veux-tu que je commente ? J´ai lu ce chapitre avidement dans l´espoir d´avoir des réponses à mes questions et voilà qu´il faut encore attendre ! C´est frustrant, il n´y a rien d´autre à commenter que le style puisqu´on apprend quasiment rien. D´accord, on sait désormais que le fantôme s´appelle vraiment Elle (chouette) et que c´est la soeur de Rachel (re-chouette). Et ensuite ? Il faut lire le chapitre 41 bien sûr !
rôh, je pensais ne plus jamais la voir en première page cette histoire
Ben écoute, je vais pas m´attarder à répondre à des commentaires de style, si ce n´est que je n´arrête jamais de le travailler et surtout dans la mesure où c´est vrai tout ce que j´ai pu lire ; j´ai préféré la facilité sur la fin, comme je sentais un raz-le-bol chez la plupart pour un roman qui s´éternisait...
Je ne me défendrai que sur le point du son et de la lumière, puisque ça a l´air d´être ton domaine de prédilection
Je le sais, bien évidement que le son est une onde, je le sais que la lumière peut être interprétée comme une onde où comme des photons (même si cette histoire de choix m´a toujours laissé perplexe ... ) Mais je pensais justement jouer sur l´immatérialité de ces éléments pour faire de la métaphore !
Mais bon, si ça floppe, vous avez le droit de me taper à la sortie, il faut prendre un tiquet ![]()
bon, e bien voila, je viens de finir tout les chapitres que je n´avais pas lut, finisant cette manifique histoirs, et je te laisse un dernier bravo pour cette fic, et je vais maintenans me tourner vers ta new histoir
ps : j´ai eu mon brevet ^^
Chapitre 41 :
...
Peut-on faire un commentaire avec trois points de suspensions ? Non, mais j´ai beaucoup de mal à dire quoi que ce soit de plus. Un chapitre extrêmement dur avec des personnages violents et étonnament crus. Aucune véritable description comme tu les fais habituellement, pas de pause quelconque sur un élément du décor. Je trouve cela d´autant plus fascinant que les protagonistes agissent sans raisons apparentes, c´est une succession de scènes dénuées de liens logiques. Je me retrouve complètement dans ce style en repensant à ce chapitre de la fic commune où j´avais raconté le rêve dans soldat Shinra et dans lequel tout se passait de façon absurde et désordonnée (comme dans un rêve en fait !) . On passe d´une époque à une autre sans transition, comme si on était dans la tête de l´héroïne. Au final on ne sait plus où l´on se trouve, tout comme elle, et on cherche désespérément à se raccrocher à un « présent ». Il faut noter que, si les personnages sont aussi violents, c´est parce qu´ils ne communiquent pas, et là encore cela rejoint certains de mes écrits (sans toutefois que je revendique la paternité de quoi que ce soit car ceci est le travail de Bravo seul, et son style lui est propre).
Ce chapitre me laisse donc un peu hébété, voire hagard, tellement il détonne avec le reste.
Je crois comprendre que Rachel a été malade, que son père se sent coupable (pour elle ?) et qu´elle a tué sa soeur (pourquoi est-elle si méchante ?) . Encore beaucoup d´énigmes que la brume de son cerveau n´aide pas à dissiper.
Chapitre 42 :
Magnifique ! Tout simplement magnifique ! Ce chapitre est pour moi l´un des meilleurs de cette fic ! Les phrases sont bien construites, simples, sans excès de zèle stylistique mais sans rien perdre de leur grandeur évocatrice.
« il s’agissait dorénavant de grandes plaines verdoyantes et au loin flottait les brumes de chaleur émanant de l’océan, incertaine étendue d’azur se confondant avec le ciel. Lorsque le train ralentit enfin, le puissant jour avait été déchu jusqu’aux rebords de l’horizon et le ciel rougeoyant annonçait la fin de la journée. »
C´est tout bonnement sublime !
Cette façon de passer d´un univers à l´autre (des rêves à la réalité), sans séparation de paragraphe (les *********), est très bien réalisée et on se sent presque se réveiller. Et puis Rachel s´effondre dans le musée en passant en revue tous ceux qu´elle a connu, comme si sa vie défilait devant ses yeux. Mais c´est quand elle parle de « ses deux amants » que je me rends compte que tu n´as pas été très explicite sur les relations entre les protagonistes. Ceci n´est pas un reproche, loin de là, simplement une remarque sur ta façon de traiter les rapports sociaux dans le monde de Gaïa.
L´élévation mentale de Rachel vers une autre sphère spirituelle n´est pas originale, loin s´en faut, mais est écrite dans les règles de l´art. Elle voit partir les philosophes comme s´ils quittaient Gaïa alors qu´ils sont morts et que c´est elle qui va en vérité quitter le monde des vivant(e)s. Le dernier regard de Stan, la tranquillité qui en émane alors que tout explose autour, ce contraste est terriblement bien retranscrit lui aussi.
Pour finir, le soldat qui tente de sauver la fille est assez émouvant. On ne tombe pas vraiment dans le classique cette fois car le fantassin est anonyme, ce qui signifie que ce n´est pas vraiment sa bravoure ou sa personnalité qui doivent être mises en avant, ni ses relations d´amour avec Rachel puisqu´ils ne se connaissent pas. Il est là pour pleurer et les raisons de cette réaction, je pense, peuvent être interprêtées comme chacun le souhaite.
Dommage que ses chances de survie soient si minces, non pas parce qu´il est dit qu´elle va effectivement mourir, mais parce que je connais désormais la propension de Bravo à tuer ses héroïnes de sang froid.
Je crois que ce commentaire était assez explicite.
Chapitre 43 :
Toujours excellent, dans la lignée du précédent, ce chapitre clôt en beauté ce récit. On est amené tout en douceur vers la fin, vers l´océan, l´infini, une façon plutôt poétique d´évoquer pour le lecteur la liberté d´imaginer les nombreux détails qui pourraient manquer. Ou peut-être est-ce la dernière farce cynique de l´univers qui pointe Rachel du doigt en riant parce qu´elle a gagné une liberté morale en l´échangeant contre une liberté physique.
J´ai eu tort finalement de croire qu´elle allait mourir, mais Bravo a étanché sa soif de sadisme en sacrifiant l´enfant de Rachel. Les deux derniers chapitres me laissent mal-à-l´aise car il n´y a pas de happy end (mais ça c´était prévisible) et surtout on n´entrevoit aucun avenir pour la dernière des rescapés. L´ultime phrase semble être lancées contre un dieu aveugle et dément pour lui reprocher un futur sans repos pour les vivants. Mais le Grand Ordonnateur Suprême est hilare, il agite ses petits bras dans tous les sens en faisant tourner sa chaise. Puis il agira de nouveau au hasard et frappera le premier qui passera, qu´il soit tyran, cordonnier, clochard, président, moustique, brin d´herbe ou dieu lui aussi.
Il me reste encore beaucoup, énormément même, de questions à poser.
Qu´était réellement Gaïa ?
Quel était le véritable motif de l´attaque des Américains ?
De qui était l´enfant ?
Pourquoi avoir fait disparaître Anna de la sorte ?
Et Morgane dans tout ça ?
Pourquoi Rachel a-t-elle tué sa soeur ? (Clairement)
Au final c´était une fic splendide, entachée trop souvent par des excès lexicaux et syntaxiques superflus. Avec une bonne relecture et une simplification générale, on arrive à un résultat grandiose autant sur la forme que sur le fond. Quand on voit qu´on atteint les 43 chapitres, même à raison de seulement trois à quatre pages par chapitre, ça reste un score plus qu´honorable. Dommage que la fin, admirablement écrite pourtant, soit aussi noire et ne laisse passer aucun rayon de soleil. Tu pourrais me reprocher d´avoir fait la même chose
en tuant Jéricho mais moi je laissais une porte ouverte avec l´absolution qu´il donnait au monde, son acceptation même de la mort et son retour sous forme de guide des âmes de l´univers.
Je continuerai à te lire si le temps me le permet car tes oeuvres valent le détour (ce qui est un jugement totalement subjectif).
N.B. : l´ensemble de mes commentaires représente à peu près 6 à 7 des chapitres de cette fic.
rôh, ça c´est du commentaire auquel je vais répondre avec joie puisque je suis d´autant plus flatté par tant d´éloge que je ne m´y attendais pas ; j´ai eu jusqu´au dernier chapitre l´impression de m´être enlisé dans mes proses et de ne plus contrôler ce qui se passait, impression renforcée par l´absence de lecteurs dans les dernières semaines du récit...
J´en avais déjà parlé avec kikuchi, mais c´est vrai que dans cette dernière volée, la frontière entre le rêve et la réalité devient imperceptible et le passage que tu trouves "magnifique" ramène doucemement Rachel vers la réalité, mais en se replaçant dans le contexte de l´histoire, elle s´en va dans un autre monde qu´il me faudra définir dans quelques lignes...
Oui, je ne peux que te l´accorder, le dénouement est très peu original, mais qu´importe, j´ai bien pris mon pied à écrire ça ![]()
A vrai dire, je m´étais surtout appuyé sur les rythmes ternaires à la toute fin du chapitre pour faire ressortir le massage cardiaque des médecins et l´émotion qui émane de sa personne...
Le chapitre 43 est réellement détaché des autres, tu as raison de le souligner puisque c´est une élipse de plusieurs années qui s´est glissée, et c´est un petit délire du dieu créateur (que tu définis très bien,d´ailleurs
) auquel on a droit et je crois que le style avec des descriptions moins lourdes et plus légères annonce davantage ce que je ferai dans le futur...
Rôh, des petites questions
"Qu´était réellement Gaïa ? "
Voici la quesion qui m´a honnêtement dérangé pendant toute la phase rédaction...Venons-en aux racines grecques : Gaïa était une divinité originelle qui a enfanté tous les dieux je crois...Aujourd´hui, Gaïa désigne la Terre tout simplement...A partir de là, je pourrais dire que la cité est donc un espace cosmopolite, Gaïa pourrait donc être une métaphore, une maquette miniature du monde.
Mais une nouvelle notion vient s´y greffer ; celle de l´utopie = "Qui n´existe pas". Ce lieu est donc fictif et je ne saurais vous le situer précisement sur un planisphère (bien que, en se référant à quelques éléments subliminaux, on arriverait à déterminer la poistion de cette péninsule dans le Pacifique, c´est peut-être là que se sont échoués les naufragés de Lost
)
En fait, je n´ai pas trop de réponse à apporter à l´Indien, puisque c´est un champ occulte de l´histoire que j´ai laissé libre pour laisser place à l´imaginaire du lecteur ; moi j´interpréterais cette cité comme une sorte de purgatoire entre la vie et la mort, entre la réalité et le rêve. Tu disais dans ton commentaire qu´on a l´impression de s´éveiller à ce moment là, il s´agirait plutôt d´un évanouissement...
Mais une nouvelle fois, les choses sont contradictoires, puisque Rachel est arrivée à Gaïa par avion + Gaïa est relatée aux USA + le livre noir qu´avait jeté à l´océan Stéphane avant le commencement se retrouve sur les plages du réél, mais en même temps, c´est une péninsule à laquelle on accède que par la nuit en traversant une sorte de Styx, continuellement gardée par des voiles de brouillard et gouvernée par des philosophes en toge à barbe blanche...Il règne en fait une ambiance quasi-mythologique autour de cette péninusule...
Je n´ai pas d´autre réponse que mon interprétation personnelle à apporter ; j´aurais peut-être pris la peine d´explorer plus en profondeur cet aspect de l´histoire si j´avais signé pour cinquante chapitres, mais ça se serait un peu éternisé et ôté une part de magie au récit...
"Quel était le véritable motif de l´attaque des Américains ? "
Chouette, une question à laquelle je vais pouvoir répondre
Beaucoup de choses se passent dans le non-dit et celle-ci est certainement la plus importante, elle pourrait contenir un message subliminal qui n´aurait certainement pas été gardé si mon livre avait du se retrouver dans les rayons de Géant...
FFF m´avait pourtant fait la remarque dès que j´avais commencé à évoquer la chose, lorsque Rachel se retrouve enfermée dans une cave avec les écrits de Stanislas et que celui-ci raconte que Gueguermann avait échangé le protectorat des démons (=les USA) contre quelque chose dont il ne parlait jamais, ce qui coincide avec les eaux noirs qui s´écoulent non loin de sa résidence dans les montagnes...
Gaïa était donc une source de pétrole à laquelle étaient liés les américains et lorsque Gueguermann n´a plus réussi à couvrir la dette qu´il avait envers eux (pour X raisons qui feront certainement l´objet d´autres nouvelles sur le même uivers...
) les Américains ont envahi la cité pour en récupérer le pétrole et en déchoir les maîtres qu´ils considéraient comme des tyrans communistes, et c´est peut-être à ce dernier titre qu´il considérèrent les habitants comme des sous-évolués ignorants ne connaissant rien d´autre que leur péninsule, à éliminer plutôt qu´à sauver...
L´attaque des Américains avaient donc comme but de voler le pétrole de Till Gueguermann ![]()
"De qui était l´enfant ?"
Voici un nouveau passage occulte de l´histoire ! Il n´est en effet relaté aucun acte sexuel excplicite dans l´histoire...De tels rebondissements sont évoqués par Elle dans les derniers chapitres, il faut pour cela faire de la gymnastique neurologique et revenir loin, loin en arrière dans l´histoire, jusqu´au chapitre 10 où les jeunes de la collocation s´étaient retrouvés dans le local à musique un soir de pluie. Il y a en fait une ellipse entre le moment où Rachel trouve le feeling pour jouer et celui où elle retrouve conscience dans la salle de bain.
Pendant cette ellipse qui correspond à un évanouissement psychique de Rachel, les ados ont certainement continué de jouer, mais lorsqu´ils décidèrent de partir, Rachel et Anna ne rentrèrent pas au foyer avec Stéphane et Irvin ; elles se rendirent chez Landry le guitariste de l´ancien groupe pour discuter une petite heure. Anna décida de rentrer chez elle à son tour, mais Rachel qui était en fait en plein malaise depuis le début de l’ellipse ne trouva pas la force de la suivre et resta dormir chez le jeune homme envers qui elle avait des sentiments... Et TAC, ils font un enfant !
A moitié consciente seulement de ce qui s’est passé, Rachel retrouve le chemin vers la collocation avec une seule idée en tête ; prendre ses médicaments et ce n’est qu’une fois ceux-ci absorbés que l’ellipse prend fin, Rachel à peine sortie de son cauchemar avec un môme dans les ovaires…MAIS, je te l’accorde, Rachel a également tiré un coup avec Irvin le jour de son atroce décès. Mais revenons à la phrase précédente ; Rachel doit régulièrement prendre des médicaments, ce qui explique ses disparitions spontanées du récit et son comportement patibulaire ; elle suit une trithérapie car elle a le SIDA ! Or, elle a couché avec Landry qui s’est retrouvé à son tour infecté, mais son organisme démuni de défense contre la maladie va s’affaiblir tout au long de l’histoire bien plus rapidement que celui de Rachel car elle, elle prend ses médicaments jusqu’à ce qu’il soient détruits par le crash de l’avion ! Landry est donc décédé du SIDA et la prophétie de Elle qui prévoyait que tous ceux en qui Rachel avait confiance devaient mourir par sa faute est accomplie : Landry est mort par la maladie qu’il a contractée par la faute de Rachel, le sort aurait été le même pour Irvin si l’avion ne s’était pas crashé ; Anna s’est faite massacrée par Phelspart car Rachel l’avait abandonnée ; Stéphane a tout simplement été tué par Rachel dans un accès de folie et Morgane (comme Stéphane d’ailleurs) était en fait complètement barge et parano depuis le début, son jugement sur Rachel étant altéré par son anomalie à émettre des phéromones…
"Pourquoi avoir fait disparaître Anna de la sorte ?"
Pourquoi ? Et bien, pour accomplir la prophétie de la petite sœur de notre héroïne, je viens de le dire. Je ne vous le cache pas ; à la base, Anna devait revenir dans le récit, tout comme Hermann, le cher castor à FFF, mais dès lors, ç’aurait été une soixantaine de chapitres qu’aurait compté le roman, et je ne sais pas si j’en aurais eu le courage…Alors pourquoi ne pas rêver à une version longue de Brumes un jour ?A nna revient de toutes façons aux côtés de Rachel sur la plage dans le décors final…
"Et Morgane dans tout ça ? "
Elle est devenue folle, et je ne doute pas une seconde qu’elle se soit fait tirer comme un lapin par un soldat dans la rue…Si j’avais fais la version longue avec le retour d’Anna, j’aurais pris le temps de vous révéler qu’elle avait aussi couché avec Landry et qu’elle a été infecté par le SIDA…Vous savez, ils n’ont pas l’air d’avoir les mêmes codes moraux dans cette cité et comme ils vivent entre eux, ils ne connaissent pas les MST, ils peuvent donc être davantage tenté d’aller “ voir ailleurs… ”
"Pourquoi Rachel a-t-elle tué sa soeur ?"
Voilà un nouveau mystère que je ne saurais éclaircir…Il s’agit certainement d’un meurtre passionnel et irréfléchi, Rachel pouvait très bien être jalouse de sa petite sœur ou je ne sais quoi…Je ne donne aucune raison à mon personnage
Pour finir, je ne peux qu´être d´accord avec toi, un excès de zèle stylistique sur certains passages où l´inspiration manquait, par contre la nature de la fin n´est que ce que j´ai décidé et j´en suis plutôt satisfait, peu importe qu´elle apporte de la lumière ou non à l´histoire ![]()