Metro 2033. C'est ce genre de jeu qui, même s'il est réellement bourré de défauts qui entachent un peu le plaisir de jeu, ne risque pas de se faire oublier.
Avant tout, il est magnifique. Assez mal optimisé d'accord, les personnages ont de drôles de tronches et les sous-terrains ne sont pas exceptionnels techniquement. Mais les extérieurs... ces jeux de lumière, ces décors grisâtres, glacials, cette ambiance apocalyptique... La claque. Parlons-en de cette ambiance justement. Incroyable. Un des tous meilleurs univers post-apo qu'il m'ait été donné de contempler. Même un Stalker aurait des leçons à en tirer... L'immersion est renforcée par la quasi-absence de HUD et tout un tas de petits détails. Sans compter les balades en extérieur, avec la buée qui se forme sur le masque, et cette respiration sacrément oppressante. Et pour ce qui est des couloirs de métro, la vision de ces gens entassés survivant comme ils peuvent dans un univers hostile, m'a vraiment marqué. C'est incroyablement vivant, crédible, et très bien rendu (malgré un réel manque d’interactions avec les différents personnages - enfin bon, je dois être trop habitué aux RPG). Cet aspect "survie" justement est LE point fort du gameplay de ce Metro 2033. L'idée des munitions qui servent de monnaie est en ce sens assez excellente. Le gros de la difficulté du jeu se situe ici d'ailleurs ; même si n'importe qui qui fait l'effort de fouiller deux minutes sera rarement à court de munitions, surtout si il joue "économe". La difficulté du jeu m'a paru bien dosée en mode Normal (... mais je ne suis pas un excellent joueur de FPS) ; les combats, bien bourrins, sont sympathiques même si les armes (stylées) manquent un peu de "personnalité". A ce niveau, on trouve de nombreux défauts au jeu, inhérents au statut "FPS console" du titre : une certaine "molesse" dans le gameplay - ca réagit pas aussi bien qu'on l'aimerait parfois-, l'absence de lean, la santé qui remonte toute seule très rapidement (pour le coup carrément contradictoire avec l'aspect "survie" du titre, et rendant les kits de soin quasi inutiles).
Le jeu voudrait faire croire que jouer "rambo" n'est pas la seule solution ; malheureusement c'est lorsque l'on joue infiltration que ressortent les grosses faiblesses de l'IA, qui tantôt vous repèrera dans le noir derrière un mur, tantôt ne vous verra pas à découvert à 1m de distance. Le jeu n'est tout simplement pas vraiment fait pour ça.
Pour le reste, le côté ultra-linéaire et "fléché" du titre me chagrine ; s'il est justifié par le cadre (couloirs de métro) et par son côté très scénarisé, un peu plus de liberté aurait été bienvenu... pour renforcer le côté exploration surtout ; celui-ci étant intéressant mais embryonnaire. L'histoire aux forts relents de fantastique, est franchement bonne. Il est juste dommage qu'aucun des personnages ne soit réellement attachant. Mais ca a le mérite de m'avoir donné envie de lire le bouquin^^ La durée de vie de 9h (en fouillant les moindres recoins), si elle n'est pas si courte en comparaison de la très large majorité des FPS actuels, est à mon sens ridicule. On aimerait en avoir plus.
Autres détails qui fâchent : la sauvegarde automatique et l'impossibilité de sauvegarder. D'accord, ca renforce l'aspect survie, ca force à assumer ses erreurs et ses "foirages". Mais pourquoi faut-il qu'elle soit si mal gérée ? Faut avouer que c'est sacrément rageant de voir le jeu sauvegarder lorsque votre chargeur et quasiment vide, PILE POIL au moment où un monstre bien balèze vous saute dessus...
Pour finir, deux trucs qui m'ont bien foutu en rogne : le FOV à 45° (sans rire), impossible à changer dans les options, à tweaker absolument si on veut pas être obligé de s'arrêter au bout de 30 minutes pour mal de crâne abominable. Et surtout, surtout, STEAM ! rageux supprimé car trop long Enfin bon, cet énorme défaut est maintenant légion sur les jeux PC... mais me fait baisser la note que je donne au jeu.
Metro 2033 sans Steam, avec une vraie durée de vie, un peu plus de liberté (incluant le côté "balade" et le côté "choix de style de jeu") et un gameplay un brin revu, mériterait un bon 19. Le 19 que je mets aux jeux qui sont pour moi des chefs-d'oeuvres intemporels. Mais ces défauts sont bien trop présents, et même l'ambiance réellement exceptionnelle (que j'ai même préférée à celle des Stalker, c'est pour dire) ne les efface pas totalement... là où un pouvait pardonner ses bugs à un Stalker.