Vous qui avez arpenté les profondeurs peu rassurantes de Rapture, oubliez tout ce que vous savez : Columbia est une nouvelle ville, radicalement différente de la cité sous-marine.
Après avoir posé le pied sur le toit du monde, vous découvrirez rapidement un univers où se mêlent à la vie quotidienne des inventions de génie, mais où règnent également sous la surface une propagande de fer et une liberté pas si évidente.
Bref, BioShock nous renvoie dans un monde qui échappe à nos codes et à notre savoir, un monde dans lequel il va falloir se frayer un chemin, une nouvelle fois à grand coup d'armes à feu dévastatrices en avance sur leur temps et de pouvoir ("Toxines") divers et variés. Parmi les nouveautés notables, on peut citer la nouvelle arme de poing qui succède à la vrilleuse du big-daddy : une sorte de grappin qui vous permettra de vous accrocher aux rails aériens pour vous déplacer vertigineusement au travers de la ville, mais qui sera également utile pour écharper vos ennemis (le gore étant bien évidement une nouvelle fois au rendez-vous).
Sans trop en dévoiler à propos de l'histoire, sachez que les joueurs des anciens Bioshock retrouveront quelques clins d'œil habiles aux premiers volets, mais l'histoire de Columbia est tout à fait différente (mis à part la fille à sauver, encore une fois, qui succède aux petites filles de Rapture). Elizabeth est un vrai plus, tant au niveau du gameplay que de l'intrigue : elle ajoute à la fois une présence et une dynamique novatrice à l'ensemble de l'histoire en plus de s'avérer particulièrement utile dans la progression et le gameplay.
Enfin, la société de Columbia permet d'avoir un aperçu de ce qu'était Rapture avant sa chute : un état totalitaire mais génial, tout en contradiction, où l'utopie se mue rapidement en prison dorée. Les métaphores ne manquent pas (la cage et l'oiseau par exemple) et les références à l'époque non plus : quand on rencontre Elizabeth par exemple, on peu établir un très joli parallèle entre la jeune fille qui progresse derrière une vitre sans tain, en muet comme le cinéma de l'époque, tandis qu'on l'observe en silence. Des références historiques et culturelles poussées donc, mais pas que...
Ce BioShock Infinite n'est pas un simple FPS, c'est une véritable aventure lyrique dans un décor impressionnant de beauté. Le glauque de la cité sous-marine de Rapture laisse place à la grandiloquence colorée mais néanmoins inquiétante de la Grande Columbia, Terre du Ciel dévouée au culte des pères fondateurs Franklin, Washington et Jefferson (la religion politique étant très présente dans l'intrigue). Véritable trouvaille visuelle, la ville ne manque à aucun moment de nous impressionner (qui a déjà vu une plage dans le ciel ?) et l'intrigue de nous conduire aussi loin que possible dans la réflexion. Take-Two nous offre certainement le meilleur scénario d'anticipation historique (ou de réalité alternative, comme vous préférez) qui n'ai jamais pris part à un jeu-vidéo, et certainement l'intrigue la plus fouillée dans un jeu linéaire pour cette année 2013. De quoi se mettre à baver d'autant plus en attendant leur prochaine bombe, le GTA V qui arrivera à la fin de l'été.