Un jeu extrêmement dur à noter.
Faut-il le noter par rapport à l'expérience apporté par Bioshock 1 ? Faut-il le noter pour sa substance même en tant que jeu vidéo ? Faut-il avoir une quelconque base de comparaison ?
Moi je vais partir de non et donc noter ce Bioshock Infinite en fonction de ce qu'il est, une sorte de reboot.
Tout d'abord, je tiens quand même à préciser malgré tout que oui, comme beaucoup d'entre vous, j'ai préféré Bioshock 1 (et 2 ?) à Infinite parce qu'il est plus enivrant, plus dépaysant, plus magique, plus glauque, plus confiné, plus sombre, l'ambiance générale est clairement différente et j'ai trouvé le tout quand même sacrément mieux foutu au pur point de vue ambiance.
Mais, et c'est pour ça que je tiens à ne pas trop comparer, c'est aussi parce que Bioshock Infinite se base sur autre chose que son ambiance pure. Oui Columbia est pas aussi flippante que Rapture (sauf à quelques rares moments, surtout vers la fin avec l'apothéose des failles diverses et variées) mais c'est parce qu'elle a d'autre atouts, déjà d'une part, contrairement à Rapture, elle nous fait vivre sa déchéance, devant nos yeux, là où Jack débarquait dans une Rapture déjà en ruine, Booker DeWitt débarque dans un Columbia encore relativement paradisiaque, un peu plus et on sentirait presque la barbe à papa à travers la télé.
Mais on se rend compte avec le temps que Columbia n'est pas aussi paradisiaque qu'elle veut faire paraître, à cause de son "Prophète" : Comstock.
Et le jeu se lance donc dans ce qu'il est de plus pur : un jeu de shoot, et oui, on peut être étonné voire déçu, mais le jeu a pas mal réfuté son micro côté "survival horror" pour devenir un jeu de shoot très maîtrisé, et même plutôt grisant vu le gameplay mis à disposition : Toniques (faisant office de nouveaux plasmides) et armes sont à votre disposition pour faire un carnage.
Armes qui pourrait en décevoir quelques personnes car Infinite se rapproche du côté des autres FPS en troquant sa roue d'arme pour seulement 2 armes transportables.
Dommage.
Autre "arme" en jeu : Elizabeth. Effectivement la trame nous apprend qu'on recherche une fillette portant ce prénom, sans spoiler, cette fillette sera d'une importance capitale dans l'histoire, et on se surprendra à s'attacher à cet amas de pixels et son histoire. Au niveau du jeu, elle ouvrira certaines portes, et vous donnera pas mal d'avantages en jeu, un gros plus au niveau de l'immersion, qui plus est, inutile de tenter de la protéger, l'IA le fait automatiquement.
Et comment ne pas parler de l'autre innovation du jeu : le crochet, à la fois fatal et au corps à corps, et permettant l'utilisant de "l'aérotram", des rails surplombant Columbia et qui nous permettent donc de dégommer du méchant depuis les airs, technique fort utile pour parfois prendre le large pour refaire le plain de son bouclier, là aussi, une nouvelle innovation du jeu !
Bioshock Infinite narre une histoire ou l'on croit d'abord que certains sont gentils et d'autres méchants, et où les cartes finissent par être brouillées rapidement, on passe de mondes parallèles en monde parallèles, de failles en failles et on comprends pas grand chose jusqu'au sublime épilogue d'une dizaine de minutes.
Car oui, l'atout principal de Bioshock Infinite, comme tout bon Bioshock presque, c'est son histoire, narré à la perfection, et son épilogue absolument magnifique (c'est à préciser vu que ceux de Bioshock 1-2 sont relativement ... bâclés).
Alors effectivement, Columbia est pas aussi dépaysante que Rapture, oui Bioshock Infinite lorgne plus sur le gunfight que sur l'exploration, oui le fait de combattre des hommes au lieu des Chrosomes renforce le côté "call of duty like" mais bon Dieu, le jeu en vaut la chandelle, et le twist ending, comme dans tout bon film qui se respecte avec un tel twist ending, force le joueur à recommencer le jeu pour saisir toutes les subtilités placés ça et là, qu'on comprend d'une certaine manière, et qu'on comprend d'une autre manière après avoir fini le jeu.
Bioshock Infinite est très différent des 2 premiers Bioshock dans son ambiance et sa façon d'aborder une histoire, mais le fait est que cette histoire, reste contée à merveille, et qu'elle est aussi touchante que mystérieuse et intéressante. Et finalement, c'est à ça, qu'on reconnait un Bioshock, et par extension, un excellent jeu.