Chapitre 100 : L’immortalité meurtrière
« Il y a moins de wyvernes que prévu, fit remarquer Orion au pilote de l’appareil, c’est plutôt bon signe…
- Pour nous oui, répondit l’un des soldats, par contre pour vous c’est une autre histoire. Si elles ne survolent pas les environs, ça veut dire qu’elles sont à l’intérieur, ce qui vous fera plus de boulot. »
Le combattant haussa des épaules en guise de réponse. Visiblement, ce n’était pas un problème pour lui…
Soudain, le véhicule subit une secousse. Sans que les passagers ne s’en rendent compte, trois mercenaires chevauchant des créatures volantes les avaient encerclés.
« Allons Misty, fit remarquer Haar, ce n’est pas ton genre de rater une cible…
- C’était juste pour leur signaler notre présence, répondit l’archère, ce n’est pas amusant de traquer une proie si celle-ci ne cherche pas à se défendre.
- Je préfère ça, lança l’homme à la hache, je suppose donc que tu n’auras aucun mal à avoir cette idiote qui vient d’ouvrir le côté de l’appareil. »
La mercenaire jeta un coup d’œil au véhicule qu’ils avaient pris en chasse. Voyant qu’une femme se tenait à découvert, elle prépara une flèche sur laquelle était fixé un explosif et banda son arc.
Artémis, qui venait d’ouvrir la porte coulissante, se tenait calmement dans le cadre de cette dernière. Regardant l’archère qui se tenait au loin, elle tendit son index et son majeur droit en les collant l’un à l’autre. Une petite flamme apparut au bout des deux doigts qu’elle dirigeait vers le sol.
« Trois » commença-t-elle à compter.
Misty avait enfin sa cible en joue de façon stable, il n’y avait aucune chance pour qu’elle rate son coup.
« Deux » continua Artémis sans lâcher son adversaire du regard.
Lentement, la mèche de l’explosif situé à l’extrémité de la flèche se consumait. L’archère continua d’attendre pour être certaine que la charge explose au moment exact où elle toucherait sa proie.
« Un… » murmura la femme vampire.
Discrètement, elle plaça son autre main dans son dos, faisant apparaître une nouvelle flamme au bout de ses doigts. Misty lâcha alors la corde de son arc. Au même instant, Artémis tendit sa main droite vers l’ennemie. Une flèche constituée de feu émana des doigts du vampire et heurta le projectile explosif de son adversaire de plein fouet, détruisant ainsi la charge à mi-chemin seulement. L’explosion créa un nuage de fumée qui se dissipa très vite, mais ce fut largement assez pour Artémis…
Le vampire tendit son bras gauche et lança une nouvelle flèche enflammée à travers le nuage. Ne voyant le projectile que trop tard, Misty n’eut pas le temps d’esquiver et le prit en plein milieu du torse. Son plastron en peau de dragon la protégea des flammes, mais le choc fut malgré tout assez violent pour la désarçonner. L’archère fut alors contrainte de se rattraper en catastrophe à la patte de sa wyverne afin de ne pas tomber dans le vide.
A l’intérieur de l’appareil, les pilotes se préparaient à sauter en parachute selon les recommandations d’Orion pendant que ce dernier prenait les commandes du véhicule. Celui-ci subit d’ailleurs une nouvelle secousse. Mais cette fois-ci, les flèches explosives n’y étaient pour rien.
Une wyverne était parvenue à se poser au-dessus de l’appareil, chevauchée par un lancier. La bête commença à utiliser ses griffes pour arracher des morceaux de carrosserie.
« A ce rythme, on sera en petits morceaux avant même d’être à dix mètres de la cité, annonça le leader du S-56.
- Pourtant il ne reste plus beaucoup de distance, fit remarquer Artémis.
- Si on avançait en ligne droite on serait déjà arrivés, expliqua le fiancé du vampire, mais les autres mercenaires n’arrêtent pas de nous couper la route. Et ce n’est pas facile de les éviter avec une wyverne comme passager. On est trop lourds. »
Sans qu’il ait besoin d’ajouter quoi que ce soit, Artémis fit un bond prodigieux hors de l’appareil et se retrouva au-dessus de ce dernier. Les vampires avaient l’avantage de contrôler leur trajectoire dans les airs en modifiant leur propre centre de gravité, ce qui se révélait souvent utile dans ce genre de situations. Cela lui permit de sortir sans parachute tout en étant certaine de ne pas tomber dans le vide.
Voyant que quelqu’un s’était décidé à intervenir, le lancier descendit de la bête qu’il chevauchait et se mit en position de combat. Apparemment, il avait pour habitude de se placer sur les appareils aériens car il portait des bottes en métal dont les semelles étaient couvertes de solides crampons.
Lorsque l’homme vint la défier, le visage d’Artémis commença à se déformer. Ses pupilles se dilatèrent tellement que ses yeux en devinrent complètement noirs, ses lèvres supérieures se retroussèrent légèrement, mettant en évidence ses imposantes canines. Ces dernières s’allongèrent d’ailleurs encore plus, à l’instar de ses ongles.
« Un vampire, constata le mercenaire, c’est plutôt rare de nos jours, autant que les phénix, si ce n’est plus. Je ne savais même pas qu’il en restait, je croyais qu’ils avaient tous été éliminés…
- C’est le cas, répondit l’intéressée avec un ton plus agressif que d’habitude, je suis la dernière.
- Dans ce cas, rétorqua le lancier, je vais avoir le plaisir d’être le responsable de l’extinction d’une espèce. »
Sur ces mots, il lança son arme vers la femme. Celle-ci n’eut pas le temps d’esquiver et fut frappée en plein cœur. Une expression de surprise s’afficha sur le visage du vampire. Ses pupilles et ses canines se rétractèrent. Elle cracha un peu de sang, puis son regard se perdit dans le vide pendant que des flammes venues de nulle part commençaient à la consumer…
« J’aurais espéré un défi plus intéressant à relever » soupira le mercenaire.
Il tourna alors le dos à sa nouvelle victime, se préparant à remonter sur sa wyverne, quand il entendit un craquement des plus désagréables…
Saisi d’un terrible doute, il se retourna. Artémis était toujours en vie, la lance de son ennemi à la main, du moins ce qu’il en restait. Le bruit que le hallebardier avait entendu provenait en fait de son arme que le vampire venait de briser d’une main…
« J’aurais pu esquiver comme je le voulais, fit-elle remarquer, tu penses sérieusement que je me serais laissée avoir aussi facilement si ça avait pu avoir le moindre effet sur moi ? De cette façon tu aurais pu tuer un vampire quelconque, mais je ne suis pas comme les autres. Et maintenant que tu t’es bêtement désarmé, que comptes-tu faire pour te défendre ? »
L’homme n’eut même pas le temps de répondre. Une fraction de seconde plus tard, le vampire, qui était pourtant à plus de deux mètres, s’était déjà glissé dans son dos et lui mordait la nuque, aspirant son sang pour s’en nourrir. Il essaya de se débattre, mais en vain. La femme possédait une force incroyable qui semblait augmenter au fur et à mesure qu’elle se nourrissait. A moins bien sûr que ce ne soient ses propres forces qui le quittaient tandis qu’il perdait du sang, ou peut-être les deux…
« Reika a un problème ! hurla Haar, qu’est-ce que tu attends pour tuer cette femme ?
- J’aimerais bien, avoua Misty, mais depuis qu’elle est sortie de l’appareil les wyvernes sont complètement paniquées. Dès que je m’approche pour l’avoir à ma portée, cette stupide bête s’agite et je ne peux pas viser avec précision. »
L’homme à la hache soupira. Il devrait agir lui-même. Le mercenaire se leva, prit appui sur la selle de son destrier et se lança dans les airs afin de se rapprocher du véhicule. Il lança ensuite sa hache, reliée à son poignet par une solide chaîne. Cette dernière tournoya jusqu’à se planter dans une aile de l’appareil. Une fois suspendu au-dessus du vide, l’homme appuya sur un bouton situé sur son avant-bras. Un mécanisme s’activa et commença à rembobiner la chaîne qui le reliait à son arme, le faisant ainsi remonter jusqu’au transport.
Lorsqu’il arriva sur le toit, il était trop tard, Artémis jetait déjà le corps de sa proie dans le vide. Elle posa ensuite son regard sur le nouvel arrivant, puis essuya avec son pouce une goutte de sang qui traînait sur le coin de ses lèvres. Il n’y avait pas la moindre satisfaction dans son regard, ni le moindre regret d’ailleurs. Elle semblait faire tout cela parce que c’était nécessaire, rien de plus, rien de moins.
Le calme apparent de la femme sembla irriter Haar qui lança son arme. Le vampire disparut au dernier moment, évitant ainsi de se faire découper par le projectile. Mais le mercenaire avait prévu le coup. Il agrippa la chaîne de sa hache et la tira vers lui de toutes ses forces. L’arme virevolta dans sa direction et il se baissa pour l’éviter. A cet instant, il vit la tête de la femme lui passer par-dessus, séparée de son corps et tomber dans le vide…
L’homme se releva et regarda dans son dos. Il avait réussi à décapiter Artémis, qui s’était glissée dans son dos juste après avoir disparu. Un corps sans tête et sans vie se dressait maintenant dans le dos de Haar.
Mais quelque chose n’allait pas : le corps ne tombait pas.
Sans qu’il comprenne pourquoi, le mercenaire vit le cou du cadavre s’embraser. Pendant un moment, il vit quelque chose se dessiner dans les flammes, quelque chose qui ressemblait à un visage. Non, c’était impossible, elle ne pouvait quand même pas…
Le feu s’éteignit aussi soudainement qu’il s’était allumé, laissant place au visage d’Artémis. Haar sentit son sang se glacer. La tête de son ennemie avait repoussé ! Comment une telle chose était-elle possible ?
« Bien essayé » dit-elle en posant deux doigts sur le front du mercenaire.
Puis une flèche enflammée perfora le crâne de l’homme, tout en propulsant son corps dans le vide.
A cet instant, une violente secousse se fit ressentir : l’archère du trio était finalement parvenue à toucher l’appareil. Pire encore, la partie touchée était l’une des turbines situées sous les ailes. Artémis évalua rapidement la situation. Orion était parvenu à s’approcher suffisamment d’Exire et à prendre une altitude acceptable, mais l’atterrissage ne se ferait probablement pas en douceur.
Son sang ne fit qu’un tour. Elle se jeta à l’intérieur du véhicule, se dirigea vers son fiancé et lui agrippa le bras.
« Encore une seconde » intervint ce dernier en se battant avec les commandes.
Au bout d’un moment, il estima qu’il avait fait le nécessaire…
« Maintenant ! » cria-t-il.
Aussitôt, Artémis tira Orion jusqu’à la porte de l’appareil, toujours grande ouverte depuis le début de l’attaque. Avec sa force herculéenne, elle donna une violente impulsion qui la propulsa, ainsi que son compagnon, jusqu’à la plateforme la plus proche. Ils regardèrent ensuite le véhicule s’écraser. Par chance, Orion avait réussi à le diriger vers l’entrée du château juste avant de partir. De ce fait, l’appareil défonça l’immense porte blindée juste avant de s’écraser à l’intérieur du bâtiment. Le couple n’attendit pas une seconde de plus et courut en direction du passage qu’ils venaient de se frayer.
Lorsqu’ils entrèrent, ils ne se sentirent toujours pas à l’abri, et pour cause : une horde de dragons, probablement réveillés par le vacarme, avait encerclé ce qui restait de leur moyen de transport. Visiblement, les créatures cherchaient à savoir s’il y avait de la nourriture à l’intérieur. Profitant du fait que les bêtes ne leur prêtaient guère attention, Artémis décocha une flèche enflammée en direction de l’appareil avant de se mettre à l’abri. Suite à l’impact, le véhicule ne tarda pas à exploser, assommant les monstres qui l’entouraient en les projetant contre les murs du couloir.
« Avec un peu de chance, murmura Orion, les mercenaires nous croiront morts dans l’explosion. Je ne pense pas qu’ils aient eu l’occasion de nous voir sortir… »
A l’extérieur, Misty regardait en direction de la porte d’entrée, chevauchant toujours sa wyverne.
« On ne vérifie pas s’ils sont bien morts ? » demanda l’un des mercenaires.
L’archère sentait la colère monter en elle, un tic nerveux agitant son visage. Elle n’avait qu’une seule envie, descendre et s’assurer personnellement que les responsables de la mort de ses camarades ne soient plus de ce monde, quitte à les tuer de ses mains. Malgré tout, elle savait qu’agir ainsi était beaucoup trop dangereux. Si Haar et Reika avaient succombé aussi facilement, elle n’aurait aucune chance…
« Les ordres sont les ordres, se résigna-t-elle en détournant le regard, rentrons les bêtes pour l’instant. Il va bientôt pleuvoir, mettons-nous aussi à l’abri. Nous effacerons les traces du combat une fois la tempête passée. »
A l’intérieur du château, dans une grande salle richement décorée, des images de l’extérieur étaient affichées à l’aide d’un projecteur holographique.
« J’ai connu tes hommes plus efficaces, fit remarquer le dirigeant de Fléau depuis son trône, à une époque ils se seraient assurés de la mort des intrus.
- Ils ont probablement eu peur d’y rester, mentit une voix féminine à ses côtés, même si ce n’est pas une raison. Une fois les intrus éliminés, nous n’aurons qu’à leur ordonner de venir jusqu’ici. Nous pourrons alors nous amuser avec eux.
- C’est assez tentant… » admit l’homme.
La femme poussa un léger soupir traduisant une certaine lassitude. Elle n’avait pas l’intention de punir ses hommes pour leur inefficacité, mais plutôt pour leur manque de discipline. Il lui semblait pourtant avoir été assez clair, ils ne devaient sortir en aucun cas. A cause de leur intervention, les intrus avaient bien failli ne pas arriver à pénétrer dans la citadelle. En plus de ça, maintenant le créateur de Fléau avait pris connaissance de leur présence. Il serait donc sur ses gardes, ce qui ne leur faciliterait pas la tâche…
« Dis-moi, s’aventura-t-elle, ça fait longtemps que je ne me suis pas amusée un peu. Et ces proies m’ont l’air d’être particulièrement divertissantes…
- Tu veux que je les laisse venir jusqu’à nous ? questionna le dirigeant du monde.
- Ce serait intéressant, fit remarquer la femme en passant ses bras autour du cou de l’homme, et puis tu pourras aussi te dégourdir un peu… J’ai l’impression que tu t’ennuies en ce moment. »
Il y eut un bref moment de silence durant lequel le créateur de Fléau fut en proie à une intense réflexion.
« C’est entendu, se décida-t-il finalement, mais je laisse tout de même quelques dragons sur leur chemin. Il ne faut pas non plus éveiller leurs soupçons sinon ils risquent de flairer l’embuscade… »
Pas mieux
Je dis juste que tu fais exprès d´avoir cette traitrise évidente, pour qu´on pense le contraire... Pensons ce que nous voulons ^^
zoupla boum
Chapitre 101 : Suspicions
Des bruits métalliques résonnaient sur les murailles de la cité de Luin. La magnifique armure que portait l’homme aux cheveux verts n’était guère discrète, autant du point de vue auditif que visuel. En effet, en plus d’être assez bruyant pour être entendu au loin, le vêtement protecteur se voyait facilement, surtout en pleine nuit : l’objet semblait scintiller en permanence, même en l’absence de lumière.
Mais l’homme se souciait peu d’être repéré ou non. De toute façon, avec le caisson qu’il traînait derrière lui, jamais il n’aurait été capable de traverser la ville discrètement.
La cité était réputée pour n’abriter que des partisans de Fléau. Par conséquent, personne n’osait s’en approcher et toute garde se révélait inutile. De plus, le peu d’attaques de la part des révolutionnaires qui avaient Luin pour cible étaient interceptées bien avant que les « terroristes » ne soient aux portes de la ville. Apparemment tous les éventuels commandos se faisaient décimer à plusieurs kilomètres de la cité En effet, le général qui en avait la charge était réputé pour être un brillant tacticien. Mais peu semblaient savoir qu’il s’agissait en réalité d’une jeune femme dotée d’un don exceptionnel d’empathie et de clairvoyance, ce qui lui permettait de devancer toute action ennemie sans le moindre problème.
Pourtant, personne n’avait encore empêché l’homme de s’approcher, ce qui laissa ce dernier penser que la manœuvre de Genis pour parer ce fameux don avait fonctionnée. Cependant, il resta sur ses gardes, redoutant un piège préparé par les soins de Xenora ou ses hommes de main.
Les petites roulettes, placées sous le sarcophage qui renfermait le mystérieux Psyché, couinaient légèrement tandis que les pas de l’étranger résonnaient entre les nombreuses maisons, s’insinuant dans chaque ruelle. A l’exception de ces bruits, la cité était totalement silencieuse, sans doute à cause d’un couvre-feu instauré par la dirigeante des lieux. Cela posait donc un problème de taille : il était possible de l’entendre dans tout Luin.
L’inconnu ne tarda pas à réveiller les habitants. Très vite, il aperçut plusieurs lampes s’éclairer derrière les fenêtres. Il lui fallut alors peu de temps avant de voir des portes s’ouvrir.
Certains citadins commencèrent à le suivre d’un pas hésitant, d’autres préférant rester sagement dans leur maison à lancer des regards mauvais au chevalier. Plus le nombre de villageois dans la rue se faisait grand, moins ils éprouvaient de réticence à sortir pour suivre l’étranger.
Mais ce dernier ne prêtait pas la moindre attention à ce qui se passait autour de lui, bien que la situation se fasse de plus en plus inquiétante. Rien ne semblait pouvoir le détourner de son objectif, pourtant…
Les narines de l’homme en armure se dilatèrent l’espace d’un instant et il s’arrêta net. Les habitants de Luin profitèrent de cette courte pause pour encercler l’individu. Ce dernier observa alors la foule qui l’entourait. Hommes, femmes, enfants, tous étaient sortis sans la moindre exception. La plupart portaient des épées, d’autres avaient opté pour des armes improvisées, comme des couteaux de cuisine ou des hachoirs à viande. Mais ce n’était visiblement pas ce qui inquiétait l’homme en armure.
Peu avant, il avait senti une odeur relativement étrange et qui n’avait rien à faire ici. Elle était tellement légère qu’il était certainement le seul à l’avoir remarquée, mais il n’y avait aucun doute à avoir là-dessus : l’odeur était celle de la mort. Il y avait un cadavre quelque part dans la ville, voire même plusieurs.
A en juger par l’intensité de la piste odorante, les corps étaient enfermés dans un bâtiment, ce qui amena le chevalier à en tirer une conclusion. Soit il y avait un tueur en série dans le coin, soit quelqu’un conservait les cadavres des révolutionnaires qui s’étaient approchés d’un peu trop près de la cité. Ayant connaissance des capacités de Xenora, le chevalier pensa que la seconde option était plus probable : aucun tueur en série n’aurait pu se cacher bien longtemps ici tout en tuant des partisans de Fléau. Mais dans ce cas, qui conservait les corps, la générale ou les habitants ? L’un comme l’autre ne semblait guère rassurant.
Les villageois se rapprochaient lentement, prêts à se jeter sur l’inconnu. Ce dernier se contenta d’écarter légèrement sa main gauche du prolongement de son corps, sa main droite étant occupée à soutenir l’avant du caisson contenant Psyché. Il plaça alors ses doigts dans une position bien précise, comme s’il tenait le manche d’une arme.
« Je ne vous conseille pas de tenter quoi que ce soit qui pourrait ralentir ma progression, lança-t-il en guise d’avertissement, cela aurait des répercussions négatives sur votre état physique. »
La menace de l’homme ne fit pas le moindre effet. Les habitants continuèrent de s’approcher d’un pas traînant, arme à la main.
« Je n’aime pas avoir recours à la violence face à des innocents dont on a abusé, fit alors remarquer le chevalier, mais je suppose que vous ne me laissez pas le choix… »
Sur ces mots, une faible lumière blanchâtre commença à émaner de la paume de sa main…
« On dirait que tu avais vu juste Priscilla, fit remarquer Genis, ils sont visiblement partis chasser. »
Meltokio était déserte, l’armée de Drilaz devait probablement se nourrir des créatures en tout genre qui vivaient dans une forêt non loin de là. La Pourfendeuse de Gaïa et son grand-père s’avançaient au milieu des décombres. La guerrière restait malgré tout prudente, prête à réagir au cas où l’un des monstres serait éventuellement resté pour tendre une embuscade aux intrus.
« Nous pouvons mettre à l’écart un surplus de prudence afin d’avancer plus vite, signala le mage, je ne sens pas la moindre présence à des kilomètres à la ronde. Ce qui est d’ailleurs plutôt inquiétant…
- Drilaz n’est pas dans la cité, c’est ça ? demanda Priscilla.
- Il semblerait, répondit l’ancien héros, pourtant je sais de source sûre qu’il n’a pas pour habitude de chasser avec les autres. En général, on lui apporte ses proies jusque dans son château.
- Tout ceci ne me dit rien qui vaille, on ferait mieux de se dépêcher de l’attendre au château… »
Ils pressèrent donc le pas, se frayant du mieux qu’ils le pouvaient un chemin au milieu des ruines. Si seulement les membres de Fléau n’avaient pas pris le contrôle du MSI il y a dix ans, tout aurait été plus facile. Les généraux n’auraient pas équipé leurs bases d’appareils bloquant les téléportations et Genis aurait pu amener chaque membre du commando devant son objectif en un rien de temps. Au lieu de cela, ils étaient contraints de prendre des risques considérables en s’exposant aux diverses sécurités visant à défendre les bâtiments et généraux…
L’intérieur du château n’était pas en aussi mauvais état qu’il n’y paraissait. Il y avait peu de débris et les murs n’étaient pratiquement pas abîmés. En revanche, on ne pouvait pas en dire autant de l’hygiène. Le sol était jonché d’ossements provenant d’animaux divers et variés, allant du serpent au grizzli, en passant par le loup… sans compter la présence de crânes humains.
La plupart des os avaient été rognés, parfois même rongés jusqu’à la moelle, mais il restait cependant un peu de viande desséchée sur certains. Tout ce qui n’avait pas été mangé était en train de pourrir.
Bien qu’une odeur pestilentielle se dégageait de ces restes, il n’y avait aucun insecte, volant ou rampant, qui s’occupait de nettoyer les résidus en les avalant. C’était à croire que même les mouches et les vers refusaient de s’aventurer dans un tel endroit, malgré cette horrible senteur, pourtant censée les attirer.
En face de l’entrée se trouvait le trône, du moins ce qu’il en restait, sur lequel Drilaz avait pour habitude de siéger. Autour de celui-ci se trouvaient ce qui devait être au départ de magnifiques tapisseries servant à décorer la salle. Cependant, le temps et l’agressivité des locataires semblaient avoir eu raison de ces ornements. Tout était déchiré, délavé, maculé de taches sombres, suggérant de violents combat sanglants dont les vestiges avaient séché sur les murs, passant du rouge au noirâtre au fil des années.
Les deux parents s’approchèrent de l’ancien siège impérial. Le dossier de ce dernier avait été brisé et il n’en restait que la partie inférieure. Il était malgré tout toujours possible de distinguer le blason de l’empereur, ou plutôt une moitié de celui-ci, gravé dans la pierre.
Soudain, un craquement sonore retentit et le sol s’effondra, laissant tomber les deux héros dans un trou béant…
Du côté de Flanoir, la progression se faisait plus rapidement que prévue, et ce grâce à Sub. Cette dernière semblait avoir une certaine affinité avec la glace, constituant de la majeure partie de la base de Zack. Cela lui permettait de se repérer très facilement dans le labyrinthe de givre. D’un simple regard, elle différenciait les véritables couloirs des jeux de reflets qu’avait mis en place l’alchimiste pour empêcher toute intrusion, ou toute évasion peut-être, difficile à dire…
Beaucoup des victimes du général faisaient office de décoration des murs de la base. En effet, il n’était pas rare de croiser le regard de personnes littéralement prisonnières des glaces. A en juger par les expressions de leur visage, ces gens étaient encore en vie au moment d’être gelés. Reivac remarqua que la majeure partie des victimes de cette abomination étaient des femmes. Etait-ce parce qu’il les épargnait sur le champ de bataille, ou cela cachait-il quelque chose de beaucoup moins moral ?
Très vite, ils arrivèrent dans une pièce qui différait des autres. En effet, la glace qui la constituait était plus dense, il était impossible d’y voir au travers. Elle était également plus vaste, le reste de la base étant fait de sinueux couloirs, visant à augmenter la confusion provoquée par les reflets.
Lentement, Sub caressa l’un des murs en fermant les yeux pour mieux se concentrer.
« La pièce que l’on recherche est derrière cette paroi, dit-elle soudainement, l’idéal serait de la faire fondre.
- Il n’y a pas d’autre chemin ? questionna l’ex-militaire.
- Aucun de libre, expliqua la femme, tous sont bloqués par des murailles de glace. Ce mur est le plus épais, mais essayer d’aller jusqu’aux autres nous forcerait à faire un trop long détour. De plus, il faudrait revenir au rez-de-chaussée, et comme vous le savez il s’est rempli de gaz lors de notre dernier passage. Alors vous préférez quoi, utiliser votre objet bizarre pour nous protéger du gaz pendant une heure ou pour faire fondre un glaçon en deux minutes ? »
L’ancien mentor de Zack poussa un profond soupir. Cette manie d’avoir toujours le dernier mot, associée à ce ton agressif et supérieur, lui faisait un peu penser à celui qu’ils allaient affronter lorsqu’il était encore membre du corps militaire. Il savait que rien ne servait d’argumenter, elle trouverait toujours une réponse ou lui forcerait la main après avoir perdu patience, comme lors de l’incident du transport.
L’ex-général de brigade sortit de sa poche une petite pierre sur laquelle étaient gravées de nombreuses runes. Mais avant qu’il n’ait le temps d’activer l’une d’elles, les murs de la salle se mirent à luire…
« Ecartez-vous des murs et restez sur vos gardes ! lança-t-il à Sub, c’est une transmutation. Apparemment nous sommes repérés…
- Depuis un moment, répondit la femme sans s’éloigner de la paroi, s’il avait voulu nous tuer rapidement il l’aurait fait depuis longtemps. Il ne va pas nous broyer avec la glace, il va vouloir s’amuser avec nous d’abord… »
Reivac fronça des sourcils, suspectant légèrement son compagnon de route provisoire. Cette dernière semblait particulièrement bien connaître la façon de penser de l’alchimiste…
Les murs se déformèrent pour former un cercle autour des deux individus, fermant au passage la seule issue possible. Lorsque la lumière cessa d’émaner de la glace, cette dernière était devenue parfaitement lisse. Il était alors possible de voir ce qui se trouvait à l’intérieur…
Des chimères, des dizaines de chimères créées par Zack étaient enfermées dans les murs. Les créatures étaient aussi diverses qu’effrayantes. Des araignées des neiges croisées avec des créatures volantes, des reptiles mélangés à des loups, tout semblait bon pour rendre les monstres plus dangereux, plus résistants, plus repoussants. Il y avait même parmi eux un exbélua, apparemment fusionné avec un ours polaire, ou peut-être même un yéti, ainsi qu’avec un ver des neiges.
La chose était dépourvue de jambes, le bas du corps ayant été remplacé par la queue du ver sur laquelle se trouvaient des dizaines de petites pattes, toutes dotées de griffes. Quant au haut, il était couvert d’une épaisse fourrure blanche par endroits et d’une peau verdâtre et épineuse ailleurs. Deux longs bras au bout desquels se trouvaient d’énormes griffes longeaient le buste de la bête, atteignant presque le sol. Pour ce qui était de la tête, une longue crinière de poils blancs partait du milieu du front et se prolongeait jusque dans le dos. De proéminentes dents aiguisées sortaient de la bouche du monstre, du moins de l’une d’elles.
En effet, la chose possédait deux bouches. L’une d’elles se trouvait au niveau de la tête et semblait à peu près conçue sur le même modèle que celle d’un homme, alors que l’autre se situait au niveau du thorax de l’animal, légèrement dissimulée par sa fourrure. Celle-ci était circulaire, ce qui se rapprochait plus du ver avec lequel la chimère avait été créée.
Mais cette situation était en réalité bien pire qu’elle ne semblait déjà l’être, et le tout ne tenait qu’à un minuscule détail physique, insignifiant en apparence, mais plus dérangeant lorsqu’on y prêtait un minimum d’attention.
En effet, sur la plupart des monstres, il était possible d’apercevoir un petit objet scintillant, greffé directement sur leur peau. En voyant ces petits joyaux, Reivac se sentit frémir, et ce n’était pas à cause du froid…
Les chimères étaient toutes dotées d’exsphères.
En tout cas, très bon chapitre... Puisque on peut savoir que on va avoir droit à des retournements de situation superbes
Tout cela est prometteur, très prometteur... Suiteuh
De plus, les descriptions sont énormes... Je sais, on est habitués, mais ça m´énerve à chaque fois ^^
Oui; parce que quand je m´amuse à écrire, moi, je mets des plombes à faire une description dont je suis très peu fier, et pendant ce temps tu as posté un nouveau chapitre... Salaud
Et le terme "Salaud" te correspond encore une fois très bien, puisque tu t´en donnes à coeur joie avec ces 6 attaques simultanées, en coupant au moment le plus sympa... Amusant, vraiment
Enfin bref, commentaire d´un mec énervé et jaloux, commentant un chapitre salaud et énervant.
Vivement la suite ![]()
Alala, encore cette idée de Noïshe qui revient de façon redondante, mais c´est pas possible ça, vous le voulez votre protozoaire ma parole XD
Si c´était bien Noïshe sous forme humaine, ça voudrait dire que c´est devenu un justicier. Et si c´était le cas, pourquoi ne pas s´être attaqué à 64 AVANT qu´il ne détruise Ozette ? Pour ne pas altérer le destin ? Mais alors pourquoi vouloir l´altérer maintenant ?
Et s´il était vraiment Noïshe, pourquoi avoir critiqué Kratos par le passé ? Pourquoi ne pas avoir révélé son identité à Genis ? Pourquoi ne pas l´avoir rejoint plus tôt ?
Non, l´idée de Noïshe est bien trop incohérente, dès que l´on répond à une question sur le comportement de l´homme en armure en partant du principe qu´il soit Noïshe, cela contredit toutes les réponses données précédement. Il y a beaucoup trop d´incohérence dans un tel raisonnement. Il faut que vous envisagiez les choses sous un autre angle
Et pour l´autre chapitre, il est déjà en cours de rédaction ![]()
Chapitre 102 : Le génie du mort
« C’est donc à ça que ressemblent les chimères, commença Reivac en regardant autour de lui, mais pourquoi les avoir congelées ? Sont-elles mortes ?
- Leur cœur bat lentement, mais il bat quand même, fit remarquer Sub après avoir touché la glace, il a dû les placer en hibernation… »
A nouveau la glace s’illumina, indiquant qu’une nouvelle transmutation avait lieu. Lentement, les monstres prisonniers des parois sortaient de la lumière : Zack venait de libérer ses chimères. Il n’y avait aucune issue et la salle se remplissait peu à peu d’horribles créatures, le combat était inévitable…
Quelque part sous les océans se trouvait la base de Zeratos, à l’intérieur de laquelle de nombreux morts-vivants patrouillaient. Mais ces derniers n’étaient pas les seuls à monter la garde, dans un couloir isolé errait un petit droïde. Celui-ci lévitait à une cinquantaine de centimètres au-dessus du sol, canon pointé devant lui, prêt à tirer sur un éventuel intrus.
Lentement, la sentinelle continua d’avancer et tourna à l’angle d’un couloir. A cet instant précis, deux silhouettes apparurent derrière lui et partirent dans la direction opposée à la sienne. Il s’agissait en fait des deux nécromanciens, qui s’étaient rendus invisibles afin d’échapper à la surveillance du robot. Ces derniers n’avaient cessé d’user de tours divers et variés pour éviter d’être repérés durant leur progression.
Les deux infiltrés semblaient très bien savoir ce qu’ils faisaient. A chaque intersection qui se présentait à eux dans ce labyrinthe, ils s’arrêtaient un instant, regardaient dans chaque direction, puis prenaient tous deux la même sans avoir besoin de se concerter. A aucun moment il ne leur arrivait de prononcer un mot, ni même de se faire le moindre signe. Pourtant, ils tombaient toujours d’accord et exécutaient des actions parfaitement coordonnées. Visiblement, les deux comparses avaient développé un autre moyen pour communiquer, probablement une sorte de lien télépathique.
Ils arrivèrent dans un couloir surveillé par de nombreuses caméras. Cependant, ils ne les prirent pas en compte et s’avancèrent tranquillement. Lorsqu’ils atteignirent le premier appareil de surveillance, l’un des deux inconnus s’arrêta et tendit la main vers l’objectif. Un léger bruit continu, comme une bande magnétique que l’on rembobinait, se fit entendre. Puis, lorsqu’il eut terminé, il se dirigea vers la troisième caméra, sachant que son compagnon s’occupait déjà de la seconde. Il ne leur fallut ainsi qu’une minute pour déjouer une dizaine de systèmes et passer dans la salle suivante.
A nouveau un couloir. Cette fois-ci, il était gardé par des zombies, cinq précisément. Les nécromanciens attendirent calmement que l’un d’eux s’approche suffisamment, cachés derrière un mur.
Lorsqu’un des gardes fut à portée, l’un des nécromanciens se montra et tendit son bras droit dans sa direction. Un rayon sombre, fait d’un mélange de vert et de noir, sortit de la manche trop longue de l’individu et alla frapper le monstre directement au visage. L’attaque ne fit aucun dégât et se contenta de se dissiper dans les airs après l’impact, pourtant elle réalisa l’effet désiré.
Peu après avoir été touché, le zombie se tourna vers celui qui l’avait assailli, attendant les instructions. Un étrange râle sourd à faire froid dans le dos, premier son émis par le nécromancien depuis le début de la mission, se fit entendre depuis la capuche de ce dernier. Aussitôt, le monstre revint sur ses pas pendant que son nouveau maître retournait se cacher. Il passa devant ses homologues et s’approcha d’un tableau de bord. Il s’agissait en réalité du panneau de contrôle de la porte. Cette dernière était visiblement électrifiée et nécessitait un mot de passe pour son ouverture. Le nouvel allié des nécromanciens appuya successivement sur quelques touches, ce qui eut pour effet d’ouvrir la porte. Les autres zombies, n’ayant qu’une intelligence limitée, n’attaquèrent même pas leur camarade qui était pourtant en train de les trahir. Ils avaient tout simplement pour instruction de s’en prendre uniquement aux intrus, non aux traîtres.
Les nécromanciens sortirent de leur cachette et s’avancèrent vers la porte comme si de rien n’était. Bien que les deux étrangers n’aient rien à faire ici, les gardes ne réagirent pas et les laissèrent passer. Ils étaient en réalité victimes d’une illusion qui ne touchait que les morts-vivants. Ces derniers voyaient en effet les deux mages sous l’apparence de simples spectres, ils ne les considéraient donc pas comme des envahisseurs et ne leur barrèrent pas la route.
Une fois qu’ils eurent passé la porte, l’un d’eux émit un nouveau râle, semblable au premier. Le zombie qui se trouvait près du tableau de bord appuya sur un bouton afin de refermer la porte derrière eux. Il valait mieux être prudent, si un droïde passait par là et constatait qu’une porte était ouverte, il sonnerait immédiatement l’alarme et l’effet de surprise serait perdu.
Les deux inconnus se trouvaient désormais dans une immense pièce circulaire. Cette dernière était traversée de toutes parts par de fins rayons lumineux. Si un objet traversait l’un d’eux, l’alarme se déclencherait automatiquement…
L’un des nécromanciens sembla perdre de sa consistance et devint légèrement transparent. Il s’avança tranquillement au milieu des lasers qui le traversaient sans le moindre problème. Il passa ainsi de l’autre côté de la pièce sans encombre. Cependant, son compagnon ne pouvait pas en faire autant pour une raison très simple : il transportait la mallette contenant la bombe. Même s’il était capable de se rendre lui aussi transparent, ce qu’il transportait resterait tangible. Impossible donc de se déplacer de la même façon.
Mais les deux mages avaient déjà trouvé une solution. Ils se placèrent face à face, chacun étant à l’autre bout de la pièce par rapport à l’autre, et prirent exactement la même position. L’instant d’après, l’objet encombrant se trouvait dans la main de celui qui avait déjà traversé la salle, ou peut-être étaient-ce les nécromanciens qui avaient carrément échangé leur place, difficile à savoir.
Le mage se trouvant encore près de l’entrée n’avait plus qu’à traverser en se rendant transparent désormais, ce qu’il fit sans tarder. La porte de sortie était également verrouillée, mais elle n’était pas électrifiée, ce qui leur faciliterait la tâche. Les deux étrangers se mirent dos à la porte, observant la salle qu’ils venaient de passer. Ils reculèrent tous deux d’un pas et virent alors qu’une paroi de métal venait d’apparaître devant eux. Il s’agissait en fait de la porte à laquelle ils avaient tourné le dos l’instant d’avant : ils venaient de la traverser en reculant.
Les nécromanciens regardèrent alors en direction du nouveau couloir qui s’offrait à eux et avancèrent sans la moindre hésitation, progressant toujours plus dans l’immense dédale qu’était la base de Zeratos…
Vingt-sept minutes et quarante-six secondes. C’était le temps qu’il restait à Hacker pour trouver le bon détonateur et le désamorcer. Il avait sondé chacune des dix amorces qui lui avaient été présentées, mais il n’avait détecté aucune différence. Rien ne lui permettait d’affirmer lequel était le bon, pas le moindre indice, pas le moindre petit composant électronique… Ils étaient tous identiques. Il aurait pu faire des analyses bien plus approfondies pour trouver la faille, mais il n’avait pas assez de temps, cela lui prendrait des heures. Seule la chance le sauverait, lui ainsi que son compagnon.
« Bon, je me lance » souffla le pirate informatique.
Des câbles sortirent de ses avant-bras et allèrent se brancher dans l’un des détonateurs. Quelques secondes s’écoulèrent, puis le cadran s’arrêta… Avant d’accélérer pour que le temps s’écoule deux fois plus vite !
« Que se passe-t-il ? demanda Léviathan qui était forcé de se tenir à l’écart, la fréquence de l’indicateur sonore a augmenté.
- C’est parce que je viens de diviser notre espérance de vie par deux, soupira le démineur, je me suis trompé de détonateur.
- Tu n’arrives pas à trouver le bon ?
- Je pourrais si j’avais plus de temps, s’indigna Hacker, mais déjà que je n’en avais pas assez… Maintenant j’en ai encore moins !
- Tu crois que tu arriverais à tous les désamorcer en même temps ? questionna l’androïde.
- Je n’ai jamais fait ça, le moindre petit décalage dans les actions et tout explose. C’est trop risqué. Et même si je pouvais le faire, ça me prendrait trop de temps pour synchroniser les neuf désamorçages. »
Le temps s’écoulait trop vite, bien trop vite. Le compteur affichait déjà moins de vingt minutes, ce qui voulait dire qu’il ne leur restait plus que dix minutes déjà…
« Comment sont disposés les cadrans ? demanda soudainement le robot.
- Quoi ? s’étonna Hacker, mais en quoi ça peut nous renseigner sur…
- Comment sont-ils disposés ? coupa le colosse.
- Ils forment une croix, répondit le pirate informatique après avoir jeté un coup d’œil à la bombe.
- Désamorce celui qui se trouve au centre, ordonna Léviathan.
- Ça ne peut pas être aussi simple ! s’indigna le démineur, c’est bien trop évident.
- C’est justement parce que c’est trop évident que tu écartes d’entrée de jeu cette possibilité, fit remarquer l’androïde, et Zeratos le sait bien, c’est pour ça qu’il joue là-dessus. Souviens-toi de la première bombe : il l’avait réglée selon notre mot de passe parce que c’était sans doute le dernier auquel une autre personne aurait pensé. »
Hacker réalisa alors que l’idée de son compagnon n’était pas si bête. Les détonateurs n’étaient pas disposés n’importe comment, il y avait donc bien une raison… Zeratos aurait très bien pu les placer au hasard afin de brouiller les pistes au maximum et gagner à coup sûr. Au lieu de cela, il les avait agencés en forme de croix pour donner une indication. La logique voulait donc que la bonne amorce soit celle du milieu, mais c’était trop évident, n’importe qui pourrait y voir un piège… Et c’était justement pour cette raison que personne n’oserait toucher au détonateur central. Une fois encore, Zeratos jouait la carte du bluff. Décidément, il aimait particulièrement s’amuser avec ses victimes. Il leur donnait tout ce dont ils avaient besoin pour survivre, sachant qu’elles refuseraient de les prendre car les indices viendraient de sa part.
Les câbles serpentèrent jusqu’à se brancher sur le cadran du centre. Des données défilèrent devant l’œil de Hacker pendant quelques secondes, puis le cadran s’arrêta sans que la bombe explose. Ce dernier indiquait qu’il restait alors quinze minutes et seize secondes. Cependant il fallait diviser le temps par deux désormais.
« Léviathan, appela le pirate informatique, règle ton chronomètre sur sept minutes et trente-huit secondes. Je préfère avoir un compteur qui s’écoule normalement sous les yeux.
- D’accord » répondit la machine.
L’un des yeux rouges du robot projeta alors un hologramme jusque devant Hacker. De cette façon, le démineur pouvait voir le temps qu’il lui restait de façon plus réaliste. Pendant que la nouvelle bombe arrivait, les chiffres qui flottaient dans les airs se succédaient, indiquant le temps qu’il restait.
Le compagnon de l’androïde soupira tout en essuyant la sueur qui coulait sur son front. Vu le temps qu’il avait mis à désamorcer le deuxième explosif ainsi que le temps qu’il lui restait, il faudrait un véritable miracle pour qu’ils sortent d’ici vivants. Cette fois-ci, Hacker devrait user de tous ses talents d’informaticien…
« Je suppose que tu ne t’attendais pas à ça, intervint alors l’hologramme de Zeratos, désolé de te l’annoncer mais c’est fini. Même toi tu ne seras pas en mesure d’arrêter ceci. »
Le peu d’espoir du démineur disparut lorsqu’il vit à quoi ressemblait la troisième bombe que lui imposait le général de Fléau. Il n’y avait pas la moindre pièce électronique sur le détonateur. L’amorce était en réalité constituée de plusieurs bocaux en verre contenant divers liquides de différentes couleurs dans lesquels trempaient des fils. Ces fils reliaient les bocaux entre eux ainsi qu’à la charge explosive.
« Cette fois-ci, lança l’enregistrement, on ne joue plus. Tu n’auras aucune indication sur le fonctionnement de ce petit jouet, encore moins sur la façon dont on s’y prend pour l’empêcher d’exploser. A toi de trouver la solution… »
Sur ces mots, l’hologramme s’éteignit, laissant le silence s’installer dans la salle.
Hacker se félicita d’avoir demandé à Léviathan de lui indiquer le temps restant, la dernière bombe n’avait même pas de cadran sur lequel figurait le compte à rebours. Même si ça ne l’aurait guère aidé…
« Je ne peux pas la désamorcer, se résigna-t-il en regardant l’appareil.
- Comment ça ? demanda Léviathan, elle m’a l’air pourtant assez rudimentaire…
- Justement, elle l’est trop ! s’indigna le pirate informatique, tout se base sur des réactions chimiques qui génèrent un courant électrique passant par les fils. Il n’y a aucun système électronique, je n’ai nulle part où me brancher ! Ce truc est tout simplement impossible à pirater. Le seul moyen d’y parvenir, ce serait de connaître précisément la nature et la concentration de chaque produit qui se trouvent dans les bocaux, faire des calculs pour en déduire l’intensité du courant généré dans chaque fil, dont je devrais également connaître les composants afin d’en deviner la résistance. Avec toutes ces données, je pourrais alors conclure sur la fonction de chaque fil, et donc savoir celui qu’il faudrait sectionner. Mais même avec ça, il me faudrait plus d’une demi-journée, à condition d’avoir toute la documentation dont j’ai besoin, ce que je n’ai pas. Et pour couronner le tout, je n’ai aucun moyen de connaître la nature des produits qui se trouvent dans les bocaux puisque je suis nul en chimie…
- Ça semble mal parti, annonça le titan d’acier, il n’y aucune indication possible dans la disposition des bocaux ?
- Ni dans celle des bocaux, ni dans celle des fils, désespéra Hacker, tout est placé de façon aléatoire. Il semblerait que Zeratos ait tenu parole lors de son dernier message...
- Et en faisant un choix au hasard ?
- La moindre petite erreur pourrait provoquer une explosion immédiate » soupira le démineur.
Il se frotta alors les yeux, comme accablé par une soudaine fatigue, puis regarda à nouveau le fonctionnement du détonateur, un fonctionnement qu’il ne comprenait absolument pas. Cette fois-ci, il était impuissant…
« Il semblerait que le poseur de bombe avait gagné depuis le début… » songea-t-il.
Ces nécromanciens sont ou trop forts, ou trop confiants sur la suite... Car malgré leurs capacités spéciales, et puis leurs agissements sur les morts-vivants (ce qui soit dit en passant me paraît plutôt logique
), tout ne se passera pas si facilement... Enfin j´espère ^^
Si ça se trouve, il se passera quelque chose avec cette base sous l´eau... Un compte à rebours par exemple : Après un certain moment, tout s´innonde, mouarf ! ![]()
Mais ils sont balèzes quand même, n´empêche... Si Zeratos est bien dans cette base, ce dont je ne suis plus vraiment sûr, puisqu´on est plus sûrs de rien dans ces nouveaux combats ^^
En tout cas, ce dont on est sûrs, c´est que si ce jeu de bombe est réellement dangereux, ils s´en foutent de péter une base... Donc, de quoi s´amuser avec les autres combats, niark ![]()
Zeratos est un petit filou, pour ne pas répéter Laya xD
Disons que il peut très facilement être sûr de son succès... Même en ayant passé outre les deux premiers petits jeux (
), par ailleurs bien étudiés, le dernier est tout simplement exceptionnel... En plusieurs jours, Hacker aurait eu bien du mal à ne pas faire d´erreur... Là, en 7 minutes...
Bon courage à lui
Tu arrives donc à couper au meilleur moment, comme à chaque fois... Vivement la suite, enfin, vivement la suite de la suite pour savoir la suite de ce chapitre-ci ( O_o )
^^
bon moi j´ai du boulot dès que je rentre chez moi on dirait ![]()
![]()
P.S.: je suis en vacances chez ma femme c´est pour ça

Bon, il est temps de reprendre un peu vous ne croyez pas ?
Chapitre 103 : Le chasseur et la proie
Priscilla se releva et regarda autour d’elle. Il faisait sombre et il était difficile d’y voir au loin. Elle se trouvait dans une grande pièce, située sous la salle du trône. L’endroit était sale et humide. Des fissures lézardaient entre les briques ternies par le temps. Le long des murs, on pouvait voir des sortes de trous servant probablement d’aération, situés à deux mètres du sol. Ces derniers étaient longs d’une bonne cinquantaine de centimètres et juste assez larges pour que l’on puisse s’y faufiler en rampant.
Devant la guerrière, un couloir s’enfonçait dans l’ombre. Mais ce qui l’intéressait le plus pour l’instant se trouvait en réalité au centre de la pièce. Il s’agissait d’un immense tas de ferraille, mais pas n’importe laquelle. Epées, boucliers, haches courtes, lances, masses d’armes… l’arsenal ainsi empilé pouvait aisément servir à toute une armée.
« Elles sont couvertes de sang mais il n’y a pas de cadavre, fit remarquer Genis en apparaissant de derrière l’amas de fer, j’en déduis qu’elles appartiennent aux gardes de Drilaz et non à leurs victimes. »
La jeune femme recula d’un pas pour mieux observer l’entassement qui se présentait à elle. En agissant ainsi, elle entendit un léger bruit métallique et manqua de glisser. Elle regarda alors l’objet sur lequel elle venait de marcher et remarqua que les armes n’étaient pas seulement amassées au centre de la pièce : elles en couvraient le sol, à tel point que ce dernier n’était même plus visible.
« On peut équiper beaucoup plus que trois cents soldats avec tout ceci, constata la Pourfendeuse de Gaïa, pourquoi y en a-t-il autant ?
- J’espère simplement que c’est afin de garder des armes de rechange en cas de besoin, déclara le mage, je n’ose même pas imaginer ce que ce serait s’il y avait un propriétaire pour chacune d’elles… Quoi qu’il en soit, c’est une aubaine pour nous de trouver un tel endroit. Nous pourrons les empêcher d’avoir accès à leur armement une fois qu’ils reviendront de la chasse.
- Sans arme, suspecta soudainement Priscilla.
- Pardon ?
- Ils sont partis à la chasse sans arme, expliqua-t-elle, Drilaz ne se séparait jamais des siennes et…
- Il a probablement éduqué les siens pour qu’ils en fassent de même » compléta Genis.
L’ancien héros, ayant pour coutume d’afficher un air calme en toutes circonstances, parut inquiet en prononçant ces mots. Il fut parcouru d’un frisson, puis leva les yeux vers le plafond. Celui-ci était très endommagé, et s’était d’ailleurs presque entièrement effondré sous le poids des deux visiteurs. Plus de la moitié de sa surface était désormais remplacée par une immense ouverture donnant sur la salle du trône, située juste au-dessus. Une fois encore, l’ombre qui régnait empêchait quiconque de voir le plafond de cette dernière…
« Priscilla, il serait grand temps d’activer la bombe » conseilla le mage.
Sur ces mots, il sortit son kendama et la sphère de ce dernier s’illumina. L’éclairage était si intense qu’il était désormais possible de voir sur des distances bien plus grandes, suffisamment pour que la guerrière puisse observer le plafond de la salle du trône, ainsi que ce qui y était agrippé…
Un énorme lézard aux écailles noires fixait les deux intrus avec ses yeux rouges. Sa taille approchait de celle d’un humain, ce qui devait être encore plus frappant lorsqu’il se dressait sur ses pattes arrière, chose que semblait lui permettre sa morphologie. De longues et fines pointes rouge-orangées formaient une double crinière le long de son dos, qui se terminait par une longue queue sur laquelle étaient placées des morceaux d’armure. Les avant-bras de la bête étaient également protégés par des plaques en métal, ce qui lui permettait d’enrouler ses chaînes autour de ceux-ci sans risque. Ces dernières avaient en effet un aspect plutôt dangereux. Elles étaient recouvertes de nombreuses pointes et lames maculées de sang séché. Au bout de ces armes plus ou moins improvisées se trouvaient des petites boules épineuses, qui étaient en réalité faites avec des clous rouillés. Une chose était sûre, de tels objets n’étaient pas conçus pour tuer une proie rapidement.
Toujours la tête dirigée vers le bas, Drilaz poussa un grognement féroce lorsqu’il reconnut ses adversaires…
Les nécromanciens continuaient de progresser à l’intérieur de cet infernal labyrinthe sous-marin. Déplacements furtifs, trahisons forcées de la part des gardes, tours de passe-muraille, tout était bon pour avancer. Et, bien qu’ils semblaient parfaitement savoir où ils se dirigeaient, les deux compagnons avaient parfois l’impression de tourner en rond. En réalité, cela provenait du fait que beaucoup de salles se ressemblaient comme deux gouttes d’eau. Un simple humain aurait même été tenté de dire que des gouttes seraient plus simples à différencier entre elles. Le problème, c’est qu’il arrivait souvent que deux salles soient identiques en apparence mais possèdent en réalité des pièges totalement différents, ce qui ne facilitait guère la tâche des mages.
Finalement, après de longs moments à errer dans les couloirs de la base, ils arrivèrent devant une immense porte blindée, menant probablement à la salle du trône, ou l’un des leurres de Zeratos peut-être. L’un des nécromanciens s’avança vers la paroi métallique mais, pour une fois, l’autre ne sembla pas d’accord avec son compagnon et tourna sa tête vers la droite. Aussitôt le premier arrêta son avancée et sembla remarquer le même détail que son ami fixait.
C’était une petite plaque en fer, comme toutes celles qui couvraient les murs du bâtiment. Mais quelque chose clochait sur celle-ci : les vis qui la tenaient étaient des trompe-l’œil. Ce n’était qu’un détail, certainement impossible à déceler pour une personne ordinaire, mais il n’échappa pas à la vigilance des mages.
L’un d’eux posa alors sa main sur la paroi et fit coulisser la plaque sur le côté, révélant ainsi un petit bouton. Un nécromancien appuya dessus pendant que l’autre observait aux alentours pour voir ce qui allait se passer. Une minuscule trappe s’ouvrit, juste devant l’immense porte blindée. C’est alors que les mages comprirent pourquoi Genis n’avait pu localiser la pièce depuis laquelle Zeratos dirigeait son armée : celles qui étaient affichées sur les plans étaient toutes des leurres, la bonne salle n’y figurait même pas. De cette façon, le général s’assurait que personne n’ait l’idée de chercher l’entrée d’un couloir, puisqu’aux yeux de tous le couloir n’existerait pas. De plus, qui irait chercher une trappe alors qu’une porte blindée se trouve juste en face.
Après avoir sauté dans le trou, les deux nécromanciens se retrouvèrent dans une grande salle dépourvue de toute décoration, comme le reste de la base d’ailleurs. Au centre de cette pièce se trouvait un trône fait d’une curieuse matière. Cela ressemblait à un enchevêtrement de câbles sur lequel étaient fixés des ailes faites avec des ossements. Peut-être Zeratos y voyait-il une symbolique…
Mais le plus étrange ne venait pas du trône en réalité, mais plus du général de Fléau qui se trouvait dessus. Ce n’était pas Zeratos, mais un énorme monstre difforme au teint verdâtre. Son bras droit était bien plus volumineux que le gauche et ne possédait que quatre grandes griffes en guise de doigts. « L’homme » portait quelques pièces d’armure pour se protéger le torse, le haut de la tête ainsi que l’avant-bras gauche. Les parties de son corps qui étaient protégées n’étaient d’ailleurs pas visibles. Il était donc impossible de voir ses yeux à travers l’étrange visière teintée qui lui cachait une bonne partie du visage. Voyant les deux nécromanciens, il se leva et regarda les intrus du haut de son imposante carrure.
« Je m’appelle Vharley Trigger, commença-t-il, je suis l’un des six généraux de Fléau. Je suppose que vous êtes surpris de me voir dans un endroit pareil… »
Les mages restèrent silencieux, se contentant d’attendre ce qui allait se passer.
« Vous n’êtes pas très bavards hein, lança Vharley, ça tombe bien parce que moi non plus. J’espère juste que vous aurez au moins le bon goût de hurler de douleur lorsque vous serez à l’agonie… »
Sur ces mots, il saisit une hache qui faisait facilement la taille d’un être humain et la souleva avec une aisance des plus inquiétantes…
La porte s’ouvrit à la volée et un homme vola à travers la pièce avant d’atterrir au loin, inconscient. Le chevalier à l’armure étincelante, qui n’avait pas la moindre égratignure, en profita alors pour investir calmement les lieux et observer les alentours. La salle était immense et parfaitement circulaire. Le plus impressionnant était sans doute l’incroyable collection d’armes qui s’y trouvait, exposée le long du mur. Haches, dagues, shurikens, chakrams, duo d’épées, arbalètes… tout y était, à l’exception des armes magiques. En effet l’étranger ne constata pas la présence de kendama ou de bâton possédant un orbe magique dans les étagères, pourtant bien remplies, qui étaient fixées à la paroi.
Visiblement, tous ces objets étaient ceux que Xenora avait pour habitude de contrôler à distance afin de combattre. Mais une question se posait : était-elle capable de tous les diriger en même temps ? Il n’y avait pas moins d’une centaine d’armes donc si tel était le cas, alors le génie de la générale de Fléau était incontestable. Contrôler autant d’objets en simultané devait nécessiter une vivacité d’esprit hors du commun…
L’odeur de mort s’était rapprochée, mais une nouvelle était apparue, bien plus agréable. C’était le parfum d’une femme.
L’unique siège de la pièce, qui se trouvait au centre de celle-ci, pivota sur lui-même et fit face à l’intrus. L’homme aux cheveux verts put alors admirer la beauté de celle qui reposait sur le trône. Il s’agissait en effet d’une belle jeune femme aux longs cheveux blonds. Elle avait les yeux d’un vert si intense qu’il en paraissait presque surnaturel, comme si son regard était capable de tout transpercer pour sonder l’esprit de quiconque osait le croiser. L’elfe portait une tenue noire aux allures provocantes, ses formes étant mises en valeur par un profond décolleté.
En y prêtant plus d’attention, le guerrier réalisa que la femme était en robe de soirée. La tenue allait des bras nus aux talons aiguilles, en passant par la robe fendue. Elle portait même un collier serti d’émeraudes autour du cou. Ce dernier avait probablement pour objectif de mettre ses yeux en valeur, ce qui était totalement inutile vu que les pierres précieuses passaient totalement inaperçues en comparaison du regard de l’elfe. La seule chose qui entachait la beauté de cette dernière se trouvait autour de ses yeux. Elle avait en effet de profondes cernes sur le visage, comme si elle ne dormait que très peu, ou peut-être pas du tout. De plus, son regard était étrangement fixe. La femme semblait ne pas avoir totalement conscience de la réalité qui l’entourait, ou peut-être en avait-elle justement trop conscience et était-elle sur le point de céder à la folie, si ce n’était pas déjà fait. Très vite, l’homme en armure constata que cette impression d’immobilité provenait en réalité du fait qu’elle ne clignait pas des yeux.
Il y eut un moment de silence durant lequel les deux opposants se fixèrent. Finalement, ce fut l’elfe qui prit la parole.
« Même si vous me connaissez déjà, je me présente par politesse, dit-elle sur un ton monocorde, je suis le général Vénusy, Xenora de mon prénom. Comme Genis Sage vous en a déjà informé, je ne vous étonnerai guère en vous annonçant que j’ai la possibilité de savoir beaucoup de choses. Je sais par exemple que vous n’avez pas été choisi parce que vous étiez en mesure de parer mes dons d’empathie et de clairvoyance, ni même ma maîtrise de la télékinésie, mais parce que vous étiez un combattant efficace qui pourrait neutraliser de nombreux adversaires sans les tuer, ni même les blesser grièvement. Vous ne servez que d’escorte. Ce qui me menace vraiment se trouve dans ce caisson que vous traînez depuis un moment déjà. A l’intérieur se trouve un être nommé Psyché. Il a été créé au MSI et était au départ connu sous le nom d’Unité 51. L’objectif était d’obtenir un corps capable d’absorber et d’émettre des ondes psychiques de façon constante, les savants espéraient qu’ils pourraient ainsi assimiler la personnalité de Mithos Yggdrasil par simple exposition à des fragments de cristaux du Cruxis. De cette façon, Yggdrasil aurait eu une nouvelle enveloppe. Mais il s’est avéré que ce corps était loin de correspondre aux exigences de Mithos… Cependant il m’empêche d’utiliser mes dons tant qu’il se trouve dans les parages, ce qui ne sera qu’un problème mineur étant donné que je connais l’avenir depuis longtemps avant votre arrivée. Cela m’a d’ailleurs permis de mettre certaines mesures en place. Et grâce à elles, je peux vous affirmer que l’avenir est devenu bien différent de l’issue qu’avait espérée Genis. Aussi je vous annonce que vous ne serez pas celui qui mettra fin à mes jours, et que je serai donc encore en vie au lever du jour. »
Le chevalier fronça les sourcils. Quel genre de mesures avait-elle prises ? Et comment survivrait-elle à un combat sans pouvoir utiliser la télékinésie ?
« Maintenant que les choses sont claires me concernant, reprit Xenora, laissez-moi vous présenter quelqu’un qui tient une place importante dans ma vie… »
L’odeur de cadavre se fit plus intense que jamais, à tel point qu’elle aurait agressé les narines de quiconque se trouvant dans les lieux, puis un rire retentit dans le dos du guerrier. C’est alors que celui-ci comprit qu’il s’était trompé. Le mort qu’il avait senti… ce n’était pas un corps mais quelqu’un de bien vivant, du moins aussi vivant que pouvait l’être le nouvel arrivant…
L’homme à l’armure se retourna pour se trouver nez à nez avec l’être le plus abject qu’il ait jamais vu. C’était un elfe au visage décharné dont le corps entrait en putréfaction. La décomposition de son corps était telle que les insectes qui le dévoraient de l’intérieur passaient pour des détails en comparaison du reste. Pendant qu’il ricanait, un cafard sortit même de sa joue pour rejoindre un trou situé près de son cristal du Cruxis.
Le chevalier recula de quelques pas. Non pas par peur, ni par dégout de l’odeur pestilentielle que dégageait l’individu, mais par simple méfiance. Il ne valait mieux pas baisser sa garde face à un être aussi infâme.
« Allons, allons, s’indigna le mort-vivant, ce n’est pas très gentil de reculer ainsi en voyant le visage de certains invités, cela pourrait les vexer. De plus, la moindre des politesses serait de me serrer la main pour me saluer… »
Il avait dit cela en tendant sa main droite, littéralement rongée par les vers, sachant que personne n’oserait jamais toucher quelque chose d’aussi repoussant. Décidément, cette personne était vraiment horrible… comment pouvait-elle plaisanter de la sorte ?
« Je vous présente mon frère, ajouta Xenora, comme vous le savez déjà il se prénomme Zeratos. »
Finalement, chapitre somme toute banale dans son ingéniosité et ses bouleversements... C´est toujours pareil, des innatendus, des descriptions superbes, des situations sympathiques, et dans tout ça tu arrives à faire progresser l´histoire assez simplement, en coupant quand il faut (ou plutôt quand il ne faut pas ^^)... Pas mal, pas mal...
Que pourrais-je dire... On ne connait finalement pas assez les capacités des ptits nouveaux pour savoir ce qu´il se passera... Les seuls qu´on peut comprendre sont (environ) Genis, sa petite-fille, et Drilaz... Je ne sais pas si ça nous avance, mais c´est en tout cas ceux qu´on connait le plus. Et encore, ça m´étonne qu´on connaise tous les sorts différents du mage... Compliqué tout ça ^_-
Après, un combat Créature Surhumaine à la force démesurée / Nécromanciens habiles et grands mages (ils n´ont pas été choisis pour rien)... Enfin, combat, il va peut-être y avoir un nouveau subterfuge, ou un truc comme ça... Donc, encore une fois, on n´en sait pas énormément, même si théoriquement, en force pure, Vharley fait très très mal... Une certitude
Et le dernier, Chevalier Balèze + Chose Myqtérieuse / Fratrie habile et intelligente... Et bien, sympathique également... Le chevalier me parait pas mal, par contre, je ne connais pas bien Psyché... Mais si ça peut rendre Xenora moins forte, c´est utile ^^
Il faut voir ce que donne le Zeratos putréfié, si il connait encore mieux les morts-vivants, il y a de quoi faire...
Bref, à bientôt pour de nouvelles aventures !! ![]()
Laya
Pour ce qui est de Drilaz, oui c´est bien le bon général qui se trouve au bon endroit. Mais c´est justement ça le problème : Genis n´avait pas sentit sa présence, et si Drilaz a pu échapper à sa vigilence, alors il est possible que ses "soldats" aient pu en faire de même
Quant aux nécromanciens, certes ce sont des mages, mais pas n´importe quel type de mages. La nécromancie, comme son nom l´indique, est un art qui affecte principalement les morts, ce qui n´est pas le cas de Vharley. De plus, il n´y a aucun mort-vivant dans la pièce où ils se trouvent. Bref, les nécromanciens se retrouvent très limités face à l´imposant Vharley (qui est, je le rappelle, aussi rapide que fort, ce qui n´est pas du tout un avantage pour les mages qui tenteront de l´affronter)
bref, passons un peu aux choses sérieuses, c´est à dire le chapitre suivant. Et pour cela, une petite visite à Flanoir s´impose ![]()
et maintenant...
~¤~¤~¤~¤~¤~¤~¤~¤~ Index : Evil Project, 250 Ans Après ~¤~¤~¤~¤~¤~¤~¤~¤~
Page 1 :
Introduction
Chapitre 1 : La peur de l´oubli
Chapitre 2 (partie 1) : La violence gratuite
Chapitre 2 (partie 2) : Les accidentés
Chapitre 3 : Choc émotionnel
Chapitre 4 : Evénements tragiques
Chapitre 5 : Sombre coïncidence
Chapitre 6 : Séparation
Chapitre 7 : Le début du cauchemar
Chapitre 8 : 11 ans après...
Chapitre 9 : De nouvelles connaissances
Chapitre 10 : Deux jours, deux duels
Chapitre 11 : Vharley
Chapitre 12 : Première mission, deuxième duel
Chapitre 13 : Retour à la case départ
Chapitre 14 (partie 1) : Libération
Chapitre 14 (partie 2) : Naissance
Chapitre 15 : Retrouvailles mouvementées
Lien :
https://www.jeuxvideo.com/forums/1-8674-3559453-1-0-1-0-0.htm
Page 2 :
Chapitre 16 : Une nuit étoilée
Chapitre 17 : Une victime de plus
Chapitre 18 : Deuxième évasion
Chapitre 19 : La perforeuse d´émeraude
Chapitre 20 : Inscriptions
Chapitre 21 : Un jeu clandestin
Chapitre 22 : Que le combat commence !
Chapitre 23 : Les deux boucliers invincibles
Chapitre 24 : La joie et la colère
Chapitre 25 : Nouvelle crise
Chapitre 26 : Perforeuse d´émeraude et tueuse d´opale
Chapitre 27 (Partie 1) : Capture
Chapitre 27 (Partie 2) : Poursuite
Chapitre 28 : Vengeance
Chapitre 29 : Rêves étranges
Chapitre 30 : Opposition
Lien :
https://www.jeuxvideo.com/forums/1-8674-3559453-2-0-1-0-0.htm
Page 15 :
Chapitre 31 : Pacte avec le diable
Lien :
https://www.jeuxvideo.com/forums/1-8674-3559453-15-0-1-0-0.htm
Page 18 :
Chapitre 32 : Les explications
Chapitre 33 : P.P.
Lien :
https://www.jeuxvideo.com/forums/1-8674-3559453-18-0-1-0-0.htm
Page 21 :
Chapitre 34 : Entre rêve et réalité
Lien :
https://www.jeuxvideo.com/forums/1-8674-3559453-21-0-1-0-0.htm
Page 22 :
Chapitre 35 : Danger futur, ennemi présent
Lien :
https://www.jeuxvideo.com/forums/1-8674-3559453-22-0-1-0-0.htm
Page 24 :
Chapitre 36 : Changements
Lien :
https://www.jeuxvideo.com/forums/1-8674-3559453-24-0-1-0-0.htm
Page 29 :
Chapitre 37 : Transmutation Resurectionelle
Lien :
https://www.jeuxvideo.com/forums/1-8674-3559453-29-0-1-0-0.htm
Page 30 :
Chapitre 38 : Menace sans nom
Lien :
https://www.jeuxvideo.com/forums/1-8674-3559453-30-0-1-0-0.htm
Page 31 :
Chapitre 39 (Partie 1) : Les apparences sont toujours trompeuses
Lien :
https://www.jeuxvideo.com/forums/1-8674-3559453-31-0-1-0-0.htm
Page 36 :
Chapitre 39 (Partie 2) : Préjugés
Lien :
https://www.jeuxvideo.com/forums/1-8674-3559453-36-0-1-0-0.htm
Page 37 :
Chapitre 40 : D´étonnement en surprises
Lien :
https://www.jeuxvideo.com/forums/1-8674-3559453-37-0-1-0-0.htm
Page 41 :
Chapitre 41 : Rattrapage
Chapitre 42 : La cité céleste
Lien :
https://www.jeuxvideo.com/forums/1-8674-3559453-41-0-1-0-0.htm
Page 42 :
Chapitre 43 : Irréversible
Lien :
https://www.jeuxvideo.com/forums/1-8674-3559453-42-0-1-0-0.htm
Page 44 :
Chapitre 44 : Tout n´est pas parfait
Lien :
https://www.jeuxvideo.com/forums/1-8674-3559453-44-0-1-0-0.htm
Page 45 :
Chapitre 45 : Dans l´antre du diable
Lien :
https://www.jeuxvideo.com/forums/1-8674-3559453-45-0-1-0-0.htm
Page 46 :
Chapitre 46 (Partie 1) : Unité 35
Chapitre 46 (Partie 2) : 35, 47, 64, 78
Lien :
https://www.jeuxvideo.com/forums/1-8674-3559453-46-0-1-0-0.htm
Page 48 :
Chapitre 47 : Solitude
Lien :
https://www.jeuxvideo.com/forums/1-8674-3559453-48-0-1-0-0.htm
Page 50 :
Chapitre 48 (Partie 1) : Intouchable
Chapitre 48 (Partie 2) : Sept heures passées
Lien :
https://www.jeuxvideo.com/forums/1-8674-3559453-50-0-1-0-0.htm
Page 53 :
Chapitre 49 : Tragédie
Lien :
https://www.jeuxvideo.com/forums/1-8674-3559453-53-0-1-0-0.htm
Page 54 :
Chapitre 50 : La terrible louche vengeresse du démon sans ombre
Lien :
https://www.jeuxvideo.com/forums/1-8674-3559453-54-0-1-0-0.htm
Page 55 :
Chapitre 51 : Famille brisée
Lien :
https://www.jeuxvideo.com/forums/1-8674-3559453-55-0-1-0-0.htm
Page 56 :
Chapitre 52 : Visite imprévue
Lien :
https://www.jeuxvideo.com/forums/1-8674-3559453-56-0-1-0-0.htm
Page 57 :
Chapitre 53 (Partie 1) : Echange de connaissances
Chapitre 53 (Partie 2) : La tragédie recommence
Chapitre 54 (Partie 1) : Colère et bonne volonté
Chapitre 54 (Partie 2) : Prisonniers
Chapitre 55 : Beauté glaciale et sang glacé
Chapitre 56 : Prisonnier des glaces
Lien :
https://www.jeuxvideo.com/forums/1-8674-3559453-57-0-1-0-0.htm
Page 58 :
Chapitre 57 : Réunion de famille
Chapitre 58 : 15 miles plus loin
Lien :
https://www.jeuxvideo.com/forums/1-8674-3559453-58-0-1-0-0.htm
Page 60 :
Chapitre 59 : Règles de vie
Chapitre 60 (Partie 1) : Vayoleth
Chapitre 60 (Partie 2) : Le vrai duel
Chapitre 61 : La gardienne première
Chapitre 62 : Une victoire, cinq défaites
Chapitre 63 : Les sciences perdues
Lien :
https://www.jeuxvideo.com/forums/1-8674-3559453-60-0-1-0-0.htm
Page 61 :
Chapitre 64 : Mère et Père
Chapitre 65 : Chiens errants
Lien :
https://www.jeuxvideo.com/forums/1-8674-3559453-61-0-1-0-0.htm
Page 63 :
Chapitre 66 : Secours
Chapitre 67 : Altaïr
Chapitre 68 : Invincibles
Chapitre 69 : L´ange à la lame de feu
Lien :
https://www.jeuxvideo.com/forums/1-8674-3559453-63-0-1-0-0.htm
Page 64 :
Chapitre 70 : Emotions
Lien :
https://www.jeuxvideo.com/forums/1-8674-3559453-64-0-1-0-0.htm
Page 65 :
Chapitre 71 (Partie 1) : Petites faiblesses
Chapitre 71 (Partie 2) : Dérèglement
Lien :
https://www.jeuxvideo.com/forums/1-8674-3559453-65-0-1-0-0.htm
Page 66 :
Chapitre 72 : Une vieille connaissance
Chapitre 73 : Les quatre Séraphins du Cruxis
Chapitre 74 : Fatale erreur
Lien :
https://www.jeuxvideo.com/forums/1-8674-3559453-66-0-1-0-0.htm
Page 67 :
Chapitre 75 : Sous la pluie battante
Chapitre 76 (Partie 1) : Duel à trois
Chapitre 76 (Partie 2) : Ennemi ou allié ?
Chapitre 76 (Partie 3) : Trois parties, quatre combattants
Chapitre 77 : Echec
Lien :
https://www.jeuxvideo.com/forums/1-8674-3559453-67-0-1-0-0.htm
Page 68 :
Chapitre 78 : La noble lignée Yggdrasil
Chapitre 79 : Paradoxe
Lien :
https://www.jeuxvideo.com/forums/1-8674-3559453-68-0-1-0-0.htm
Page 69 :
Chapitre 80 : Le plus fort vaincra
Lien :
https://www.jeuxvideo.com/forums/1-8674-3559453-69-0-1-0-0.htm
Page 70 :
Chapitre 81 : Le début de la tempête
Chapitre 82 : Les quatre haches
Chapitre 83 : Combat apparent
Lien :
https://www.jeuxvideo.com/forums/1-8674-3559453-70-0-1-0-0.htm
Page 71 :
Chapitre 84 : Retournement de situation
Chapitre 85 : Une défense impénétrable
Lien :
https://www.jeuxvideo.com/forums/1-8674-3559453-71-0-1-0-0.htm
Page 72 :
Chapitre 86 : Revirement
Chapitre 87 : La puissance de la volonté
Lien :
https://www.jeuxvideo.com/forums/1-8674-3559453-72-0-1-0-0.htm
Page 73 :
Chapitre 88 : Complications
Chapitre 89 : Des questions sans réponses
Chapitre 90 : Les cicatrices qui ne guérissent jamais
Chapitre 91 : Le jour de la tempête
Lien :
https://www.jeuxvideo.com/forums/1-8674-3559453-73-0-1-0-0.htm
Page 74 :
Chapitre 92 : L´ombre qui dévorait la lumière
Chapitre 93 : Lien de sang
Lien :
https://www.jeuxvideo.com/forums/1-8674-3559453-74-0-1-0-0.htm
Page 75 :
Chapitre 94 : Série 56
Chapitre 95 (Partie 1) : Fléau
Lien :
https://www.jeuxvideo.com/forums/1-8674-3559453-75-0-1-0-0.htm
Page 76 :
Chapitre 95 (Partie 2) : Le septième homme
Chapitre 96 : Répartition
Lien :
https://www.jeuxvideo.com/forums/1-8674-3559453-76-0-1-0-0.htm
Page 77 :
Chapitre 97 : Lumière Vacillante
Chapitre 98 : L´avenir en marche
Chapitre 99 : Mortelle ironie
Lien :
https://www.jeuxvideo.com/forums/1-8674-3559453-77-0-1-0-0.htm
Page 78 :
Chapitre 100 : L´immortalité meurtrière
Chapitre 101 : Suspicions
Chapitre 102 : Le génie du mort
Chapitre 103 : Le chasseur et la proie
Chapitre 104 : Redondance
Lien :
https://www.jeuxvideo.com/forums/1-8674-3559453-78-0-1-0-0.htm
Extras :
Dessin De 64 :
http://artpad.art.com/gallery/?ig6neha6o2s
Dessin De Philis (couleur) :
http://artpad.art.com/gallery/?ihewog1gu6e8
Dessin de Philis (noir/blanc) :
http://img164.imageshack.us/full.php?image=philis0013fs.jpg
Dessin De Génis Adulte :
http://img495.imageshack.us/full.php?image=genisep3mu.jpg
Version imprimable de la fic :
http://kingdom-of-tales.net/fanfics.php
Chapitre 105 :
¤ AVANCEMENT : 0%
Très bon chapitre....
Non, rien d´autre, je ne vais pas m´étendre, je croais qu´on pouvait voir 64, je suis déçu ![]()
Encore perdu Kirb´
.
(pour comprendre mon message, voir le topic : les stats du forum
.)
Bon que dire sur les derniers chapitres si ce n´est : super
.
Enfin on peut voir nos fameux "héros" en pleine avant-action, mais je m´attendais pas vraiment à ça de la part de Xenora, et de Zack surtout...quel sa**** celui-là
.
Et bien l´ami Zeratos a toujours autant de répartie, si ce n´est qu´il a perdu de son charisme
.Ca m´a l´air bien ragoutant pour une fois
.
Et les nécromanciens vont-ils arriver à abattre Varhley ? Sans doute ^^ .
Par contre, du côté de Zack, c´est mission impossible pour Reivac et Sub, à moins que....
Bon bah comme toujours, la suuuuiiiiittteeee ^^ !!
Et on y retourne ! Cette fois-ci, c´est à Meltokio que ça se passe
Chapitre 105 : Traque infernale
« Je croyais que tu n’avais pas senti de présence, signala Priscilla en dégainant ses haches.
- C’est le cas, répondit Genis, mais j’avais oublié qu’il pouvait se cacher en se mettant dans une sorte d’hibernation. Il avait utilisé la même ruse dans le temple de la glace il y a des années… »
Drilaz, toujours perché au plafond, ouvrit la gueule et poussa un puissant hurlement. Le cri était si fort que les murs de la pièce, pourtant très épais, commencèrent à vibrer. Le mage et sa petite fille se bouchèrent les oreilles, mais en vain, le bruit était trop intense et provoquait une douleur insoutenable aux tympans.
« Il amplifie les ondes sonores avec son mana ! » cria l’ancien héros pour tenter de couvrir le vacarme.
Mais très vite il comprit que jamais Priscilla ne pourrait l’entendre dans de pareilles conditions. La seule solution était donc de se mettre à l’abri du son le temps que le lézard s’arrête. Le mage fit un pas, puis manqua de tomber. Sa vue se troublait et il commençait même à être pris de nausées. Le son commençait à agir sur son sens de l’équilibre, il fallait vite se sortir de là avant qu’il n’y ait des conséquences irréversibles… mais comment ?
Finalement, ce fut le monstre qui cessa de hurler à temps. Le résonnement de ce dernier se fit entendre quelques secondes encore, puis ce fut le silence.
La guerrière fixa la bête du regard, attendant sa prochaine action. Mais le général ne bougeait pas, il se contentait de surveiller ses proies. A quoi jouait-il ?
Soudain, un nouveau cri se fit entendre au loin, suivi d’un autre, puis d’une dizaine… Priscilla sentit alors la présence de nombreux autres monstres aux alentours. Il y en avait beaucoup, bien trop pour les compter, et tous se trouvaient dans la cité. Drilaz n’était donc pas le seul à avoir trompé leur vigilance, son armée toute entière en avait fait de même. Tous étaient entrés en hibernation afin de mieux se cacher, et le général venait tout juste de les réveiller…
Les bruits se firent plus proches, ils provenaient des ouvertures situées dans les murs.
« Ils arrivent » annonça Genis.
Ces mots semblèrent ramener la Pourfendeuse à la réalité. Elle ouvrit la mallette qu’elle transportait, activa la bombe, puis la jeta au milieu des armes avant de se mettre à courir. Les deux parents empruntèrent le seul chemin qui s’offrait alors à eux. Pendant qu’ils s’enfonçaient dans le sombre couloir, un véritable flot de monstres s’engouffra dans la pièce dont ils venaient de sortir. Chaque individu était semblable à Drilaz, bien que légèrement plus petit, du moins pour les plus âgés d’entre eux. La masse écailleuse tournoya autour de la pile d’armement et la recouvrit complètement. Alors que les lézards qui avaient fini de s’équiper se lançaient déjà à la poursuite, d’autres arrivaient de façon continuelle. En moins d’une minute, la salle était totalement dépouillée de l’arsenal qu’elle renfermait. Pourtant, d’autres monstres continuaient d’arriver malgré tout.
« Bon sang, jura Priscilla pendant sa course, mais ils sont combien comme ça ?
- A priori je dirais un millier, peut-être plus, répondit le mage.
- Mais il devait y en avoir que trois cents ! s’indigna la guerrière en prenant un virage à droite.
- Le rapport indique que Fléau en a conçu trois cents, corrigea Genis, mais il n’y a aucune indication supplémentaire. Il est possible qu’ils aient apporté quelques modifications durant leur développement afin d’obtenir des femelles. Si une génération s’est reproduite de façon naturelle, alors chaque couple a pu avoir une douzaine de descendants. Cela représenterait facilement plusieurs centaines de nouveaux individus. Et je n’ose pas imaginer combien il y en aurait si on avait attendu ne serait-ce qu’une année de plus. »
Soudain, l’ancien héros prit sa petite fille par le bras et l’entraîna sur la gauche alors qu’elle se dirigeait tout droit.
« Qu’est-ce qui te fait croire qu’il faut aller par ici ? demanda-t-elle.
- Ce sont les égouts de Meltokio, expliqua son grand-père, j’ai dû les emprunter avec Lloyd lorsque j’étais recherché par l’armée Pontificale il y a un peu plus de deux cent soixante-dix ans. L’endroit a bien changé à cause du château et autres travaux durant l’expansion de la ville, mais certaines parties sont restées intactes.
- On va donc pouvoir sortir de cette cité infernale, conclut Priscilla.
- Non, rétorqua Genis, si on s’éloigne de cet endroit, ils nous suivront. On doit les maintenir le plus longtemps possible dans les murs de la ville pour qu’ils restent à portée de l’explosion. Je cherche juste à regagner la surface pour pouvoir utiliser mes meilleurs sorts. Si j’essaye de faire quoi que ce soit ici, tout pourrait s’écrouler sur nous… »
Ils arrivèrent dans une immense salle traversée par diverses passerelles grillagées. Juste à côté de l’entrée se trouvait un broyeur à ordures, ce qui donna une idée au mage.
« On doit les ralentir, active le broyeur » ordonna-t-il.
La Pourfendeuse de Gaïa s’exécuta en abaissant un levier. La machine se mit en route, détruisant et compactant les déchets qui restaient dans le réservoir situé au-dessus. Comme il n’y avait plus d’habitant depuis des années, le stock d’immondices ne fut pas renouvelé et l’appareil se mit très vite à fonctionner à vide. Pendant ce temps, Genis faisait face au couloir dont ils venaient de sortir, jonglant avec la sphère de son kendama tel un joueur de bilboquet…
« Ils arriveront trop tôt » fit-il remarquer.
Sans attendre d’instructions supplémentaires, Priscilla se plaça entre son grand-père et l’entrée du tunnel. Le manche de l’une de ses haches s’allongea et elle relia ses deux armes afin de n’en faire qu’une seule. Elle fit tournoyer l’objet devant elle à une vitesse impressionnante, tout comme le faisait le célèbre Yuan avec son bâton à lames. Des éclairs commencèrent à se former autour de l’arme tandis que les lézards apparaissaient au bout du couloir…
La guerrière déclencha alors son attaque et la foudre se répandit dans tout le couloir. Elle maintint ainsi les monstres à bonne distance durant de précieuses secondes. Mais malheureusement, cela ne faisait que les ralentir. Il faudrait quelque chose de plus puissant pour parvenir à les arrêter.
« Maintenant ! » signala Genis.
Priscilla s’écarta au moment où le mage envoya la sphère de son kendama vers le sol. Cette dernière frappa une dalle située à la sortie du couloir, puis une véritable tornade se forma à l’intérieur des égouts. Mais ce n’était pas une tornade ordinaire : cette dernière avait une forme conçue pour relier le couloir d’où sortaient les monstres avec le broyeur à ordures. Dès que les bêtes tenteraient de passer par là, elles seraient automatiquement emportées jusque dans le compacteur qui se chargerait alors de leur cas…
D’ailleurs, le piège ne tarda pas à faire son effet. Plusieurs lézards s’étaient déjà retrouvés broyés et d’autres semblaient hésiter à traverser. De temps en temps, quelques téméraires s’aventuraient à traverser la bourrasque en s’agrippant au sol à l’aide de leur griffes. Mais ils se retrouvaient très vite dans les airs, toujours agrippés aux dalles qui s’étaient tout bêtement décollées.
Pendant que le mage maintenait le sort en se concentrant, la guerrière avait sorti un bout de papier et s’était mordue l’index. Elle traça alors divers symboles étranges avec son propre sang afin de former un sceau. Elle jeta ensuite l’objet au milieu de la tornade. Le papier tournoya quelques instants au gré du vent, puis se figea dans les airs et s’illumina, indiquant que la technique employée venait de fonctionner.
« C’est un sceau d’alimentation, expliqua la Pourfendeuse, il devrait maintenir ton sort en place pendant une dizaine de minutes. Ça nous laisse un peu de temps pour chercher un moyen de remonter. »
Sur ces mots, les deux compagnons s’éloignèrent du couloir, laissant le sort garder l’entrée pour eux.
Cependant, deux minutes à peine après leur départ, les lézards grimpèrent sur les murs et le plafond du couloir, comme pour ne pas encombrer le sol. A cet instant, Drilaz apparut, empruntant le passage que lui avaient laissé ses sous-fifres. Il arriva au niveau de la sortie du couloir et observa les alentours. Il laissa échapper un grognement de mécontentement, puis se jeta dans la tornade.
Cette dernière remplit son rôle à la perfection et emporta le général de Fléau jusque dans le compacteur à ordures. Cependant, ce fut exactement ce que Drilaz voulait. L’instant d’après, l’appareil émettait des sons métalliques plutôt inquiétants et commençait à dégager une fumée noire. Quelques secondes plus tard, la machine explosa, laissant réapparaître le lézard, indemne. Celui-ci poussa alors un bref cri, faisant ainsi comprendre à ses soldats que le danger était écarté. Ces derniers ne tardèrent pas à se lancer dans la tornade, qui ne les conduisait à rien d’autre qu’un simple tas de ferraille inoffensif désormais, et reprirent leur course poursuite…
« Il doit y avoir un mécanisme caché quelque part » supposa Genis.
Les deux ennemis de Drilaz se trouvaient juste en dessous de la sortie. Juste au-dessus de la tête du mage se trouvait une plaque en métal scellant la bouche d’égout. L’ancien héros parvenait même à sentir l’air frais qui s’infiltrait depuis l’extérieur. Pendant ce temps, Priscilla était redescendue de l’échelle à la recherche d’un éventuel levier qui permettrait de leur ouvrir le passage.
« De mon temps, on n’avait pas besoin d’un diplôme d’ingénieur pour installer des bouches d’égout, râla l’ancien héros en essayant de forcer la sortie, on se contentait de poser des plaques trop lourdes pour que les personnes dépourvues d’exsphère ou de matériel puissent les soulever. C’était bien pratique d’ailleurs, on pouvait sortir de cet endroit en ayant simplement une force suffisante…
- Les temps changent, vieillard, taquina la guerrière qui sondait les murs en tapant du poing sur certaines briques.
- Pense ce que tu veux, se résigna le demi-elfe, mais j’estime que pour quelqu’un âgé de deux cent quatre-vingt trois ans je suis plutôt bien conservé. Toutes les personnes de mon âge ne sont pas capables de… »
Mais Genis n’eut pas l’occasion de se vanter de son exploit car un bruit suspect l’interrompit. Le mage tendit l’oreille, sa petite-fille faisant déjà de même, et attendit que le son se réitère. Cela ne tarda d’ailleurs pas à arriver. Il s’agissait en réalité de grognements éloignés qui, malheureusement, semblaient se rapprocher à vive allure.
« Déjà ? » s’étonna la guerrière.
Les deux parents se regardèrent dans les yeux l’espace d’une seconde. L’instant d’après, Priscilla escaladait l’échelle tandis que son grand-père sortait son kendama…
L’explosion brisa le silence qui régnait à la surface de la ville. Un nuage de poussière se souleva, puis un disque de métal tomba lourdement sur le sol. Le mage et la guerrière sortirent du trou ainsi formé et commencèrent à s’avancer dans la rue qui s’offrait à eux. Mais très vite, ils furent contraints de s’arrêter, la vision qui leur était donnée n’étant guère rassurante.
En face des deux combattants, Drilaz les défiait du regard, perché sur le toit d’une maison, dressé sur ses pattes arrière. A ses pieds, des dizaines de ses semblables rampaient sur le sol. Le général fit légèrement tinter ses chaînes, et l’armée se rua sur ses adversaires. Ces derniers n’eurent pas d’autre choix que de courir dans la direction opposée. Mais y avait-il seulement une « direction opposée » ? Les monstres arrivaient de partout, la ville en était infestée. Comment autant d’individus avaient pu faire croire que la cité était vide quelques minutes auparavant ?
Les deux fugitifs n’avaient pas d’autre choix que de courir tout en jetant des sorts pour ralentir les assaillants. Comme ils ne pouvaient se permettre de s’arrêter pour préparer de puissantes attaques, ils étaient contraints de lancer quelques sorts novices et d’utiliser des attaques qui ne nécessitaient pas une longue préparation. Priscilla n’aimait pas ce genre de situation, la plupart de ses techniques s’exécutaient au corps à corps ou ne ciblaient qu’un seul adversaire à la fois, ce qui n’était pas très efficace lorsque l’ennemi venait de toutes parts. Tout ce qu’elle pouvait faire, c’était de défendre Genis lorsque ce dernier s’arrêtait pour lancer des sorts plus efficaces.
Ils passèrent un temps qui leur sembla interminable avant de pouvoir semer leurs poursuivants. A partir de ce moment, ils se contentèrent de se cacher et de se déplacer le plus discrètement possible. Ils devaient à tout prix rester dans les parages pour que Drilaz sente leur présence et n’ordonne pas à ses semblables de lancer des recherches hors de la ville. Toutefois, lancer des attaques à tout va pour signaler leur position n’apporterait rien de bon. Jouer la carte de la discrétion était donc la meilleure chose à faire. Du moins, c’est ce qu’ils pensaient…
Un nouveau hurlement retentit. Celui-ci n’était pas aussi puissant que le premier, mais il devait l’être suffisamment pour qu’on l’entende à plusieurs kilomètres à la ronde. Genis et Priscilla, cachés derrière une habitation en ruines, s’aventurèrent à jeter un coup d’œil. Drilaz avait escaladé le château et se trouvait au sommet de ce dernier. Et, aussi incroyable que cela pouvait paraître, les autres lézards se hâtaient tous d’entrer à l’intérieur du bâtiment, comme si leur général leur avait demandé de s’y abriter. Un tel comportement était plutôt curieux vu la situation, à quoi jouaient-ils ?
C’est alors qu’un étrange cercle lumineux se forma autour du général. Ce dernier ne cessait d’ailleurs pas de pousser son hurlement. Au contraire, le cri semblait s’amplifier au fur et à mesure que les symboles magiques apparaissaient dans les airs. A cet instant, Genis sembla comprendre quelles étaient les intentions du monstre.
« Par Mana, jura-t-il, dites-moi que ce n’est pas vrai… Non, c’est impossible !
- Quoi ? Qu’est-ce qu’il fait ? » demanda précipitamment Priscilla.
Le mage observa encore les cercles qui se formaient autour de Drilaz, espérant voir un indice lui montrant qu’il se trompait. Mais malheureusement, il n’y avait pas d’erreur possible…
« C’est une invocation, répondit-il alors, il est en train d’appeler Maxwell. »
Oh mince ![]()
Ca me fait un 65ème chapitre de ratard
![]()
Ce qui m´étonne le plus, c´est su´ils ne sachent pas qu´il y a cette bombe... si ils le savent en tout cas, ça nous promettrait une victoire de Lizard plutôt simple ^^
En tout cas, pour une fois qu´on a qu´un seul combat, c´est très bon... En plus, un combat vraiment sympathique encore une fois, tout ça était prometteur, même si on aurait pu penser à une victoire facile de Drilaz, c´est sans compter l´intelligence de Genis... Tout va bien ![]()
C´est pas drôle, et vu le potentiel de Kirby, ça serait vraiment du gâchis
Et puis là, le potentiel des deux camps est terrible... Faire ça dans une arène pourrait la détruire en environ 16 secondes, ce sans fatiguer personne ![]()
Alors que là, d´après mon intuition, c´est toute la ville qui va être détruite
.
Sans compter que Meltokio est une ville méga-grande au départ
!! !