Très bon épisode, effectivement, qui annonce une série toute aussi plaisante. ^^
Bon, je l’avoue, j’ai surtout regardé pour Bryan Cranston (ouais, la technique minable qui consiste à embaucher des stars pour apâter le spectateur fonctionne parfaitement sur moi). Pour la curiosité aussi, étant donné le CV limité de la chaîne. Mais le synopsys ne m’attirait absolument pas, le thème ayant été traité plusieurs fois, on aurait pu tomber un peu trop facilement dans le cliché.
Le cliché du gars qui se rend compte qu’il va mourir et qui décide de ne plus perdre de temps et de vivre sa vie à 100 à l’heure, quoi... Attendez, c’est pas ce qui s’est passé ?
Bon ok, j’ai trouvé l’épisode rempli de clichés, tantôt dans la situation initiale du gros loser, du gars impuissant qui cumule deux emplois où il se fait constamment humilier (il manquait plus que sa femme qui le trompe et son fils qui le frappe), que dans la résolution alors qu’il décide de devenir un gars fort et qui n’a peur de rien, et qui défend son fils devant les gros balèzes qui se moquent de lui.
Mais ce qui change tout, c’est le jeu d’acteur et le scénario. Ce que j’ai le plus apprécié, je crois, c’est qu’on laisse énormément de liberté au téléspectateur. D’abord, on ne nous dit pas qu’il est malheureux, on ne nous sort pas les vieilles ficelles habituelles, mais on laisse le manque d’expression du personnage parler pour lui. Ensuite, les situations cocasses ne manquent pas, ce qui tranche carrément avec la dimension dramatique de la série. Le moment où Walter gerbe alors qu’il vient de réaliser qu’il a tué deux hommes, qui aurait pu être traité avec le fameux gros plan sur les yeux et la musique horriblement tragique derrière, m’a tout simplement fait hurler de rire.
Un ton décalé porté par des personnages charismatiques comme l’accolyte, qui réunit la fonction de pitre dans son rôle de petit voyou et de témoin lorsqu’il s’étonne du comportement de son ancien prof, qui pose les bonnes questions et qui garde un comportement humain. Ca m’a particulièrement plu étant donné qu’on a trop vite tendance à limiter un personnage à un unique emploi, et donc à un unique registre, ce qui donne des individus particulièrement plats. Là non, ça touche tout simplement juste.
Une autre idée qui m’a plue, c’est l’égoïsme du personnage principal. Lorsqu’il décide de venir hurler devant le mec qui se moque de son fils, ce n’est pas que par amour pour sa famille, mais par volonté d’autodestruction, de ressentir de nouvelles choses. Lorsqu’il ne dit rien à sa femme, c’est pour la protéger, mais c’est aussi pour vivre dans le mensonge, pour goûter à la malhonnêteté. Et lorsqu’il décide de lui faire l’amour plutôt que de lui parler... Je crois que ça se passe de commentaires.
La construction "X hours/weeks earlier" aussi est bien utilisée, d'autant qu'elle n’est pas qu’un outil stylistique puisqu’on assiste petit à petit au dérapage de Walter, sans jamais vraiment comprendre ce qui l’a amené à la première scène.
Bref, j’ai été très content de ce pilote. J’ai peut-être un peu manqué de sens critique étant donné que le dernier épisode que j’ai vu, c’était "Mon déjà vu, déjà vu", l’épisode 5x22 de Scrubs... Sur M6.
Ouaip, ça fait décidément beaucoup de mal de se sociabiliser...
Allez, prochaine étape, Mad Men. ^^