Aujourd'hui, la série des Call Of Duty est l'objet de nombreuses controverses et polémiques : manque d'innovation crucial, bien cher payé, multi essoufflé, et la liste est longue. Mais si nous retournions l'espace de cinq minutes dans le passé, en 2008, et parlions de World At War, dernier opus à mettre en avant comme thème la Seconde Guerre Mondiale ? Après tout, c'est le passé qui fait le présent, alors remontons le temps de plus belle, et penchons nous sur ce titre.
Bon, je ne vais pas trop m'étendre sur le gameplay : même recette depuis des lustres, certes, mais une recette plutôt bien réchauffé, avec une jouabilité bénéficiant de quelques ajouts bienvenue. En fait, quand on regarde comme ça, sans examen approfondi, on pense que ce COD est identique à son prédécesseur Modern Warfare, mais voilà, Treyarch a tout misé sur l'immersion, et vous savez quoi ? Pari gagné...
Oui, World At War jouit d'une immersion fantastique au cœur des combats du Pacifique, sur lesquels le titre est principalement axé, mais on pourra aussi compter avec de renversantes missions sur le front de l'Est. D'ailleurs, une des missions de la campagne russe m'aura particulièrement marqué, celle de la bataille de Berlin, ou volutes de flammes, bâtiments en proie aux tirs des chars soviétiques, et rues jonchées de cadavres affreusement mutilé, domineront.
Vous avez donc compris, ce volet est extrêmement violent et marquant, et les développeurs ont réussi à montrer le conflit sous un angle dérangeant, brutal. Sous ses airs de shooters simpliste (il l'est), WAW enchaîne les moments épiques avec un rythme effrayant, et en multipliant les moments de barbarie (exécutions sommaires, ennemis achevé sans autres formes de procès, bombardement intensif,...) qui percute le joueur. Moi, je dis bravo. C'est un magnifique travail qui illustre à merveille ce qu'aucun autre COD n'a réussi à faire.
On finit le jeu en étant vraiment satisfait. J'ai moi-même eu l'impression de participer à une véritable croisade aveugle, stupide, entre les chiens que nous sommes, c'est à dire les humains. World At War fait en sorte que le joueur ressente cela, le fait que nous sommes de viles créatures, décadentes, et destructrices. Parfois, il m'est aussi arriver de ressentir un horrible sentiment de culpabilité lorsque j'ai utilisé le lance-flamme pour la première fois contre les japonais. Je me suis sentis forcé de les achever par la suite, parce que la douleur des soldats atteint par le feu de l'Enfer est si palpable, le cri est si atroce, que j'avais pour objectif d'arrêter cela tout de suite, de les achever. Dès que je pouvais me passer du lance- flamme, je le fessais volontiers. Bravo Treyarch, vous avez écrit une épopée tragique, d'une violence inouïe, et une véritable dénonciation de cette guerre si meurtrière. Cette même épopée est jouable en coopération à quatre, une idée brillante.
Côté multi, c'est également bien ficelé : les modes habituels de la série répondent présent, avec quelques nouveautés maison à la clé, tels que des chars, par exemple. Là aussi, le sentiment de prendre part à un anéantissement global est là, et toute la nervosité des Call Of n'a pas perdu de sa force. Ca va plaire à certain, et pas à d'autre, c'est sûr, mais les développeurs ont encore une fois surpris, avec leur sauce. Sauce complété par un joli supplément, le mode Nazi Zombi, hilarant lorsque vous y jouer avec vos potes, et très stressant, aussi. L'aspect tactique est poussé, et il va falloir traiter trois mille questions à la minutes : j'achète quoi ? On répare quoi ? Quel flingue ? A vous de décider.
Au niveau des graphismes, c'est le même moteur que COD 4, mais il semble bien mieux exploité, et rend par conséquent ce monde de cruauté bien plus vivant et réaliste. De jolies effets de particules viennent compléter le tout, et il ne manquait plus qu'un flou de mouvement pour que la claque soit là.
Bien-sûr, le tableau n'est pas parfait, cela va de soit : on constate quelques bugs au niveau de l'animation des soldats, une synchronisation labiale ridicule, et quelques autres ratés, mais rien de dramatiques, franchement.
Pour conclure, World At War, c'est un COD, l'un des derniers à vraiment captiver, avec un solo fascinant, violent, et un multi qui tiendra en haleine à coup sûr, surtout qu'il reste encore du monde sur les serveurs, tout bénef', me dirait vous.
Un chef d'œuvre, et une allégorie à la connerie de l'Homme.