Ubisoft a fait très fort avec ce Prince of Persia cru 2008. Elika, la magicienne qui accompagne le héros, est l'équivalent de la dague du temps, mais automatisée et illimitée: du coup, le game over n'existe pas dans ce jeu!!! Vous avez bien lu, il est impossible de mourir ici, jetez-vous tant que vous voulez dans le vide, laissez-vous taper dessus par un monstre, vous ne mourez jamais. Quel plaisir peut-on tirer d'un titre dénué de toute tension, de tout challenge? Une seule réponse possible: aucun.
C'est l'apologie de l'assistanat. Dans les phases de plate-formes, tout est trop simplifié, il suffit de sauter vers un mur et le perso se met à courir automatiquement dessus sans qu'on est rien à faire, chose impensable dans les épisodes précédents. De même, pour enchainer plusieurs obstacles d'affilée, inutile d'avoir un timing précis, bien souvent il suffit de spammer le bouton de la manette et ça passe à tous les coups. Jamais on ne retrouve le plaisir délectable des phases de plate-formes de la trilogie précédente, ici le travail est prémâché aux 3/4, donc on avance sans problème, on fait des cabrioles délirantes mais on n'en tire aucune satisfaction.
L'aventure en elle-même est si répétitive que c'est à peine croyable, ça consiste à se rendre sur un point de la carte, latter le bad-guy du coin, purifier la zone puis ramasser ces putains de sphères au prix de nombreux allers-retours, condition sine-qua-non pour débloquer des pouvoirs permettant d'accéder à de nouvelles zones. Et ensuite on recommence plus loin, on répète ce schéma une vingtaine de fois, ce n'est que ça durant tout le jeu! Le level design se répète trop, surtout ce système de plaques magiques, ils ont en mis une blinde et au bout d'un moment on sature; sur la fin il y en a partout.
Le jeu tente d'apporter un peu de sang neuf dans les combats, ce sont ici des duels et le perso a plusieurs façon d'attaquer. Hélas très vite ces confrontations deviennent ultra redondantes elles aussi, car beaucoup trop simplistes et scriptées. Trop souvent, un seul type d'attaque fonctionne, donc la méthode consiste à parer l'attaque adverse, utiliser l'attaque demandée pour entamer un combo, puis recommencer. Et puis les combats contre les boss sont une souffrance, des QTE à foison, une caméra dégueulasse (contre le guerrier notamment), ayez pitié du joueur sérieux. Et il faut tous les battre 5 fois!!! Sincèrement, vous êtes fous les mecs. Fini la barre de vie également, maintenant c'est un système à la Call of Duty: du casual jusqu'au bout. Bref, c'est chiant, c'est redondant, et on n'a aucune marge de liberté.
Le scénario est réduit au minimum syndical, un dieu maléfique se réveille, allons lui latter la tronche. Le héros est sympathique, avec pas mal de répliques amusantes, cependant ce n'est pas le Prince de Perse de ce que j'ai compris (rappelez-moi le titre du jeu?). Ce soft manque d'ailleurs d'identité, et vu que tout ce qu'on fait est ultra-répétitif, on n'a pas du tout l'impression de vivre une grande aventure. Si je joue aux jeux vidéos, c'est pas pour retrouver les sensations de mon taf de merde, merci bien.
Bon visuellement c'est sympa, le cel-shading est beau, la profondeur de champ appréciable, et certaines musiques sont agréables. Mais on prenait tellement plus de plaisir à explorer le palais de l'Impératrice du temps ou les rues de Babylone...ici la rejouabilité est nulle, impossible de se retaper un titre où on ne se sent pas concerné. C'est du casual gaming, dès qu'un saut est trop court l'écran passe en noir et blanc pour nous indiquer d'utiliser Elika (cette dernière peut nous montrer le chemin également, même plus besoin de chercher le parcours à suivre): on est trop pris par la main.
Ça, plus tous les problèmes que j'ai cité, plus le coup de l'épilogue vendu en DLC, ne l'oublions pas, et qui pour couronner le tout n'est même pas dispo sur PC , c'est vraiment trop. Pas étonnant qu'Ubisoft est revenu à une formule plus classique mais plus agréable avec le 5ème épisode (les sables oubliés)....mais qui reste loin de la réussite que fut la trilogie des sables du temps.