Chapitre 1 : Où Link reprend les armes
-Cette histoire est vieille de plusieurs millénaires. L’Histoire est devenue mythe, le mythe est devenu légende… Mais le réveil de Krastoth n’a jamais fait aucun doute, reprit le vieil homme. Avant de sombrer dans le coma, chaque Dieu donna des instructions à son plus fidèle prêtre. Si le Dieu tourmenté devait se réveiller, chacun devrait se mettre en quête d’un héros afin de les aider. Ce héros serait reconnaissable car il porterait la marque des Dieux. Un triangle composé de 3 triangles, symbolisant l’union de 3 Dieux, contre leur frère, représenté par le triangle vide du milieu.
-Je ne suis pas le seul à avoir la triforce tatouée sur la main, fit remarquer Link.
-Nous savons cela ». C’était le capitaine des chevaliers qui venait de parler. Aussitôt les 11 autres se retournèrent et l’écoutèrent attentivement. «Il se trouve que la princesse Zelda n’a plus la triforce tatouée sur la main, pas plus que Ganondorf. Nous l’avons vu dans son sceau. Tu es désormais le seul être humain à posséder une telle caractéristique. Cela fait de toi un être exceptionnel », fit il en souriant.
Le vieillard reprit la parole :
-Je me nomme Maerlin, descendant de Myranya, le premier prêtre d’Aldusir. Voici le capitaine Fizbran, maître de l’armée de la ville d’Ilonya. Il y a peu, j’ai retrouvé par hasard un fragment d’un antique parchemin, qui disait que seul un jeune homme détenteur de la triforce était en mesure de contrer l’avancée du chaos. Tu dois nous aider à sortir les Dieux de leur sommeil, afin qu’ils tuent de nouveau leur frère.
-Si Krastoth est réveillé, demanda Link, pourquoi ses frères dorment-ils toujours ?
-Nous supposons que quelqu’un l’a aidé, mais nous n’en savons pas vraiment davantage.
Il se tut à nouveau, et Link replongea son regard dans les flammes. Elles dansaient en projetant leurs ombres sur le visage de Maerlin, le rendant tantôt amusant, tantôt inquiétant. Il se remémora les difficultés qu’il avait éprouvé, après sa victoire contre Skullkid, a trouver un endroit paisible ou s’installer. Et 2 ans auparavant, apres de nombreuses tentatives désastreuses, il avait trouvé le village idéal. Il avait un travail, des amis. Il était aimé et respecté. Il allait devoir tout quitter.
-Attendez moi ici, dit il, je vais chercher mes affaires.
Il se hâta de détourner la tête afin que nul ne voie à quel point ses yeux étaient embués.
Il gravit rapidement les marches menant à la maison dont lui avaient fait cadeau les villageois.
Il prit sa besace sous son lit, et se rendit compte avec amusement qu’il ne l’avait jamais vidé. Comme s’il savait qu’un jour il repartirait. Puis il s’approcha de l’épée accrochée au mur, et en caressa doucement la lame du bout des doigts.
« Il semblerait qu’on ait encore besoin de nous, murmura-t-il pour lui-même. Pas de repos pour les braves.»
Il la décrocha et la passa à sa ceinture. Il saisit ensuite son bouclier qu’il accrocha derrière son dos. Link s’apprêtait à repartir, quand son regard fut attiré par un objet sur la table. Un ocarina. Il sourit et ravala difficilement ses larmes en prenant l’instrument.
« Epona… réveille toi ma belle… allez… »
La jument ouvrit ses yeux et les fixa sur son maître.
« Oui, ma belle. On repart.»
-Tout va bien ? demanda Fizbran lorsqu’ Epona arriva à sa hauteur.
-Je ne pensais pas que repartir un jour serait si difficile répondit Link. Allons-y avant que je ne change d’avis.
Mais au fond de lui, il savait que jamais il ne pourrait changer d’avis. L’aventure frappait à nouveau à sa porte, apportant avec elle son lot d’adrénaline, de promesse de gloire et de magie.
« Et de déceptions, lui souffla une voix dans sa tête. N’oublie pas les déceptions.» Il donna un coup de talon à Epona, et les 14 hommes partirent, laissant derrière eux un feu presque mort, ainsi que toutes les illusions d’un jeune homme qui se figurait pouvoir mener une vie normale.