Chapitre 11 : Essen, Assen, Irdul aën, firuty
-Et comment y entre-t-on ? demanda Link.
-Ca, jeune maître, répondit Maati, je l’ignore.
-Utilise la triforce, suggéra Maerlin.
Entre-temps, ils s’étaient avancés sur la mer et arrêtés juste sous l’île. Il n’y avait rien, aucun moyen d’entrer.
Lin ôta son gantelet de cuir, et tandis la paume vers l’île. Au début, il ne se passa rien ; puis la triforce sur sa main commença à luire, faiblement d’abord, puis d’un éclat tel que tous durent se protéger les yeux. L’embarcation fut auréolée d’une sphère de lumière, puis, lentement, en tournoyant sur elle-même, elle entama sa monté vers l’île. Le sol de celle-ci se rapprochait encore et encore… et encore… et encore plus…
-Ouvre toi ! Cria Link, poing toujours brandi en l’air.
Un carré de lumière s’ouvrit alors dans la roche, et se referma une fois que la barque fut entrée. Ils examinèrent les alentours. La salle dans laquelle ils se trouvaient était ronde, les murs étaient recouverts de tableau à la gloire des Dieux, et de nombreuses statues étaient debout un peu partout. Ces dernières représentaient aussi bien des humains que des minotaures, des centaures, ou d’étranges créatures que nul ne reconnut.
-Bien, lança Maerlin à la cantonade, je penne que c’est par là.
Il avança vers une porte, et tout le monde suivit en silence. Ils parcoururent plusieurs salles, l’écho de leurs pas résonnant dans tout le temple. Il y avait souvent des représentations de la triforce, aussi bien sur des tapisseries que sur le sol, ou gravées sur les statues. Ils se contentaient de les suivre.
Puis ils surent tous qu’ils étaient arrivés. La salle était ronde, mais plus petite que les précédentes. Il n’y avait aucune décoration sur les murs. Aucune fenêtre, pourtant on y voyait comme en plein jour. Au centre de la salle se dressait une stèle. C’était une longue dalle de marbre, d’environ un mètre, sur laquelle était gravée en relief la silhouette endormie d’un homme, son épée posée sur sa poitrine. Sur son front sans rides était gravée la triforce.
-Aldusir… murmura Silöe d’un ton solennel.
-Nous y voila, continua Fizbran du même ton. Link, à toi de jouer.
Tous s’écartèrent du cercueil divin, sauf Link. Il approcha le dos de sa main du front du Dieu. Les deux triforces se mirent à briller.
-NOOOOOOOOON ! Link se retourna vivement. C’était l’Illdiluem à la cicatrice, qui se précipitait vers Link, sous le regard incrédule des autres. Sans réfléchir, Link abattit sa main sur le front d’Aldusir. Il fut aveuglé par une intense lumière blanche. Puis…
Il reprit ses esprits. Il était dans une salle entièrement blanche, qui ne semblait avoir ni murs, ni sol ni plafond. Rien que de blanc. L’étrange pensée que c’était ça que devait ressembler la mort lui traversa l’esprit. Puis il vit l’homme en noir à sa gauche, une expression de peur panique imprimée sur les traits. Celui-ci le regarda, sans pour autant sembler le voir. Il se leva lentement, avec les gestes d’un automate.
-Idiot, murmura-t-il… Mais qu’a tu fais… C’est la fin…
-Arrêtez, murmura Link à son tour. Grâce à moi, vous ne réveillerez jamais Krastoth !
-Idiot, répéta l’homme. Je vais te tuer.
Il s’avança vers Link. Celui-ci porta la main à son épée, pour constater qu’elle avait disparue, comme le poignard, et le sabre de l’homme. Homme qui s’avançait toujours vers lui, mains tendues. Link se prépara au combat.
-Tu ne vas rien faire du tout ! Tonna une voix.
L’homme et Link se retournèrent et virent un homme debout face à eux. L’homme qui était représenté sur le cercueil. Aldusir. Pas un homme, un Dieu.
-Maître ! Cria l’homme en noir. J’ai essayé, maître, j’ai essayé de l’en empêcher ! Jamais aucun d’entre eux n’auraient du arriver ici.
Aldusir s’approcha de l’Illdiluem tombé à genoux et lui posa une main sur la tête.
-Je sais, chuchota-t-il. N’aie aucune crainte. Le destin est en route, et nul ne peut l’arrêter. Mais tu as encore un rôle à y jouer. Ainsi que toi, Faerlyn. Le Dieu s’approcha de Link qui tomba à genoux à son tour.
-Je ne comprends pas, chuchota-t-il. Maerlin m’a dit que les Illdiluems oeuvraient pour le Dieu maudit…
-Maerlin t’a menti, répondit le Dieu d’une voix calme. IL œuvre pour mon sombre frère, lui ainsi que le capitaine Fizbran.
Link reçut cette révélation comme un coup de poing au visage.
-Mais alors, pourquoi voulait il que je vous réveille, si ce n’est pour combattre votre frère ?
Ils se retrouvèrent soudain au sommet d’une haute tour. Aldusir posa son index sur ses lèvres, intimant à l’hylien le silence. Puis il tendit la main vers l’extrémité de la tour. Link s’en approcha et regarda en contrebas. Il effectua une plongée vertigineuse, et se retrouva dans une salle ronde. Aldusir s’y trouvait, en compagnie d’un homme et d’une femme.
-Etes vous d’accord pour procéder au rituel ? demanda Aldusir.
-Nous n’avons guère le choix, grommela Bélial. Les derniers mots de Krastoth étaient clairs. Pour l’instant il dort, mais ça ne dura pas. Nous devons sceller son sommeil au notre.
-Peut-être que si tu ne l’avais pas frappé, nous n’aurions pas à le faire, répliqua Alicéia d’un ton polaire.
-Crois moi, sœur, je suis le premier à le regretter.
-Là n’est pas la question, intervint Aldusir. Tôt ou tard, c’eut été nécessaire. Notre frère était hors de portée. Il avait trop dérivé.
Ils se turent un instant, puis Aldusir reprit :
-Bien. Nous allons nous plonger dans un sommeil éternel, de façon à ce que Krastoth ne puisse jamais sortir du sien. S’il venait à se réveiller, nous nous réveillerons. Si nous venions à nous réveiller, il se réveillerait.
-Alors puissions nous dormir pour l’éternité, acheva Alicéia. Les larmes inondaient son visage. Elle tendit la main devant elle. Ses frères posèrent la leur dessus.
- Essen, Assen, murmura Aldusir. Irdul aën, firuty.
Un éclair de lumière surgit de leurs mains jointes, puis…
Link reprit ses esprits dans la salle blanche, auprès de l’homme en noir. Une phrase tournait dans son esprit, s’insinuant dans les plus profonds recoins de son cerveau. « Si nous venions à nous réveiller, il se réveillerait. » Par sa faute, ce qu’il était venu empêcher allait se réaliser. Il avait réveillé un Dieu ; par sa faute, un autre ravagerait le monde. Il avait voulu préserver cette terre du chaos ; il n’avait fait que lui ouvrir la voix.
-Ne te torture pas ainsi, dit Aldusir d’une voix ferme mais douce. Si je suis réveillé, c’est qu’il le fallait. Le destin est un fleuve. Le courant peut changer de sens à tout moment.
-Mais par ma faute Krastoth va se réveiller ! Gémit Link. Les 2 personnes en qui j’avais le plus confiance m’ont trahi ! Elles m’ont menti, et je les ai crues !
-C’est trop tard pour pleurer ! Intervint l’homme en noir.
-Céliak a raison. Ta tâche continue. Tu dois maintenant réveiller mes frères.
-Quoi ? Mais je ne comprends pas !
-Tu as enclenché un processus. Ce n’est maintenant qu’une question de temps, mais Krastoth finira par se réveiller. A moins que tu ne réveilles Bélial et Alicéia avant. A nous 3, peut-être pourrons nous agir avant qu’il ne soit trop tard. Tu dois à tout prix éviter Maerlin, il est dangereux. Je vais t’envoyer loin d’ici, dans les terres de Bélial. Avec Céliak. Réveille mon frère, Faerlyn.
-Que veut dire Faerlyn ?
-C’est ton nom, dit il en posant un doigt sur le dos de sa main. Il signifie « fils de la lumière ». Tu comprendras en temps voulu. Il est temps de partir.
-Et Silöe : s’exclama Link. M’a-t-elle menti elle aussi ?
-Silöe m’est fidèle. Je m’occuperai d’elle aussi. Au revoir, fils de la lumière.
Link avait encore de nombreuses questions, mais un éclair blanc arriva sur lui. L’instant d’après, il était allongé sur un rocher, Céliak à ses côtés.
Voila, sur ce s´acheve ma fic pour cette semaine, c´est le chapitre le plus long que j´ai écrit pour l´instant, j´espere qu´il vous plaira et a dans une semaine!