"A Scene at the sea" vu à l´instant.
Ce film est une vague: il débute lentement chargé de beaucoup de petites choses dans son élan, puis s´accroit sans arrêts faisant monter notre interet et notre attention, pour mieux en fin de compte finir par un choc finalement redouté mais obligatoire, et terminer en douceur en disparaissant...jusqu´à la prochaine fois qu´on regardera où le cycle reprendra.
Le bruit des vagues justement, qui à notre esprit parait logique et attendu à la mer, ne l´est pas pour nos deux prinicpaux protagoniste sourds & muets, eux sont portés par leurs regards, leurs perception olfactive autre qu´on dit d´accoumutée qu´elle est plus efficace quand un des sens est altéré ou manquant. Kitano voulait transmettre l´idée que cette plage anodine polluée et sale pouvait apparaitre à ces gens bien plus belle qu´elle ne l´est à nos yeux, pour lui c´est loin d´être passé, mais on ne reste pas indifférent à elle Monsieur Kitano, elle est partie intégrante de la magie du film.
Les surfeurs, qu´on voit souvent "à l´américaine" dans le cinéma ou les séries, des nomades fluos communistes des biens (sauf de leur matos) et des personnes, faisant fêtes sur fêtes et s´adonnant à "Sea, Sex and Sun" (mais où passent-ils l´hiver?). Le surf est souvent un sport que l´on a envie de faire, mais qu´on ose rarement apprendre, par peur du ridicule ou par doute de ses propres capacités, dommage. Ici c´est un surf amical dans une bonne ambiance qui nous est livré, de la persévérance pour notre héro qui se retrouve passionné, suivi de son amoureuse spectatrice et vite rejoint par les habituels surfeurs assez ouverts.
Troisième film, première collaboration avec Joe Hisaishi qui fût le début pour ces deux-là d´une histoire aujourd´hui dans l´impasse mais qui a su à chaque fois nous marquer, nous toucher. Les notes du thèmes principales ne sont pas sans me rappeler celles de "Kids Return" d´ailleurs.
Dénoncer la discrimination envers les handicapés au Japon, c´est aussi ce que voulait et nous dit Kitano, qui nous a habitué à nous montrer le revers de la médaille du pays qu´on nous sert partout, avec des clochards ici et là dans ses films, et ici le métier d´éboueur (Je repense à la scène où l´éboueur remplaçant qui ne ramasse pas ses propres déchets...).
On sourit souvent quand même à mon goût, comique de répétition des chutes ou habituels duo de glandus, c´est suffisant et assez régulier.
Mais le drame de la vie garde le dessus, on est habitué avec Kitano à des fins tristements belles, qu´il voit d´ailleurs comme quelque chose qui ne finit pas mal, et il a raison car on en ressort avec l´envie de s´y remettre immédiatement, touchés par la beauté du spectacle.
Un Kitano reposant, appaisant et surtout rafraichissant, on se laisse porter et on glisse.