Renaud Moran 03 sep. 2007 3/5
Amateurs du Kitano de Violent Cop, Kids Return, Dolls ou encore Zatoichi , pour ne citer que ces quelques titres, il vous faudra ici passer votre chemin ! Les autres, ceux qui connaissent déjà et apprécient la veine comique insensée et grasse de Getting Any ? (1995), auront déjà beaucoup moins de problèmes.
Pourtant, à l´image du public italien qui assistait à la séance, au début tout va bien : plutôt drôle et courageux, le film commence comme un exercice d´introspection et d´autodérision du réalisateur Takeshi Kitano sur son propre cinéma par un processus de mise en abyme des plus délicieux. Il revisite un peu à la manière d´un ZAZ et autres Scary Movie sa filmographie et les films des autres à travers d´improbables remakes kitanien : Ozu, les soaps télé japonais, The Ring, Deep Impact, Armageddon ...etc. Mais aussi de réflexion sur le Cinéma et les difficultés à la fois commerciales et artistiques de la création en général. La plus grande trouvaille étant ce double en plastique rigide du réalisateur/acteur qui régulièrement au cours du film se substitue au vrai Kitano. Le public s´amuse et adhère parfaitement à l´esprit potache et léger de l´entreprise.
La suite est plus problématique : au bout d´un moment, Kitano délaisse quelque peu l´esprit de la première partie du film pour retrouver l´humour absurde et très pipi caca débile proche de ses shows télé et de Getting Any ? , avec comme référent la culture avant tout japonaise, son interlocuteur privilégié restant à ce moment-là le public japonais. C´est complètement barré et à la limite du n´importe quoi mais d´une énergie et d´une liberté de ton et d´invention salvateurs. Malgré tout, les rires de la salle se font alors plus rares et les applaudissements de fin de projection polis.
On dit souvent que c´est en étant le plus personnel et en se focalisant sur ce qu´il y a de plus particulier que l´on finit par toucher à l´universalité. Malheureusement il reste dans certains cas une barrière infranchissable de langue et de culture. Quant à son ambition de s´attaquer au «cubisme cinématique» et aux bouleversements radicaux formels du Cinéma en créant avec Glory... « un équivalent du cubisme et du fauvisme », bah c´est pas vraiment ça !
Voilà la première critique de Glory to the filmmaker, ça à l´air pas mal 