La classe Flichty, mais j´ai déja l´intégrale en zone2.
Takeshi´s sort en juillet normalement.
alors j´ai vu hana-bi que j´ai beaucoup aimé, très belle musique.
mais j´ai surtout vu kid´s return que j´ai adoré, et la musique est SU-PERBE. vraiment génial.
sinon j´ai écouté la BO de l´été de kijuro (ou un truc comme ca) et elle est superbe, rafraichissante etc...
joe hisaishi compose aussi les BO des miyazaki : un grand monsieur.
quand je regarde un kitano, j´éprouve le meme sentiment que lorsque je lis du tanigushi ou joue a shenmue (uniquement le 1).
melange de melancolie, poesie, onirisme.
j´aime bien.
Takeshi´s sort demain.
quel egocentrisme
Sinon pour en revenir à ton intervention, "Kid´s return" est mon Kitano favori, les ost sont toutes magnifiques, mais j´ai un coup de coeur pour Sonatine.
je veux absolument voir l´été de kikujiro et sonatine, on m´en a dit trop de bien!
et quand je parlai d´égocentrisme c´était exageré, mais je trouve kitano un peu pretentieu des qu´il joue un role dans un de ses films. alors un nouveau film avec le nom de "takeshi´s" ...
Personellement j´ai l´intégralité de sa filmographie en dvd et je ne saurai que tous te les conseillers, après il y en a des plus accesibles que d´autres (les moins accessibles sont à mon avis: Dolls, Getting any? et apparemment Takeshi´s).
Mais ce que permet la filmo de Kitano c´est avant tout d´être sûr d´y trouver son compte dans au moins un des films tant il traite de thèmes différents de manières différentes dans son panel de films.
Takeshi´s c´est:
"Beat Takeshi mène la vie surchargée, et souvent irréelle, d´une célébrité du show biz. Son sosie, un caissier timide, est encore un acteur inconnu qui attend impatiemment son heure de gloire. Après avoir croisé les chemins de Beat, et après plusieurs séries d´auditions frustrantes, le sosie semble tomber mystérieusement dans un état imaginaire, qui mêle des aspects de la vie réelle de Beat et sa violente personnalité à l´écran..."
Yaku, membre du forum takeshikitano.net (très chaleureux et petit cercle de fans français, n´ayez pas peur de nous rejoindre) a pondu un article de 4 pages sur le film, en voilà un condensé selon lui que je trouve osé (au sens positif):
"j´y raconte que Takeshis´ est un film anti-festival, anti-critique et même anti-cinéma ; un film d´un cynisme et d´un je-m´en-foutisme incroyable, un pied de nez sidérant à tous ces crétins de journalistes comme ceux de Comme au Cinéma et ailleurs qui tiennent Kitano sur un piédestal hypocrite devant l´ampleur de la fascination que ce dernier excerce sur les cinéphiles du monde entier ; cinéphiles sans qui Kitano n´aura pas connu la gloire, ni même peut-être les chemins qui le conduisit à Cannes et Venise ; des cinéphiles fans de Kitano, donc, qui sont en réalité les SEULS personnes à qui Takeshis´ est dédié.
C´est pour ça qu´on aime Takeshi, et c´est ça que je dis dans mon article, en gros."
Hemm j´ai acheté sur ebay Sonatine/Jugatsu justemment parce qu´un bon nombre de gens en disait du bien.Résultat c´est un des films les plus ennuyeux que j´ai vu,il ne se passe absolument rien!Une bande de mecs sur une plage qui s´embetent royalement et jouent à des biesses ptits jeux.Je vois pas ce qu´on peut dégager d´un film pareil si ce n´est l´ennui!Depuis j´ose pas regarder Jugatsu vu que vous le trouvez moins bon que Sonatine,faut pas demander alors!A mon avis faut être un vrai fan de Kitano pour aimer ce film.
"Sonatine" c´est à la un drame humain mature avec des personnages condamnés d´avance, et qui prennent le temps de revenir des enfants avant la tragédie.
"Jugatsu" vaut le coup d´oeil à mon goût, mais si on a déja apprécié quelques des films de Kitano je le pense, rare sont ceux par exemple qui n´apprécieraient que Jugatsu par rapport à certaines personnes nombreuses qui n´aiment par exemple que "Zatoichi" ou "Brother" ou "Kikujiro".
Je le dis aussi pour toi, le cinéma de Kitano propose tellement de thèmes et de manières d´aborder un sujet qu´il y en a forcément qui te plaisent dans sa filmo, mais dans ce cas il vaut mieux les voir avant d´acheter aveuglément.
Personnellement je me suis jeté avueglément sur des dvd de ses films après avoir vu et adoré 5-6 de ses films.
Kitano on aime un goutte ou toute la bouteille, mais on y trouve forcément l´ivresse.
Getting any? ce n´est pas qu´il soit moins accessible, mais c´est un humour très con, et dans le mauvais sens du terme.
Après, moi je dirais que pratiquement toute la filmo de Kitano n´est pas très accessible. C´est surtout une question de rythme, et puis d´humour. Pas tout le monde est fan de voir des yakuzas entrain de se gratter leurs entrejambe et faire des conneries, ou bien de s´éclater leur têtes "toutacoup".
Le meilleur conseil avec Kitano c´est de voir avant d´acheter.
Kitano on aime un goutte ou toute la bouteille, mais on y trouve forcément l´ivresse.
Jolie phrase
J´admets avoir bien aimé Brother et Zatoichi et de ce fait (en plus des louanges de sonatine) avoir acheté impulsivement sonatine/jugatsu.
Merci
"Brother" et "Zatoichi" sont les plus commercialisés et axés grand-public, mais je les aime beaucoup aussi personnellement.
Takeshi´s:
Interview et article parus dans LE MONDE
Takeshi Kitano, acteur et réalisateur
"Il faut détruire pour pouvoir faire du neuf"
LE MONDE | 04.07.06 | 15h11 • Mis à jour le 04.07.06 | 15h11
Quel est le principe de fonctionnement de Takeshis´ ?
C´est une équation. X représente Beat Takeshi, vedette de la télévision. Il va rencontrer d´autres personnages, b, une femme et x´, qui est Kitano Takeshi, employé de supermarché. Ensuite, x voit ces personnages en rêve et dans le rêve, x et x´ deviennent x´´, c´est la fractalisation. Ce sont les rêves qui me sont venus en premier, mais pour leur donner une forme, il fallait l´équation (qu´il a griffonnée sur un cahier tout au long de l´explication).
Ces rêves, ce sont plutôt des cauchemars ?
Plutôt. Et le pire des cauchemars, c´est celui dont vous ne réalisez même pas que c´en est un. Comme les rêves au début et à la fin du film, quand Takeshi est un soldat japonais face à un marine, il ne se rend même pas compte que c´est un cauchemar.
D´où vient ce rêve ?
A force qu´on me pose la question, je suis rendu compte que j´ai mis ce cauchemar dans le film pour dire tout simplement que la culture américaine a envahi notre culture au point de resurgir sous cette forme : le cauchemar.
Est ce que vous avez mis des rêves personnels dans ce film ?
Oui, le chauffeur de taxi qui circule au milieu des cadavres. La scène au club de mah-jong avec les yakuzas. Le yakuza qui me demande : "Pourquoi tu ne me fais pas jouer dans tes films ?" , c´est un rêve que j´ai fait moi-même, je l´ai mis tel quel dans le film.
Vous aviez déjà fait ça dans d´autres films ?
Oui, la scène du suicide dans Sonatine. Je me suis vu en rêve, me tirant une balle dans la tête.
Est-ce que ce film est fait pour que votre public vous connaisse mieux ?
Non, malheureusement. Je suis désolé pour tous ceux qui aiment les films que j´ai faits jusqu´à présent. Takeshis´ est plutôt fait pour leur dire que, désormais, je ne ferai plus ce genre de films. C´est plutôt le premier film sur la nouvelle route que je suis en train d´ouvrir.
Pourquoi avoir procédé ainsi ?
Il faut détruire pour pouvoir faire quelque chose de neuf. Pour construire une maison, il faut démolir celle qui occupe le terrain. En ce moment, c´est difficile. Mes films étaient comme une maison confortable dont on connaissait les entrées, les sorties. Et puis je ne sais pas pourquoi j´ai éprouvé le besoin de la détruire et je me retrouve dans un moment délicat où je me dis : "J´ai tout cassé, qu´est ce que je vais faire à la place ?"
Vous n´êtes pas du tout en mesure de répondre à cette question ?
A la fin de Takeshis´, je dis : "Je ne tournerai plus jamais de films violents", ensuite je tire une dernière balle et c´est la fin, je n´ai plus de munitions. C´est déjà l´annonce de l´époque à laquelle je ne ferai plus de films violents.
Et je pense qu´au début de mon prochain film on me verra, moi et mon producteur, en train de nous casser la tête pour trouver que faire, puisque nous avons renoncé à la violence. Ce sera la première scène du prochain film, mais je ne sais pas ce qui viendra après.
Dans Takeshis´, vous esquissez des histoires pour les abandonner. Est-ce que de ce côté aussi, vous avez épuisé vos munitions ?
Ecoutez, Takeshis´ a été réalisé sous l´influence de la fièvre. La fièvre, c´était mon désir de tout détruire pour faire quelque chose d´autre. Quand la fièvre sera retombée, on verra : si je suis bien guéri, je réussirai à prendre un chemin différent ; si je suis mal guéri, je retournerai sur mes pas et je referai peut-être des films avec un début, un milieu, une fin.
Propos recueillis par Thomas Sotinel
Article paru dans l´édition du 05.07.06
"Takeshis´" : les miroirs brisés de Kitano
C´est de notoriété publique, les films les plus difficiles à réaliser sont ceux qui se déroulent sur la mer, à cause des reflets de lumière sur les vagues ondulantes. Mais Takeshi Kitano a trouvé encore plus ardu : raconter une histoire qui, de bout en bout, jouerait sur le trouble identitaire d´un personnage évoluant mentalement dans une galerie des glaces.
En fait ils sont deux, interprétés par le même acteur - ce qui n´est pas un luxe puisqu´ils sont sosies. Que l´acteur en question soit le réalisateur lui-même ne gâte rien : Takeshis´ est une réflexion sur le double, la manière dont Takeshi Kitano est perçu, et ce qui nourrit ses rêves. Deux donc, un blond, un brun. L´un n´est autre que Beat Takeshi, l´acteur star de la télévision nipponne (c´est sous ce nom que Kitano est devenu une célébrité médiatique). L´autre, patronyme Kitano, est un obscur caissier de supérette qui aimerait bien devenir acteur lui aussi.
Le film est on ne peut plus désorientant. Car les deux gugusses rêvent. Le premier à l´acteur qui lui ressemble et qui reste désespérément anonyme, ce qui nourrit chez lui une certaine culpabilité. Le second à la carrière et aux exploits fictifs qui seraient siens s´il était au sommet de sa gloire, ce qui attise son imagination. Les rêves du comédien et de son quasi-siamois ne dédaignent pas de se multiplier en abîme et nous sont livrés pêle-mêle, selon une construction qui échappe à la logique. Ils brassent chacun souvenirs et prémonitions, visions de l´avenir ou du passé. Le spectateur se retrouve à peu près dans la situation de cette jeune fille qui, groupie de Takeshi, le confond avec son épicier falot, la même comédienne jouant son rôle et celui de la fiancée de la vedette aux lunettes noires et pistolets crépitants.
CLOWNS ET YAKUZAS
Les coulisses d´un studio de tournage, siège d´effets factices, les auditions pour décrocher ne serait-ce qu´un rôle de figurant, donnent lieu à des gags à répétition. On finit par voir des clowns et des yakuzas partout, tandis que défilent des séquences à faire perdre la boussole : changements d´humeur d´un cuisinier expert dans la recette des spaghettis au soja, irruption d´une cliente venue payer des produits à 10 yens avec des billets de 10 000 yens, valse de revolvers crachant du feu ou se révélant d´inoffensifs accessoires.
Tout Takeshi Kitano est là : les yakuzas qui le rendirent célèbre, la mélancolie du clown, les délires graphiques, les fantasmes en trompe-l´oeil, les danseurs de claquettes, la chenille dessinée, puis animée, puis transformée en maquette de scène, la plage et l´horizon, la coexistence d´une violence barbare et d´une douceur infinie.
Mais attaché à renouveler son inspiration, sa manière de conduire le récit, son art de fourbir des contre-pieds et de gérer le temps, Takeshi Kitano propose cette fois-ci un bilan teinté d´autodérision, un chaos rétrospectif à partir duquel il pourrait bien être amené à changer de direction.
Mi-gore mi-ludique, ce pied de nez aux faux-semblants, cette démystification des signeurs d´autographes, préposés à la représentation et à la simulation, constitue peut-être un tournant dans son oeuvre. Il n´en perpétue pas moins sa tradition de l´ironie à l´encontre des chefs de gang et de l´affection à l´égard des gueules cassées. Takeshis´ est une nouvelle déclaration d´amour au spectacle, un énième acte de foi dans l´innocence des marginaux, asociaux, adultes fatigués ayant gardé leur âme d´enfant.
Il nous avait montré comment un sourd-muet pouvait dialoguer avec la nature (A Scene At The Sea), comment un peintre paralysé pouvait posséder le sens intime des paysages (Hana-Bi), comment un maître de sabre aveugle pouvait s´avérer voyant (Zatoichi). Glissant quelques confessions autocritiques (par exemple sur la tension que lui impose sa double casquette de star de télévision populaire et d´icône du cinéma d´auteur), Kitano garde la tête froide, entre pitreries et structure fractale. Takeshis´est porteur d´un désir de bien vivre, d´une quête de sérénité. La violence y dégénère en feu d´artifice, explosion absurde, fulgurante et exagérée, tandis que s´affiche l´impassibilité de ses masques, quels qu´ils soient.
C´est bien cela, au fond, qui rend frémissantes ses images. Ce visage triste, songeur, keatonien, laconique, entre torpeur et somnambulisme, fixité et mutisme. Une surface opaque, une épure, derrière laquelle se bousculent tant d´états d´âme, le calme et la tempête, la solitude et l´envie, l´accablement et la facétie. Lucidité et sagesse. Recette zen.
Film japonais de et avec Takeshi Kitano, avec Kotomi Kyono, Ren Osugi, Susumu Terajima, Tetsu Watanabe. (1 h 48.)
Jean-Luc Douin
Article paru dans l´édition du 05.07.06
TAKESHIS´
J´y suis donc allé à 18h, nous étions 2 dans la salle et la dame a quitté la salle lorsque Kitano va éviter les corps au sol sur la route, dans son taxi rose.
J´ai donc eu le reste du film pour moi tout seul, mais pas le temps de m´amuser de tester la vue depuis les 185 places différentes tellement j´étais pris au jeu.
Ce film est quoiqu´on en dise, surprenant. Mais on n´est point perdu si l´on a déja bien connaissance de la filmo de Kitano, en tout cas il nécessite plusieurs visions, je pense qu´il faut se laisser aller devant la première et prendre le temps ensuite, comme souvent avec ses films.
Alors bien sûr il est aisé d´y voir du Lynch pour l´aspect rêve/cauchemard, voir du Miike comme je peux le lire dans certain avis, mais je rejoins vivement l´avis de Yaku quant à ce qui en ressort.
Riant, souriant, s´étonnant, devinant, se surprenant de ne pas deviner, voilà ce que j´étais dans la salle, en tout cas séduit et impatient de le revoir.
Quelques idées (très) intéressantes. Quelques (très, voire très très) drôles.
Mais c´est surtout très très très nase.
Une vingtaine de personnes sont sorties avant la fin (soit un bon tiers), et c´est juste par respect pour Kitano que j´en ai pas fait de même (et puis les fins de ses films sont toujours grandiose alors j´avais un mince espoir que ça finisse sur une bonne note).
J´ai lu que c´est dans cette direction que son cinéma allait se diriger maintenant, délaissant complètement son ancien "style" de films.
Bah ce sera sans moi...
Oui et non !
OUI il va délaisser le film dramatique de Yakuza,
NON son prochain cinéma ne sera pas comme ce film là, mais plutôt comme ses films sans yakuza.
"Je suis désolé pour tous ceux qui aiment les films que j´ai faits jusqu´à présent. Takeshis´ est plutôt fait pour leur dire que, désormais, je ne ferai plus ce genre de films. C´est plutôt le premier film sur la nouvelle route que je suis en train d´ouvrir."
ba moi j´ai bien aimé. D´ailleurs j´ai du être le seul dans la salle, une bonne dixaine de personnes s´éclipsant lors de la séance, sans parler des soupirs, des "mais c´est quoi ce truc?" et autres rires incrédules.
c´est un film très bordelique, mais si on n´est apas un néophyte en matière de Kitano, on reconait pas mal de clins d´oeil à ses films précédents, on s´aperçoit du côté biographique du film, que ce soit sa carrière télé ou son image de réalisateur adulé, ou bien ses obsessions et hantises. En tout cas c´est un film très spécial dans la filmo de Kitano, même si j´avoue préféré le minimalisme d´un Sonatine ou d´un Jugatsuu, le lyrisme d´un Kids return.
En tout cas je suis très curieux de voir ce que va prendre la nouvelle tournure de la filmographie de Beat Takeshi!
Nobu->oui pardon, j´ai interprété ses propos, on verra bien.