Foot - C1 - OL-PSV : Interview de Le Guen : « Assumons »
L´entraîneur de Lyon espère que son équipe ne sera pas inhibée par sa volonté de ne pas encaisser de but, mardi en quart de finale aller de la Ligue des champions contre le PSV Eindhoven. «Notre moyenne de niveau de jeu est intéressante et il faut vraiment s´appuyer sur ce qu´on sait faire», dit Paul le Guen, conscient des progrès accomplis depuis le précédent quart de finale, l´an passé.
«Paul Le Guen. Depuis Marseille - Paris-SG ( 1-1), qui vous donne 13 points d´avance en tête de la L1, il se confirme que tout va très bien pour Lyon. Est-ce que tout ne va pas trop bien ?
C´est un bon résultat pour nous, c´est vrai, mais ça ne sert à rien de compliquer les choses. Il n´y a pas d´euphorie. Le fait d´être en excellente position nous permet surtout d´aborder le quart de finale de Ligue des champions avec une certaine tranquillité d´esprit. Même si on restera vigilant sur le Championnat, ça aide. C´est grâce à cette avance qu´on a pu laisser Wiltord au repos, ou qu´on a ménagé Govou. C´est intéressant.
Lyon va disputer, avec vous, son deuxième quart de finale consécutif. Qu´est-ce qui a changé en un an ? ( Lyon avait été éliminé par Porto, 0-2, 2-2)
On bénéficie d´une expérience. Nous avons surtout deux trois joueurs qui peuvent nous apporter des plus. On a renforcé le potentiel de l´équipe. Un joueur comme Wiltord, par exemple, est important. Il l´est même redevenu en équipe de France. Nous l´avons recruté avec cet objectif-là. Il fait partie des joueurs qui permettent à l´équipe de monter d´un niveau et il remplit parfaitement ce rôle. Ce qui change, c´est aussi que notre parcours a été plus convaincant cette année.
Avez-vous tiré des leçons de l´échec face à Porto ?
Nous en avons tiré le souci d´être meilleurs encore. Il ne nous manquait pas grand chose, mais un petit bout quand même, car Porto s´était qualifié logiquement. A mon sens, c´est à travers le recrutement que nous avons tiré les leçons. Notre parcours en L1 et Ligue des champions démontre qu´on a réussi à le faire et ça justifie nos espoirs par rapport au quart de finale qui arrive. Nous avons tiré les conclusions adaptées de Porto.
La différence avec l´an passé, c´est aussi que vous semblez légèrement favoris contre le PSV Eindhoven.
C´est facile à supporter. Enfin, facile.. Disons que pour nous, ça ne change vraiment rien. Nous étions favoris avant le huitième de finale contre Brême, et je pense que nous l´avons parfaitement assumé. Cela dit, quand vous regardez le parcours du PSV, quand vous voyez ses derniers matches, c´est qu´on est vraiment très costauds si on doit encore être considérés comme les favoris. Assumons. En tout cas, ce genre d´étiquette ne doit pas être important dans le comportement des joueurs. Ils sont suffisamment expérimentés pour assumer ça.
« Comme d´habitude »
Comment expliquez-vous que votre attaque soit plus efficace en Ligue des champions qu´en Championnat ?
On a parfois bénéficié de circonstances favorables, il faut le reconnaître. On sait que le 7-2 du match retour contre le Werder Brême était particulier. Les conditions étaient inhabituelles en raison du résultat excellent de l´aller, 3-0. On en a bien profité. Ils étaient obligés de se découvrir et notre entame de match a été particulièrement réussie. Il y a aussi le fait qu´on aligne plus systématiquement l´attaque-type en Ligue des champions. Je pense surtout que c´est lié à notre façon d´attaquer, à la qualité de nos joueurs offensifs. Maintenant, c´est dur de renouveler de telles performances tous les trois ou quatre jours. En Championnat, nous sommes parfois amenés à gérer les choses, à davantage contrôler. En Ligue des champions, sans doute allons-nous davantage au bout de ce que nous avons envie de faire.
Vous allez recevoir au match aller. Quel problème cela pose-t-il ?
Avant le tirage au sort, j´ai dit que je voulais recevoir au retour en pensant au public, qui aime les matches-sanction et les émotions très fortes qui vont avec. Mardi, il va quitter le stade après avoir vu un match sans doute de très bon niveau, mais sans savoir qui va se qualifier. Mais pour nous, ça ne change pas grand chose. D´ailleurs, nous avions reçu au retour la saison dernière sans avoir pu nous qualifier. On tentera d´inverser la tendance.
Partagez-vous l´objectif prioritaire de vos joueurs, qui est de ne pas prendre de but ?
Cest un discours habituel avant un match aller à domicile. Cet objectif est logique compte tenu de l´importance des buts inscrits à extérieur, mais je souhaite que nous défendions, attaquions et jouions comme d´habitude. Notre moyenne de niveau de jeu est intéressante et il faut vraiment s´appuyer sur ce qu´on sait faire. Ce souci de ne pas nous faire contrer ne doit pas être une obsession complète. Il ne doit pas être un frein.
« Robustes, solides et bien organisés »
Quelle impression vous a fait le PSV ? Pour être plus précis : est-ce l´équipe a priori la plus solide que vous ayiez affrontée ?
C´est sûrement une très très bonne équipe. Sur nos observations, les Néerlandais ont confirmé vos impressions : ils sont solides, robustes, bien organisés. Je note aussi qu´ils sont allés gagner sur la pelouse de l´Ajax 4-0, score acquis après une heure de jeu. Mais on avait vu Brême gagner 4-0 à Hanovre peu de temps avant notre huitième de finale, et je répète que Brême était une bonne équipe, et on a su la manoeuvrer. Elle avait aussi ce potentiel de solidité.
Avez-vous parlé du PSV avec Didier Deschamps, après sa victoire contre Monaco ( 1-0, 2-0) ?
Oui, je l´ai appelé. On a parlé du jeu du PSV, de leurs individualités, de leur façon de se comporter. Je voulais une impression et des conseils. Connaître l´adversaire est toujours bénéfique. Détecter quelques petites insuffisances est toujours intéressant, mais il n´y en a pas beaucoup.
Le milieu de terrain du PSV Eindhoven semble être le point fort de l´équipe. C´est aussi le vôtre, mais votre milieu a semblé en difficulté samedi contre Lens ( 1-0). Qu´en pensez-vous ?
C´est vrai, mais je ne tire jamais de conclusions définitives sur un match. Déjà, Lens avait un bon milieu. Notre équipe avait par ailleurs d´autres problèmes à résoudre. Mais j´estime que notre milieu a suffisamment prouvé tout au long de la saison pour qu´on mise à nouveau sur les mêmes. Diarra, Juninho et Essien savent qu´ils ont notre totale confiance ( grand sourire).
Paul, sentez-vous dans l´équipe de Lyon la même dynamique que celle du PSG vainqueur de la Coupe des coupes en 1996 ?
Oui, peut-être, mais ce n´est quand même pas la même compétition. Par ailleurs, les temps font que ça change. J´ai aujourd´hui un rôle d´entraîneur qui fait que les situations sont trop différentes pour être comparables.»
source: lequipe.fr