Après un épisode devenu culte sur NES et un classique un peu trop oublié sur Game Boy, la Super Nintendo va donner naissance à un véritable chef-d'oeuvre. Super Metroid raconte la suite des aventures de Samus Aran, ayant ramené le dernier metroid de son dernier voyage aux chercheurs afin qu'ils l'étudient pour que ses capacités puisse profiter à la civilisation. On atterrit alors sur la station dans une ambiance digne des meilleurs films de science-fiction horrifique, dans laquelle on retrouve un vieil ennemi du premier Metroid : Ridley, l'alien dragon cracheur de feu. Là où il était minuscule et peu signifiant, le voilà vêtu d'un sprite gigantesque et impressionnant au point d'effrayer le joueur de l'époque dès l'apparition de ses petits yeux pointus brillant dans le noir. Le jeu se déroule de nouveau sur Zebes (elle était pourtant censée avoir explosé dans le 1...) et nous emmène dans plusieurs secteurs tous pourvus d'une forte identité. Graphiquement, le jeu est magnifique : Samus n'avait jamais été aussi bien représentée et ses mouvements sont très détaillés. Certaines séquences en mode 7 sont impressionnantes : on retiendra surtout le vaisseau qui se dirige vers la station et Ridley qui s'y enfuit avec le metroid en revenant vers l'écran. Les ennemis jouissent d'une animation d'une rare qualité et les décors vont parfaitement avec chacun des secteurs. Musicalement, on tient là une des meilleurs OST de la console : on navigue de musiques calmes aux musiques cinglantes en passant par des pistes inquiétantes ou encore joyeuses (upper Brinstar). Ces dernières sont surtout très bien utilisées : Crateria qui passe du calme à l'agressif dès lors que l'on remonte après avoir récupéré la morphing ball, Brinstar qui passe du joyeux au calme plus inquiétant quand on arrive à ses profondeurs, Norfair qui devient apocalyptique alors que l'on s'approche de l'antre de notre pire ennemi, Maridia qui vacille entre sa magnifique berceuse et sa musique plus sombre. Le level-design ne fait pas moins bon en étant juste exceptionnel : chaque recoin est bien choisi et permet un gameplay absolument pas linéaire. Infiniment plus riche que ses prédécesseurs, Super Metroid dispose également de nombreuses nouveautés de gameplay. On retrouve les rayons habituels que sont le spazer, la glace, le wave et le plasma, auxquels s'ajoute la possibilité de charger nos tirs pour des attaques plus puissantes ou une protection lorsqu'on maintient la charge pendant un saut circulaire. Concernant l'arsenal d'attaque que l'on retrouve en haut de l'écran, on note l'apparition de super missiles à côté des missiles de base, ainsi que des power bombs permettant de détruire certains blocs. Un grappin électrique permet en outre de s'accrocher à certains plafonds pour passer et endommage certains ennemis ; on trouve également un viseur à rayons X très utile pour dévoiler les nombreux passages secrets du jeu. Dernière nouveauté de taille : le speed booster, qui permet à Samus de courir à une vitesse vertigineuse et de foncer en avant sur le côté, en diagonale ou vers le haut afin d'atteindre des zones inaccessibles, ou encore de défoncer certains blocs et les ennemis qui se trouve sur notre route. La grande réussite sur le bestiaire est surtout du côté des boss, à l'animation et aux sprites bien plus imposants et détaillés que sur NES et Game Boy. Le scénario reste toujours simple mais très efficace : une fois le petit metroid enlevé par Ridley au tout début du jeu, on ne le retrouve que beaucoup plus tard sur Zebes. Ridley vaincu, on remarque la petite capsule cassée dans la pièce adjacente. Alors que l'on avance dans Tourian, un énorme metroid vient nous agresser mais nous relâche au dernier moment après nous avoir reconnu en poussant de petits cris sentimentaux : le petit metroid a grandi et vient même nous aider alors que Mother Brain s'apprête à nous tuer. Mais alors qu'il nous recharge après avoir immobilisé le boss, ce dernier se réveille et mitraille le pauvre metroid jusqu'à sa mort, c'est alors avec vengeance et conviction que l'on finit Mother Brain pour de bon grâce au rayon superpuissant qu'on vient d'acquérir. Un compte à rebours bien plus long que celui du 1 s'impose alors et on quitte la planète à bord de notre vaisseau, ce qui conclut l'aventure principale de la saga.
Avec son gameplay extrêmement riche et son univers d'une rare qualité dans la science fiction, Super Metroid a envoyé la série au sommet et s'impose comme un des meilleurs jeux de la console loin devant 95% des très bons jeux de sa ludothèque : un chef-d'oeuvre de la console qui mérite largement une place dans le top 10 des meilleurs jeux de tous les temps.