Graphismes : 17/20
C'est beau : distance de vue impressionnante, paysages variés, architecture bien rendue, mer Égée plus vraie que nature, personnages dans l'ensemble bien modélisés malgré quelques animations et expressions un peu figées.
Tout ceci tourne parfaitement sur un PC moyenne gamme récent en full HD graphismes ultra. La palette de couleurs utilisées est parfois trop criarde cependant.
Bande-son : 14/20
Certaines musiques sont immersives et/ou bien adaptées, mais globalement très répétitives. La performance vocale des doubleurs des personnages est tout à fait inégale en VO (je n'ai pas essayé la VF) : insupportable (Alkibiades, Aristophanes), surjouée (Alexios/Deimos, Kleon...) ou au contraire excellentissime (Kassandra, timbre chaud et vibrant à la hauteur du reste du personnage).
Scénario / Personnages : 12/20
Le jeu propose différents arcs scénaristiques qui sont tous de base intéressants, mais qui se révèlent décevants au final. Non pas que l'histoire soit réellement mauvaise mais on s'attend à quelque chose d'un peu plus épique, de plus recherché.
Tout ceci manque énormément de profondeur, notamment en ce qui concerne le destin de la famille au coeur du jeu. Tout va beaucoup trop vite, très peu d'évolution sensée, peu de psychologie (sans trop spoiler, il y a une des fins où l'antagoniste principal(e) passe du rejet au repentir en moins d'une minute montre en main). C'est trop bâclé, on veut nous servir de l'émotion mais ça ne passe pas, on reste sur sa faim.
Au niveau des personnages, il y a également pas mal de choses à dire. Ils sont très inégaux :
- Insupportablement caricaturaux : Alkibiades le libertin (ce trait colle certes au personnage historique, mais qu'il est lourd !), mais encore pire : Alexios/Deimos (trop de cris, trop de gestes inutilement théâtraux... c'est surjoué, on n'y croit pas une seconde !).
- trop effacés : Herodotos, Hippokrates, Perikles.
- sympathiques voire comiques : Markos, Barnabas.
Heureusement, ces personnages sont contrebalancés par deux excellents protagonistes. Tout d'abord le philosophe Socrate qui est doté de quelques textes savoureux : même si ce n'est pas trop poussé (on n'est pas dans un cours de philo mais dans un jeu vidéo), il nous fait discourir sur le pour et le contre de nos actions, et c'est très sympathique.
Mais je garde le meilleur pour la fin : l'inoubliable Kassandra (en tant que protagoniste et non antagoniste), une femme forte et belle à la fois mais pas du tout sexualisée (ce n'est pas si courant concernant un personnage féminin dans les jeux vidéo), très charismatique, soutenue par une performance vocale anglaise de haut niveau qui je trouve correspond parfaitement au personnage. J'ai l'habitude de jouer des personnages masculins dans les jeux, et là je ne regrette pas du tout d'avoir fait ce choix, elle restera parmi mes meilleurs souvenirs de personnages de jeux vidéo.
Gameplay : 15/20
Sans être exempt de défauts, l'inventaire va à l'essentiel et c'est bien le principal. L'évolution du personnage est classique et on n'est pas du tout dépaysé.
Les combats sont nerveux et rythmés, mais inégalement difficiles. Certains adversaires mourront en quelques secondes, tandis que d'autres vous saucissonneront en deux coups de lame.
En terme de combat contre les ennemis, je trouve les compétences guerrières plus efficaces sur le long terme et contre les boss / créatures que l'archerie et l'assassinat. Même en plaçant tous ses points dans l'arbre d'assassin, on ne peut pas tuer en un coup un adversaire "gold", par exemple un général. Or toute armure antique ne protège pas d'une lame de lance dans la nuque. On n'est pas dans un jeu réaliste certes, mais cela nuit à la crédibilité de la voie d'assassin.
Je terminerai par une grosse critique de l'IA, un vrai point noir, surtout lorsque l'on veut jouer furtif. En général, les soldats ennemis sont malvoyants et malentendants, voire carrément aveugles et sourds. On peut tuer dans leur sommeil 4 soldats dormant côte à côte sans qu'aucun ne bouge un orteil. On saute de 20 mètres de hauteur sur un soldat pour l'égorger, son collègue qui est à 10 mètres de là, de profil, ne voit rien et n'entend rien.
Verdict :
Un bon jeu qui est une incitation au voyage dans la Grèce classique. Une carte bien remplie, des graphismes chatoyants, des quêtes à foison, des personnages historiques, le personnage principal féminin extraordinaire qui reste dans les mémoires...
Et pourtant tout cela ne permet pas à ACO d'être un grand jeu, la faute à trop de défauts scénaristiques et de gameplay qui nuisent à l'ensemble. Je suis conscient qu'on ne peut pas avoir quelque chose d'aussi passionnant qu'un Witcher 3 à chaque fois, mais là les manques sont grands alors que le potentiel était immense.