Quand je regarde mon passé de gamer, je me rend compte que ça doit bien faire deux ans que j’ai pas fini de réel jeux (ouais, je ne compte pas Modern Warfare 3). Pourquoi ça ? Je ne sais pas, plus de maturité, un ennui perpétuel de jeux qui ne me faisaient plus chavirer (ah les heures passés sur Wind Waker, à traverser l’océan sans raison précise), on s’en fiche, je crois. En tout cas, depuis trois, quatre jours, Steam et ses offres vraiment cools m’ont fait craquer et je m’y remets doucement. Et c’est là que tombe sur ce jeu, Limbo. Certes, l’univers vidéo-ludique ne m’attire plus, mais je garde un œil plus ou moins attentif à l’actualité. Donc ouais, c’est le jeu qui a plus ou moins lancé la scène indépendante sur le devant de la scène, blabla, bref, c’est pas cher, je prends.
Et je le lance. Et je me retrouve dans une touffe d’herbe, mon personnage se lève, et me voici déjà à l’intérieur, aucune cinématique, aucune indication. Je marche droit devant, sans but précis et rapidement je comprends que mon aventure ne sera pas rose. Monde en noir et blanc, les graphismes sont très minimalistes, le fond est flou, pas de grande profondeur. Mais le tout marche, rend l’atmosphère hautement mélancolique, sublimé par une soundtrack très rare, quasi inexistante, le seul bruit constant est le son de nos pas, et les quelques éléments qui se dressent devant nous. On y retourne, on avance, le gameplay très intuitif renforce l’imprégnation et arrive les premiers problèmes, incompris en premier lieu mais au bout de deux, trois morts, on saisit l’astuce et on continu. Ce sera de même pendant le reste de la partie.
C’est vrai que comme ça, c’est pas forcément alléchant. Mais l’univers qui se développe est horriblement malsain, surtout dans sa première partie. Nos premières morts sont surprenantes, ce petit corps si fragile qui se décompose comme un rien. Mais d’un coup, le premier signe de vie apparaît, une araignée qui aura comme seul but de nous poursuivre jusqu’à sa propre mort. Mais durant cette escapade arrive les autres formes humaines, et le jeu prend une tournure glauque, multipliant cadavres pendus, enfermés dans des cages, et les vivants essayent à tous prix de vous embrocher, sans raison apparente. Mais vous passez quoiqu’il arrive, vous ne regardez pas en arrière. Et vous retombez dans une solitude dès plus sombre, face à une armée de machines féroces et pièges plus ou moins complexes. Et d’un coup, apparaît comme par magie, une éclaircie, une jeune fille recourbée en train de cueillir des fleurs. La non-cohérence du personnage avec l’univers ambiant vous fait comprendre que le but est là, mais vous voilà ravaler. Mais rien ne vous arrête, plus rien ne vous retient, et votre lutte continue, défiant les lois de la physique.
Et sans prévenir arrive cette rupture, le monde ralentit, la musique arrive, vous vous relevez péniblement, mais c’est pas grave, on se doute un peu de ce qui va se passer mais vous continuez et arrive ce moment tant attendu, cette jeune fille est de nouveau devant vos yeux, la surprise vous cloue sur place. Une apparition quasi-divine, dans un silence d’une beauté époustouflante. Et l’écran redevient noir, et apparaît quelques noms, signe d’une fin déjà passé, trop rapide.
Je jette un regard en arrière, je ne regrette rien.