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Vos batailles romancées

redolegna
redolegna
Niveau 10
17 juin 2005 à 15:33:01

Suite aux propositions sur le topic consacré aux grecs, je mets sur pied celui-ci, avec pour but de faire partager aux autres forumeurs une expérience, en enjolivant par-ci, par-là, bref en romançant. Vous pouvez vous référez à une très belle bataille fort joliment contée sur le topic des plus grandes réussites et des plus belles bourdes, gagnée contre les vils et félons parthes.

Donc, oyez, oyez ! ( ou plutôt, puisque on est à rome : audite, audite)

La marche avait été longue et difficile depuis les rues claires de Carthage. Les régiments de piquiers maugréaient contre la folie de leurs généraux et même les cornacs ressentaient la fatigue maintenant. Au reste, comment faire confiance à ces nouveaux venus de vingt ans, brillants peut-être mais qui n´avaient jamais pris part à un seul combat ? Le souvenir du précédent débarquement à Capoue et le désastre qui l´avait suivi faisait frémir bien des cœurs, même ceux des vétérans les plus aguerris.
L´infanterie royale était surentraînée, mais les Romains étaient réputés pour leur mobilité et leur cruauté sur le champ de bataille. Les quelques survivants de Carialis pouvait en témoigner, et même si le bourg sarde avait été repris, il l´avait été au prix de lourdes pertes, face à une garnison réduite. les quelques hommes qui gardaient un peu de légèreté en allant au combat la sentirent s´évanouir en voyant les murailles de bois de Capoue. La proximité des fils de la louve se faisaient sentir, et les éclaireurs signalaient des forces du sénat à quelques heures de marche. La ville devait être prise très vite.

Le jeune général, devenu l´héritier des Carthaginois après la mort de son père sous les armes romaines à Capoue, avait juré de le venger lui et son frère, disparu pendant la reconquête de la Sardaigne, tombé anonymement parmi les siens en découvrant au bout de sa charge impétueuse que des triarii s´étaient embusqués dans une rue. Il flatta l´encolure de son cheval et s´avança parmi son armée. Il ne se souvint jamais de ce qu´il avait dit avant l´assaut, comment il avait exhorté ses hommes, comment il les avait rassurés. Mais les soldats l´entendirent et se rappelèrent encore vingt ans plus tard de la façon dont leur chef les avait lancés à corps perdu dans la bataille, un voile rouge de sang devant les yeux.

Les cornacs, accoutumés à la manœuvre, firent avancer pesamment leurs éléphants qui couvrirent les phalanges, disposées en un arc de cercle, par des tirs répétés sur les hastati des portes. Bien vite, sous les défenses des bêtes aiguillonnées, le bois vola en échardes immenses et transperça bien des romains qui firent pleuvoir une nuée de javelots sur les courageux animaux. Quand les murailles s´abattirent, le général hurla son cri de guerre, et se lança le premier dans la mêlée. Ils frappèrent, les vaillants fantassins, ils taillèrent, les nobles cavaliers. Et surtout, à chaque fois que l´un d´eux semblait flancher, les paroles de leur chef leur revenaient en mémoire et ils se rejetaient dans le combat de plus belle.

Les éléphants leur ouvraient la voie et leurs longues piques empêchaient les romains de s´approcher. Enfin, alors qu´ils remontaient avec un élan devenu irréstible une rue, les rangs des cruels romains s´écartèrent, et une masse indistincte de cavaliers se jetèrent sur eux. Le seul Scipion survivant, le redouté Amulius, jugé fou même par sa famille, se mêlait à la danse mortelle entamée par les deux armées. Un instant, le jeune chef carthagionois et lui se défièrent du regard, puis ils furent séparés par leurs propres troupes, et les corps à corps reprirent.

La bataille se fit incertaine, nombre de braves et bons hommes tombaient, mais les Romains, froids comme l´acier, ne s´émeuvait même pas de la mort de leurs compagnons d´armes. Enfin, le général punique s´empara de la lance d´un de ses hommes tombés et la ficha dans le ventre d´un cavalier. Le silence se fit, quand on vit Amulius lentement glisser de sa selle et s´affaisser sur le sol. Il ne fut rompu que par les cris de désespoir des Romains et les barrissements des éléphants. La panique s´empara des troupes ennemies qui refluèrent devant les Carthaginois galvanisés par cette mort.

Au petit matin, quand les hommes du sénat entrèrent dans la ville, ils ne virent qu´au dernier moment les piquiers et les pachydermes qui les broyèrent par un mouvement de tenailles et ne laissèrent que quelques survivants. Ceux-ci capturés, furent amenés devant le général victorieux, et il leur fut remis tous les insignes pris, mais voilés, avec ordre de les ramener à Rome et de les montrer au peuple.

Au champ de Mars, devant une foule médusée, parurent les aigles, naguère triomphants. Mais bien vite, sur la place, les sénateurs s´aperçurent que les volatiles avaient été grimés en vautours… Jamais plus Rome ne connaîtrait la paix tant que l´héritier vengeur serait en Italie.

sEnGeL
sEnGeL
Niveau 10
17 juin 2005 à 15:35:26

Chouette j´aime bien :ok:

redolegna
redolegna
Niveau 10
17 juin 2005 à 15:36:06

Déjà tout lu ? :doute:

le_conquerant
le_conquerant
Niveau 10
17 juin 2005 à 15:40:39

là je n´ai qu´une chose à dire: " respect" :ok:

redolegna
redolegna
Niveau 10
17 juin 2005 à 15:41:59

Non, dis-le plutôt à UDun. :)

le_conquerant
le_conquerant
Niveau 10
17 juin 2005 à 15:42:40

pourquoi?

sEnGeL
sEnGeL
Niveau 10
17 juin 2005 à 15:42:43

Ca se lit vite tu sais.
Et j´ai à peine actuliser la page 10s. après ton post donc j´ai pu rapidement le lire.

C´est vraiment bien, tu as l´intention de faire une suite je pense ? Ca serait une genre de biographie de notre général punique ou l´on lira ses exploits :-)))

Snaaaaaake
Snaaaaaake
Niveau 10
17 juin 2005 à 15:44:05

Comme celle de Kenzenechiso ( dsl ) !!!!!
Ce serait bien :ok:

redolegna
redolegna
Niveau 10
17 juin 2005 à 15:46:47

J´ai bien dit " vos", donc j´espère que je ne serais pas seul. En l´occurence, navré de vous décevoir, mais ce général n´a mené que cette bataille à ce jour. J´ai conquis le reste de l´Italie avec les éléphants et un peu de ruse. Mais c´est quand même bien lui qui a tué Amulius le Bon à en Enfermer, et son discours était vraiment bien.

sEnGeL
sEnGeL
Niveau 10
17 juin 2005 à 15:48:02

Moi aussi je fais des récits mais c´est dans d´autres jeux :ok:

kekemouton
kekemouton
Niveau 10
17 juin 2005 à 16:01:36

Super redolegna! :rouge: Il faut que d´autres suivent le mouvement maintenant ! :-)

redolegna
redolegna
Niveau 10
17 juin 2005 à 16:05:33

Ça oui. Parce que je ne suis pas sûr que 5 ou 6 batailles à base de " j´ai pris mes 2 régiments d´éléphants, j´ai enfoncé les murailles de bois, j´ai tué de 1500 à 4000 hommes" soient vraiment intéressantes, sauf si je les fais façon " exercices de style".

fino
fino
Niveau 7
17 juin 2005 à 16:53:25

continu comme ca!! :ok: c cool!

Commender-doc
Commender-doc
Niveau 10
17 juin 2005 à 16:55:30

Qui ce presente???

redolegna
redolegna
Niveau 10
17 juin 2005 à 16:56:25

Se présenter pour quoi ? Si vous voulez écrire une bataille, faites-le, c´est tout ! il n´y a pas de restrictions.

kekemouton
kekemouton
Niveau 10
17 juin 2005 à 20:45:09

BATAILLE DE MEDIOLANUM :

Nous sommes en 235 avant JC. Toute l’Italie est occupée par les Cités grecques fédérées de la Ligue Spartiate. Toute ? ! Non ! Trois villes résistent encore et toujours à l’envahisseur : Arretium, Arimium et Mediolanum. Cette dernière oppose une résistance acharnée à l’encontre des hellènes. Et la vie n’est pas facile pour les garnisons de hoplites de Patavium et de Segestica. Si Mediolanum tombe, alors les armées grecques contrôleront la route d’Arretium, capitale romaine et Rome, déjà assiégée par le capitaine Aristarque. ( petit clin d’œil à Astérix et Obélix ^^)

L’armées grecque démantela le camp après que l’on fit procédé aux sacrifices à Arès Ényalios, « l’assailleur de remparts », en conformité avec les rites religieux lacédémoniens. L’armée arriva aux portes de la cité convoitée aux premières lueurs de l’aube. Afin d’abattre les fiers remparts de pierre romains, on avait construit deux tours de sièges, dont on dit encore qu’elles étaient aussi grandes que celles que fit bâtir les ingénieurs mycéniens durant le siège de Troie. On les garnit des meilleurs soldats, des hoplites de Sparte, purs produits de l’eugénisme spartiate, rompus à l’art de la guerre et aux manœuvres collectives, formidables machines de guerre.

Le général en chef, Cléadès de Sparte, ne disposant d’aucun onagre ni d’aucune autre arme de siège, donna l’ordre aux tours de prendre les remparts. Les archers romains se mirent en position et décochèrent plusieurs salves meurtrières. Et l’on dit que pour dix brins d’herbes qui poussaient dans la terre, on retrouva une flèche. Mais la détermination guerrière des hoplites n’en fut pas ébranlée pour autant. Chaque homme qui tombait sur le champ d’honneur était remplacé par celui de la rangée suivante, par la poussée des dernières rangées. Puis les tours, arrivant aux remparts, vomirent la mort sur les malheureux défenseurs de Mediolanum :mort: . Un à un les assaillants posèrent le pieds dans l’enceinte de la ville et les plus valeureux hoplites ouvrirent les portes de la cité. C’est ainsi que l’armée entière entra dans la cité. Comme un écho à la défaite des romains, le ciel gronda et des trombes d’eau se déversèrent sur la ville. Les pavés du cardo maximus crissaient sous les pieds des fils d’Hercule, regroupés en formation compacte.

L’infanterie ainsi que la cavalerie romaine, peu impliqués lors de la chute des murs, étaient massés sur la place centrale. L’armée romaine, soutenus par son général, Marcus Julius, se déploya de telle sorte qu’elle obstruait totalement l’embouchure du cardo maximus. La foudre frappa non loin de là et les hennissements des chevaux se firent de plus en plus systématiques. La première phalange franchit l’Arche de Vespasien et arriva à deux cent pieds des princeps romains, puis s’arrêta, ainsi que le reste de l’armée. Ceux-ci, aveuglés par le brouillard, devinaient le contour des silhouettes lacédémoniennes. Les hoplites spartiates, se sachant en nombre très inférieur, envoyèrent une estafette à leur général, qui observait le déroulement de la bataille depuis la plus haute tour des remparts. Lorsque le messager revint, la ruse de Cléadès fut saluée dans les rangs hoplitiques. Les flûtes sonnèrent et chaque homme, de sa voix la plus gutturale, entama un chant à la gloire d’Arès, dont le refrain disait :

« Quand par le fil de l’épée, le hoplite meurt,
Il honore sa cité, et pour elle défie la peur. »

Le trouble se répandit parmi les rangs romains. Qui étaient ces adversaires, invisibles, tapis dans la brume, qui paraissaient certain de leur victoire, chantant leur mort à venir ? Les fiers soldats grecs tapèrent des pieds sur la chaussée et frappèrent leurs boucliers de bronze de leurs xíphos. La clameur s’éleva comme s’élevait l’âme lors de la mort puis retomba. Un silence de plomb s’abattit dans la cité et le cœur des romains s’alourdit d’une peur sans nom. Ils empoignèrent leur pilum sans conviction et les précipitèrent dans la brume épaisse, croyant les soldats grecs à portée de tir. Conformément aux recommandations de leur général, les hellènes attendirent la seconde salve. Puis les archers crétois enflammèrent les pointes de leurs flèches d’un feu céleste, qui résista à la pluie diluvienne. Et la place centrale se transforma en brasier, les trombes d’eau laissèrent la place à une averse meurtrière, faite du feu des enfers.

Quand les archers cessèrent le feu, nombre de princeps gisaient, ensanglanté, sur la chaussée écarlate. Au signal du capitaine spartiate, les phalanges s’avancèrent au pas de charge vers les lignes ennemies. Les princeps virent surgir des monstres, mi-homme, mi-bête. Les casques qu’arboraient les spartiates imitaient les traits d’Hercule, et leurs cimiers éclatant reflétaient la pureté de la mort. Les lignes romaines se brisèrent contre un mur de bronze hérissé de pointes de même métal et la poussée des derniers rangs hoplitiques amplifia la poussée inexorable de la phalange, au son des joueurs de flûte. La seconde ligne de princeps connu un sort tout aussi funeste et bientôt des monceaux de cadavres jonchaient le sol. Le sang des romains giclait aux visages des hoplites, fous de rage, semant la mort, tel un paysan semant son champ. De ceux d’entre les grecs qui la subirent, on dit que leurs esprits rejoignirent ceux des plus grands spartiates dans l’au-delà. Alors que la victoire lui tendait la main, Cléadès de Sparte le Victorieux entreprit une charge ultime de sa cavalerie sur les rangs romains, qui leur fut fatale.

Le général romain, esseulé, en plein cœur de la mêlée, répandait sa haine des hellènes et son ivresse de sang parmi les formations de hoplites spartes, décidé a vendre cher sa peau. Au signal de Cléadès, les combats cessèrent. Trente hoplites encerclaient le général vaincu. Il se rua sur l’un deux, qui lui transperça la poitrine par la pointe acérée de sa lance. Le malheureux général chut de sa monture et s’étala de tout son long dans le ruisseau ensanglanté de sa défaite. Il se mit à genou et le général spartiate s’avança à sa rencontre. Dans un ultime effort, le romain tint ces propos :

« Étranger, va dire à Sparte qu’ici
Nous gisons, dociles à ses ordres. » ( Hérodote, L’enquête,VII, 228)

Il émit un râle profond puis, crachant du sang, s’effondra lourdement. La pluie s’arrêta de tomber et l’astre du jour perça les nuages gris afin d’inonder les soldats vainqueur de sa clarté bienfaisante. On fit construire un temple en l’honneur, d’Athéna Niké, déesse de la victoire et protectrice de Sparte et on rendit un culte tout aussi fervent aux Dioscures, intendants de Sparte et faiseurs de miracles. Voilà comment un demi millier de hoplites lacédémoniens épaulés de quelques archers crétois et acquis à leur général vainquirent mille cinq cent fils de Rome et instaurèrent l’hégémonie hellène sur l’Italie pour des siècles et des siècles.

Kekemouton ©

Voilà, j’espère que ça vous a plu :content: :-)))

sEnGeL
sEnGeL
Niveau 10
17 juin 2005 à 20:45:19

J´étais avec mes 2 derniers cavaliers. J´ai mené une rude campagne dans toute l´eur... mon village ( Les paysans sont plus féroces que vous ne l´imaginez, croyez moi!).
J´ai alors foncé avec eux, sur mes ennemis au nombre de 200.
Je leur ai dit :
- " Si on se sépare on pourra les encercler!"
Ensuite, une chose inattendue s´est produite : Mes cavaliers ont succombé aux 100 piquiers...
Alors j´ai chargé et je me suis dit " ca va marcher" mais finalement je me suis pris une lance dans le ventre et je suis tombé du cheval.
Actuellement je suis allongé par terre, en essayant d´écrire le plus vite possible pour tout vous expliquer avant qu´ils m´achèvent.
Je veux que le monde entier se souvient de mes exploits.
Car je

  • aaaaaaaargh...*

FIN

:rire2: :fou:

kekemouton
kekemouton
Niveau 10
17 juin 2005 à 20:49:48

Tu peux lire mon histoire :svp: Tu me dira si elle est bien :content: Moi je trouve qu´elle est bien :fier:

sEnGeL
sEnGeL
Niveau 10
17 juin 2005 à 20:50:18

et la mienne?

kekemouton
kekemouton
Niveau 10
17 juin 2005 à 20:54:19

:rire: Pas mal je dois dire :sarcastic:

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