BATAILLE DE MEDIOLANUM :
Nous sommes en 235 avant JC. Toute l’Italie est occupée par les Cités grecques fédérées de la Ligue Spartiate. Toute ? ! Non ! Trois villes résistent encore et toujours à l’envahisseur : Arretium, Arimium et Mediolanum. Cette dernière oppose une résistance acharnée à l’encontre des hellènes. Et la vie n’est pas facile pour les garnisons de hoplites de Patavium et de Segestica. Si Mediolanum tombe, alors les armées grecques contrôleront la route d’Arretium, capitale romaine et Rome, déjà assiégée par le capitaine Aristarque. ( petit clin d’œil à Astérix et Obélix ^^)
L’armées grecque démantela le camp après que l’on fit procédé aux sacrifices à Arès Ényalios, « l’assailleur de remparts », en conformité avec les rites religieux lacédémoniens. L’armée arriva aux portes de la cité convoitée aux premières lueurs de l’aube. Afin d’abattre les fiers remparts de pierre romains, on avait construit deux tours de sièges, dont on dit encore qu’elles étaient aussi grandes que celles que fit bâtir les ingénieurs mycéniens durant le siège de Troie. On les garnit des meilleurs soldats, des hoplites de Sparte, purs produits de l’eugénisme spartiate, rompus à l’art de la guerre et aux manœuvres collectives, formidables machines de guerre.
Le général en chef, Cléadès de Sparte, ne disposant d’aucun onagre ni d’aucune autre arme de siège, donna l’ordre aux tours de prendre les remparts. Les archers romains se mirent en position et décochèrent plusieurs salves meurtrières. Et l’on dit que pour dix brins d’herbes qui poussaient dans la terre, on retrouva une flèche. Mais la détermination guerrière des hoplites n’en fut pas ébranlée pour autant. Chaque homme qui tombait sur le champ d’honneur était remplacé par celui de la rangée suivante, par la poussée des dernières rangées. Puis les tours, arrivant aux remparts, vomirent la mort sur les malheureux défenseurs de Mediolanum
. Un à un les assaillants posèrent le pieds dans l’enceinte de la ville et les plus valeureux hoplites ouvrirent les portes de la cité. C’est ainsi que l’armée entière entra dans la cité. Comme un écho à la défaite des romains, le ciel gronda et des trombes d’eau se déversèrent sur la ville. Les pavés du cardo maximus crissaient sous les pieds des fils d’Hercule, regroupés en formation compacte.
L’infanterie ainsi que la cavalerie romaine, peu impliqués lors de la chute des murs, étaient massés sur la place centrale. L’armée romaine, soutenus par son général, Marcus Julius, se déploya de telle sorte qu’elle obstruait totalement l’embouchure du cardo maximus. La foudre frappa non loin de là et les hennissements des chevaux se firent de plus en plus systématiques. La première phalange franchit l’Arche de Vespasien et arriva à deux cent pieds des princeps romains, puis s’arrêta, ainsi que le reste de l’armée. Ceux-ci, aveuglés par le brouillard, devinaient le contour des silhouettes lacédémoniennes. Les hoplites spartiates, se sachant en nombre très inférieur, envoyèrent une estafette à leur général, qui observait le déroulement de la bataille depuis la plus haute tour des remparts. Lorsque le messager revint, la ruse de Cléadès fut saluée dans les rangs hoplitiques. Les flûtes sonnèrent et chaque homme, de sa voix la plus gutturale, entama un chant à la gloire d’Arès, dont le refrain disait :
« Quand par le fil de l’épée, le hoplite meurt,
Il honore sa cité, et pour elle défie la peur. »
Le trouble se répandit parmi les rangs romains. Qui étaient ces adversaires, invisibles, tapis dans la brume, qui paraissaient certain de leur victoire, chantant leur mort à venir ? Les fiers soldats grecs tapèrent des pieds sur la chaussée et frappèrent leurs boucliers de bronze de leurs xíphos. La clameur s’éleva comme s’élevait l’âme lors de la mort puis retomba. Un silence de plomb s’abattit dans la cité et le cœur des romains s’alourdit d’une peur sans nom. Ils empoignèrent leur pilum sans conviction et les précipitèrent dans la brume épaisse, croyant les soldats grecs à portée de tir. Conformément aux recommandations de leur général, les hellènes attendirent la seconde salve. Puis les archers crétois enflammèrent les pointes de leurs flèches d’un feu céleste, qui résista à la pluie diluvienne. Et la place centrale se transforma en brasier, les trombes d’eau laissèrent la place à une averse meurtrière, faite du feu des enfers.
Quand les archers cessèrent le feu, nombre de princeps gisaient, ensanglanté, sur la chaussée écarlate. Au signal du capitaine spartiate, les phalanges s’avancèrent au pas de charge vers les lignes ennemies. Les princeps virent surgir des monstres, mi-homme, mi-bête. Les casques qu’arboraient les spartiates imitaient les traits d’Hercule, et leurs cimiers éclatant reflétaient la pureté de la mort. Les lignes romaines se brisèrent contre un mur de bronze hérissé de pointes de même métal et la poussée des derniers rangs hoplitiques amplifia la poussée inexorable de la phalange, au son des joueurs de flûte. La seconde ligne de princeps connu un sort tout aussi funeste et bientôt des monceaux de cadavres jonchaient le sol. Le sang des romains giclait aux visages des hoplites, fous de rage, semant la mort, tel un paysan semant son champ. De ceux d’entre les grecs qui la subirent, on dit que leurs esprits rejoignirent ceux des plus grands spartiates dans l’au-delà. Alors que la victoire lui tendait la main, Cléadès de Sparte le Victorieux entreprit une charge ultime de sa cavalerie sur les rangs romains, qui leur fut fatale.
Le général romain, esseulé, en plein cœur de la mêlée, répandait sa haine des hellènes et son ivresse de sang parmi les formations de hoplites spartes, décidé a vendre cher sa peau. Au signal de Cléadès, les combats cessèrent. Trente hoplites encerclaient le général vaincu. Il se rua sur l’un deux, qui lui transperça la poitrine par la pointe acérée de sa lance. Le malheureux général chut de sa monture et s’étala de tout son long dans le ruisseau ensanglanté de sa défaite. Il se mit à genou et le général spartiate s’avança à sa rencontre. Dans un ultime effort, le romain tint ces propos :
« Étranger, va dire à Sparte qu’ici
Nous gisons, dociles à ses ordres. » ( Hérodote, L’enquête,VII, 228)
Il émit un râle profond puis, crachant du sang, s’effondra lourdement. La pluie s’arrêta de tomber et l’astre du jour perça les nuages gris afin d’inonder les soldats vainqueur de sa clarté bienfaisante. On fit construire un temple en l’honneur, d’Athéna Niké, déesse de la victoire et protectrice de Sparte et on rendit un culte tout aussi fervent aux Dioscures, intendants de Sparte et faiseurs de miracles. Voilà comment un demi millier de hoplites lacédémoniens épaulés de quelques archers crétois et acquis à leur général vainquirent mille cinq cent fils de Rome et instaurèrent l’hégémonie hellène sur l’Italie pour des siècles et des siècles.
Kekemouton ©
Voilà, j’espère que ça vous a plu
