Bon, à part quelques fautes bêtes, jolie petite histoire. J´imagine que comme peu de monde s´investit ( bande de…), ça va être à moi de me dévouer corps et âme pour ce topic…
Donc, creusons cette petite cervelle qui est la mienne à la recherche d´une bataille qui soit pas vilaine à raconter.
Mediolanum vous a bien plu, puisque deux batailles s´y sont déroulées à ce que j´ai vu, mais bon, la prise de mediolanum s´est fait assez en douceur chez moi, donc…
Y´en aurait bien une… On peut toujours essayer…
Samarobriva n´est plus qu´un lointain souvenir. Je marche depuis plus d´une semaine à la tête de mon infanterie royale et à chaque pas que nous faisons, les Britons reculent de deux. Mon armée devra prendre ses quartiers d´hiver à Batavadorum après l´avoir prise, ce qui ne devrait pas poser trop de problèmes. j´ai emmené quelques éléphants pour en faire tomber les murailles plus vite, les chars britons seront fauchés par mes phalanges, tout s´annonce bien.
La forêt s´est tue brutalement. Les oiseaux ne chantent plus, on n´entend que le pas lourd des hommes et des bêtes. Mon cheval renâcle, secoue la tête, lui d´habitude si obéissant. Sur un signe de tête de ma part, celui qui chevauche à côté de moi tord l´oreille de sa monture, qui hennit de douleur. Un concert de cris animaux lui répondent depuis les frondaisons du bois.
Plus une seconde à perdre ! J´établis l´armée en ligne de bataille, tandis que les archers juchés sur mes éléphants de combat tirent au jugé entre les arbres. Les chars britons émergent tout à coup et leurs occupants tirent leurs épées avec des hurlements terrifiants. Moi qui n´avais jamais tremblé dans une bataille, moi si confiant, me voilà pris dans une embuscade comme un de ces jeunes généraux arrogants, mort de peur pour mes hommes alors que je n´ai aucun plan de combat, juste des cours théoriques, impossibles à appliquer sur un champ de bataille.
Si j´hésite, les autres vont flancher et nous serons perdus. Au plus vite, je poste des éléphants de chaque côté de mes lignes. leur puissance canalisera peut-être la violence de la charge ennemie. Je fais lutter mes phalanges dans un cercle approximatif, me plaçant au centre avec ma garde, allant de l´un à l´autre pour leur redonner confiance.
Les mots ne peuvent décrire le choc. Les archers montés ont fait des merveilles et les échardes pleuvent, les moyeux grincent, les esssieux éclatent. Mais dans le même temps, j´ai négligé mon flanc sud, que des chars légers ont arrosé de flèches et ou un vide se creuse. Déjà mes piquiers s´apprêtent à rompre la formation et à s´enfuir. ils ne doivent pas tomber ! si ma chaîne de défense perd ne serait-ce qu´un maillon, tout est perdu ! La peur m´envahit de nouveau, je ne dois pas me laisser dominer. J´ai guerroyé partout, en Numidie, en Egypte, j´ai pris Rome, éclipsant la victoire de mon rival de Capoue, j´ai orchestré la campagne de Grèce et me voilà à la merci des britons ! cela ne saurait être.
Pris d´une folie destructrice, j´empoigne mon glaive et je chante. Je chante, je chante à gorge déployée, je chante à la gloire de nos dieux, à la puissance de nos hommes, à la victoire et un chant me répond. Mes hommes qui s´avouaient vaincus relèvent la tête et regardent la mort en riant et en la défiant. Ils ont vaincu leurs terreurs, eux aussi, et au son de mon cor, ils reprennent de l´allant, repousse les chars qui les harcèlent, mettent à terre Leukon, et s´engagent contre les réserves d´infanterie adverses.
Nous voilà invincibles, nous oublions toute prudence. D´un mouvement uniforme, les lances ondulent et percent les armures, les chairs, sectionnent les tendons. Je me jette à corps perdu dans la mêlée, le sang bouillonnant, persuadé de ma vigueur et de ma victoire. Déjà les britons refluent, même les atroces, les immondes lanceurs de tête ( Moloch seul sait de qui ils les prennent) ont perdu l´espoir. Mes éléphants piétinent tout, la retraite ennemie se transforme en débâcle, je lance un javelot dans le cœur d´un piquier et je volte pour faire face à quelques derniers résistants.
Une trompe résonne au loin, couvrant tout de sa tonalité grave, étouffant même les barrissements. Ma puissance m´abandonne, mes membres s´affaissent sous le contre-choc et perdent toute leur énergie. Mes soldats cessent de manier les armes, faute de combattants et se tournent vers la route, à peine visible maintenant sous les monceaux de corps. Mes yeux m´abuseraient-ils ? Je vois une armée de daces, les alliés des britons déboucher, leur cavalerie est lancée et mes phalanges ne sont pas en place !
C´est au tour de la panique de me recouvrir, de me perdre dans ses ténèbres. je m´entends à peine donner l´ordre de ralentir la charge ennemie avec ma garde, inconscient des cornacs qui font leur possible pour aller affronter les ennemis. Je ne vois plus qu´un voile noir qi recouvre mes yeux et martelé de toutes parts par le vent en furie qui siffle à mes oreilles, je percute le premier la masse indistincte des daces. Je m´enfonce au cœur de leurs lignes avant de me rendre compte de mon erreur. Je suis séparé de tous mes hommes, qui font leur possible pour me rejoindre. Les piquiers permettent à ma garde d´avancer en s´occupant des survivants à la pointe de l´armée dace, mais les archers montés n´osent tirer de peur de m´atteindre.
Je cabre ma monture et la lance au hasard parmi la foule brutale des troupes adverses. Je me jette au milieu des faucheurs, j´en assome un du plat de mon épée, je m´éloigne et frappe du tranchant la gorge de quelques archers. Les éléphants ont enfin réussi à attiendre les daces, mais certains d´entre eux s´écroulent trop fatigués pour résister aux flèches et aux faux des fantassins.
Je me reprends à espérer en voyent l´avance inexorable de l´infanterie royale. Mon cœur se gonfle de fierté pour ses hommes braves que j´ai formés à la dure dans et que j´ai emmenés dans toutes mes conquêtes. Une flèche siffle à mes oreilles, mais je n´en ai cure. Faisant volter mon cheval, je rejoins mes lignes et regroupe ma garde autou de moi. Jamais je n´ai été plus en danger qu´aujourd´hui, et pourtant je ne m´en suis pas rendu compte.
Enfin, les daces cèdent, et leur général les exhorte en vain de revenir à la bataille. Je me porte à sa encontre et lui offre de mourir noblement plutôt que de fuir. Il ne sait que choisir, mais voyant que mes hommes l´encerclent, il empoigne son immense lame, la brandit et l´abat sur moi. Je n´ai que le temps de me décaler mais mon bouclier vole en éclats et mon bras est brisé. Je sens les esquilles d´os me percer les chairs de façon abominable. J´évite un autre de ses coups en me baissant, puis je fais faire un pas de côté à ma monture pendant qu´il m´adresse une autre terrible botte. je le frappe de taille alors que son cheval passe le long du mien et il regarde, étonné, mon épée couper ses chairs comme du beurre. Il s´abt de tout son long sur le sol, dans un bouillonnement de sang.
Je lève mon glaive et cette fois je ne chante plus. Je hurle ma victoire et leur défaite, je hurle ma gloire et leur honte, je hurle, je hurle à la manière des loups et en cho me répondent tous les cors…