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Liste des sujets

Topic des communistes

Lordoniste
Lordoniste
Niveau 7
14 juin 2016 à 22:50:46

Le 14 juin 2016 à 20:46:07 Mattructus a écrit :
Bon, je vais officiellement décéder demain devant mon sujet. Adieu camarades ! [[sticker:p/1lmk]]

Que Marx soit avec toi camarade

CitoyenChonoc
CitoyenChonoc
Niveau 10
15 juin 2016 à 00:01:15

Moi je viens de me foirer en micro :hap:

Pseudo supprimé
Pseudo supprimé 15 juin 2016 à 09:50:14

15-novembre, ton histoire de contrôler les quartiers dans les villes... les bolcheviques n'ont jamais mené ce genre d'action (sauf au moment de la révolution bien sur). Ça n'a jamais été une stratégie des bolcheviques de mener à long terme une guérilla urbaine.

En revanche ce genre de stratégie a été utilisé par les nazis. Avec les SA dans le contrôle des quartiers. C'était aussi la stratégie du PPF fasciste en France (Doriot), qui faisait un peu dans ce genre là : des distributions de nourriture, des ateliers de quartier,... De même que les frères musulmans en Egypte à une certaine époque. Ou ce qu'essaie de faire les soraliens actuellement avec leur économie solidaire. Sur l'aspect concret, ça ne diffère en rien des procédés mafieux : recréer une entité étatique parallèle, c'est à dire contrôler le territoire pour créer une société parallèle censée ensuite renverser la société officielle. Je ne résume pas à ça la "guerre populaire", mais c'est un peu l'idée quand même.

En aucune façon une "zone libérée" ne peut être "socialiste". Soit elle est autarcique et elle peut être socialiste (mais c'est impossible, comme je l'ai montré dans l'autre message). Soit elle continue à être reliée économiquement aux autres zones et dans ce cas elle continue à être totalement soumise aux échanges capitalistes. C'est à dire au commerce, à tout ce qui va avec. Tout cela n'est donc en rien socialiste, ni même proto-socialiste ou quoi que ce soit. C'est juste un état à côté de l'état, une mafia, comme ça existe en France dans certaine villes, où le police ne peut pas aller.

Certains aspects tactiques sont intéressants. Mais décréter cela comme stratégie, et surtout "univeselle", non. De toute façon c'est bien la vielle idée anarchiste "d'état populaire". Dire qu'il est possible d'instaurer (progressivement ou pas) un état contrôlé par le peuple, c'est justement ce que critiquait Lénine dans l'état et la révolution. https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1917/08/er4.htm#c4.3

Maintenant comme tout le reste de ce bouquin de Lénine, ça n'a rien d'universel. Exactement comme la "guerre populaire" de Mao. Donc je reste ouvert à certaines idées mais je conteste le caractère universel. Et pour ma part je ne crois pas du tout à cette stratégie. Elle peut très bien mener à des résultats, mais certainement pas au communisme.

Je continue de penser qu'elle reste une espèce de stratégie rassurante pour la classe moyenne. Car elle veut se protéger de la faillite de son état providence et se récréer un cocon. Cocon qui, elle l'espère mènera ensuite à quelque chose de plus, mais je crains que non. Jamais un pouvoir pris comme ça n'a mené au communisme, ça ne peut mener qu'à une nouvelle forme d'état qui remplace l'ancien sans le détruire vraiment du coup. Finalement à force de vouloir à tout prix mener la guerre à l'état sans tarder, l'état serait au contraire renforcé ; les tendances naturelles du capitalisme reprendraient rapidement leur droit. Comme cela a toujours fini avec ce genre d'expérience.

Quant à cette histoire de Frédéric Lordon : il n'est pas communiste, mais il est plus cohérent que toi. Car lui au moins ne se cache pas de défendre un capitalisme arrangé pour la classe moyenne. Il assume de défendre ses intérêts. Et comme il assume, ça lui permet d'avoir une certaine cohérence, et un discours malgré tout assez solide et plus réaliste (notamment son développement sur le souverainisme et la dette qui est très intelligent, bien que je ne le partage pas). Si tu veux être cohérent avec l'idéologie que tu incarnes vraiment, intéresses toi à Lordon et tu verras qu'en réalité vous raisonnez de la même manière, en terme d'oppressions, etc... c'est un structuraliste, un subjectvisiste. La seule différence c'est qu'il n'identifie pas les mêmes oppressions.

Message édité le 15 juin 2016 à 09:55:02 par Pseudo supprimé
Pseudo supprimé
Pseudo supprimé 15 juin 2016 à 10:01:11

15-novembre, pour finir sur cette histoire de guerre populaire, je vois ça juste comme la tentative des anarchistes de remettre du "socialisme tout de suite" au goût du jour. La polémique anarchistes-marxistes était de savoir s'il fallait remettre à demain le socialisme où le réclamer tout de suite, le décréter pour ainsi dire.

Avec la guerre populaire, c'est finalement cette vielle idée de faire tout de suite du socialisme qui revient, tout en étant joyeusement accordée avec le "socialisme plus tard" des marxistes, avec la révolution, etc...

Cette phrase de Engels (dont j'ai mis le lien plus haut) répondait d'une autre façon :

L'Etat (n.d. reptinshell : ou la "zone libérée") n'étant qu'une institution temporaire dont on est obligé de se servir dans la lutte, dans la révolution, pour réprimer par la force ses adversaires, il est parfaitement absurde de parler d'un Etat populaire libre : tant que le prolétariat a encore besoin de l'Etat, ce n'est point pour la liberté, mais pour réprimer ses adversaires. Et le jour où il devient possible de parler de liberté, l'Etat cesse d'exister comme tel.

Wang_Hongwen
Wang_Hongwen
Niveau 9
15 juin 2016 à 10:17:08

Pas le temps de rentrer dans le débat, mais jamais la constitution des zones de double pouvoir ne sont un "Etat populaire", ou une volonté de créer un État dans l'État, mais tout simplement des zones de contrôle politique et idéologique, où s'organise petit à petit le pouvoir nouveau et prolétarien, en butte aux structures d'en face. La guerre populaire prolongée se fait sur le long terme, au final tu confonds (comme les pseudos ML anti-mao, jusqu'aux trotskistes), la tactique et la stratégie générale : Jamais il n'est qu'est de prendre des armes constamment, ou alors de mener une "guérilla urbaine". Cela peut se faire de manière stratégie, à un moment donné. Cette stratégie d'ensemble repose sur trois choses : Le Parti, le Front et la Force Armée. Alors, il y a des tas d'expériences historiques qui ont démontrés qu'il était possible de mener ce genre de lutte, pas uniquement la Chine, mais l'expérience au Pérou, celle en Inde, celle aux Philippines, etc etc. La lutte des sandinistes (qui opéraient aussi sur le modèle des "zones idéologiques libérés") également, bien qu'elle souffre d'un déviationnisme assez conséquent à mon avis.

http://servirlepeuple.over-blog.com/article-gramsci-et-la-theorie-de-la-guerre-populaire-en-pays-capitaliste-tres-avance-1ere-partie-120623938.html
http://servirlepeuple.over-blog.com/article-gramsci-et-la-theorie-de-la-guerre-populaire-en-pays-capitaliste-tres-avance-2e-partie-120624036.html

Un texte du (n)PCI sur la question de la guerre populaire (qu'ils nomment eux Guerre Populaire Révolutionnaire de Longue Durée - GPLD,en s'appuyant sur Gramsci) dans les pays impérialistes, démontrant encore une fois son caractère universel.

Et en bonus, un texte des camarades américains sur la question : http://servirlepeupleservirlepeuple.eklablog.com/maosoleum-ncp-lc-qu-est-ce-que-la-guerre-populaire-pcr-canada-sur-la-g-a118962384

Notre devoir en tant que communistes, et en particulier en tant que maoïstes, n'est pas de rejeter quelque tactique que ce soit pouvant mener à la victoire ; et ce serait une erreur de penser que les maoïstes rejettent l'insurrection comme possible tactique. Nous ne la rejetons pas ; simplement, nous ne la considérons pas comme universelle pour les raisons que nous venons de mentionner. La doctrine de la Guerre populaire prolongée est au contraire universelle dans son application et se positionne comme une sérieuse menace pour le Pouvoir bourgeois. Son application va bien entendu prendre des formes différentes selon les conditions des différents pays. En Chine, Mao a commencé à formuler ces thèses dans une série de lectures à l'Association du Yenan pour la Guerre de Résistance contre le Japon, avant qu'elles ne soient compilées dans un seul ouvrage intitulé De la Guerre prolongée, ainsi que dans Problèmes de la Guerre et de la Stratégie.

La Guerre populaire maoïste n'est pas simplement une guerre de libération nationale, mais aussi une manière fondamentalement différente de faire la guerre. Nous avons déjà abordé cette question par le passé, à travers l'exemple de la Nouvelle Armée du Peuple philippine dont nous opposions la discipline militaire révolutionnaire au concept de "guerre totale" de Gonzalo. La vision classique de la guerre est "comment démoraliser l'ennemi aussi vite que possible pour le vaincre". La Guerre populaire prolongée, elle, pose la question à l'inverse : comment galvaniser le Peuple aussi longtemps que nécessaire jusqu'à la victoire finale de la dictature du prolétariat.

Lorsque nous débattons de la doctrine de la Guerre populaire prolongée, nous devons reconnaître que mener à bien cette révolution est - comme le souligne le camarade Moufawad-Paul en parlant de la Révolution russe - un "processus prolongé". Il ne peut pas s'agir d'autre chose ; croire autre chose ne peut conduire qu'à négliger les préparatifs pour le lancement de la GP et à entretenir l'illusion d'une Armée populaire surgissant de nulle part de manière spontanée - ce qui s'appelle de l'aventurisme. L'entraînement des révolutionnaires pour prendre le pouvoir était d'ailleurs - en réalité - ce qui séparait réellement les bolchéviks de la social-démocratie ; un entraînement sans lequel les bolchéviks n'auraient jamais pu remporter le succès, tout comme ne le pourrait jamais la Guerre populaire sans un Parti d'avant-garde.

Content d'apprendre que les maoïstes du monde entier sont dans le même panier que les SA, Doriot et Soral. Décidément, on lit des trucs rigolo sur ce topic :rire: :rire: :rire:

Pseudo supprimé
Pseudo supprimé 15 juin 2016 à 10:30:42

Au fait Wrang Hongwen. J'ai réfléchi au débat d'hier, et je termine sur ça. Désolé d'écrire autant. J'anticipe les réponses car je ne serai pas là pendant plusieurs jours. Pour ma part le débat s'arrête là. Mais ne prends pas tout ce qui est dedans pour toi (même si je dis "tu"). Il n'y a pas que toi qui défend ce genre de point de vue...

Tu dis qu'il est possible de récupérer les "éléments surs" du mouvement en cours. Tu dis qu'il est possible de détourner ce mouvement réactionnaire, d'en tirer quelque chose.

Malgré ton discours marxiste, tu agis à l'encontre des principes marxistes. Ce que fait le marxiste, c'est regarder dans la société, non pas qui souffre le plus ou est le plus exploité, voire le plus nombreux. Le marxiste regarde le mouvement : ce qui naît et ce qui meurt. Ce qui grandit et ce qui disparaît. En choisissant de soutenir ce mouvement, tu soutiens ce qui meurt. Tu empêches le nouveau de naître. En soutenenant ce mouvement, tu entretiens les illusions de "sauvetage" du passé. Comment oses-tu croire qu'entretenir des lubies réactionnaires sur le terrain économique fera déborder le mouvement vers quelque chose de révolutionnaire et de sain !?

Le marxiste cherche ce qui naît et ce qui meurt. Il essaye de comprendre les grandes tendances économiques, géopolitiques, les cycles de crise, la baisse tendancielle du taux de profit, etc... Dans la période actuelle, toutes ces tendances confirment que la classe moyenne, c'est ce qui meurt. Or la classe moyenne, c'est le coeur du mouvement actuel. Encore faut-il être d'accord sur les mots, car ce qui définit une classe sociale, c'est uniquement la quantité de capital qu'elle possède. Rien d'autre. C'est précisément cette perte de capital qui fait que la classe moyenne cesse d'être classe moyenne. Ce qu'elle réclame, c'est de continuer à exister EN TANT que classe moyenne. De telles revendications sont logiques. En revanche, les soutenir en se targuant d'être marxiste, ça n'est pas logique.

Bref tu dis qu'on peut faire déborder de la question économique pour pousser jusqu'au mouvement révolutionnaire. Or la base sur laquelle tu veux t'appuyer, c'est un sol qui se dérobe, c'est une pente glissante, c'est la classe moyenne en putréfaction, en déclin. Quand on veut porter l'avenir, on s'appuie sur ce qui monte, ce qui naît, pas sur ce qui meurt. Le mouvement réactionnaire de la classe moyenne ne peut pas déboucher sur autre chose que ce qu'on voit actuellement. Tu ne pourras pas continuer éternellement à te prétendre marxiste tout en tenant cette position. La réalité te rattrapera. La réalité fait plus mal que mes mots. Si déjà tu ne supportes pas ce que je dis, qu'en sera-t-il du choc avec la réalité ?

En fait, tu es sur l'éternelle position anarchiste. C'est toujours au même débat sur les oppressions. Nous n'avons pas la même compréhension du capitalisme, alors comment pourrait-on avoir le même agenda révolutionnaire ? Tu dis que le capitalisme est essentiellement une oppression (en tout cas tes camarades le disent). Alors forcément ta seule stratégie ne peut être que d'aller agiter les "plus opprimés", les plus souffrants. Toujours dans cette logique subjectiviste. Aujourd'hui la classe moyenne est la plus opprimée, la plus souffrante. Mais est-elle révolutionnaire ? Non.

Dans cette logique subjectiviste des "oppressions", évidemment le but est de mobiliser le plus d'opprimés possibles. D'où cette omniprésence du discours sur les femmes les gays, les immigrés. Dans l'idée que "tout ce qui est opprimé est rouge". Raisonner ainsi, c'est raisonner en populiste, et non en marxiste.

Ces notes de Lénine sont très inétessantes : https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1901/00/vil19010000.htm

Notamment (je me suis permis quelques notes) :

Il manque : la compréhension des causes de l'exploitation ;
[...]
La compréhension des causes de l'exploitation. La propriété privée, base de l'économie marchande.
[...]
L'anarchisme, c'est un individualisme bourgeois à l'envers. L'individualisme, base de toute la philosophie de l'anarchisme. (n.d. reptinshell : l'idée du "droit naturel" de l'individu, idée libérale qui conduit directement au subjectivisme et à la fantaisie des "oppressions" qui frustraient le droit naturel à la propriété de son corps, de ses biens, etc... Pour les anarchistes le capitalisme n'est qu'une oppression qui empêche la liberté totale - refus d'admettre les contradictions objectives, la crise, etc...)

Défense de la petite propriété et de la petite exploitation rurales. (n.d. reptinshell : plus du régionalisme et du localisme au lieu du cadre national)
[...]
Incompréhension du développement de la société

Incompréhension du rôle de l'organisation et de l'éducation des ouvriers. (n.d. reptinshell : au contraire, positivisme qui pense que la vérité est dans l'expérience des masses, refus de la théorie)
Comme panacée, des moyens unilatéraux, détachés du contexte. (n.d. retpinshell : genre la guerre populaire "universelle", universelle on ne sait pas pourquoi)
[...]
Aucune doctrine, aucun enseignement révolutionnaire, aucune théorie.

Tout cela, c'est aussi le refus d'avoir une ligne politique propre. Puisqu'il ne s'agit que de suivre les "opprimés", c'est donc suivre les menées réactionnaire de la petite bourgeoisie. Or elle même ne se positionne qu'en réaction au calendrier des réformes de la bourgeoisie.

Lénine encore (à propos des anarchistes) :

D'abord ce parti, niant le marxisme, s'obstinait à ne pas vouloir (peut-être serait-il plus exact de dire: qu'il ne pouvait pas) comprendre la nécessité de tenir compte, avec une objectivité rigoureuse, des forces de classes et du rapport de ces forces, avant d'engager une action politique quelconque.

https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1920/04/g4.htm

Donc en définitive tout ce que tu feras ne débordera jamais du cadre économique et n'ira jamais vers une quelconque révolution. Au contraire, tu entretiens des illusions chez les gens.
Soit tu es vraiment révolutionnaire et tu mens aux gens en leur faisant croire que tu les aides dans leur lutte ; alors qu'en fait tu attends d'eux que leur réaction se transforme en son contraire, la révolution.
Soit tu n'es pas vraiment révolutionnaire et tu soutiens sincèrement ce mouvement, en espérant que le gouvernement reculera et que les "acquis sociaux" seront sauvés.
Dans les deux cas, il n'y a aucune trace de méthode marxiste. Et ce malgré l'apparence du discours marxiste que tu as greffé sur ta praxis anarchiste.
Malheureusement je ne décèle rien d'autre que du discours anarchiste/populiste sous le vernis "M" "L" M.

Message édité le 15 juin 2016 à 10:34:05 par Pseudo supprimé
Pseudo supprimé
Pseudo supprimé 15 juin 2016 à 10:31:20

La suite.

Les matérialistes disent que les idées sont un reflet de la matière. Les positivistes disent que l'expérience permet de décrire la réalité, et qu'on ne peut aller au-delà. Ce sont deux conceptions radicalement différentes. Car le marxisme n'est pas une science expérimentale...

Le point de vue marxiste est le suivant :

Réalité objective → expérience → théorie → expérience → théorie → ... → compréhension de la réalité objective → pratique, transformation de la réalité objective → expérience → théorie → expérience → etc...

Par "expérience", j'entends : une information perçue, c'est notre connaissance immédiate du monde. Il est vrai que l'expérience a le premier et le dernier mot. Toute théorie a ses racines dans la réalité. Et toute théorie est tranchée par la réalité. La réalité donne raison ou tort à la théorie et pas l'inverse, en effet. Mais la théorie doit aller plus loin que l'expérience. L'expérience permet de décrire le monde, la théorie l'explique. Il est impossible de transformer une réalité qu'on ne comprend pas. C'est la raison pour laquelle Lénine disait que sans théorie révolutionnaire, pas de mouvement révolutionnaire.
Réclamer tout de suite que la théorie soit vérifiée par la pratique, c'est refuser toute théorie puis se tromper dans la pratique.

Le point de vue socialiste et positiviste est le suivant :

Réalité subjective → expérience → description de la réalité subjective → pratique → expérience → description de la réalité subjective → ... → transformation de la réalité subjective (changement et révolution dans les mentalités, dans la culture) → expérience → ...

Le positivisme n'admet que la réalité subjective. Seule l'expérience amènerait à la connaissance. Qui n'est qu'une une description du monde (forcément personnelle et subjective car chacun fait sa propre expérience).

Ensuite, tu confonds expérience et pratique, dans le mot "expérimentation". Or l'expérience peut se passer de pratique. Si ma théorie prédit qu'une météorite s'écasera à tel endroit à telle heure, j'ai juste à constater si ça se produit ou non. C'est de l'expérience, pas de la pratique. (pratique au sens d'action comme l'entendait Lénine, et non pas au sens que donnait Marx, où les deux mots étaient interchangeables).

La racine de tout ça, c'est le subjectivisme. L'individu fait l'expérience et c'est uniquement de là que viendrait la vérité. Les idées venant d'ailleurs que de l'expérience ne comptent pas (pensent-ils).

C'est faux. Comme tout un chacun, tu as bien une idée sur l'état islamique, sur l'Inde, sur l'histoire de la Rome antique, sur le moyen-âge. Et pourtant j'ose espérer, tu n'as ni fait l'expérience de l'état islamique, j'imagine que tu n'as pas été en Inde, ni voyagé dans le temps pour vérifier tes idées sur la Rome antique, sur le moyen âge. Tu as pourtant des idées dessus, tu as une compréhension du monde présent, passé, lointain, sans en avoir fait l'expérience.

Alors j'entends déjà "oui mais quelqu'un qui fait sa propre expérience sait mieux que quelqu'un qui parle de l'extérieur sans connaître". Ah oui ? Tu crois qu'un djihadiste de l'EI connaît les enjeux du conflit ? Mieux qu'un expert en géopolitique ? Les petits soldats n'ont qu'une vision partielle des choses. Ils n'y comprennent rien. Tu connais sans doute bien mieux la situation en Inde que la majorité des indiens. Tu connais bien mieux l'histoire du moyen-âge que le serf du moyen-âge, bien que lui en ait réellement fait l'expérience.

De même, les ouvriers et les salariés, n'ont qu'une vision partielle du capitalisme. Etre ouvrier ne donne aucune compréhension du système. Seule la théorie, le recul, l'analyse et la synthèse permettent de le comprendre. Ça n'a rien d'évident, sinon Das Kapital ne servirait à rien. Il n'y a pas non plus besoin d'avoir été serf ou esclave pour comprendre le servage ou l'esclavage.

Comme les prolétaires n'ont pas le temps de s'intéresser à la théorie, les intellectuels marxistes font ce travail. Si les masses détenaient la vérité, il n'y aurait pas besoin d'avant-garde. On pourrait alors sans problème s'en remettre au génie des masses puis, pour le coup, "ne rien faire" (et aussi surtout pas réfléchir).

Pseudo supprimé
Pseudo supprimé 15 juin 2016 à 10:32:58

Suite et fin.

Le subjectivisme est purement libéral. Car si on ne peut connaître que par l'expérience, alors tout tourne autour de "l'individu opprimé" avec ses droits naturels bafoués (même si vous ne l'assumez pas c'est bien de ça qu'il s'agit). Il y a bien une différence avec les libéraux : pour vous le capitalisme est une oppression supplémentaire sur l'individu. Pour les libéraux, seul l'interventionnisme de l'état est une oppression, le capitalisme libère au contraire l'individu. Mais sinon, quelle différence ? Le but est la liberté totale de l'individu, de le libérer des soit-disant "oppressions". C'est une démarche subjectvisite de A à Z : la société est niée, les contradictions objectives sont niées. Seules restent les "oppressions", forcément subjectives.

Le subjectivisme mène bien à l'idéologie des oppressions. A cette fantaisie qui consiste à voir le monde comme une construction d'oppressions. Au lieu d'y voir des contradictions objectives. Pour les subjectivistes, le capitalisme est seulement un système d'oppression (l'une des "trois oppression"). Tout partirait d'une organisation oppressive de la société, dont l'exploitation capitaliste découlerait. Au contraire pour les marxistes, l'origine du capitalisme et des classes sociales, c'est la propriété privée. Et de cette propriété privée naît la société capitaliste, divisée en classes, qui sert uniquement à reproduire le capital : le travail mort domine le travail vivant.

Que fait l'extrême gauche (subjectiviste) ? Elle part de "l'oppression", et voit en l'ouvrier, en la femme, le "racisé", un damné de la Terre qui ferait une bonne recrue. Elle se dit que seul l'ouvrier peut comprendre l'exploitation, seule la femme peut comprendre le sexisme, seul le gay peut comprendre l'homophobie et seul l'arabe peut comprendre le racisme. Donc dans la mesure du possible, le subjectiviste essaye de se mettre à la place de ces personnes. Par exemple en faisant de l'entrisme chez les ouvriers (car croient-ils ce sont des opprimés, donc des prolétaires ; comme si opprimé = prolétaire alors que la définition de prolétaire trouve sa source dans les contradictions objectives (la propriété du capital). Non dans une quelconque oppression subjective). En se travestissant, en mentant sur leur origine de classe, les militants d'extrême gauche ont complexe de classe. Car toute l'extrême gauche est composée de blancs de classe moyenne. C'est eux qui se révoltent, et qui ont besoin de recruter des opprimés afin de faire pression sur la bourgeoisie, dans une démarche réformiste (non assumrée évidemment).

Et quel intérêt cela sert-il ? Celui du prolétariat ? Non. L'intérêt défendu est celui de la classe moyenne. Car la classe moyenne ne peut pas mener la lutte elle-même. Elle a toujours besoin de mobiliser le plus largement possible. Jamais elle n'assumera défendre son intérêt. Elle cherche le plus "d'opprimés" possibles pour jouer le rôle de petits soldats. Actuellement elle ça racle les fonds de tiroirs avec les causes sociétales. Sauf dans les moments de forte contestation petite bourgeoise comme en ce moment. Et même si tu prétends que tu veux la révolution, tu es toi-même obligé de reconnaître qu'on ne peut pas transformer un mouvement réactionnaire (fût-il composé des gens les plus opprimés), en un mouvement révolutionnaire. Encore une fois, si tu crois que opprimé = prolétaire, et donc opprimé = révolutionnaire, tu es incapable d'expliquer pourquoi dans les faits les opprimés en question sont les plus conservateurs et réactionnaires (manifs actuelles). Tu t'en sors en disant que vous sélectionnez les "éléments les plus surs", mais qui peut croire une chose pareille ?

Bref, tout ça : le positivisme, le subjectivisme, ce n'est pas le marxisme. Si je me réclamais de Gonzalo en racontant n'importe quoi, tu me remettrais à ma place ? Car ça irait à l'encontre de ton projet que tu estimes être juste et noble. Eh bien moi je fais pareil. Tu te revendiques de Marx et Lénine. Mais ce n'est que la forme, pas le fond que tu as vraiment. Donc oui, je me permets de te contester à toi et à l'extrême gauche le titre de "marxiste léniniste". Au lieu de "Marx Lénine Mao", je vous laisse sans problème "Mao Mao Mao".

Mais, à l'heure actuelle, c'est uniquement sous l'émotion que ce débat va tourner. La colère, la haine, inutile, ce jeu de celui qui aura le dernier mot, comme d'habitude. Une querelle sans intérêt. Je sais très bien que tu refuseras d'admettre que tu n'es pas marxiste. En attendre autant de toi serait ridicule. Donc je n'attends rien du tout. En revanche je me retire de ce débat, laissant à chacun le temps de bien comprendre de quoi on parle. Je ne pense pas que ta réponse écrite sous le coup de je ne sais quelle empressement servira ce débat, ni ma réponse à la tienne qui suivra. C'est pourquoi, pour ma part, j'arrête le débat là, et ça risque d'être pour un long moment.

Bref, crois ce que tu veux, et fais croire aux autres (ou à toi-même) que les maoistes sont marxistes. Pour ma part je reste droit dans mes bottes, et tant pis si personne n'est d'accord.

Message édité le 15 juin 2016 à 10:37:53 par Pseudo supprimé
Tyler_Durden_68
Tyler_Durden_68
Niveau 10
15 juin 2016 à 11:20:29

Dixit le gars qui me disait il y a quelques mois "gnnnn tu enterres le débat en faisant des pavés, c'est ta stratégie pour me faire dégager". T'as raison, c'est inutile de poursuivre le débat vu que tu le soldes toi même et que tu me fais avoir des raisonnements que je n'ai pas. C'est le comble de l'hypocrisie. Mais personne est marxiste ici, sauf toi et tes copains. On vous en laisse volontiers l'étiquette et on retourne faire les anarco-populistes.

Bien à toi. :)

Message édité le 15 juin 2016 à 11:20:51 par Tyler_Durden_68
Pseudo supprimé
Pseudo supprimé 15 juin 2016 à 11:43:42

Sujet de philo passé, je saurais même pas dire ce que j'en pense.

Herr_Lampadaire
Herr_Lampadaire
Niveau 10
15 juin 2016 à 12:17:56

Le 15 juin 2016 à 11:43:42 TheRedWave a écrit :
Sujet de philo passé, je saurais même pas dire ce que j'en pense.

C'était quoi ?

Pseudo supprimé
Pseudo supprimé 15 juin 2016 à 12:21:08

J'ai pris le commentaire de texte, un extrait d'un texte de Descartes.

Tris0m
Tris0m
Niveau 10
15 juin 2016 à 12:28:29

Pour acbd a priori y avait "travailler moins est ce vivre mieux" comme sujet :noel:

Pseudo supprimé
Pseudo supprimé 15 juin 2016 à 12:29:53

C'est qu'il est pas en es.

Tris0m
Tris0m
Niveau 10
15 juin 2016 à 12:31:14

J'ai entendu ça à la radio, ça fait un moment que j'ai passé mon bac du coup je pourrai pas te dire en quelle série c'était :noel:

Herr_Lampadaire
Herr_Lampadaire
Niveau 10
15 juin 2016 à 12:47:36

Sur l'épisode de l'hôpital, hier : https://lundi.am/Sur-l-instrumentalisation-des-vitres-de-l-hopital-Necker-Un-parent

Axetibe
Axetibe
Niveau 10
15 juin 2016 à 12:47:45

C'était les S :oui:

J'ai eu "Le désir est-il par nature illimité?" :hap:
Heureusement que c'est coef 7 la philo :noel:

Herr_Lampadaire
Herr_Lampadaire
Niveau 10
15 juin 2016 à 13:13:02

Le 15 juin 2016 à 12:47:36 Herr_Lampadaire a écrit :
Sur l'épisode de l'hôpital, hier : https://lundi.am/Sur-l-instrumentalisation-des-vitres-de-l-hopital-Necker-Un-parent

Edit : Pas un mot sur la mobilisation en elle-même dans les médias, évidemment...

Tris0m
Tris0m
Niveau 10
15 juin 2016 à 13:21:47

Un article consultable gratos du diplo sur la vraie casse de l'hôpital public :noel:

http://www.monde-diplomattique.fr/2010/11/GERVAIS/19825

acbd
acbd
Niveau 9
15 juin 2016 à 14:17:01

Le 15 juin 2016 à 12:28:29 Tris0m a écrit :
Pour acbd a priori y avait "travailler moins est ce vivre mieux" comme sujet :noel:

:noel:
j'aurais été inspiré

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