Bah il suffit de demander mon ti zell-2!
Fatalitas erat, est, erit.
« Le noir. Le noir est l’essence de toute chose. La lumière existe uniquement car l’ombre est là pour la mettre en valeur. La vie n’existe que par la mort. Dieu ne serait rien sans le Diable. Le noir est l’essence de toute chose. Sans lui, nulle chose n’existerait. N’est-il pas normal de lui payer un tribut ? De lui rendre ce qu’il nous a donné ? »
L’homme, récitant ses mots, contemplait l’endroit où il se trouvait. Tout n’était que profondeurs, que ténèbres.
En regardant en arrière, il ne voyait que flou, ombres, nuances de gris. Une vie dans laquelle il n’avait été que le trait raté d’un crayon maladroit, où tout s’était toujours assombri, où aucun recoin n’avait été adouci par une touche de blanc, de couleur, de luminosité.
Si son regard se portait au devant de sa route, il ne pouvait y apercevoir aucun mouvement, seulement le noir final. Ce noir final qui l’avait mené ici.
Quand il levait la tête, il n’apercevait que l’absence, le vide d’un Univers entier. Ce rien qui ne serait sans doute plus comme ça d’ici peu.
Mais chaque mouvement de sa tête, chaque souvenir ne faisait que rendre plus visible l’étendue de mort qui s’étalait à ses pieds, en contrebas.
« Le dernier saut, le noir final. »
La mort. Cette étendue pouvait être constituée de n’importe quel type de liquide ou de solide, voire même de gaz. Mais peu lui importait ce que c’était, pourvu que ce soit mortel.
« Le dernier saut, le noir final. »
Le pont sur lequel il se trouvait semblait lointain déjà, comme il anticipait ce pas en avant, ce dernier pas, ce pas irréversible, le dernier qu’il ferait.
« Le dernier saut, le noir final. »
Le village sur la berge n’existait déjà plus pour lui. Il n’y avait plus que trois choses qui tournaient inlassablement dans sa tête, lui, son dernier pas, et l’étendue qui était au-dessous.
« Le dernier saut, le noir final. »
Ses yeux n’étaient plus que de points. Dans cette nuit, tout était obscur. Tout.
« LE DERNIER SAUT, LE NOIR FINAL ! »
Sa voix résonna une dernière fois, et son pied avança, se balança un instant au-dessus du vide, du rien, et il sauta.
Un pas. Un saut. Une chute. Un miracle. Une vie nouvelle pour cet homme, Hellmaster.