Je vous avais dit que le nouveau chapitre serait pour cet aprem, et bien j´ai tenu parole, le voila^^
Pas passionant je sais, mais il est surtout là pour mettre en place les choses^^
Ephémonit
« Hellmaster ! »
Le cri retentit sur les cinquante mètres qui séparaient les deux « rescapés » de leur compagnon. Celui ci était étendu sur le dos, les bras en croix, les yeux fermés, au milieu d’un cercle de pierres blanches. Le Géhatos, paisible maintenant, emportait quelques rares fragments de glace. Il était à peine cinq mètres plus bas que le bord du cercle.
Indis franchit l’espace qui la séparait d’Hellmaster en courant de toutes ses forces.
Elle s’écroula à genoux à côté de lui et se pencha sur lui.
« Hell, tu m’entends ? »
Ouvrant faiblement les yeux, il la regarda et répondit d’une voix très basse :
« C’est agréable de voir un ange en se réveillant. »
Baf !
« C’est malin, tu penses qu’à ça ! Tu aurais pu mourir espèce de crétin ! Mais qu’est ce qui s’est passé, comment es-tu arrivé ici ? »
Il se redressa péniblement, secoua la tête, bailla et regarda autour de lui.
« Bah, le fleuve a du me rejeter sur la rive, j’ai eu de la chance !
- Une sacré chance, ça fait deux semaines que tu es tombé dedans ! Et en plus, le fleuve n’aurait jamais pu t’amener ici, on est en amont de l’endroit où tu es tombé dedans !
- Quoi ? »
Surpris, il se redresse complètement.
« Mais qu’est ce qui s’est passé ?
- Ca on aimerait bien le savoir ! Comment t’es arrivé là ? »
Raphaël, moins expansif qu’Indis, venait seulement d’arrivé.
« Alors, qu’est ce qui s »est passé depuis que tu nous as quittés ?
- Je n’en sais rien… Je ne pensais pas qu’il s’était passé tant de temps, j’ai l’impression que ça fait quelques heures à peine…
- Et bien… Tu ne te rappelles vraiment de rien ?
- Hum ! Si, maintenant que tu le dis, je me rappelle une impression. Une impression de chaleur, de douceur, de calme. »
Indis et Raphaël échangèrent un regard éloquent.
« Quoi, qu’est ce que vous avez ?
- Rien ! »
« Presque agressive, mais qu’est ce que j’ai pu dire ? »
« Allez, lèves-toi, on est presque arrivé à destination !
- Ah bon ? Et bien, ce n’est pas si mal de tomber à l’eau ! J’ai économisé deux semaines de marche !
- Tais-toi, tu ne sais pas ce que tu dis ! »
Obéissant, il se leva et regarda l’endroit où il se trouvait.
Le Géhatos, à peine plus étroit, donnait une impression de force, une force latente, mais aussi de calme, de douceur et de tranquillité. Rien à voir avec le Géhatos gelé qu’il avait aperçu il y a deux semaines de ça.
Autour de lui, il n’y avait pas de grands changements. La plaine se déroulait, identique, vide et plate. Au-delà du Géhatos, rien ne venait troubler cette quiétude. Du côté opposé non plus. L’aval du Géhatos se déroulait, vide lui aussi. Hell n’aurait pas su dire à quelle distance il était tombé dedans. Enfin, en amont se trouvait un petit village. Il s’étendait sur la ligne d’horizon, on le devinait à peine. Ses maisons, une cinquantaine, s’étalaient en étoile autour d’une place centrale, occupée apparemment par des magasins et autres boutiques. Un grand bâtiment s’élevait au milieu de cette place, mais à cette distance, il n’arrivait pas à en savoir plus.
« Allez, en route ! »
Indis commandait toujours. Elle avait beau se montrer agressive envers lui, Hell avait l’impression qu’elle était particulièrement contente de le retrouver.
Le petit groupe s’ébranla en direction de ce petit village.
« Et qu’est ce qu’on va y faire dans ce village ? »
Hell était toujours aussi avide d’apprendre, peut-être de réapprendre ce qu’il avait oublié.
« D’abord s’y reposé un peu. Tu as peut-être passé deux semaines à dormir, mais ce n’est pas notre cas. Après un ou deux jours de repos bien tranquille, on achètera ce qu’il nous faut, et on repartira. On est encore loin de la ville vers laquelle nous nous dirigeons.
- Et qu’est ce que nous y ferons dans cette ville ? Nous avons une chance de retrouver une trace de mon identité ?
- Plus le temps passe et plus je me le demande…
- Comment ça ?
- Non, rien… Je t’expliquerais plus tard… Enfin bon, nous y trouverons au moins des informations. »
Hell essaya bien de continuer à lui demander des informations, mais il n’obtint plus rien, et finit par se murer dans le silence. Raphaël n’avait plus ouvert la bouche depuis qu’il s’était mis en route. Il avait l’air de mieux supporter la marche, mais il n’était pas encore au même niveau de résistance qu’Hell, et encore moins celui d’Indis.
Un instant, Hell se demanda s’il s’était passé quelque chose entre ses deux compagnons, mais il préféra attendre pour voir ça le soir, à leurs réactions.
Mais il discerna quelque chose qui le troubla sur le visage de son « rival ». Quand celui ci posa son regard sur Hell, qui l’observait, une lueur très brève passa dans ses yeux. Il ne portât d’ailleurs plus son regard sur Hellmaster de tout le voyage. Mais Hell ne savait comment interpréter ce regard. Il avait traduit une chaleur, presque de l’amour.
En fin de soirée nos trois aventuriers bas de gamme arrivaient enfin dans ce petit village.
« Eh bien, pas fâché d’y être, on va enfin pouvoir dormir dans un bon lit !
- Ca tu l’as dit Raph. Mais j’ai surtout envi de faire un bon repas chaud planté dans un coin d’une taverne en écoutant un musicien !
- Ah ah, gourmande ! »
Hellmaster se sentit un peu mis à part durant cette conversation, mais il pensa que ce n’était pas étonnant, après deux semaines d’absence. Il aurait été étonnant que les deux autres ne se soient pas rapprochés.
Ils arrivèrent rapidement sur la place centrale. Leurs regards se portèrent sur le bâtiment qu’ils avaient devant eux.
Surmonté d’une immense coupole de trente mètres de diamètre, qui réfléchissait les rayons du soleil avec des reflets cuivrés, il s’élevait sur une vingtaine de mètres. Construit à l’aide d’immenses blocs de marbre, il était d’un blanc nacré. Il ne possédait presque aucune fenêtre, juste des meurtrières de place en place. Sa porte, haute de trois mètres, était en chêne massif, barrée d’immenses traverses en argent. Il portait de nombreuses décorations, elles aussi en argent, mêlé d’or. Deux gardes surveillaient la porte, armés de pieds en têtes.
Autour de ce bâtiment, la place formait un cercle parfait. Pavée, elle aurait permis la circulation de nombreux véhicules en plus d’une foule dense. Mais étrangement, il n’y avait que quelques rares marchands la parcouraient.
Les diverses échoppes qui la clôturaient étaient construites à l’aide de pierres rouge, qui prenaient des reflets bleutés sous le soleil. En combinaison avec leurs toits d’ardoises, ces reflets et le vide de la place donnaient l’impression d’une ville fantôme.
« Hep là ! Je peux savoir ce que vous faites ici ? »
Le garde était agressif, voire même menaçant. Il venait de sortir du bâtiment central. Les autres gardes n’avaient pas bronchés.
« Nous venons d’arriver en ville, et nous cherchons une bonne auberge. »
La voix d’Indis restait calme, assurée. Le garde arriva à leur niveau et les toisa avec mépris.
« Etrangers hein ? Vous n’avez pas le droit d’être ici ! Si vous voulez accéder à une auberge, il faut revenir ce soir, à la tombée de la nuit. Disparaissez maintenant !
- Mais…
- Je vous ai dit de partir. Si je vous revois ici, je vous fais enfermer, compris ? »
Avec dépit, Indis se résigna et entraîna ses amis vers l’extérieur de la ville. Ils allèrent s’asseoir au bord du Géhatos et le regardèrent couler jusqu’à la tombée de la nuit. Ils revinrent alors en ville.
Quand les trois compagnons débouchèrent sur la place, l’ambiance avait changé d’un extrême à l’autre.
Sous la lumière des torches, la place devenait chaleureuse. La foule avait envahi la rue, et plus aucun garde n’était visible. Tous les magasins étaient ouverts, pleins de monde eux aussi.
Etonnés, nos amis s’engouffrèrent dans une auberge et s’approchèrent du comptoir, tenu par un gros bonhomme, la figure joufflue, de larges moustaches noires et le crâne rasé.
« Bonjour messieurs dames ! Je peux faire quelque chose pour vous ? Vous n’avez pas l’air d’être de la région. Vous avez fait bon voyage ? Vous désirez une chambre ? Un bon repas chaud ? Ou peut-être juste une bonne chope de bière ? »
Le tenancier avait dit tout cela d’un trait, d’une grosse voix amicale. Ses petits yeux, enfoncés dans leurs orbites, détaillaient ses clients d’un air rusé et amical. Son large front et son grand sourire lui donnait un air franc et jovial. Indis, pas très rassurée dans cette foule, demanda d’une petite voix :
« Euh, nous aimerions une chambre pour quelques jours, c’est possible ?
- Mais bien entendu ! Que désirez-vous, une chambre grand luxe, une plus moderne, une simple et à bas prix ?
- Uneuh… une chambre classique, pas trop sobre, mais grande, avec salle de bain, et un seul grand lit.
- Bien, sans problèmes ! Vous désirez autre chose ?
- Oui, nous aimerions manger aussi. Vous pouvez nous servir dans la chambre ?
- Le client est roi ! Que désirez-vous manger ?
- Euh, un gros jambon fumé, deux cruches de bière, de la salade et des biscuits.
- La salade ça risque d’être cher, je préfère vous prévenir.
- Nous avons de quoi.
- Bien, tenez, voici votre clé. Je pense que vous pourrez vous retrouverez, vous êtes au premier.
- Merci beaucoup. »
Indis attrapa la clé et entraîna ses compagnons derrière elle. Un instant plus tard, ils étaient dans leur chambre.
« Un grand lit ? »
Hellmaster s’étonnait.
« Bah oui, ça évitera de faire un jaloux. »
Indis avait un sourire en coin. Hellmaster regarda Raphaël, qui ne souriait pas. Il avait juste l’air épuisé, et s’écroula sur le lit en se serrant dans un coin avant même l’arrivée du repas. Il ne se réveilla même pas quand Indis le secoua pour le lui dire.
Hell et elle s’assirent donc face à face à la petite table qui occupait un coin de leur chambre. Leur dîner fût très agréable, bien que silencieux pour éviter de réveiller Raphaël. Après quelques heures passées à discuter de tout et de rien, les deux décidèrent qu’ils étaient trop fatigués pour continuer. Ils se déshabillèrent donc ( lol, vous avez tous l’esprit mal tourné je suis sûr ! ^___^ ) et se mirent au lit. Hell essaya bien de se serrer contre Indis, mais elle, prétextant qu’elle avait trop chaud, le repoussait sans cesse. Il attendit donc qu’elle s’endorme à moitié, puis vint se coller contre elle, la serrant dans ses bras, et ils s’endormirent.
( Pour ceux qui n´auraient pas compris, le titre, Ephémonit, est le nom de ce village! )