Chapitre 1 : Vagabond
Cinq mois c’étaient écoulés depuis le couronnement de Nanaki40, les habitants de Moly n’appréciaient guère les lois qu’il avait mit en vigueur : il avait augmenté les impôts pour s’enrichir. Il ne s’occupait pas de son peuple, les gardes patrouillaient dans la ville mais rien de plus.
Deux jeunes garçons couraient à travers les rues de la ville, bousculant les passants avec à leur trousse trois soldats.
- Arrêtez ces deux vauriens ! Cria l’un des trois hommes.
Les deux vauriens, comme il les appelait, arrivèrent à un croisement et ils allèrent chacun d’un coté, deux des gardes partirent sur la gauche et l’autre sur la droite.
Les deux soldats avaient du mal à suivre le garçon à cause du poids de leur armure. Ils suaient à grosse goutte. Il tourna dans une ruelle et devant lui se trouvait une barrière trop haute pour qu’il puisse l’escalader, il décala l’une des planches et se faufila par le passage qu’il venait de dégager ; les deux gardes étaient beaucoup trop gros pour espérer passer.
- Ce sale petit morveux nous a échappé, grommela l’un des Soldat.
- Espérons qu’il ait attrapé l’autre, dit le second.
Le jeune garçon se dirigea vers une bâtisse qui n’était pas en très bon état, il entra par le sous-sol et à l’intérieur se trouvaient des meubles plus que précaires, comme une commode qui n’avait plus que trois pieds sur quatre. Au sol deux couvertures poussiéreuses étalées sur le sol, des restes de fruits étaient éparpillées ça et là.
Il monta à l’étage à l’aide d’une échelle relié à un trou dans le sol. Il arriva au milieu d’un salon, il s’affala dans un canapé, faisant virevolter ses longs cheveux bruns, qui tombaient devant ses yeux noirs, et dévoilant aussi une paire de boucles d’oreilles représentant des demi-cercles noirs. Il rajusta sa ceinture de même couleur avec en son centre une étoile blanche qui lui permettait de tenir son pantalon marron.
Il se releva et se dirigea vers l’une des fenêtres de l’étage, et découvrit avec stupeur les trois soldats qui les poursuivaient avec son compagnon qui n’était autre que son jumeau Aurasmash.
- J’ai réussi à rattraper celui-la, que fait-on pour l’autre ? demanda l’un des soldats.
- Laissons le, il finira bien par réapparaître un jour, répondit un autre.
- Allons l’enfermer dans les cachots du château, il pourrira là-bas, rit le troisième.
- Lâchez moi bande de brutes, j’ai rien fait de mal, cria Aura tout en essayant de se débattre.
Ils partirent en direction du château, suivit de Perfect qui entre temps avait enfilé une cape beige recouvrant toute la partie supérieure de son corps.
Le cachot du jeune garçon n’était pas très grand, ni confortable, un talus de paille dans le fond de la cellule servait de couchette. Le jeune homme s’appuya contre le mur, réfléchissant. Il replaça son casque de musique qui était tombé dans son cou ainsi qu’une fine mèche de cheveux noirs. Son pantalon vert était noirci par la graisse tout comme sa chemise.
Nanaki40 longeait un long corridor, suivi de trois gardes ; ils marchaient d’un pas pressé, le regard du jeune roi était inquiétant. Ils arrivèrent devant une porte en bois munie d’une petite fenêtre grillagée de barre de métal. L’un des trois soldats frappa et un homme ouvrit la porte.
C’était une salle de torture de taille modeste. Sur le mur, face au roi se trouvait attaché une jeune femme. Elle portait des haillons de couleur marron, sa tête était penchée vers le sol.
- Alors très chère vous ne voulez toujours pas nous conduire jusqu´à votre royaume ? Siffla Nanaki40.
La jeune fille releva la tête en entendant ces paroles. Ses yeux marron ne dégageaient que de la haine ; quelques-unes de ses mèches rouges collaient à son visage dégoulinant de sueur.
- Je vous ai déjà dit que je ne révèlerai rien, cracha la jeune femme.
- Votre réaction me désole profondément, être obligé de vous traiter de cette manière ne m’amuse pas, vous savez, mais quand je veux quelque chose, je l’obtiens toujours, dit-il froidement. Vous vous croyez forte mais je vous briserai et à ce moment-là vous me direz tout ce que je veux savoir.
Il se retourna et quitta la salle en faisant un signe aux soldats qui étaient arrivés avec lui, une fois la pièce vide, la jeune fille laissa retomber son visage et des larmes coulèrent le long de ses joues avant de s’éparpiller sur le sol froid de la pièce.