Attention, cette critique contient quelques légers
Conçu par un auteur friand de films à messages politisés, Starhip Troopers n'échappe en rien à la règle, au point que celui-ci a amorcé de nombreux débats sulfureux sur la véritable nature de cette oeuvre controversée et sur le positionnement politique de Verhoeven que certains avaient déjà accusé auparavant d'étayer des doctrines d'extrême droite.
Il est vrai que les termes : " messages" ou encore "positionnement politique" peuvent prêter à confusion lorsqu'on évoque un film tel que Starship Troopers. Parce qu'un néophyte dénué de toute prise de recul qui regardera cela au premier degré, n'y verra qu'un bête film de SF, un star Wars en plus bourrin, peuplé de midinettes maniant des gros guns pour exciter les éphèbes bubelés et de beaux gosses gominés sortis tout droit d'un sitcom des 90's. En gros ça mitraille des insectes à tout va dans des tenues de combats kitsch et ça s'amourache mielleusement comme si nous avions affaire à une mièvrerie que les lectrices de "ELLE" s'arracheraient.
En réalité, derrière ces défauts ou manquements (parmi lesquels la majorités sont volontaires), se trouve une remarquable réflexion sur l'être humain, le fascisme et la propagande. Comme dans tous films de SF, l'auteur imagine une société humaine présentant un futur particulièrement sombre, terne, voir terrifiant, dans le but de montrer quelles conséquences pourraient avoir certains choix politiques sur l'avenir, (ou expérience scientifique, mais cela ne concerne pas le cas présent). Dans Starship Troopers, Verhoeven décrit une société, qui, par la faute de la désinformation pandémique que diffusent constamment les chaînes de télévisions, ou les discours à caractère zélateur des professeurs d'écoles, a fini par tomber dans un fascisme total à l'échelle planétaire, dont le principal méfait est de se tourner vers la caste des jeunes étudiants dans leur politique de recrutement militaire, pour une guerre à priori superflue, puisque la première scène montre clairement qu'il suffit de détruire toutes menaces stellaires à coup de missiles, sans pour autant envoyé des centaines de milliers de citoyens à la mort.
Par cette première scène, le réalisateur indique déjà sa position. L'homme dans son complexe de supériorité primitif, se lance dans une guerre qu'il est persuadé de gagner. Le but : rester la puissante race qui dominera la galaxie, comme jadis les Nazis voulaient faire des Ariens une race supérieure à n'importe quelle autre. La comparaison n'est pas anodine, en atteste la tenue de Carl à la fin, très proche de celle des SS à leur époque.
Tourné lui-même comme un film de propagande (musique héroïque lors des scènes de combats, acteurs charismatique et toujours bien coiffés, narration neutre au premier abord, sans jugement, pleins de petits clips tv visant l'endoctrinement massif), le film se révèle très ironique sur le message qu'il communique en témoigne un bon nombre de scène suffisamment grosse pour que l'on se rende compte du cynisme exacerbé déployé par le réalisateur.
Par conséquent, Starship Troopers, possède deux facettes, toutes deux aussi brillantes l'une que l'autre. L'une reflète un conflit guerrier quand même vachement fun et bien filmé, l'autre renvoie une image beaucoup plus posée, ironique, indiquant de façon évidente que le film jouit d'une réflexion intéressante.
8,5/10