Je venais de passer la première nuit de mon voyage isolée dans le désert et je commençais à comprendre ce qu’était la solitude. Étant habitué à vivre dans un groupe, je n’avais jamais remarqué à quel point la nuit on pouvait se sentir seule. J’avais réussi à me trouver un abri entre quelques rochers qui formais une sorte de cavité, me protégeant des nuits fraîches du désert.
Je m’étais levée tôt pour gagner le plus de temps possible, espérant sortir du désert avant la prochaine nébulosité. J’avais surtout hâte de voir autres choses que du sable et sentir la fraîche caresse de l’herbe sous mes pieds. Après avoir pris un petit déjeuner rapide, composé d’un morceau de viande séché tout droit sorti de mes provisions, je me mis en route du pas déterminé.
Je marchais dans le sable depuis environ deux heures que je me rendis compte que je n’avais aucune idée exacte d’où se trouvais la sorti de ce désert. Maudit soit-il! Je pouvais apercevoir, loin à l’ouest, une chaîne de montagnes. Pour le reste seulement du sable à perte de vue. Je me rappelais que les gérudos ayant voyagé au delà du désert, prenaient, en général, le chemin le plus long, mais aussi le plus sécuritaire. Depuis notre forteresse, elles marchaient toujours en direction nord pour arriver à de hauts pics puis elles longeaient ceux-ci vers l’est pour déboucher sur une plaine verdoyante. L’autre chemin, mais très peu utilisé et beaucoup plus dangereux, s’agissait de traverser la chaîne de montage à l’ouest. Quelques unes l’avaient déjà accompli, mais le chemin était difficile à trouver. Mon but premier persistait d’aller à Ellurie et je savais que la ville se trouvait à l’ouest, donc de l’autre côté de ces hauteurs. Si je prenais le chemin le plus sécuritaire, je me rallongeais de plusieurs jours avant d’arriver à Ellurie tandis que si je passais par les montagnes j’y arriverais en moins de trois jours. Le peu de provisions que j’avais emmenés de la forteresse diminuaient rapidement. Ne voulant pas trop m’encombrer, je n’en avais pris assez que pour trois jours. Une journée passée, il ne m’en restaient que pour deux. Voyant les montagnes d’où j’étais, je pouvais en déduire que j’y serais avant que ne disparaisse le soleil. Il fallait donc que je prenne une décision.
J’optais finalement pour traverser les montagnes. Premièrement, parce que c’étais moins long et que j’avais vraiment très hâte de sortir du désert. Deuxièmement, parce que j’avais peur de manquer de vivres. Alors, direction les montagnes!
Je venais de faire une petite halte pour remplir la seule outre que j’avais apporter et aussi pour me désaltérer, puisque dans le désert tout le monde le sait, les oasis sont rares. J’avais repris un train plus rapide m’étant rafraîchis par l’eau et l’ombre quand je vis deux choses; une que je n’avais jamais vue et l’autre que je connaissais parfaitement. La première était un petit singe. Je n’en avais jamais vu en vrai, mais je le reconnu d’après ce que j’avais vu dans des livres. Son corps couvert de poils brun, ces long bras, ces petites jambes et surtout par ce visage qui ressemble étrangement aux nôtres, correspondaient bien aux images que j’avais vues. Le seul point qui me faisait douter, était qu’il portait une petite veste rouge et une genre de casquette noir. La deuxième chose, je la connaissais trop bien puisque l’on en voyait souvent dans le désert; c’était un rope. Et ce rope était sur le point d’attaquer cette espèce de singe. Connaissant bien les ropes, je savais que le primate, si s’en était un, n’avait aucune chance contre leur rapidité.
Le serpent ne m’avait pas remarquée, donc j’en profitai pour prendre ma fronde et deux pierres que je gardais dans un petite bourse. J’en plaçai une dans le creux de la lanière de cuire, la fit tournoyer et la lançai au rope. Manquer! Il avait bougé juste a temps pour éviter ma pierre, et en plus, il m’avait repéré. Pour je ne sais quelles raisons, il ne m’avait pas attaqué, peut-être préférait-il la viande de singe? Toutefois cette erreur me donna le temps de relancer une autre pierre. Cette fois je ne le ratai pas. La pierre vint s’abattre doit sur la tête et le choc le tua sur le coup. Il est toujours surprenant de voir ce que peux faire une fronde quand le coup est bien placé. Je venais donc, de sauver la vie du singe habillé.
Mais pourquoi lui avoir sauver la vie? Je n’avais pas vraiment le temps de débattre sur la question puisqu’il fallait que je continu mon chemin; si je voulais arriver aux pied des montagnes avant la nuit. Je passai donc mon chemin, laissant le singe sur place. Au passage, je ramassai le rope et le mis sur mes épaules. Il pourra servir de repas pour ce soir et aussi de provision pour les prochains jours.
J’avais dépassé le singe, je croyais finalement que c’était belle et bien un singe l’ayant vue de plus près, de quelques mètres, qu’il commença à me suivre. Je me foutais pas mal qu’un singe me suive ou pas et je continuai mon chemin comme si de rien n’était. Après quelques heures, plus aucunes traces du primate n’étaient visibles derrière moi. Il devait sûrement avoir pris une autre route ou s’être fait dévorer par un rope.
Vers la fin de la soirée, j’arrivais finalement aux pieds des montagnes. Il commençait à être temps puisque le serpent devenait un peu trop lourd pour mes épaules. Je décidai de passer ici avant de commencer l’ascension de ces sommets.
La noirceur gagnait petit à petit tout l’environnement. Après avoir fait cuir et mangé une partie du rope, je m’installai contre une grosse pierre pour m’endormir. Je tentais de trouver le sommeille quand le petit singe réapparu. Chancelant, il approchait tranquillement des minces flammes qui restaient du feu que j’avais utilisé pour cuisiner. Il semblait assoiffé et affamé. Prenant pitié pour le pauvre animal, je lui versai un peu d’eau dans une pierre creuse que je trouvai par terre et lui donnai un morceau de rope. Il dévora la viande et but toute l’eau. Après sans faire de bruits, il se trouva un petit coin proche des braises et s’endormi. Quel animal étrange! Sur ce je m’endormi a mon tour.