Quartier général du Camp de la Liberté (ancien silo à missile réaménagé)
Alpes valaisannes – 1450 mètres d’altitude
Suisse*--
Plusieurs jours avaient passé depuis le jour funeste de l’attaque extraterrestre globale. Bien qu’ils ne parvenaient au silo que par petits groupes, les survivants arrivaient en flot presque constant et la place commençait à manquer.
La vie quotidienne avait recommencé au sein du bunker, dans l’ensemble confortablement aménagé et l’incident qui s’était déroulé quelques jours plus tôt avec Marian n’avait pas eu de circonstances fâcheuses, en bonne partie grâce aux explications convaincantes – bien que lacunaires – de Galien et aux soins et attentions prodigués aux arrivants. Cependant, en raison de la quantité de mesures à prendre pour la continuité de la vie dans le silo, peu de monde avait pris le temps de s’interroger sur les intentions préliminaires de Marian. Tout le monde était bien trop occupé, il fallait continuer à aménager l’espace, entretenir le matériel et la structure et accueillir les nouveaux arrivants.
La base, presque entièrement souterraine et impossible à apercevoir en surface était disposée de la façon suivante : l’immense plate-forme élévatrice servant à transporter des hommes et du matériel depuis ou vers la surface donnait accès à trois principaux couloirs souterrains donnant accès à trois sections différentes. Le large couloir A1 donnait sur les hangars et les entrepôts de matériel, militaires à la base et plus varié à présent. Le couloir B1, plus étroit, donnait sur les chambres aménagées et sur les salles de détente, les salles à manger et les cuisines. Enfin, le couloir C1 permettait d’accéder, après moult procédures de sécurité, aux salles de contrôle et aux cellules. L’accès à toute la section C, ou presque, était du reste interdit à la très grande majorité des résidents de la base et bien gardé. Seuls Le Personnel et quelques nouveaux arrivants, triés sur le volet pour leurs qualifications (généralement scientifiques) disposaient d’un laissez-passer. Néanmoins, rares étaient ceux qui s’interrogeaient sur cette section, la plupart des survivants ayant d’autres sources de préoccupation.
Fort heureusement, malgré les difficiles moments passés de destruction et de mort, le moral des nouveaux résidents était bon et l’heure était à l’espoir. Il était encourageant pour Le Personnel de constater que tout le monde faisait sa part de travail sans rechigner et, qui plus est, avec efficacité. Chacun avait été attribué à un poste correspondant à peu près à ses qualifications et son métier d’avant l’attaque : manutention, entretien technique, soins, cuisine, gestion des stocks, etc. Certains se chargeaient de divertir ou d’apporter ou de soutenir psychologiquement leurs compatriotes.
Un dénommé Nato Rifs avait même ouvert un petit bar dans une salle de détente, se contenant de servir des boissons peu – ou pas – alcoolisées (bien qu’il réclamait chaque jour auprès du Personnel l’autorisation de servir de l’alcool fort et en grande quantité et même de proposer des prostituées pour les hommes fatigués).
Et enfin, certains ne faisaient rien ou presque, comme c’était le cas d’Edward Schneider de Marco ou encore de Kasimir Wondrachek.
Mais les préoccupations du Personnel concernaient des problèmes plus importants que l’attribution de tâches à quelques tire-au-flanc. Outre la capacité d’accueil de la base de plus en plus limitée, il fallait se procurer des vivres pour le long terme, de nouveaux types de matériel et, surtout, exécuter quelques « missions » en vue d’atteindre le but original. Celui qui allait rester secret et que les membres du Personnel en divulgueraient qu’en temps voulu. S’ils le faisaient.
Secteur C
QG du camp de la liberté--*
La porte blindée de la deuxième cellule s’ouvrit avec lenteur et dans un grincement détestable. Une chose de plus à réparer dans la base, la liste commençait à être longue. L’homme, assez âgé, qui se trouvait dans la cellule leva des yeux fatigués mais malgré tout arrogants vers son visiteur. Mais ce fut ce dernier qui prit la parole.
« Ne me regarde pas comme ça. Tu as eu beaucoup de chance d’être ici. Les gens voulaient vraiment te lyncher.
- Ma place n’est pas en cellule Galien. Cette base, ce regroupement, ce projet… Tout cela était mon idée et je vous faisais confiance ! Je dois continuer à administrer la suite des opérations !
- Non Marian. Moi et les autres avons accepté de te suivre et de t’aider mais tu sais pertinemment que tu ne nous avais pas tout dit. Sinon, nous n’aurions jamais accepté. »
Marian se leva d’un bond et cria en pointant Galien du doigt :
« Conneries ! Je t’ai sauvé la vie à plusieurs reprises dans le passé, rappelle-toi ce qui s’est passé sur Reach ! Et je t’ai encore sauvé avec cette base ! Et voilà comment je suis remercié.
- Ne sois pas de mauvaise foi. Je te suis reconnaissant pour cela et c’est pourquoi je ne t’ai pas laissé à la foule. Mais tu sais que si tu es là, c’est à cause de ton projet, On ne peut pas faire ça à ces gens.
- Mais on n’a pas le choix Galien ! C’est notre dernier recours, c’est la meilleure chose à faire !
- Faux Marian. On a toujours le choix. Je repasserai plus tard. »
Galien quitta la cellule et derrière lui la porte se referma dans le même grincement insupportable.
--*Salle de conférence
Secteur B
QG du camp de la liberté*--
La salle de conférence du secteur B était quasiment bondée. Cette pièce était à l’origine utilisée pour les briefings mais elle avait été agrandie et réaménagée pour accueillir un plus grand nombre de personnes afin de permettre au Personnel de donner des instructions générales et importantes aux Résidents.
« Vous pouvez y aller Ivan, dit Galien qui se tenait dans un coin de la salle. Ils sont suffisamment nombreux. »
Le dénommé Ivan monta alors sur la petite estrade et commença à parler dans le micro en s’adressant aux Résidents.
« Chers Résidents, je serai bref. Vous avez été appelés à cette, disons, conférence car nous allons avoir besoin d’un certain nombre d’entre vous. En effet, la place habitable commence à manquer dans la base et nous avons besoin de plus de vivres et de matériel si nous voulons tenir sur le long terme. C’est pourquoi nous avons besoin de plusieurs volontaires pour accomplir des missions simples à l’extérieur de la base. Cela sera dangereux bien sûr mais nous veillerons à ce qu’un maximum de précautions soient prises. De plus, vous rendrez un grand et nécessaire service à la communauté. Bien sûr, pour remercier ceux et celles qui se proposeront, un certain nombre de privilèges leur seront accordés. Mais nous discuterons de cela plus tard, avec les personnes intéressées. Que les volontaires se présentent ici même, dans la salle de conférence, dans une heure. Vos instructions vous seront transmises. Merci pour votre attention. »
Ivan, Galien et le reste du Personnel quittèrent l’estrade et la salle en laissant derrière eux un flot de paroles et d’exclamations étonnées et parfois inquiètes. Il était évident que les survivants et Résidents ne s’attendaient pas à devoir retourner dehors, en territoire hostile. Néanmoins, ils comprenaient que cela serait nécessaire s’ils voulaient rester dans la base pendant un bon bout de temps, ils durent donc bien se résigner.
Et une heure plus tard, une bonne cinquantaine de volontaires, hommes et femmes et de tout âge se présentaient à la salle de conférence pour y recevoir leurs instructions.
À-propos des « objectifs »
Il n’y a pas d’instructions très précises, pour cette fois-ci tout au moins. Disons simplement qu’il y a trois types de missions : recherche, maintenance et reconnaissance.
Les missions de recherche, au nombre indéfini, vous demanderont, en toute logique, de rechercher soit des vivres (nourriture, boisson, …), soit du matériel (de soin, technique, pièces de rechange, objets utiles à la base, etc.), soit d’éventuels survivants qui auraient capté le message mais qui se seraient égarés. Explorez donc les environs, les quelques villages avoisinants, les chalets, etc.
Il n’y a qu’une seule mission de maintenance à l’extérieur disponible pour l’instant et nécessite quelqu’un de qualifié et possédant des compétences techniques. Il s’agit de suivre les câbles d’alimentation principaux de la base en passant par les tunnels de maintenance jusqu’au générateur hydraulique extérieur (fonctionnement grâce à une cascade toute proche). Il y a eu des petites coupures de courant dernièrement alors il faudra vérifier que tout est en ordre et si ce n’est pas le cas, réparer le générateur.
Dernière possibilité, les deux missions de reconnaissance disponibles vous demanderont d’inspecter les environs et de vous montrer discrets. Le premier devra descendre dans la vallée au moyen d’un véhicule civil mis à disposition, prendre les petites routes pour éviter les patrouilles ennemies et vérifier ce qui se passe dans la proche ville de Monthey avant de revenir. Le second empruntera à pied un sentier de montagne discret et montera de plusieurs centaines de mètres jusqu’à atteindre l’ancienne station de ski sur le flanc ouest de la montagne. Là, vérifiez si la voie est libre et redescendez faire votre rapport.
RAPPEL IMPORTANT : vous le savez déjà, vous êtes tous des civils,, vos compétences au combat sont très faibles et vous évitez donc au maximum l’affrontement en fuyant ou en vous cachant. Pas question de se la jouer petit soldat, voire Rambo. J’espère que c’est bien clair.
Choisissez votre mission et bonne chance à tous 