Les informations recueillies par le Renault F1 Team durant le Grand Prix de Malaisie permettent de donner un nouvel éclairage à la course.
Le Renault F1 Team a décroché une deuxième victoire consécutive dimanche dernier, à l’issue du Grand prix de Malaisie. De l’extérieur, la course de Fernando Alonso a pu sembler facile mais, en réalité, lui et son coéquipier Giancarlo Fisichella ont attaqué fort. Il leur a fallu donner 100% pour amener leurs monoplaces en haut de la grille.
Renault relève le défi
La température, dimanche dernier, dépassait 42°C au moment où le départ a été donné, une heure plus tard que d’habitude. Dans le cockpit, celle-ci dépassait 50°C : dans ces conditions, il n’est pas rare pour les pilotes de perdre 4 litres de fluide pendant une course, soit 4 kilos. Fernando n’a que peu utilisé la radio dimanche : il s’en est tenu à l’essentiel, en étant bref. Il lui fallait ménager ses forces. A l’arrivée, cette attitude s’est expliquée : sa bouteille de boisson a déclaré forfait après 2 des 56 tours de course. Sur l’un des circuits les plus difficiles du championnat du monde, dans la chaleur et l’humidité, sans pouvoir s’hydrater, l’ampleur du défi explique pourquoi Fernando était fatigué sur le podium !
La course de Giancarlo, quant à elle, s’est arrêtée dans le virage n°15, au 37ème tour, après une collision avec la Williams de Mark Webber. Jusqu’alors, et depuis son premier ravitaillement, l’Italien perdait deux secondes au tour par rapport à Fernando : trop de sousvirage. Au début, Fisico pensait avoir perdu un déflecteur mais, lorsque sa voiture est rentrée au garage, la situation s’est expliquée. Bob Bell, Directeur Technique, le confirme : « Fisi a pris un virage un peu large après son premier arrêt. Nous avons pensé qu’il avait perdu un déflecteur dans l’aventure. Cependant, lorsque la voiture est revenue au garage, nous avons remarqué que le flap de l’aileron avant s’était désolidarisé du plan principal. Une perte d’appui aérodynamique très importante en a résulté. Plus la voiture allait vite, plus ce problème était sensible. Etant donné ce problème, Giancarlo s’est magnifiquement comporté derrière le volant afin de limiter les dégâts au chronomètre. Il aurait même terminé dans les points sans la collision qui a mis fin à sa course. »
Qui avait la voiture la plus rapide dimanche ?
Après la course, le classement des temps les plus rapides s’établissait comme suit :
PILOTE
MEILLEUR
TOUR
RAI
1´35.483
23
HEI
1´35.712
40
TRU
1´35.816
18
ALO
1´35.899
18
WEB
1´36.026
20
Pourquoi Raikkonen était-il 0.4 sec plus rapide que la Renault en configuration de course ? La vélocité de la McLaren renforce l’impression selon laquelle les McLaren sont assez compétitives pour jouer la victoire. Comme toujours, cependant, les tours les plus rapides n’offrent pas une vision exacte du rapport de forces. Le meilleur chrono absolu, en effet, ne reflète pas forcément le potentiel d’une monoplace. Comme d’habitude, l’estimation de la performance globale doit passer par l’examen du tour idéal, doit l’addition des trois secteurs les plus compétitifs de chaque pilote. En voici la liste :
PILOTE
IDEAL
ALO
1´35.297
RAI
1´35.391
HEI
1´35.679
FIS
1´35.684
TRU
1´35.723
Fernando et Kimi Raikkonen ne sont, ici, séparés que d’un dixième de seconde. Cela signifie que la bataille sera de plus en plus serrée cette saison.
L’épisode des qualifications
La performance dans la deuxième séance de qualification est toujours difficile à déterminer. Il faut attendre les premiers arrêts pour avoir une indication précise : il est alors possible de savoir quelle était la quantité de carburant embarquée par chacun au moment des qualifications. En Australie, le circuit était encore vert et humide dimanche matin. En Malaisie, les conditions étaient plus stables. Cela permet d’analyser la performance des voitures un peu plus précisément :
PILOTE
MEILLEUR
ARRET
KLI
1’35.865
18
COU
1’35.891
20
RSC
1’35.901
20
HEI
1’36.453
20
ALO
1’35.090
21
TRU
1’35.253
21
FIS
1’35.683
22
WEB
1´35.700
22
MOY
1´36.757
23
RAI
1´36.644
24
MSC
1´37.561
24
BAR
1´37.340
25
Les conclusions à tirer sont, comme toujours, assez limitées. Le pilote attaquait-il à fond ou non ? Le set-up de qualification était-il légèrement compromis afin de privilégier le comportement en course ? Nous n’avons pas les réponse à ces questions. Cependant, David Coulthard semble avoir compensé la différence de carburant avec son coéquipier, Christian Klien, par une solide prestation sur la piste. Jarno Trulli, chez Toyota, a effectué un bien meilleur tour que Ralf Schumacher, qui était plus léger que lui. Nick Heidfeld n’est pas parvenu à tirer le meilleur de sa monoplace : Mark Webber, son coéquipier, était plus lourd mais plus rapide… de 0.7 sec. Chez Renault, Giancarlo a avoué avoir effectué un tour prudent : troisième de la première séance, il avait pu voir ce qu’avaient fait ses compétiteurs pendant la deuxième séance et a calé son niveau de performance en fonction. Fernando, lui, a joué la performance absolue pour conserver sa pole : son tour l’a placé 0.4 sec devant tous les autres. L’Espagnol n’a ensuite perdu le commandement que durant les ravitaillements : il a déroché la deuxième victoire de sa carrière.