MGS V : The Phantom Pain, dernier épisode de la licence réalisé par Hideo Kojima, se déroule 9 ans après les évènements de Ground Zeroes, la destruction de la Mother Base « Militaires Sans Frontières » par Skull Face et son unité XOF. Big Boss se réveille d’un long coma en 1984 dans un hôpital britannique à Chypre, où il découvre que sa tête est mis à prix par Skull Face, affaiblie Big Boss doit fuir le plus rapidement possible de sa cachette. Avec l’aide de Revolver Ocelot, Big Boss doit libérer Kazuhira Miller prisonnier en Afghanistan, et reconstruire sa Mother Base sous le nom des « Diamond Dogs » pour ensuite prendre sa revanche contre Skull Face et Cipher.
Le gameplay est très riche, aussi bien sur la gestion de la Mother Base, et l’infiltration en monde ouvert. Gérer sa Mother Base reste similaire à celle de Peace Walker, où on peut fabriquer des objets/armes selon le niveau de R&D, envoyer des troupes pour récolter des ressources, des PIM (l’argent du jeu) et des volontaires. La nouveauté étant qu’on peut gérer diverses ressources, en volant des véhicules, armes et container remplies de matière premières ; ces ressources qui seront nécessaires à agrandir la Mother Base.
MGS V est le premier Metal Gear Solid à intégrer le Open World dans son gameplay, le rendu est assez prometteur avec 2 zones bien vaste : l’Afghanistan et l’Afrique, la variation de la météo et du jour/nuit est magnifique, le tout nous offrant une liberté d’action bien riche donnant un coté tactique à l’infiltration. Vous êtes également libre d’effectuer des opérations secondaires et/ou des missions principales comme bon vous semble, voire explorer l’étendu de la map afin de capturer des soldats via le Fulton, récolter des plantes et diverses ressources.
Malheureusement le gameplay possède un défaut majeur, il est très répétitif : les missions principales partagent les mêmes objectifs (neutraliser tel personne, sauver des prisonniers, détruire tel installation, etc..) et au final bien qu’il y est 50 missions, très peu sont en rapport avec le scénario de base. Les boss sont peu nombreux, manquent de charisme et de développement psychologique qui faisaient le charme des MGS, les combats sont sans saveur en comparaison avec les opus précédents, en exemple flagrant : le combat de sniper contre Quiet ne dépasse pas à la cheville celui de The End sur MGS3. Découvrir chaque avant-poste des 2 zones est fabuleux, mais à la longue on connait quasi par cœur tous ces lieux et on finit inéluctablement par se lasser. De plus le monde ouvert de MGS V bien qu’il soit vaste et dépaysant, est monotone et manque de vie où la faune est présente sur des espaces prédéfinis et identiques.
Le scénario de MGS V : The Phantom Pain est excellent, intelligent et armé d’un background riche. Les cassettes audio nous permettent d’en apprendre davantage sur certaines interrogations du jeu, et éclaircissent des zones d’ombres de la saga. Tout comme les autres épisodes de la licence Metal Gear Solid, le jeu a pour thème le nucléaire et la guerre, mais ici exploité par un aspect plus sombre et réaliste, démontré dès Ground Zeroes, en témoigne certaines scènes assez violente présentant des atrocités et des enfants-soldats. MGS V nous transmet également l’importance du langage représentant la base d’un pays, d’une civilisation et de toute une culture. La douleur fantôme, aussi bien physique qu’émotionnel, est au centre du jeu.
Malheureusement le jeu étant inachevé, certains mystères demeurent, comme l’arc scénaristique autour d’Eli qui reste flou et incomplet par l’absence de la Mission 51. Ou encore, la présence du Battle Gear présenté pendant toute la période de jeu comme un gros teaser, mais qui au final ne sera jamais utilisé. Concernant la fin de l’histoire de The Phantom Pain, je dirai que c’est à la fois un gros foutage de gueule et en même temps, un coup de génie de la part de Kojima. Cette fin a le mérite de surprendre, d’innover, et de pousser à la réflexion et au débat. De même on se rend compte que la réponse était sous nos yeux depuis le début, ce qui est génial.
Personnellement, malgré ses divers défauts, son côté répétitif bien présent qui en rebuterons plus d’un, et le fait que le jeu reste inachevé, j’ai énormément apprécié ce MGS V ayant dépassé les 200h de jeu. Tout dépend après comment vous appréciez les jeux d’infiltration, mon avis étant purement subjectif, j’ai adoré infiltrer tous ces avant-postes ennemis avec toutes les possibilités offertes pour y parvenir, où chaque tentative d’intrusion reste un moment unique de gameplay.
MGS V reste un très bon jeu, inachevé, décevant sur certains points, peut-être même incompris, mais il a le mérite de marquer les esprits de par son scénario incroyable et d’une rare intelligence.