Trouver des jeux offrant une expérience en coopératif qui ne tienne pas du simple bonus anecdotique s'avère être le plus souvent une gageure, aussi attendions-nous (ma chère et tendre, et moi-même) ce Dying Light de pied ferme, alléchés par la perspective de retrouver le plaisir que nous avions resenti en parcourant en long, en large et en travers les îles des deux précédents Dead Island.
Et nous n'avons pas été déçu, bien au contraire.
Dès l'introduction, nous sommes frappés par l'esthétique de la bête. Car ici on peut bel et bien parler d'esthétisme, et non simplement de graphismes.
Le jeu est beau, et même parfois superbe, s'offrant même des traits de génie en certains endroits, où les jeux de lumière sur les peintures murales écaillées dévoilent l'ombre d'une poussette abandonnée au milieu des gravats et des flaques d'eau croupie.
Un lieu vide de toute menace pourtant, mais qui suggère à lui seul une histoire sordide que l'on nous laisse imaginer par nous-même... le ton général est posé: Nous arrivons après la bataille, la ville est d'ores et déjà aux mains des infectés et les survivants ne nous ont pas attendu pour s'organiser, mais si l'on y prête attention, nous retrouverons, partout dans la ville, des indices du chaos des premières heures de la catastrophe, des efforts (le plus souvent vain) de la population pour tenter d'échapper à l'horreur...
Car la ville, non contente d'offrir un immense terrain de jeu pour nos futures explorations, se paye en plus le luxe d'être parfaitement crédible, d'être cohérente, et dans son architecture, et dans sa mise en scène.
Ce qui génère un sentiment d'immersion que nous n'avions que trop rarement ressenti dans nos plus récentes expériences coop.
Ici, le jeu se plaira plus d'une fois à casser tout sentiment de sécurité:
Ok, une fois en hauteur, ne serais-ce que sur le toit d'une camionnette, je suis à l'abri.
Jusqu'à ce que les infectés trouvent le moyen de monter.
Ok, il ne sont que deux ou trois, pas de quoi stresser, c'est parti pour jouer au base-ball avec leur tête...
Jusqu'à ce qu'une explosion intempestive n'en ramène plus, et encore plus, et toujours plus, au point de devoir fuir avant de finir submergé, notre arme de fortune ayant finit par se briser à force d'éclater les crânes.
Autant passer par les toits alors, avec un peu de pratique on gagne même du temps... jusqu'à ce qu'un atterrissage un peu trop violent ne nous fasse traverser un toit de tôle ondulée pour atterrir en plein milieu d'une cahutte encore peuplée de ses anciens habitants, un peu défraichis...
Et ce, de jour. Car lorsque le crépuscule tombe, si on est loin de tout abri...
L'expérience s'avère donc saisissante, et si l'histoire, pas exceptionnelle mais malgré tout intéressante car non-manichéenne, sert de fil rouge à nos pérégrinations, c'est surtout dans la multitude de situations totalement aléatoires mais néanmoins crédibles que le jeu affiche sa maîtrise et offre ses plus beaux moments. Et au passage, si Logan juge que la difficulté est parfois mal dosée (ce qui est exact), je trouve au contraire que cet absence de dosage progressif est un atout et non une faiblesse: qu'une situation jugée maîtrisée parte en vrille, et c'est là que vous vous offrirez vos plus beaux moments de jeu.
On pourra également louer sa durée, conséquente (un conseil au passage: choisissez systématiquement d'accomplir les quêtes secondaires, les défis, et toutes les tâches dites annexes disponibles avant de faire progresser la quête principale, sous peine de ne voir qu'une fraction du potentiel du jeu), ainsi que la réalisation des quêtes secondaires, fourmillant de détails qui une fois de plus, donnent vie à cette ville en état de siège.
Ce qui fait qu'au final, les soucis d'optimisation pour certaines configs (à priori temporaires, les devs affirmant travailler d'arrache-pied sur les hotfix) ainsi que les maladresses (comme le fait que tout le monde joue le même personnage en mode coop) se retrouvent être plus anecdotiques qu'autre chose face au plaisir ressenti.
Le seul gros point faible, selon nous, restera la localisation française: oh la traduction est parfaite, mais bon sang ce que les doubleurs sont mauvais... Aucun charisme, aucune crédibilité, c'est vraiment pour le coup de l'amateurisme.
Mais sorti de ça...
Une excellente pioche, que je conseille fortement à tout amateur de coop.