Voilà ma critique après une grosse heure et demi de jeu, le casque sur les oreilles, abordant d'abord le jeu en lui même avant de revenir un peu en arrière...
Gameplay 2/5 : Bon, ok, plus d'interface, une lampe à huile "illimitée" et aucune interaction réelle avec les éléments du décors autrement dit un moteur physique réduit, amputé de ce qui faisait le style du précédent opus. On n'a plus les éléments qui faisaient la force du premier opus, clairement. Le pire, on n'a plus la santé mentale, plus d'hallucinations à cause de la peur, plus d'image qui se déforme... on va dire que ce sont le contexte et l'histoire du jeu qui veulent ça. Bref, supprimer le surplus, focaliser sur l'histoire, voilà en gros la démarche prise par les développeurs. On aime ou on aime moi. Moi, ça ma déçu, mais bon...
Graphisme 4/5 : le moteur graphique est le même, ce qui n'est pas un mal: il est laaaargement suffisant pour un jeu de ce type. Si vous recherchez uniquement la beauté visuel, passez votre chemin, Amnesia est un jeu qui se vit, pas qui se regarde. Pas besoin d'un moteur graphique dernier cri, HD et tout le bordel, l'ambiance est là, le reste on s'en fout, c'est futile, et en plus ça tournera sur toutes les machines. Les effets de lumière en revanche, sont importants, et jouent toujours aussi bien leur rôle bien qu'une certaine nostalgie du premier opus reste malheureusement trop présente...
Physique 2/5 : mouais, le moteur physique a été salement amputé. J'aimais bien essayer de construire des barricades dans Penumbra et Amnesia TDD en utilisant tous les objets possibles dans une pièce pour tenter de bloquer une issue, choses qui ne faisait que ralentir l'instant de ma mort, ici rien. A part tirer des tiroirs et jouer avec les jouets des enfants au début du jeu, on a plus grand chose. ça suffit au jeu, pas besoin de plus, même si une réelle exploitation du moteur physique aurait pu, comme dans le premier opus, être une bonne chose. Trop peu de pièces explorables également, ce qui est décevant.
Ambiance 4.5/5 : Rien à en redire, j'avais déjà sali mon pantalon alors que je n'avais pas encore croisé de monstre... J'voulais du Amnesia, j'ai du Amnesia, je vais pas me plaindre bien au contraire. Même si le gameplay contribue moins au sentiment de stresse, le reste joue toujours aussi bien son rôle. La bande son en revanche est particulièrement soignée et mérite d'être reconnue. J'en dirais pas plus, allez jouer au jeu, petits joueurs que vous êtes !!
Durée de vie / : Pour un jeu à ce prix on va pas se plaindre. Frictional Games a toujours fait dans le "plutôt court mais méchamment intense" depuis les Penumbra, ne vous attendez pas à des miracles à ce niveau, mais une fois de plus ce détail reste très, très secondaire pour des "jeux" d'une telle envergure.
Scénario : glauque, dès le début du jeu on sent que les choses vont être crades, et qu'on va regretter notre curiosité, dévoilant au fur et à mesure de l'avancement du joueur des monstruosités qu'on aurait préféré ne jamais connaître...
Conclusion :
Amnesia "AMFP" est un jeu qui se rapproche bien plus du "story telling game" que du "point and click" amélioré, ce qui faisait le point fort de l'opus précédent. Étonnamment, le nom de The Chinese Room apparait parmi les développeurs, et on reconnaîtra largement le soucis de plonger le joueur non pas dans un jeu, mais dans une expérience à part entière : l'exploration d'une histoire : pour info, The Chinese Room est à l'origine de l'étonnant "Dear Esther". Donc, AAMFP ne se présente non plus sous les traits d'un jeu "point and click" amélioré comme le précédent opus mais d'une histoire dans laquelle on progresse simplement, où la chose qui vous traque sera en fin de compte le seul obstacle devant vous. Les mauvaises langues diront qu'AMFP est un jeu "casual", moi je vous dit : Vous voulez du Amnesia, vous avez Amnesia, certes épuré mais qui rempli largement sa part du contrat. Oui, Amnesia AMFP est du "story-telling game", un jeu où vous plongez dans l'histoire que l'on vous raconte. Ceux qui recherchent le challenge resteront tourné vers le premier opus, ceux qui veulent ressentir la peur d'une histoire horrifique prendront du plaisir à jouer au deuxième opus autant qu'ils en ont eu à jouer au premier. Après les "Penumbra" et "Amnesia", Frictional Games peut se vanter d'avoir pondu des jeux "artistiques", voire "d'auteur", qui plairont à un public mature et averti. Après, ce qui fait un jeu d'horreur est avant tout la qualité et le soin apporté à son ambiance. Là, on est servi, même si le jeu accuse le coup d'une linéarité bien trop évidente. A faire.