Testé sur Nintendo GameCube. Beyond Good and Evil est clairement à ranger du côté des bons jeux, de ceux qui témoignent d'une réelle vision et d'un travail passionné. Mais au-delà de ces traits généraux, certes essentiels dans la réussite, force est de constater qu'il peine à tenir ses généreuses promesses dans le détail.
En effet, chaque aspect intéressant trouve son pendant négatif quand vient le bilan. Et ces aspects plus négatifs ont un dénominateur commun, qui est LE défaut du jeu : le manque d'approfondissement, c'est à dire la taille du monde et la durée de vie. Surtout en comparaison de ses ambitions de jeu d'aventure à l'univers riche et étendu. Pour être un chef-d’œuvre, il aurait fallu que l'expérience dure au moins deux fois plus longtemps. Et pour que l'ambiance prenne vie avec toute sa puissance et son discours, il aurait fallu qu'elle soit largement plus étoffée.
La première fois qu'on y joue, on est juste effaré que ce qui ressemble à l'inauguration de la seconde partie, l'arrivée dans l'espace, ne soit en fait que le dernier acte ! Et ce n'est pas la fin incroyablement abrupte et bâclée qui risque de changer la donne. Même si on la sentait arriver, on reste sonné par l'apparition du générique. Le sentiment de frustration est à la mesure des espoirs que font naitre l'atmosphère et le scénario depuis le début. Au moment où l'on est enfin complètement happé par l'univers, il est déjà temps d'en sortir.
Et là où un Zelda arrive à faire naitre l'émulation des quêtes annexes et du 100%, on se surprend ici à n'avoir aucune envie de revenir dans le jeu une fois terminé malgré le plaisir qu'il nous a procuré. Ce monde est trop petit, trop étroit, trop vide, pour engendrer cet enthousiasme. On aimerait clairement approfondir, mais c'est le jeu lui-même qui nous en empêche par ses limitations évidentes.
Au final, reste une création très intéressante et qui ne se fout clairement pas du joueur. Mais ce n'est pas le chef-d’œuvre que d'aucuns tentent de promouvoir depuis des années. Si ses qualités sont indéniables et profondes, ses faiblesses le sont malheureusement tout autant. Un jeu à faire sans l'ombre d'un doute, mais tout en ayant bien conscience qu'il n'atteindra pas l'ambition de ses promesses.