Graphiquement rudimentaire et stratégiquement nul, certes ! Mais tous les éléments qui ont propulsé Pokemon au rang de valeur refuge de Nintendo étaient déjà présents : la durée de vie monstrueuse, le système de combat dynamique et nerveux, et surtout 151 bestioles toutes plus cultes les unes que les autres. J'avais même appelé mon chat Persian à l'époque, c'est dire.
Avec le recul, et après avoir joué à tous les épisodes qui ont suivi Rouge et Bleu, je tiens également à dire que c'est l'un des jeux les plus sombres auquels j'ai jamais joué : 'suffit que je refasse quelques pas dans Lavanville pour que ce jeu me rende à moitié dingue, avec cette musique effrayante. Sans parler du monde dans lequel le héros évolue : les paroles du major Bob qui font allusion à une guerre récente, la mainmise d'une organisation criminelle, les expériences génétiques et irréversibles sur Mewtwo, dont on peut lire les comptes rendus un peu partout dans le manoir de Cramois'ile. Mais dans les graphismes et les musiques, il y a quelques chose qui fait froid dans le dos, même maintenant.
Alors oui, Pokemon Rouge, Bleu et Jaune font pâle figure à côté de leurs successeurs. Mais lorsqu'on voit que des dialogues comme "une poubelle bien dégueulasse" ou "Ca te la coupe hein ?", qui ont été scandaleusement passées sous silence dans les remakes Rouge Feu et Vert Feuille, ainsi que de la disparition de la Tour de Lavanville lors du retour du joueur à Kanto dans Or / Argent, ça fait mal. Pokemon, c'est bien, mais sans le politiquement correct, c'est mieux.
Puis, qu'on se le dise : sans tricher, c'est presque impossible de remplir son Pokedex dans les dernières versions, sachant que certains pokemons ne s'obtiennent que par évenement Nintendo. Au moins, en 1999, il s'agissait d'un soft très long mais dont on peut apercevoir le bout.