CHAPITRE 2
LA MALEDICTION
« Hé ! Hého ! Réveille-toi enfin ! C’est tour de garder la porte ! »
Un de mes amis gardes me réveillait assez tôt le matin. Il n’avait pas perdu une seule minute. Il fallait que j’aille garder la porte d’entrée du château de Trodain.
« Allez ! Ma femme va accoucher dans les minutes qui vont suivre ! »
Je me levais. Je me rendais sur mon lieu de travail d’un jour. Je scrutais l’horizon. Rien. C’est bien simple, ce boulot finalement. Par moments, j’aimerais presque une bonne petite bataille pour un petit peu me dégourdir les jambes. Hé ! Un visiteur approchait. Ses habits rappelaient ceux d’un « Fou ». Ces gens là étaient plutôt sympathiques. Ils voyageaient de ville en ville pour amuser les gens. C’étaient des gens bien. Je faisais part de cette arrivée à mon supérieur, Ratio. Le Fou frappa à la porte.
« Que voulez-vous ? demanda Ratio
-Je suis un simple Fou qui divertit les gens des villes de notre monde. Si vous le désirez, je pourrais offrir mes services au Roi Trode et à la princesse Médéa. Vous ne le regretterez pas !
-Attendez un instant. Je vais demander l’avis du chancelier de Trodain. »
J’observais de « Fou ». Je ne savais pas pourquoi, mais je ne l’aimais pas trop. Il ne m’inspirait pas confiance. Sa tête, où reposait un chapeau bizarre avec des grelots, était d’un blanc assez peu commun. Il était vêtu d’un habit traditionnel pour les Fous : un vêtement ayant comme couleur dominante le rouge.
« Le Roi est d’accord, reprit Ratio, mais seulement pour demain soir, au souper. Ce sera l’anniversaire du capitaine des gardes de Trodain. Il espère que votre spectacle sera inoubliable.
-Oh ça, pour être inoubliable, il sera inoubliable… »
Je n’aimais pas le ton de sa dernière phrase. Elle laissait présager des évènements tragiques, du moins c’est ce que je pensais. Quoi qu’il en soit, je décidais de garder un œil sur ce Fou. Et bien entendu sur la princesse Médéa… hum.
Le soir de l’anniversaire du capitaine des gardes de Trodain arrivait dans l’attente de ce spectacle. Ma décision de la veille tenait toujours. Il fallait que je sois vigilant. Malheureusement, je ne fus pas invité par Trode au banquet d’anniversaire. J’étais en poste dans la cour centrale, dans les jardins du château. Bien évidemment, je n’étais pas le seul en poste ce soir-là, le seul déçu.
« C’est bizarre non ? dit un des mes compères. Voilà 30 minutes que le banquet aurait du commencer ! Je me demande ce qu’ils fabriquent à l’intérieur. »
Voilà que Ratoi débarquait en courant :
« Veez vite vous deux ! Le Fou essaye de pénétrer dans la salle des trésors ! VITE ! COUREZ ! »
Nous nous précipitâmes à toute vitesse. C’est alors que le Roi Trode et la Princesse Médea nous ordonnèrent de rester ici.
Le Fou nous avait pris de vitesse. Il avait pénétré dans la salle des trésors. On pouvait la rejoindre grâce à un immense escalier. Trode et Médéa gravirent cet escalier. Ils aperçurent alors le Fou s’emparant d’un long bâton.
« Lâchez immédiatement ce sceptre ! C’est un ordre du Roi Trode !
-HAHAHAHAHAHA ! C’est vraiment regrettable, vraiment. Vraiment regrettable que vous mettez en travers de mon chemin, moi, Dhoulmagus. Vraiment regrettable que vous allez mourir, terrassé par la puissance insoupçonnée de ce sceptre !
-Non ! PERE ! ATTENTION ! »
Le rayon projeté par le sceptre atteignit le Roi Trode et sa fille Médéa.
« Hein ? »
Dhoulmagus fut stupéfait. Les deux de sang royal ne moururent pas.
« Ah je comprends. Le sceptre ne dévoilera sa véritable puissance qu’en dehors du château ! Adieux ! HAHAH ! En attendant, Trodain et ses habitants sera recouvert de ronces ! HAHAHAAHA ! »
Dhoulamgus s’évapora comme par enchantement. C’est alors que la magie du sceptre se mit à l’œuvre. Trodain fut envahi par des ronces, aussi grandes qu’impénétrables. Chaque habitant fut envahi, beaucoup moururent, d’autres tombèrent, inanimés. Bizarrement, moi, un simple de garde, je résistais à cet enchantement maléfique. Mon premier réflexe fut d’aller voir si le Trode et surtout la Princesse Médéa allaient bien. Il n’y avait pas une seule seconde à perdre ! Le moment était critique !
Je pénétrais dans la salle des trésors du château de Trodain. Je vis alors Trode et Médéa. Ils avaient été transformés par la puissance du sceptre.
Trode avait gardé sa taille d’origine, il était toujours de petite taille. Seul sa couleur de peau avait changé. Il était maintenant d’un vert de crapaud, lui le Roi de Trodain.
Médéa avait été plus profondément transformée. Elle était passée d’être humain à jument. Elle était, maintenant une jument. Une pouliche. Un cheval.
Quelle horreur !
« Que, que s’est-t-il passé ? demanda Trode. »
Je lui expliquais qu’il était devenu vert.
« Et Médéa ? »
Un simple hennissement de la jument de sang royal parvint à faire comprendre Trode la gravité de la situation actuelle. J’expliquais, moi un simple garde, à Trode l’état actuel du château et de ses habitants : envahis par les ronces produites par le sortilège de l’infâùe Dhoulmagus.
Trode pleura quelques instants. Il me dit alors :
« Et toi ? Pourquoi n’es-tu pas transformé ? »
Je lui répondis que je n’en savais rien. Trode dit alors, plein de haine, désireux de venger son peuple :
« Ce Dhoulmagus me le paiera. »