CHAPITRE 4
YANGUS
Pendant une semaine, Trode, Médéa, qui tirait la carriole, et moi-même, nous avancions dans le continent où se situait Lontania, suivant les indications des voyageurs.
« Lontania ? Dit un d´entre eux. Euh... essayez de prendre la route à 2 kilomètre d´ici, puis prenez le pont, et il ne vous restera que deux jours de marche.
-Alors en avant Médéa ! Vers le pont ! Cria le Roi Trode »
Deux kilomètres plus loin, pas de pont.
« Ce voyageur s´est moqué de nous. Je l´ai lu dans son regard. Bien. Tu vas partir en exploration. Ne t´en fais pas pour moi. »
Je décidais de grimper sur une petite motte de terre, où je devrais avoir la vue sur les horizons alentour. Ma surprise fut grande lorsque j´aperçus un monstre sur cette colline. Un gluant. Un simple gluant bleu, à peine plus forte qu´une grand-mère boiteuse. L´air sûr, je dégainais mon épée de soldat. Le gluant essaya de me foncer dessus. Hop ! J´esquivais son « attaque ». Complètement déboussolé par mon esquive, le gluant ne vit pas arriver mon coup de pied rageur en pleine poire. Une pièce tomba par terre : c´était sa modeste bourse. Je la ramassais, c´était déjà ça de pris.
Au sommet de la colline, je regardais l´horizon. Là ! Le pont ! Au lieu de prendre à droite, il y a seulement quelques dizaines de mètres, il aurait fallu que nous prenions à gauche !
« Bien. Alors faisons demi-tour et prenons à gauche, cette fois-ci. Je regrette mes dires concernant le voyageur. Enfin, il aurait pu être un peu plus précis. ».
Nous traversâmes le pont. Soudain, un gros bonhomme, un peu plus petit que moi, surgit de nulle part. Il avait une grosse hache, la plus grosse que j´ai jamais vue. Il était vêtu d´une simple jupe, une jupe de brigand, et d´une petite veste qui laissait entrevoir ses nombreux tatouages. Ce gros bandit prit la parole en brandissant sa hache :
« Eh oui mes amis ! Vous êtes bien devant YANGUS ! Y-A-N-G-U-S, le célèbre bandit de la ville de Pickham ! Allez, par ici la bourse s´il vous plaît !
-Sale bandit, comment oses-tu ? Dit le Roi Trode
-Vous ne voulez pas payer ?
-Nous n´avons qu´une seule pièce d´or, espèce de gros !
-Une pièce d´or petit monstre vert ? Bien, alors vous allez mourir ! YAAAAAAAAAa ! »
Yangus sépara en deux le pont avec sa hache. Mais en fait, il se retrouva pris à son propre jeu. Sa partie de pont céda sous la puissance de coup de sa hache. Il réussit à s´agripper au rebord de notre partie de pont, sa vie ne tenait qu´à un fil.
« Cela t´apprendra, mon gros et sale bandit. Allez en route Médéa ! »
Même si ce bandit nous avait attaqué, je ne supportais l´intention de le laisser seul. Il allait certainement mourir. Il ne pouvait pas rester éternellement accroché au pont avec sa main. Je lui tendais la mienne. Je l´aidais à remonter sur la terre ferme. Nous traversions le pont ensemble. Yangus ne cessait de me regarder, les yeux grands ouverts. Trode, qui avait pris de l´avance, se retourna et me dit :
« Hein ? Laisse le ici, enfin
-Non papi. Il m´a sauvé la vie, répondit Yangus, ma vie lui appartient. Je vous accompagnerais. Pas de coup fourré, je vous le promets.
-JE NE SUIS PAS PAPI !
-SAPERLIPOPETTE ! Ne cire pas comme ça, pap...euh vous là ! Je suis un excellent combattant, vous verrez. »
Au final, nous décidions que Yangus, le célèbre bandit de Pickham, nous donnerait un coup de pouce dans notre quête. Je lui racontais tout : le sceptre, Dhoulmagus, les transformations.
« Papi, tu es sûr, tu es le Roi Trode ? Et la pouliche, eh bien c´est Médéa ? »
En réponse, Trode lui montra son sceau royal.
« Eh bien, si je m´attendais à ça !
-JE NE SUIS PAS PAPI !
-SAPERLIPOPETTE ! Ne me refais jamais de coup là, papi Trode ! »
Nous rigolâmes. Après tout, le voyage ne pourrait qu´être plus joyeux, donc plus court, avec un compagnon criant « SAPERLIPOPETTE » à chaque fois que le Roi Trode prenait la parole.
La carriole étai aisément tirée par la Princesse Médéa. Je ne sais pas pourquoi, mais je pensais qu´elle comprenait tout ce que nous disions.
Après deux jours de marche, nous approchâmes de Lontania. Mais il faisait nuit. Nous décidâmes de monter le camp dans une petite clairière à quelques dizaines de mètres de la ville. Soudain, trois gluants bleus foncèrent droit sur nous, attirés par l´odeur du dîner.
Je sortis mon épée, Yangus sa hache. Alors que j´esquivais assez tranquillement les offensives des gluants, il semblait que Yangus n´avait pas la même agilité. Mais rien de grave, puisque il terrassa deux gluants avec sa principale caractéristique de combat : la Force Brute, à l´état vraiment pur.
Je me contentais d´abattre le dernier gluant, aisément,en rigolant en pensant à la manière de se battre de notre nouveau compagnon.
« Chef, c´est bon. On les a tous liquidés. C´était facile ! Me dit Yangus.
-Allez, trêve de rigolades, dormons un bon coup et nous pénétrons dans Lontania, trouver un vieil ami qui sait sûrement où se cache Dhoulmagus ! »
Nous prenions place. Encore une nuit à la belle étoile.