Il n'y a pas d'objectivité chez l'homme, car tout passe par des représentations.
Et si la morale pose des questions difficiles, c'est justement parce qu'il s'agit de questions humaines (1) ; des questions qui impliquent et font naître des concepts posés comme supérieurs à l'ordre de la nature.
Au niveau naturel, tuer un pédophile ou un juif, ce n'est ni plus ni moins que transformer la nature, comme jeter un ballon de basket ou écrire sur une feuille de papier.
Mais pour un homme, tuer, souvent, "c'est mal". Pour ce qui est de savoir ce qu'est le mal, c'est une autre histoire...
Les Grecs ont défini le juste comme un équilibre naturel ; mais il n'y a aucun déséquilibre dans la nature. Les tremblements de terre, les tornades, les maladies, tout est équilibre, car rien n'est bon, juste ou mauvais ; le sida est, et puis c'est tout ; comme les maisons, les arbres et les vaches.
Pour ma part, j'estime que le "mal" s'analyse comme ce qui entraîne un déséquilibre moral, qu'il ait ou non une dimension sociale ou politique marquée.
Je concluerai ainsi : "Plein de toutes ces réflexions, je me complaisais à penser qu'il y a une loi naturelle, indépendante de toutes les conventions humaines : le fruit de mon travail doit être à moi, je dois honorer mon père et ma mère, je n'ai nul droit sur la vie de mon prochain, et mon prochain n'en a point sur la mienne,etc. Mais quand je songeai que, depuis Chodorlahomor jusqu'à Mentzel, colonnel des housards, chacun tue loyalement et pille avec une patente dans sa poche, je fus très affligé" (Voltaire).
PS: peut-être que vous penserez que je suis HS ; en ce cas : (1)