Ah, KaiM s´éveille^^
Je lis tranquillement tes oeuvres, c´est toujours du bon. Je croyais que j´aurais plus de temps que ça, mais finalement ça reste short, donc je n´aurais pas fini avant... des spots
En tout cas, j´adore toujours. Superbe univers que celui que je découvre au long des pages ![]()
« Ils se marièrent, vécurent heureux et adoptèrent beaucoup d´enfants. »
XDDDD
Excellent
Bon ben sinon ça continue bien, l´pauvre Dario, on pensait que c´était quelqu´un d´important et tout, en fait c´est juste une marionette paumée...
Bon bah la suite
J´adore toujours ![]()
En ce qui concerne le passage que tu as relevé, il s´agit d´une référence à une nouvelle de Elnanar, dont j´ai oublié le nom.
J´ai retrouvé l´adresse :
Niarf´ mon Word fait le plein de noms propres...^^
Au fait, KaiM, n´as-tu jamais rien fait de court ? Je n´ai pas fait de recherche poussée, mais ce que je connais de toi est relativement... conséquent^^ Non pas que cela me déplaise, mais bon un texte long oblige à s´embarquer entièrement dedans et donc nécessite du temps...
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lol j´adore!!
la chute de la petite histoire est bien marrante, et je me suis bien marrée en relisant l´histoire de nanar^^.
j´étais sûre que onorius cachait quelque chose ![]()
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Désolé de pas avoir lu avant, z´étais pas là^^. Bon, commentons, donc, puisque nous sommes ici pour cela
Quelques fautes de temps dans ces deux chapitres.
Sinon, ben c´est vrai que je m´attendais à ce que Dario soit plus fort, quelque chose me dit qu´il aurait quand même dû faire appel à Namâric.
J´ai bien aimé la référence à la nouvelle du nanar^^. Bon, sinon : à mort Onorius! Par contre, Tanaril m´intrigue plus, de même quen le fait que tu nous parles de ces deux étudiants...à mon avis ´vont v´nir voir Dario et le trouver gisant, et y vont s´embarquer dans l´aventure...qui pourrait bien leur être fatale^^. ![]()
Eh bien merci. Dis-moi, tu les aurais pas en mémoire, ces fautes de temps ?
Ash
Ben, tu vois, c´est pas que j´aie pas de textes courts, mais ce sont des fanfics Yugioh et une rédaction de Français, alors bon...
Ah, et puis aussi une nouvelle sur la naissance de Namâric, mais c´est le prologue d´une fic plus longue (hé oui, encore...) que j´écris pour m´entraîner.
De mémoire y´a celle que quelqu´un a relevé (s´être assurait), ainsi qu´un "j´aurais" au lieu de "j´aurai" je crois. ![]()
OK... d´accord, je m´en tiens à ce que tu m´as filé^^Mais si tu continues à poster de la sorte, je ne finirai jamais de te lire ![]()
Euh, mais qu´est-ce que tu fais pendant les vacances. Je veux dire, mon frère s´est attaqué à cette fic et en une soirée il a lu l´équivalent de l´ensemble de ce topic. Quel emploi du temps de malade t´es-tu construit ?
Il me semble avoir lu Les Bracelets + La Cathédrale en une seule journée.
(bien évidemment, la Cathédrale n´était à l´époque pas terminée, hein^^)
Il me semble que pour l´instant, j´ai à peu près consacré une demi-heure à te lire^^ Je vais esayer d´augmenter ça, genre le matin quand vous n´êtes pas là...
Devinez quoi? Mon rythme de malade et mon nombre de trames parallèles m´ont déjà porté à 145 pages, soit presque autant que la cathédrale que Kridath toute entière. J´ai commencé la série de batailles qui occupe de manière assez dense la seconde partie de l´histoire et pour faire bonne mesure je posterai la suite aujourd´hui ou demain.
145 pages!
Tu comptes atteindre les 200?
En tout cas, c´est une bonne nouvelle, surtout le fait qu´on ait bientôt une suite. ![]()
Eh bien, j´ai fait le point récemment sur la taille finale du texte, et j´ai réalisé que j´avais accumulé depuis ces derniers mois un paquet d´idées à traiter, ce qui devrait largement me faire dépasser les 200 pages (55 pages pour raconter la bataille de Dümrist, la trahison de :biiiiiiip:, la mort de :biiiiiiip: et de :biiiiiiiip:, les magouilles de :biiiiip:, bref vous m´avez compris, 55 pages donc c´est un peu court (selon mes estimations foireuses et à la fiabilité discutable (vu qu´à la base je pensais finir avec la fin de l´année)(combien de parenthèses à fermer au fait? Disons cinq))))).
Heureusement, je sais à peu près où je vais, puisque j´ai déjà la fin en tête.
Reste à savoir quels éléments j´apporte dans cet épisode et quels autres je garde pour le quatrième épisode (qui devrait être plus court, genre les Bracelets d´Arzhan, mais qui risque quand même de m´échapper lui aussi). (c´est fini ces parenthèses, oui ou non?!)
PS : et c´est avec de telles fics que je risque bien un jour de voler à xbq le titre de plus gros posteur de pavés sur ce forum. Quelle gloire...
Post inutile, uniquement destiné à terminer cette page déjà chargée pour poster la suite sur une nouvelle.
La suite, donc :
Un bourdonnement sourd tira Dario du sommeil.
Plus vif qu´un serpent, le maître Chanteur bondit sur ses pieds, se plaça en position de combat et chercha une menace des yeux.
Son regard se heurta à une vitre opaque.
Dario prit conscience de son état de faiblesse. Il avait l´impression qu´un troupeau de vaches entier lui était passé sur le corps. Sans s´en inquiéter, il pivota pour examiner les lieux.
Il se trouvait sous une cloche de verre flou, large de trois mètres, baignée d´une lumière blanche qui semblait provenir de partout à la fois.
Comme si elle avait perçu son réveil, la vitre s´éclaircit pour devenir transparente. Dario aperçut, au-delà des parois, des murs de pierre dépourvus de porte, et cinq silhouettes hautes et effrayantes.
Cinq guerriers desséchés, pareils à des momies, aux visages brûlés figés dans un rictus macabre, armés de lances et de glaives en bronze qui se dressaient droits devant eux, entre leurs orbites vides et ténébreuses. Des créatures monstrueuses, effroyables au-delà de la mort.
Dario reporta son attention sur le bourdonnement. Il semblait provenir du verre, témoignage d´une intense activité magique. Et, songea le mage, il pouvait brouiller n´importe quel Chant.
Une bouffée de colère l´envahit. Onorius ! Bien sûr, c´était lui qui avait conçu tout cela. Mais que voulait-il ? Qui était-il ? Dario ne comprenait rien à ce qui se déroulait. On le trahissait de toutes parts, on le mettait à terre, lui, l´invincible maître Chanteur de Dümrist ! Sa fureur seule, s´il avait pu l´utiliser comme arme, aurait suffi à massacrer l´armée d´Itraïr tout entière.
Il s´efforça de se calmer. Il chercherait des réponses plus tard. Pour l´instant, il devait s´enfuir.
Des paroles se déversèrent soudain dans son esprit. Doué d´une prodigieuse faculté d´analyse, Dario comprit aussitôt qu´Onorius lui parlait : seul le lien formidable entre un maître et son élève permettait un tel contact.
« Bonjour, Dario, disait la voix. Comme tu peux le constater, j´ai fait en sorte que tu ne reparaisses pas de sitôt au Palais, ni même à l´extérieur. Tu te trouves dans une salle secrète, non loin de la caverne du Puits. La cellule de verre dans laquelle tu es prisonnier te place dans une sorte de stase. Tu n´auras pas besoin de manger ni de boire pendant toute la durée de ton séjour, ce qui m´évite de m´occuper de toi trop souvent. Quand tu ressortiras, tout sera réglé et tu pourras reprendre ta petite vie tranquille.
« Au fait, ne te berce pas d´illusions : tu n´as aucune chance de t´échapper. La cellule t´empêche presque totalement de chanter et un bélier de dix tonnes ne suffirait pas à briser ses parois. Outre ceci, l´unique porte de cette pièce est cachée dans le mur et seul un mot de passe prononcé devant elle permet de l´ouvrir.
« De toute façon, tu ne l´atteindrais jamais. Les gardes que j´ai postés ici te réduiront en charpie si tu parviens à sortir de ta cellule. Je connais tes limites, Dario, et tu peux me croire quand je te dis que ces momies se situent bien au-delà.
« Bonne fin de journée. »
Le contact se rompit. Dario résista à l´envie de donner un coup de poing contre les parois de la cloche. Son maître savait ce qu´il faisait. S´il prétendait qu´une évasion était impossible, on pouvait lui faire confiance.
Sauf qu´Onorius avait négligé un point important dans le caractère de Dario.
L´obstination.
Le mage se laissa tomber à genoux, joignit les mains et posa son front dessus.
Il commença à chanter.
« ... en bref, tu as un sacré culot pour m´avoir fait un coup pareil, et je te rappelle combien la situation est grave. Ton père incapable de commander, toi à mille kilomètres de la capitale, Tanaril qui complote et les généraux qui se disputent le pouvoir, ça fait un paquet de problèmes ! J´espère reprendre tout ça en main, mais rien n´est moins sûr.
« Porte-toi bien, mon jeune élève. »
La voix de Dario fit place à une autre, plus douce et fluette.
- Ainsi s´achève le message, Altesse. J´espère que mon concours vous a satisfait sous tous les rapports.
Alexandre ne put s´empêcher de sourire. Odih, le nouvel oiseau messager que lui avait envoyé Namâric, se montrait nettement plus respectueux que Frid. A tel point qu´on pouvait se demander pourquoi l´insolent volatile restait le préféré du Paladin. Un passé commun très chargé, sans doute...
Autour du Prince, le comte Thibaut, sa femme Geneviève et Barn avaient écouté comme lui les nouvelles de Dümrist. Même si Odih était arrivé aux environs de minuit, Alexandre n´avait pas hésité à les réveiller pour leur demander d´entendre le message.
Un long silence accompagna les réflexions des uns et des autres. Enfin Thibaut déclara :
- Dario d´Yrwald a raison. La situation est grave. Mais pourquoi diable la loi ne prévoit-elle pas que le roi puisse tomber malade ?
- C´est d´autant plus étrange, ajouta Geneviève, qu´il devrait bien exister une clause permettant de confier le pouvoir à quelqu´un d´autre si le roi devient sénile. C´est une précaution élémentaire !
- Malheureusement, non.
Alexandre venait enfin d´ouvrir la bouche, après de nombreuses minutes passées à analyser le contexte. Jusque-là, la nouvelle de la mort prochaine de son père ne semblait pas l´avoir ébranlé, mais quand il parla sa voix tremblait quelque peu.
- Les souverains de Dümra règnent jusqu´à leur mort ou jusqu´à ce qu´ils abdiquent, expliqua-t-il. La raison en est simple : les rois ont de tous temps craint des complots visant à les destituer. On peut facilement imaginer un personnage influent soudoyant les médecins pour leur faire prétendre que le roi n´est plus capable de gouverner. Il deviendrait alors facile de s´emparer du pouvoir. En conséquence, rien ne permet de détrôner le monarque. Quant à la sénilité, aussi absurde que cela puisse paraître, les rois ont toujours jugé qu´ils sentiraient quand viendrait le moment de céder la place à leur héritier. Aujourd´hui, cette attitude se retourne contre nous. Et je ne peux même pas le critiquer : si un jour je suis couronné, je ne ferai pas non plus modifier la loi.
Il poussa un long soupir.
- Peut-être... hasarda Thibaut.
- J´y retourne.
Alexandre avait parlé calmement, sans inquiétude, d´un ton résolu. Le comte le regarda avec stupeur.
- Quoi ?
- Je retourne à Dümrist. Si je prends le pouvoir, personne ne devrait me contester.
- Mais... C´est trop dangereux ! Vous serez en sécurité, dans les marches du Nord. Pourquoi vous rendre à la capitale, juste avant le début du siège ?
Alexandre planta ses yeux dans ceux de Thibaut et parla d´une voix tranchante :
- Vous n´êtes pas mon père, comte. Je n´ai pas à vous obéir. Je sais ce que je fais, et personne ici ne m´en empêchera. Je retourne à Dümrist, et je tiendrai la place jusqu´à l´arrivée de vos renforts ou le départ d´Itraïr. Faites-moi confiance pour ça.
- Et comment comptez-vous y aller ? questionna Geneviève.
- Je me charge de l´emmener, intervint Barn.
La femme le considéra avec scepticisme, mais s´abstint de toute objection.
- Inutile de tarder, déclara Alexandre. Je pars immédiatement.
- Vous m´attendez même pas le matin ? s´étonna Thibaut.
- Non. Un détail cependant : j´ignore ce qu´il est advenu de Tanaril de Ganor. Au cas où, je vous laisse l´oeil de Kashnir et le sabre runique que j´ai trouvés à Kridath. Il vaut mieux ne pas les approcher de l´ennemi.
Le Prince alla prendre l´arme d´or et d´argent ainsi que la pierre verte, qu´il cahcait sous sa couche, et les tendit au comte.
- Prenez-en soin. Leur importance n´est pas négligeable.
- Ne vous inquiétez pas.
Ils quittèrent la tente et se retrouvèrent au milieu du camp à moitié endormi. Barn se baissa et déploya ses ailes. Alexandre rassembla ses affaires et quelques provisions, les fourra dans un sac de toile et enfourcha le Dylran.
- Altesse... commença Geneviève.
- Quoi ?
- Je ne pense pas avoir de leçon à vous donner, mais gardez quand même ce conseil en tête : méfiez-vous du général Hendar Gorts. D´après ce que je sais, c´est lui qui risque de s´opposer le plus à votre ascension au pouvoir.
Alexandre hocha la tête. Odih vint se nicher à côté de lui.
- Ne m´oubliez pas, Altesse, dit le minuscule oiseau.
Barn ramassa sa formidable musculature, plia les genoux, tourna la tête vers les étoiles.
Puis, d´une unique et phénoménale détente, il se propulsa haut dans les airs. Ses ailes battirent, il stabilisa son vol et s´éloigna vers le Nord-Est. Bientôt, il disparut dans la nuit.
Quelques Orks et chevaliers avaient assisté à la scène et continuaient à fixer l´horizon, émerveillés. Théo arriva sur ces entrefaites, l´air ensommeillé, pour demander ce qui se passait.
Son père lui expliqua. Théo lança un regard vers le ciel.
- Bon débarras, cracha-t-il.
Adrien émergea du sommeil quand une main vigoureuse le secoua.
- Qu´est-ce qu´y a ? marmonna-t-il.
- Debout, vite ! Il y a urgence.
Le garçon ouvrit les yeux pour découvrir Artus debout dans la chambre, l´air inquiet. Le magicien avait déjà enfilé ses vêtements de cuir ocre-rouge et fixait l´étui de son long poignard à sa ceinture.
Adrien se redressa alors qu´Artus passait son manteau couleur de sang et se dirigeait vers la porte.
- Mais qu´est-ce qu´il se passe ? Quelle heure est-il ?
- A peine l´aube. Mais habille-toi vite, nous sommes pressés.
- Mais quoi ?
- Ecoute.
Adrien tendit l´oreille. Des rumeurs couraient dans la rue, ainsi que des exclamations vives et des cris angoissés. Il enfila en hâte son pantalon et sa tunique de toile puis se dirigea vers la fenêtre.
Une douzaine de cavaliers aux visages durs se tenaient sur la place principale, vêtus d´habits usagés, armés d´épées et de haches menaçantes, montés sur des chevaux puissants et disparates. L´un d´entre eux, un grand barbu qui brandissait un cimeterre, jetait des ordres d´une voix tonitruante. Le chef, probablement.
Les villageois, encore ensommeillés, avaient été rassemblés devant l´église. Quelques-uns des étrangers entraient dans les chaumières pour en ressortir avec des familles affolées qui rejoignaient bien vite les autres.
- Des pillards, commenta Artus. Ils profitent de la guerre, donc du manque de soldats dans ces régions, pour s´attaquer aux petits villages. Ils frappent généralement le matin, quand on ne les aperçoit que trop tard et que les hommes n´ont pas le temps de s´organiser.
- Ils vont tuer les habitants ? s´inquiéta Adrien.
- A mon avis, non. Ce sont de vrais truands, pas des fous furieux. Ils veulent de l´or, des vivres et des objets de valeur. Tu te souviens des hommes qui parlaient d´acheter le bois, hier midi ? C´est en partie à eux qu´ils s´intéressent.
Adrien chaussa ses bottes.
- Mais qu´est-ce qu´on va faire ? demanda-t-il. Pas les combattre, quand même ?
- Si, pourquoi ?
- Mais...
- Je m´occupe de tout. Contente-toi de regarder.
Le maître et l´élève quittèrent leur chambre et descendirent l´escalier. Adrien s´efforçait de rester calme, mais en réalité il s´affolait. Artus pensait-il vraiment venir à bout d´autant d´adversaires ?
Dans la grande salle, ils trouvèrent un des pillards qui poussait les riches marchands de la veille vers la sortie, les menaçant de son épée. Les commerçants, livides et tremblants, ne protestaient même pas.
Le brigand remarqua sur-le-champ l´arrivée d´Artus et pointa son épée vers lui.
- Toi, avec les autres. Vite. Et toi aussi, gamin, ajouta-t-il en apercevant Adrien.
Artus avança docilement vers le bandit, comme s´il se dirigeait vers la porte.
Puis il passa à l´action.
Son bras droit fouetta l´air avec une soudaineté qui ne laissa aucune chance au pillard. Le tranchant de sa main frappa l´homme sur le côté du cou. Le bandit chancela, étourdi. Il leva son épée pour riposter...
L´arme s´envola et se ficha dans le plafond avec un bruit mat. Puis une main invisible le saisit à la tête et l´envoya rouler au sol avec une violence calculée. L´homme ne bougea plus.
L´affrontement n´avait pas duré trois secondes.
Adrien regardait le corps du bandit avec des yeux ronds.
- Il est... ?
- Juste assommé, le rassura Artus. Espérons que les autres seront aussi faciles à vaincre.
Il arracha l´épée du brigand et franchit la porte. Les trois marchands le fixaient, sidérés.
- Allez vous cacher si vous n´avez pas le courage de vous battre, leur lança le magicien sans leur accorder un regard.
Il traversa la place et se dirigea vers l´église. Le chef des pillards le remarqua et fit pivoter son cheval.
- Jette ton arme ! tonna-t-il.
Artus avança au milieu des cavaliers sans paraître se soucier des lames brandies autour de lui.
- Jette ton arme ! Et vous autres, allez me chercher ces marchands ! Et secouez un peu Victor ! Il aurait dû les ramener depuis longtemps !
Le pillard sembla soudain faire le lien entre le retard d´un de ses hommes et la présence d´une épée qui lui appartenait dans le mains d´un inconnu.
- Saisissez-vous le lui ! rugit-il.
Le magicien jeta un coup d´oeil dédaigneux aux bandits qui mettaient pied à terre et s´approchaient, puis se tourna vers les villageois.
- Eh bien ? Seriez-vous incapables de vous défendre ? Ces hommes sont trois fois moins nombreux que vous, et vous hésitez ?
Une rumeur indéfinissable parcourut le groupe des villageois. Les pillards étaient tout près d´Artus, à présent.
Adrien vit Bob Bakoff parler à voix basse avec son voisin en désignant quelques haches de bûcheron alignées contre un mur non loin d´eux. Les paroles d´Artus semblaient porter leurs fruits.
- Franchement, poursuivit le magicien alors que les brigands l´encerclaient, quel mal peut-on avoir à se débarrasser d´une pareille bande de lâches dirigée par un vaurien aussi pitoyable ?
Le chef des pillards poussa un hurlement furieux et talonna son cheval, fendant les rangs de ses comparses. Artus le laissa arriver sur lui.
« C´est de la folie, songea Adrien. Il n´aura même pas le temps d´agir. Le cheval va le renverser et le piétiner ! »
Au dernier moment, Artus plongea sur le côté. Les cinq cent kilos de l´animal le frôlèrent sans lui causer le moindre mal. Le magicien leva la main. Le cavalier perdit soudain l´équilibre, bascula sur le côté et s´étala sur les pavés.
Les autres pillards s´élancèrent.
Artus fit un geste en direction du plus proche. Son épée s´échappa de ses mains et retomba dans celle du magicien. Le brigand n´eut que le temps de se jeter à terre pour éviter un redoutable coup d´estoc.
Artus esquiva une première série d´attaques par d´élégantes pirouettes. Ses deux lames bloquèrent une hache qui s´abattait sur lui, tournoyèrent et parèrent deux coups d´épée. Le magicien sabra l´air autour de lui pour faire reculer ses adversaires puis libéra son pouvoir.
Un bandit s´effondra quand ses genoux lâchèrent. Artus l´enjamba, lui assena un coup de pied au visage et pivota pour faire face aux autres.
Les armes de ses assaillants fendirent l´air. Artus para un premier coup, esquiva un second, rompit d´un pas. Para encore une attaque.
Adrien admirait son maître en action sans trop savoir quoi faire. Il crut d´abord que le magicien allait l´emporter, tant sa maîtrise de l´épée paraissait inégalable. Même le retour du brigand assommé à l´auberge, qui avait repris ses esprits, ne sembla pas l´inquiéter. Puis le garçon comprit que l´affrontement tournait mal.
Si les bandits étaient gênés par leur nombre et leur empressement à le frapper, ils avaient l´avantage de combattre à dix contre un et Artus, bien qu´armé de deux épées, ne leur échappait qu´en cédant continuellement du terrain.
Il se baissa quand une lame siffla au-dessus de sa tête, décocha un coup de pied dans le tibia d´un de ses adversaires. La magie projeta deux autres pillards au sol, son épée gauche ouvrit une blessure sanglante sur un bras, la droite se ficha de dix centimètres dans une cuisse.
Cet exploit aurait pu procurer un peu de répit à Artus s´il n´avait pris autant de risques pour l´accomplir. Un poing percuta le sommet de son crâne, un pied frappa son ventre. Il s´écroula, roula sur le côté, se releva d´un mouvement vif pour contrer une nouvelle attaque.
Une lame fusa sur sa droite. Il tenta de l´arrêter avec son pouvoir, n´y parvint pas. Il poussa un cri quand l´acier entama son épaule.
- Arrêtez ! Il est à moi !
Le chef des pillard venait de se relever. Les traits déformés par la rage, il avançait en levant haut son cimeterre. Ses hommes s´écartèrent pour le laisser achever l´ennemi.
- Crève, chien ! cracha-t-il.
Un hurlement sauvage dans son dos le fit sursauter. Bob Bakoff, accompagné d´une demi-douzaine de solides bûcherons, fonçait sur les pillards en balançant leurs haches.
Artus profita de la diversion pour se dégager et se mit en garde en essayant de ne pas vaciller et d´ignorer la douleur.
Les deux camps se ruaient l´un sur l´autre. Les armes étincelèrent pour se lancer dans une bataille acharnée...
- Arrêtez !
Comme par magie, l´instant se figea. Les hommes stoppèrent net, cherchèrent la source de cette voix impérieuse.
Ils la trouvèrent au centre de la place. Une vieille femme couverte de rides, contrainte de s´appuyer sur un bâton.
Nurmill Aqlaï.
Le chef des bandits ouvrit la bouche. La conteuse le devança.
- N´avez-vous pas honte, commença-t-elle d´une voix vibrante de colère, de vous battre ainsi pour rien ? Ne me parlez pas de biens, d´argent ou d´autre chose ! Valent-ils la peine de s´entretuer ?
Le chef répliqua d´une voix sèche :
- Va-t-en, vieille femme. Tu me dis de ne pas parler d´argent, il se trouve que seul cela m´intéresse. Moi comme mes hommes.
- Tu es sûr ?
- Absolument sûr.
- Tu es prêt à tuer pour ça ?
- Je n´ai pas demandé à me battre. C´est cet homme qui a choisi de me résister !
En parlant, il désigna Artus qui paraissait surpris de la tournure que prenaient les événements.
Nurmill Aqlaï se contenta de sourire.
- Dis-moi, combien espères-tu gagner aujourd´hui ? Je veux dire, maintenant que la moitié de tes hommes sont blessés, que tu dois affronter tes victimes et que, point essentiel, les marchands que tu recherchais se sont enfuis ?
- Quoi ?
- Ils n´ont pas demandé leur reste. Tu vois leurs montures, sur la route ?
Adrien suivit le regard des brigands. Trois chevaux s´éloignaient au triple galop, soulevant un nuage de poussière.
Le calcul était simple. Piller le village rapporterait des vivres et quelques couronnes, et impliquait de livrer un combat à l´issue plus qu´incertaine. Les marchands possédaient des bourses bien pleines, constitueraient des otages de valeur et pouvaient encore être rejoints.
- En selle ! rugit le chef.
Sous les regard étonnés des villageois, les bandits enfourchèrent tant bien que mal leurs montures, quittèrent le village et s´élancèrent sur la route à la poursuite des marchands. Très vite, les cavaliers encore valides furent loin tandis que les blessés bifurquaient vers la forêt, sans doute pour panser leurs plaies.
Des acclamations s´élevèrent, et pendant quelques minutes une liesse générale envahit le village.
Au milieu des cris de joie, Artus se tourna vers Nurmill Aqlaï.
- Pourquoi leur avoir dit ça ? Nous allions gagner !
- Quel intérêt y avait-il à tuer ces hommes ?
- Les empêcher de recommencer, bien sûr ! s´emporta Artus. Maintenant qu´ils se sont enfuis, ils vont continuer à écumer la région ! A commencer par ces trois marchands !
- Leurs chevaux, vous voulez dire.
- Quoi ?
Nurmill se tourna vers l´auberge.
- Vous pouvez sortir, lança-t-elle. Il n´y a plus de danger !
Et, devant les yeux ébahis d´Artus, les trois commerçants émergèrent du bâtiment, encore sous le choc.
- Joliment manoeuvré, commenta le magicien. Vous n´avez fait fuir que leurs chevaux. Mais quand les bandits s´en apercevront, ils reviendront se venger.
- Sans l´avantage de la surprise ? intervint Bob Bakoff avec un grand sourire. Ca m´étonnerait beaucoup ! Nous devrons monter la garde avec un peu plus d´attention à l´avenir, mais cette leçon devrait déjà tempérer leurs ardeurs. A mon avis, nous ne les reverrons plus jamais !
Artus décida de ne pas insister. Il repoussa les quelques villageois qui voulaient examiner sa blessure et se tourna vers Adrien.
- Va prendre un petit déjeuner. Le temps de soigner cette coupure et nous partons d´ici.
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