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Liste des sujets

Le siège de Dümrist

-Alir-
-Alir-
Niveau 8
05 janvier 2006 à 22:42:29

Tiens, je viens de remarquer une erreur dans le premier chapitre. Enfin, je crois...

Tu écris "Tout à l´inverse de son voisin de gauche. Le général Pyers Thul´lod était aussi ridicule dans son aspect que redoutable sur un champ de bataille."
Sauf qu´il est vraiment ridicule dans son aspect. Donc il est vraiment redoutable sur un champ de bataille ? Vu son énorme embonpoint et la facilité avec laquelle Alexandre l´élimine, ça paraît peu probable.

  • Et désolé pour les doubles posts*
KaiM
KaiM
Niveau 11
06 janvier 2006 à 16:43:17

xbq me l´avait signalé, et j´ai corrigé : Thul´lod est redoutable, non pas en tant que combattant, mais en tant que stratège. C´est ce que j´avais voulu dire, mais je m´étais mal exprimé.

chris12
chris12
Niveau 9
07 janvier 2006 à 15:52:02

ouais adrien a reussi à utiliser ses pouvoirs, alice est comme l´ork, alexandre survivra ou pas ?

(c´est quoi cette manie à commencer tout les noms par A ?)

KaiM
KaiM
Niveau 11
07 janvier 2006 à 19:08:51

Mes noms ne commencent pas tous pas A. Mais comme il existe plus de 26 personnages, forcément il y en a dont le nom commence par la même lettre...

Et Alice n´est pas franchement pareille qu´Hustouk, non. Mais je n´en dis pas plus.

elwing10
elwing10
Niveau 10
08 janvier 2006 à 18:53:42

HORREUR ET DAMNATION!!!
ce topic est sur la 2EME page!!!
bin maintenant il est sur la première :fou:

KaiM
KaiM
Niveau 11
09 janvier 2006 à 22:20:42

:up:

chris12
chris12
Niveau 9
10 janvier 2006 à 20:17:23

et mince pas de suite cette fois-ci, ouinnnnnnn !!

hipop_danseuse
hipop_danseuse
Niveau 10
10 janvier 2006 à 20:27:10

niak! contente que ca t´ai plu, Alir!
désolé peux pas lire, mais bon, plus trop le temps :)

Coin Coin

[les deux derniers mots de ce message ne sont d´aucune utilité apparente ni même transparente (hum), même ne vise qu´à utiliser des lignes à ce message déjà trop long pour ce qu´il dit]

KaiM
KaiM
Niveau 11
10 janvier 2006 à 20:40:33

Snif. Entre toi qui n´a pas le temps, et Grhyll qu´on a toujours pas revue, je me sens bien perdu. (Je n´oublie pas les autres, mais bon, vous êtes deux de mes plus anciennes lectrices...)

Je pense qu´il sera bientôt temps de poster la suite. Disons demain.

Je retourne écrire.

KaiM
KaiM
Niveau 11
11 janvier 2006 à 13:21:44

La suite promise arrive. Bonne lecture.

Alexandre ouvrit les yeux alors que l’aurore pointait à peine à l’horizon. Passant sans transition d’un profond sommeil à une vivacité surprenante, il sauta au pied de son lit et alla écarter les rideaux.
La capitale puis la campagne de Dümra s’étendaient sous ses yeux, encore endormies. Un faible vent du Sud, arrivé pendant la nuit, faisait danser les herbes des plaines et les feuilles des arbres. Au loin se dressaient les étendards de l’armée d’Itraïr, plus proche de jour en jour.
Il faudrait bientôt songer à évacuer les faubourgs, se dit le Prince. Seuls les remparts de la ville haute pourraient offrir au peuple une protection suffisante en cas d’attaque.
Il se détourna pour se diriger vers la porte de sa chambre et frappa un coup sur le battant de bois.
La porte s’ouvrit sur deux serviteurs aux cheveux brillants, vêtus de vert et or, qui ne devaient l’attendre que depuis une minute. Le premier portait un plateau chargé d’un petit déjeuner simple mais copieux : pain, jambon, fromage, œufs au plats encore fumants et pots de beurre et de confiture. Le second tenait entre ses mains un vêtement de cuir soigneusement plié.
- La nouvelle armure que vous avez commandée, Altesse.
- Merci, Derek. Toi aussi, Jendil.
Les serviteurs semblèrent très flattés d’être appelé par leur prénom. Ils entrèrent dans la pièce avec un sourire discret, déposèrent plateau et armure, puis ressortirent à reculons, en s’inclinant comme l’exigeait le protocole.
Dès que la porte fut refermée, Alexandre s’attaqua à son petit déjeuner tout en réfléchissant. Il pouvait largement être fier de ce qu’il avait accompli durant les deux derniers jours. Il avait pris le pouvoir avec brio, supprimé Pyers Thul’lod sans faire trop de remous, rallié nombre de partisans et commencé à organiser la défense de la ville. Si tout se passait bien, Itraïr ne tarderait pas à rebrousser chemin et lui, Alexandre, serait couronné sous peu.
Il se reprocha de faire si peu de cas de la mort prochaine du roi. C’était quand même son père ! Mais, le Prince ne pouvait le nier, il ne ressentait aucune tristesse pour lui.
En revanche, la disparition de Dario l’inquiétait. Le maître Chanteur n’était pas encore revenu, et Alexandre pressentait de plus en plus une catastrophe. Un mage du rang de Dario ne s’évaporait pas comme ça ! Du moins pas sans une bonne raison ou un ennemi à sa mesure.
Ses pensées tombèrent sur Alice. Il ne l’avait pas revue pendant la journée précédente, trop occupé à régler ses problèmes. Il avait juste demandé à Onorius de la tester. Quel résultat allait-elle obtenir ? Sûrement quelque chose d’incroyable !
Mais pourquoi se préoccuper autant de ça ? Il en avait assez. Il ne parvenait pas à chasser cette fille de ses pensées. C’était comme essayer de nager contre le courant dans un torrent de montagne.
Pourtant, il lui fallait se détacher d’elle. Rapidement. Il ne pouvait se permettre d’offrir à ses adversaires un point faible à exploiter.
Alexandre avala la dernière bouchée de sa tartine, retira sa chemise, passa des vêtements propres et enfila son armure de cuir. Le vêtement, parfaitement ajusté, lui sembla aussitôt idéal. Souple et léger, il ne gênait en rien les mouvements tout en opposant une bonne résistance aux chocs et aux lames. Parfait.
Le Prince chaussa des bottes équipées de fourreaux dans lesquels il glissa deux courts poignards. Quatre autres gaines, fixées sur ses cuisses et dans ses manches, reçurent bientôt une longue dague à abriter. Alexandre fixa ensuite à sa ceinture le poignard à lame de serpent que lui avait donné Jakarn avant de mourir, et avec lequel il comptait bien abattre Tanaril de Ganor - après, bien entendu, lui avoir arraché quelques explications. Enfin, il cala son glaive entre ses épaules et boucla la sangle du fourreau. Alors, seulement, il se sentit habillé.
Il quitta sa chambre et s’engagea dans le couloir pour gagner le hall central. Tout en se dirigeant vers le grand escalier, il songea qu’Onorius avait promis de lui rendre visite au plus tôt et qu’il devait s’occuper de vérifier les défenses ouest de la ville...
Alexandre s’arrêta net. Pourquoi diable allait-il vers le grand escalier ? Il avait prévu d’aller voir son père !
Un regard circulaire lui apprit que le grand hall, où s’activaient toujours quelques serviteurs, était vide. L’Orgue, infatigable, jouait un air pesant et angoissant.
Le Prince réfléchit à toute vitesse. Une magie était à l’œuvre dans cet étage. Autrefois, il avait été victime d’un sort d’attraction, qui l’avait poussé à se rendre dans une maison où l’attendait un piège. Ici, c’était l’inverse. Quelque chose incitait tout le monde à quitter les appartements royaux.
Pris d’un doute affreux, le Prince appela le pouvoir des Bracelets d’Arzhan. Aucune réaction. Le sort qui agissait dans cette pièce bloquait aussi l’accès à la magie !
Alexandre se tendit.
Et le cauchemar commença.
Une silhouette grise et verte se laissa tomber du plafond et se rua sur lui. Le Prince eut à peine une fraction de seconde la regarder. Il ne lui en fallut pas plus.
C’était un Elfe incroyablement rapide, vêtu d’habits élégants, qui brandissait un long sabre scintillant. Si ses yeux rouges, inhabituels, déroutèrent Alexandre, ses traits le frappèrent comme un coup de poignard.
Andorion.
Le serviteur du mage Thenetos, l’Elfe qui avait tenté de capturer le Prince puis de le tuer à Kridath, avant de subir une défaite cuisante et de s’enfuir de la ville.
Il était de retour. Pour finir son travail.
Son sabre s’abattit en une courbe fulgurante et meurtrière.
Alexandre devait d’être toujours en vie à son astuce mais surtout à ses réflexes aussi affûtés que ses lames. Il plongea à terre pour esquiver l’attaque, roula en touchant le sol et se releva en tirant son glaive.
L’Orgue venait d’entonner un air furieux et effréné. Alexandre, horrifié, para un second coup et bondit en arrière pour échapper à un troisième. Andorion le poursuivit et frappa à nouveau. Le glaive du Prince s’interposa et, enfin, plaça une riposte. L’Elfe esquiva d’un pas sur le côté avant de porter un coup d’estoc. Alexandre le contra sans céder de terrain.
Son effroi se calmait peu à peu pour faire place à la réflexion. Il s’attendait plus ou moins à une intervention de Thenetos, mais le retour d’Andorion le prenait au dépourvu. Pour ne rien arranger, la lueur rouge qui brillait dans les yeux de l’Elfe avait quelque chose de particulièrement inquiétant.
Mais toutes ces considérations ne changeaient rien à son problème actuel : il devait remporter ce combat.
Andorion s’accroupit pour éviter un coup latéral et lança son pied dans le ventre du Prince. Celui-ci fut projeté en arrière et s’écroula, le souffle coupé. Déjà l’Elfe se jetait sur lui.
Alexandre roula sur le côté pour échapper au coup de sabre, sauta sur ses pieds et se remit en garde. Le sabre d’Andorion siffla, heurta la lame du Prince, repassa en un revers destructeur et manqua sa cible : Alexandre s’était encore dérobé.
Le Prince reculait inexorablement, évitant les coups de taille de son adversaire sans trouver l’occasion de répliquer. La peur revenait, lui ôtant ses moyens. Il dévia une attaque, esquissa une feinte qu’il dut transformer en parade, fit un pas en arrière. Le sabre d’Andorion fendit l’air en un arc de cercle étincelant. Au dernier moment, le glaive d’Alexandre se glissa sous la lame, la releva pour la faire passer au ras des cheveux du garçon, avant de l’écarter d’une violente poussée. Dans le même temps, le Prince décocha à son adversaire un puissant coup de pied circulaire qui le percuta à la hanche.
Andorion ne broncha pas. Empoignant son sabre à deux mains, il l’abattit sur la tête d’Alexandre qui ne le contra qu’à l’ultime seconde. Les lames s’entrechoquèrent avec un claquement qui résonna dans toute la salle, accompagnant la musique frénétique de l’Orgue.
Une nouvelle série de coups cantonna Alexandre à la défensive. Le Prince céda du terrain, comprenant peu à peu qu’il n’avait aucune chance dans ce duel. Encore plus rapide qu’autrefois, Andorion enchaînait les attaques sans la moindre pitié tout en virevoltant avec grâce pour esquiver les rares ripostes de sa proie.
Alexandre parvint à une conclusion évidente : il lui fallait du renfort. Rompant l’assaut, il se précipita vers la grande porte avec l’énergie du désespoir.
Un homme se tenait là, observant l’affrontement avec intérêt.
Drapé dans un majestueux manteau immaculé, le visage ridé encadré par une longue barbe et des cheveux blancs, il rayonnait de puissance.
Thenetos de Vordal.
Alexandre s’arrêta, sidéré. Jamais il n’aurait imaginé que le maître en personne se déplacerait pour lui. Face à un tel mage, le Prince n’avait aucune chance !
C’est alors qu’Andorion repartit à l’attaque. Alexandre para l’assaut en vacillant sous le choc, repoussa le sabre vers le haut. Sans hésiter, l’Elfe lâcha son arme et frappa des deux poings à une vitesse hallucinante.
Les coups soulevèrent Alexandre de terre et lui firent traverser la moitié de la salle. Il perdit son glaive, s’écrasa sur le sol de marbre et ne parvint à reprendre ses esprits qu’au moment où Andorion levait son sabre.
Alexandre prit soudain conscience de la panique qui, agissant comme un blocage, l’empêchait de donner la pleine mesure de son talent. Alors que l’arme s’abattait sur lui, il s’efforça de dominer ses craintes pour ne considérer Andorion que comme un adversaire, certes redoutables, mais faillible. Il se calma, ligatura sa peur...
Et tout explosa.
A l’instant où il parvenait enfin à maîtriser son effroi, la haine tapie au fond de lui déferla dans son être tout entier. Andorion avait tué le frère et la sœur d’Alice, il s’en était fallu de peu pour qu’il n’abatte Vladek et Hustouk. Il avait assassiné Jakarn et, pire encore, il avait presque réussi à éliminer Alexandre. Le Prince détestait cet Elfe. Et rien ne pourrait plus l’empêcher de le réduire en pièces.
Le sabre sifflait toujours dans sa direction, tout prêt maintenant. Alexandre, d’un mouvement fluide et rapide, roula de côté. La lame heurta le sol avec violence, Andorion chancela. Un coup de pied le cueillit à la tête, un autre aux chevilles. L’Elfe s’effondra, se rattrapa d’une main et lança sa jambe en avant. Alexandre esquiva d’un bond puis, avant même de retomber, frappa à nouveau.
Son talon gauche fouetta l’air, percuta la mâchoire d’Andorion qui s’étala sur le marbre. Le Prince tira les deux poignards qu’il portait sur les cuisses. Les lames brillèrent sinistrement dans les premières lueurs de l’aube.
Semblant glisser sur le sol, Andorion évita les dagues acérées et se redressa d’un mouvement reptilien. Les bras d’Alexandre se détendirent en des gestes foudroyants, ses doigts s’ouvrirent et ses poignards volèrent droit sur son adversaire.
L’Elfe se pencha pour esquiver le premier.
Le second se planta dans son épaule.
Il poussa un cri de douleur accompagné d’un accord solennel de l’Orgue. Alexandre réalisa un saut périlleux, dégaina les deux lames qu’il cachait dans ses bottes et s’abattit sur Andorion en frappant. L’Elfe se déroba de justesse mais reçut néanmoins une entaille au bras gauche. Brandissant son sabre, il plaça un puissant revers. Alexandre évita la lame sans difficulté, se dressa sur une jambe, replia le genou de l’autre...
Son pied fusa, atteignit l’Elfe à la poitrine et le projeta en arrière. Andorion tournoya dans les airs, rebondit contre un mur et revint sur Alexandre avec une ahurissante rapidité.
Il n’avait pas lâché son sabre.
Du moins, pas encore.
Les dagues du Prince, lancées avec une précision diabolique, fendirent l’air côte à côte et lacérèrent la main droite de l’Elfe. Son arme roula à terre.
Andorion arriva désarmé face au Prince, qui pour sa part sortait deux autres poignards de ses manches, un rictus de haine lui tordant le visage.
Alexandre propulsa une lame vers le visage de son adversaire. L’Elfe para l’attaque, agrippa le poignet du Prince tandis que sa main blessée lui portait un uppercut au menton.
Alexandre esquiva sans mal et tomba dans le piège de son assaillant : verrouillant une impitoyable clé au bras, Andorion entreprenait de lui briser le poignet. Le Prince échappa de justesse à la prise, mais dut abandonner sa dague à l’Elfe qui la pointa en avant.
L’autre poignard d’Alexandre fendit l’air. Andorion se baissa pour éviter le coup de taille qui lui aurait tranché la gorge puis élança son arme. Le Prince dévia la lame d’un coup sec du plat de son poignard tout en frappant du pied. L’Elfe se jeta de tout son poids contre lui. Les deux combattants roulèrent à terre, luttant au corps à corps, à coups de poings et à coups de couteau.
Andorion prit appui sur une jambe, amorça un mouvement pour se relever avant de retomber sur le Prince en abatant son genou. Alexandre bloqua l’assaut du plat de la main, planta son poignard dans la cuisse de son ennemi et, sans lui laisser le temps de réagir, balança son coude d’un geste foudroyant.
Le nez d’Andorion se brisa avec un craquement sec accompagné d’une gerbe de sang. Il poussa un cri, se dégagea souplement et se redressa. Il arracha la dague fichée dans sa jambe et se campa solidement sur ses pieds.

KaiM
KaiM
Niveau 11
11 janvier 2006 à 13:22:26

Alexandre se demanda pourquoi Thenetos n’entrait pas en action. En effet, malgré les difficultés que rencontrait son serviteur, le mage se contentait d’observer le duel, parfaitement calme, les yeux brillants.
Andorion bondit en avant, portant deux redoutables coups d’estoc avec les poignards d’Alexandre. Celui-ci exécuta un parfait saut périlleux arrière afin d’esquiver l’attaque, atterrit droit sur son glaive et l’empoigna d’une main. Il toucha terre, fit une roulade et se releva d’un mouvement fluide, en position de combat.
Andorion avisa son sabre étendu sur le sol. Il plongea dans sa direction en même temps qu’il lançait ses dagues sur le Prince. Alexandre les détourna sans difficulté, les rejetant au loin par de puissants coups de glaive. L’Elfe se saisit de son arme favorite, la brandit et fonça sur le Prince.
La première attaque fit reculer Alexandre de deux mètres, la suivante manqua lui briser le bras, la troisième faillit lui arracher son glaive. La force d’Andorion n’avait plus rien à voir avec celle qu’il possédait un instant auparavant. Il frappait sans relâche, cognant de plus en plus dur. Ses yeux rouges étincelaient d’une lueur furieuse, démoniaque.
C’était ça !
Un démon ! Thenetos avait laissé un démon posséder le corps de son serviteur, probablement en punition de sa défaite à Kridath ! Alexandre frémit. Il ne comprenait pas comment le mage s’y était pris, mais une chose ne faisait aucun doute : en alliant l’adresse et l’expérience d’un combattant d’élite et la puissance d’un démon invoqué par magie, on obtenait le plus dangereux des guerriers imaginables.
La suite de l’affrontement s’annonçait très mal.
C’est alors qu’un grondement s’éleva de l’escalier. Une gigantesque forme blanche, munie d’ailes colossales, brandissant une épée de deux mètres, se ruait dans la pièce. Alexandre sentit le soulagement l’envahir. Barn ! Le Dylran venait à son secours.
Thenetos ne se troubla pas. Il pivota avec l’agilité d’un jeune homme, recula une jambe pour prendre appui dessus et tendit un bras auréolé de lumière blanche.
Une formidable détonation retentit. Barn, atteint en plein vol par la magie, bascula en arrière et s’effondra comme une masse avant de dégringoler les marches. Un titan légendaire vaincu en une fraction de seconde par un faible vieillard.
Alexandre ne se découragea pas. Il para une attaque, plaça un coup d’estoc, manqua sa cible et contra la riposte d’Andorion. L’Elfe porta une volée de balayages au niveau des jambes du Prince qui les contra sans exception. Alexandre répliqua par trois bottes audacieuses qui cantonnèrent son adversaire à la défensive, maintenant sa terrible puissance en respect.
Alexandre déversa toute sa colère dans ses assauts. Son glaive virevoltait, frappait du tranchant et de la pointe, volait d’une attaque à l’autre avec une rapidité hallucinante. Andorion, contenu dans une attitude strictement protectrice, perdait du terrain. La sueur emperlait son visage tendu par la concentration, ses mouvements se faisaient plus lents, presque maladroits. Le Prince sentait la victoire approcher. Inéluctablement.
Puis tout se termina.
Andorion se fendit une dernière fois. Alexandre para l’estocade avec aisance et riposta. Son glaive décrivit un cercle complet, s’engouffra sous l’épaule d’Andorion avant de mordre sa chair.
Le bras de l’Elfe s’envola avec un jet écarlate. Son sabre s’échappa de ses doigts morts, tomba dans la main du Prince. Se baissant et pivotant sur une jambe, Alexandre abattit la longue lame incurvée. L’acier trancha les chevilles d’Andorion avec une effrayante facilité.
L’Elfe hurla, bascula en arrière. Il n’avait pas encore touché le sol que le sabre sifflait à nouveau. La pointe acérée le frappa au torse, s’enfonça dans sa peau, traversa sa cage thoracique et se ficha dans une dalle de marbre, la brisant sous l’impact.
Andorion, cloué au sol, écarquilla ses yeux rouges. Sa bouche s’ouvrit sur un cri strident, irréel. De la seule main qui lui restait, il tenta de saisir le sabre planté dans son corps.
Il tomba en poussière avant d’avoir pu l’attraper.
La rage d’Alexandre reflua lentement pour laisser place à un soulagement sans bornes. C’était fini. Il avait gagné. Andorion ne ferait plus jamais de mal à personne.
Epuisé, vidé par le duel, le Prince tituba une seconde avant de se reprendre. Non, tout n’était pas terminé.
Empoignant son glaive à deux mains, il se tourna vers Thenetos et leva son arme devant lui.
- Très impressionnant, le complimenta le mage.
- Merci, répondit Alexandre d’une voix encore sifflante mais néanmoins menaçante.
Thenetos fit un pas vers lui. Le Prince se raidit.
- Que crains-tu, mon garçon ? Je ne comptes pas te faire de mal.
- Après ce qui vient d’arriver ? Votre laquais a essayé de me tuer !
Le mage se permit un sourire.
- Mais c’est toi qui l’a vaincu, n’est-ce pas ? Et avoue que tu y a pris plaisir !
Alexandre fronça les sourcils.
- C’était un test ?
- Tout à fait. J’ai pensé qu’il te serait agréable de régler tes comptes avec ce vieil adversaire.
- Andorion était pourtant l’un de vos meilleurs éléments... Etrange que vous l’ayez sacrifié pour m’amuser !
- Il avait échoué dans sa mission, répondit Thenetos. Et je ne tolère pas l’échec.
Alexandre restait sceptique.
- Si vous n’avez véritablement aucune intention de me nuire, pourquoi ne pas défaire le sort qui m’empêche de recourir aux Bracelets ?
Il mettait Thenetos au défi. Si le mage acceptait, il se mettrait en danger et lui, Alexandre, prendrait l’avantage.
A la grande surprise du Prince, Thenetos haussa les épaules.
- Pourquoi pas ?
Il claqua des doigts. Instantanément, le Prince sentit palpiter le pouvoir des Bracelets d’Arzhan. L’énergie circulait à nouveau en lui, libre et redoutable.
Alexandre respirait mieux. Il décida de jouer son atout.
- En fait, je ne peux rien vous reprocher, déclara-t-il. Après tout, je vous ai attiré ici délibérément.
- Quoi ?
Thenetos jouait les étonnés, mais il ne semblait pas réellement surpris.
- Avant-hier soir, j’ai utilisé le pouvoir des Bracelets, continua le Prince. Bien entendu, c’est cela qui vous a alerté. Je savais que vous viendriez, ou qu’au moins vous m’enverriez quelqu’un. Vous seul pouvez ressentir l’usage de la magie à ce niveau.
Thenetos parut flatté. Il disposait en effet d’une incroyable faculté qui lui permettait de repérer l’utilisation de la magie. Bien sûr, nombre d’autres sorciers possédaient ce don, à différents niveaux. Mais lui, Thenetos, pouvait localiser avec précision la plus petite parcelle de magie, n’importe où sur la surface du monde. Et, plus important encore, il pouvait reconnaître un pouvoir après l’avoir perçu une première fois.
- Je m’y attendais un peu, répondit-il. Ce qui m’intriguait vraiment, c’était la raison qui te poussait à m’attirer ici.
Alexandre eut un sourire en coin.
- A Kridath, j’ai refusé de me joindre à vous parce que vos méthodes me déplaisaient. Certes, j’ai été stupide de me borner pour si peu, mais tout le monde peut commettre une erreur. Aujourd’hui, néanmoins, je vous propose une alliance. D’égal à égal.
Cette dernière phrase avait toute son importance. Même si Alexandre ne l’avait pas signalé de crainte de vexer Thenetos, le mage voulait à l’origine faire du garçon son esclave. Là se trouvait le cœur de leur problème.
Le vieillard prit le temps de réfléchir. Une main aux doigts longs et fins sortit de sa manche droite pour aller caresser sa barbe blanche.
- Pourquoi as-tu besoin de moi ? s’enquit-il.
Alexandre retint le cri de triomphe qui naissait au fond de sa gorge. Rien n’était encore joué.
- J’ai des plans précis, annonça-t-il. Pas dans l’immédiat, mais d’ici quelques jours.
- Il est bien entendu hors de question que je participe à la défense de cette ville, le coupa Thenetos. J’entretiens de très bonnes relations avec Itraïr et je ne compte pas les gâcher pour toi.
- Bien entendu, répondit le Prince. Je pensais à tout autre chose.
- Et que m’offrirais-tu en échange ?
Alexandre sourit plus largement.
- Des informations. Et, éventuellement, un caillou qui semble vous intéresser très fortement.
A cet instant, Barn reprit connaissance. Il se releva d’un bond majextueux et se campa face à Thenetos en grondant, l’Ecorcheuse pointée en avant.
- Range ce jouet, cracha le mage. Nous discutons sérieusement.
Le Dylran ne bougea pas.
- Barn ! fit Alexandre. Détends-toi ! Il n’y a plus de danger.
Lentement, l’homme-oiseau abaissa son épée, gardant ses yeux braqués sur Thenetos.
- Je vois que tu ne recrutes pas tes gardes n’importe où, constata ce dernier.
- Ce n’est pas un garde, mais un ami, répliqua Alexandre.
Un chant s’éleva. Le Prince pensa à l’Orgue, mais l’instrument titanesque s’était tu, laissant un silence total planer sur ses tubes démesurés. Non, la mélodie venait de l’escalier.
Onorius de Finglä fit irruption dans la pièce et se figea sur place, l’air menaçant, une flamme bleue brillant dans chacune de ses paumes.
- J’avais bien cru sentir quelque chose, murmura-t-il.
Thenetos soupira.
- Décidément, je ne suis pas le bienvenu par ici...
- Ca suffit !
Alexandre avait haussé le ton.
- Il n’est plus temps de se battre, désormais, mais de s’entendre ! Alors, puisque nous sommes tous réunis, je vous propose d’aller discuter calmement dans l’un des petits salons.
Onorius se relâcha un peu. La salle crépitait toujours de tension. Le Prince espérait vraiment que tout n’allait pas tomber à l’eau pour de stupides problèmes de confiance !
- Très bien, dit finalement le maître Chanteur. Allons-y.

:)

_Azerty777
_Azerty777
Niveau 10
11 janvier 2006 à 13:50:50

Trop court. :snif: Ca faisait longtemps qu´on l´attendait, quoi. J´espère que la prochaine suite arrivera avant Dimanche. :)
Autrement, le combat est comme toujours mené avec brio malgré sa longueur (il est difficile de faire un combat long et dynamique, et pourtant c´est le cas de c´ui-ci :-))) ), juste une coquille à un endroit :
"Le Prince eut à peine une fraction de seconde la regarder"==>La phrase n´est pas correcte, à ce qu´il me semble. :)

Voilà, c´est tout. :)

KaiM
KaiM
Niveau 11
11 janvier 2006 à 14:00:44

Effectivement, il manque un "pour" dans la phrase. Et au fait, ce n´est pas le combat le plus long que j´aie écrit, celui dans la cathédrale en fait deux fois plus. Mais c´est vrai que les duels peuvent parfois manquer de dynamisme, vu que personne ne meurt avant la fin, contrairement au déroulement des batailles.

chris12
chris12
Niveau 9
11 janvier 2006 à 14:17:08

bien bien, à propos de bataille il en refaudra une belle comme à la fin des bracelets.

Sinon j´ai pas trop pigé qu´es ce que fout thenetos là, ok il a sentit l´utilisation de la magie mais c´est pas une raison. Et on rentre dans cette cité super protégé comme dans un moulin lol

KaiM
KaiM
Niveau 11
11 janvier 2006 à 14:45:08

En fait, je devrais retoucher un peu le chapitre. Disons que Thenetos, dans la Cathédrale de Kridath, veut s´emparer des Bracelets d´Arzhan. Il y tient particulièrement. Quand il les a repérés à Dümrist, il a évidemment foncé pour s´en emparer, se déplaçant en personne puisque son pouvoir était nécessaire pour lutter contre les Bracelets. Enfin, c´est ce que croit Alexandre. Parce qu´en fait, Thenetos se doutait déjà qu´il pouvait s´agir d´un message. Bref, tout ça l´a intrigué et a atisé sa convoitise, il est donc venu. Et pour lui, s´introduire dans le Palais n´a rien de compliqué. Quand au combat pour Andorion, c´était une manière pour lui de conclure les choses, de mettre un terme au duel inachevé de la cathédrale, d´éprouver les forces de son serviteur. Tu vois le duel Anakin/Dooku dans Star Wars 3 ? Ben c´est la même chose.

En espérant avoir été clair.

miss_allsunday
miss_allsunday
Niveau 7
11 janvier 2006 à 14:50:09

méga top supra génial!!!mais trop court :p)
lol je pense qu´il y a rien d´autre à dire :fou:
:ange:

KaiM
KaiM
Niveau 11
11 janvier 2006 à 15:03:36

Toutes les informations de mon précédent post viennent d´être intégrées au chapitre, ou renforcées. Un point de réglé.

Et comment ça, trop court ? Ca fait six pages !

-Alir-
-Alir-
Niveau 8
11 janvier 2006 à 16:40:17

Pour le lecteur c´est trop court 6 pages. :o))

Génialissime. :p) J´ai rien d´autre à dire. ^^

chris12
chris12
Niveau 9
12 janvier 2006 à 20:53:16

:up: avant la 2eme page

KaiM
KaiM
Niveau 11
13 janvier 2006 à 12:06:11

Le siège de Dümrist est en train de devenir ma fic la plus ambitieuse. Il me reste encore à taper les chapitres de transition menant aux batailles finales (plusieurs combats simultanés), plus ces fameux combats, plus la conclusion...

Et j´en suis déjà à 224 pages (Times new roman, taille 12)

Ca devient vraiment gros. Je pense que le quatrième volet sera plus linéaire, avec moins de personnages (vu que le bac finira par arriver et que j´aurai pas trois mois à y passer).

Tout ça pour dire que si je poste au rythme d´un chapitre par semaine, on n´en verra jamais le bout.

Donc voilà la suite :

- Je ne comprends pas, dit Thibaut. J’y ai réfléchi des heures, et je ne comprends pas. Pourquoi l’avoir laissé venir si tu te méfies de lui ?
Le comte et ses chevaliers apprêtaient leurs montures sous le soleil matinal. Les hommes s’activaient en tous sens, sellaient les bêtes, dispersaient les braises des feux, rangeaient le matériel. Profitant de ce moment agité, Thibaut avait pris son épouse à part pour lui parler de Zortas.
- C’est très simple, répondit Geneviève. Premièrement, je ne voulais pas vexer le chef de la horde en refusant son envoyé. Deuxièmement, il nous aurait suivis à distance de toute façon, et mieux vaut l’avoir à l’oeil s’il est là pour nous espionner. Troisièmement, j’ai cru comprendre qu’il s’agissait d’un bon combattant. En cas de problème, son aide pourra se révéler utile. Ca te fait assez de raisons, ou dois-je ajouter que...
- Non, c’est bon, l’interrompit le comte. Comme toujours, tu brilles d’intelligence et je ne suis qu’une brute idiote. N’en rajoute pas, s’il te plaît.
- Bien.
Non loin d’eux, Galahad rectifiait la position de la selle de Théo, mal ajustée. Le garçon suivait ses gestes d’un oeil attentif, gravant chaque étape dans sa mémoire. Quand le chevalier eut fini, il recula de quelques pas.
- Et voilà ! Ce n’est pas si compliqué, quand même.
- Je débute, se défendit Théo.
- Ce n’est pas une raison. Moi, à huit ans, je savais m’occuper d’un cheval.
- Et aussi des vaches, des poules, des cochons, des oies, des moutons, des...
Galahad fit mine de s’offusquer.
- Quel mal y a-t-il à ça ? C’était mon travail !
- Mais je ne voulais pas te vexer, répliqua Théo. Au contraire, je t’admire. C’est à croire que tu es né dans une étable, au milieu des bêtes, et que tu as tout de suite sympathisé.
- C’est le cas. La maison était inondée, alors ma mère a dû accoucher dans l’étable. Je suis né dans la paille et j’ai passé ma première nuit dans une mangeoire, entre le bœuf et l’âne gris.
Jean choisit cet instant pour intervenir.
- La dernière fois que tu as raconté cette histoire, c’était juste « à côté du bœuf ». Je suppose que quand tu en parleras dans dix ans, on apprendra que la ferme brûlait et qu’une licorne est venue te chercher dans ta mangeoire pour te mettre à l’abri.
- Moi ? Jamais je n’exagérerais une aussi belle histoire !
Impitoyable, Théo enchaîna :
- Non, bien sûr. C’est comme le nombre d’ennemis que tu as vaincus dans ta vie. Si mes calculs sont justes, tu as tué un homme par jour, deux Elfes et quatre Wolks par semaine, cinq Orks par mois, un monstre par an et huit dragons, simplement depuis ma naissance. Aucune nuance d’exagération là-dedans !
- Là où tu tends à rester discret, par contre, ajouta Jean, c’est sur la bière que tu avales à longueur d’année. Tes estimations à ce sujet sont environ dix fois inférieures à la réalité.
Galahad hésita, voulut répliquer, pour finalement éclater d’un rire sonore. Jean et Théo l’imitèrent.
Le comte Thibaut, qui avait suivi l’échange, eut un sourire amusé. Après leur défaite cuisante face à Alexandre, ses fils semblaient se détendre pour la première fois depuis des années. Incapable de reconstituer le masque d’arrogance derrière lequel ils se cachaient d’habitude, et que le Prince avait fait voler en éclats, ils s’ouvraient enfin aux autres.
Décidément, ce voyage n’aurait pas été inutile...
C’est alors que Zortas s’approcha du chevalier et des deux garçons.
Excusez-moi, commença-t-il, mais j’ai écouté votre conversation, et il me semble que vous avez oublié un détail
Ah bon ? s’étonna Jean
L’Ork sourit, dévoilant une rangée de dents jaunâtres, et se tourna vers Galahad.
Oui... La bière ne suffit pas à expliquer ton teint rougeaud. A mon avis, tu forces aussi sur le vin. Il existe une méthode éprouvée permettant de calculer la consommation quotidienne en vin d’un homme à partir de la couleur de son visage. Ce qui m’étonne, c’est que j’estime que tu avales une barrique par jour...
- Je connais une autre méthode qui peut déterminer l’âge d’un fossile d’après la couche de crasse qui le recouvre, répondit Galahad. Et à vue de nez, je dirais que tu as soixante ans...
Zortas enchaîna par une nouvelle boutade, Théo entra dans la danse, et l’échange dérivait vers des sujets moins innocents quand le comte Thibaut donna le signal du départ :
En route !

L’énergie crépita un instant avant de s’assembler en une boule blanche scintillante et de fuser au ras des hautes herbes. La sphère vrombit en survolant les tiges qui brûlaient sur son passage, puis la lumière perdit de son intensité. De boule, l’énergie devint une vague, commença à flancher, se dispersa dans toutes les directions.
Quand la sphère ardente frappa le tronc de l’arbre, elle éclata contre le bois en ne laissant qu’une petite marque noire.
- Raté, commenta Artus.
Adrien avait le souffle court. Pour la dixième fois, il avait il tenté de réaliser cette attaque. Pour la dixième fois, il avait échoué.
A quelques mètres d’eux, Nurmill Aqlaï esquissa un sourire.
- Tu finiras bien par y arriver, déclara-t-elle.
Après quoi elle se retourna vers le groupe d’enfants qui tiraient sur ses manches pour l’emmener vers un banc de bois à l’ombre d’un grand chêne.
Les trois voyageurs avaient atteint une grande exploitation nichée au fond d’une combe. Pas encore un village, mais déjà un hameau bien organisé d’une trentaine d’habitants. Le propriétaire, un petit homme avide répondant au nom de Dafin Gât, avait accepté de leur fournir gîte et couvert pour la nuit, en échange de quelques couronnes d’argent. Artus avait payé sans discuter, obtenant même un terrain libre pour exercer son élève.
- Essaye encore, dit-il sans compassion.
Adrien se redressa, tendit à nouveau la main et appela le pouvoir. Une lueur blanche s’alluma au creux de sa paume.
- Concentre-toi sur ta cible, lui conseilla Artus, tend toute ta volonté vers elle. Rien d’autre ne doit exister que ta magie et cet arbre. Et quand tu auras bien dirigé ton pouvoir, relâche-le.
Adrien braqua toute sa volonté vers le tronc noirci par ses précédentes tentatives. Quand il se sentit prêt, il cessa de lutter pour retenir son énergie et, au contraire, poussa de toutes ses forces pour l’expulser de son corps.
La sphère blanche fendit l’air une onzième fois, mais se dissipa encore avant de toucher l’arbre.
- Tu ne te concentres pas assez, reprocha Artus.
- Je fais ce que je peux.
- Non.
Adrien commença à s’énerver, puis choisit de provoquer son maître.
- Puisque vous êtes si malin, pourquoi ne pas me faire une démonstration ?
Artus fronça les sourcils, parut sur le point de répliquer quelque chose. Au lieu de quoi il se contenta de sourire.
- Si ça peut t’aider...
Il leva la main et plissa le front. Une aura rouge brilla entre ses doigts, se condensa en une boule aussi écarlate que son manteau puis partit comme une fusée.
Trois branches de l’arbre furent arrachées sous l’explosion. Elles virevoltèrent un instant dans les airs avant de s’abattre au sol et de tomber en cendres.
Bien qu’Artus fît un effort pour rester droit, Adrien put voir son visage se crisper et son sang palpiter dans ses tempes.
- Comme tu peux le voir à la couleur, mon énergie est moins puissante que la tienne, déclara le magicien. Cependant, je la concentre plus précisément, d’où un meilleur résultat. Tu peux reprendre.
Adrien accumula une nouvelle fois son pouvoir et le libéra dans un tir étincelant... qui se disloqua avant d’arriver à destination.
- C’est impossible, soupira-t-il.
- Je viens de le faire devant toi. Recommence.
Le garçon tendait à nouveau la main quand une pensée lui vint.
- Comment bloquer la magie ?
- Quoi ?
Adrien regarda son maître droit dans les yeux.
- A Kridath, un nain m’a jeté un sort pour m’empêcher d’utiliser mes pouvoirs. Même si j’arrive un jour à les maîtriser, il est donc possible de m’arrêter. Inversement, je devrais donc pouvoir moi aussi limiter la magie d’un autre sorcier. Mais par quels moyens ?
Artus fouilla dans sa mémoire avant de répondre.
- En pratique, un mage suffisamment puissant et expérimenté pourra toujours employer ses pouvoirs. Mais il existe trois façons de gêner des sorciers moins habiles.
- Trois ?
- Au minimum. Plus une magie est particulière, plus elle risque de présenter une faille. Par exemple, un maître Chanteur aura du mal à construire un sort dans le bruit. Mais en ce qui concerne notre façon d’agir, il n’y a que trois méthodes. La première, celle que tu viens d’évoquer, consiste à jeter un sort d’entrave sur un homme ou un lieu, pour barrer l’accès à la magie. Cependant, il est facile pour quelqu’un de savant de passer outre ce genre de maléfices. En combat, tu perdrais plus de temps à élaborer le sort que tu n’en ferais perdre à ton adversaire.
- Et les deux autres ?
- Il existe une roche, le dantarium, qui empêche les mages de se concentrer. Lorsque l’on veut garder un sorcier en captivité, on lui passe généralement un collier en partie constitué de dantarium. C’est plutôt efficace, et rares sont ceux qui peuvent agir avec un tel collier serré autour du cou. Quant à la troisième...
Le regard d’Artus se fit rêveur.
- D’après certains, ce n’est qu’une légende. On parle d’un métal, la karalite, qui arrêterait toute magie, comme une barrière. En théorie, quelqu’un qui porterait une armure entière de karalite pourrait affronter un sorcier sans courir le moindre risque. Mais à ma connaissance, on n’en a jamais vu...
Adrien hocha la tête.
- Je me méfierai des trois, déclara-t-il.
- Bon état d’esprit. Reprends ton exercice. Quand tu parviendras à maîtriser cette attaque, je t’enseignerai comment bâtir un bouclier.
- Et ensuite ?
Artus eut un sourire en coin.
- Il te faudra déjà du temps pour y parvenir, disciple. Mais si tu veux tout savoir, nous passerons ensuite à des domaines plus complexes, comme les métamorphoses, les enchantements et les attaques élémentaires. Cela dit, je ne connais pas grand-chose dans ces catégorie, et je pense que quelqu’un d’autre se chargera de te les enseigner. Pour ma part, si tu progresses vite, je t’apprendrai les rudiments de ma spécialité.
- La télékinésie ?
- C’est ça. Bon, assez parlé. Tu as du travail.
Adrien poussa un long soupir et se tourna vers l’arbre à moitié démoli.
Une boule d’énergie fusa. Le bois trembla sous l’impact.
- C’est mieux, concéda Artus.

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