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Le siège de Dümrist

Docteur_Chakall
Docteur_Chakall
Niveau 8
18 janvier 2006 à 16:40:42

Azerty :d) Pour moi c´est assez évident. Si ils utilisent le dantarium, c´est que ça doit être plutôt efficace, et pour le fait qu´Alexandre sacrifie vingt mages... je suppose qu´il est obsédé par l´idée de capturer Tanatil afin d´y voir un peu plus clair, et qu´il est donc prêt à tout.
Soit dit en passant, j´espère que Tanaril va mordre à l´hameçon, qu´on y voie un peu plus clair dans cette histoire.

_Azerty777
_Azerty777
Niveau 10
18 janvier 2006 à 16:52:58

Sauf que justement, il me semble que dans le chapitre juste avant, Artus explique à Adrien que le dantarium est certes très puissant, mais qu´en fait il ne fait qu´altérer la concentration du mage qui le porte. Par conséquent un bon Mage de Combat (il a pris les meilleurs) doit pouvoir lancer un sort quand même. :)

Moi en fait j´espère aussi qu´il va mordre, mais je pense qu´il en a rien à foutre qu´ils meurent et même que ça l´arrange que la Dümra perde certains de ses meilleurs éléments avant l´attaque d´Itraïr. :)

chris12
chris12
Niveau 9
18 janvier 2006 à 19:56:09

c´est que les mages uniques et excellent qui doivent pouvoir y arriver, sinon pour Dario, il en est où ?

_Azerty777
_Azerty777
Niveau 10
18 janvier 2006 à 20:56:31

chris==>Justement, au moins dix des vingt mages sur le point d´être exécutés sont considérables "excellents". :)

Pour Dario, il doit toujours être un train de tisser un sort pour s´évader tout en évitant les sortes de robots (´fin il me semble que ce sont des sortes de machines magiquement animées) qui l´attendent s´il se libère. :)

Et, tapis dans l´ombre, je suis sûr que KaiM rit d´un rire démoniaque en voyant ce qu´on dit, qu´est sûrement faux. (´fin, c´que j´dis, parce que j´suis l´seul à penser qu´les mages peuvent s´évader^^)

KaiM
KaiM
Niveau 11
18 janvier 2006 à 21:04:47

Non, en fait, le dantarium c´est très costaud. J´

KaiM
KaiM
Niveau 11
18 janvier 2006 à 21:06:59

aurais peut-être dû le préciser, mais il faut vraiment être très puissant pour pouvoir le surmonter. Seuls des mages comme Thenetos, Tanaril ou Dario en seraient capable. Les condamnés, pour puissants qu´ils sont, n´ont cependant pas le niveau requis.

Et Dario... On le reverra en temps voulu, pour l´instant il essaye de s´évader.

_Azerty777
_Azerty777
Niveau 10
18 janvier 2006 à 21:20:49

Okay, bon, j´avais perdu, encore une fois. :-(

  • parti se pendre*

Donc, ces pauvres petits mages sont condamnés. :snif:

chris12
chris12
Niveau 9
19 janvier 2006 à 20:00:12

cool à mort, Alexandre et Namaric les plus puissants guerriers magiques du royaume (et alice et Adrien)

KaiM
KaiM
Niveau 11
20 janvier 2006 à 16:41:23

La suite. Oui je sais la fin est risible, ridicule, grotesque. Si quelqu´un se propose pour la réécrire, je suis preneur.

Mais avant ça, bonne lecture !

- ... en conséquence de quoi, ces vingt scélérats seront mis à mort sur l’heure !
Des cris enthousiastes s’élevèrent dans la foule tandis que le bailli repliait son parchemin et quittait l’estrade sans précipitation. En descendant les quelques marches du petit escalier de bois, il croisa un grand homme aux muscles saillants et au visage dissimulé sous un masque noir, effrayant par son seul aspect.
Le bourreau lança un regard ténébreux au peuple partagé entre les acclamations et les huées. Si les exécutions en elles-mêmes plaisaient à la foule, les exécuteurs en revanche étaient un peu moins appréciés. Ce qui n’empêcha pas quelques jeunes garçons de hurler en choeur :
- Dha-kas ! Dha-kas ! Dha-kas !
Le colosse avança sur la plate-forme et souleva l’énorme hache appuyée sur son épaule. D’ordinaire, la tradition voulait qu’on pende les condamnés à mort, mais Alexandre désirait quelque chose de plus sanglant et de plus spectaculaire pour attirer Tanaril.
Dhakas s’arrêta à côté d’Arnéus Rivoln, le plus important des prisonniers. Âgé de trente-cinq ans, vêtu de la robe noire rituelle des meilleurs diplômés de l’Académie, c’était un homme musclé aux cheveux châtains, dont les yeux verts brillaient d’un éclat froid au centre d’un visage paternel. En tant que mage de haut niveau et spécialiste de la maîtrise de la foudre, sa mort serait regrettable. Alexandre espérait pouvoir l’éviter.
Deux auxiliaires se tenaient prêts à maintenir le Arméus s’il tentait de résister, mais il ne montra aucun signe de peur, décevant par là la foule avide de sensations. Le bourreau ajusta soigneusement son coup, afin de frapper sans toucher le précieux collier de dantarium. Puis il éleva son arme aussi haut que possible, prit une grand inspiration...
- Si Tanaril doit apparaître pour sauver ses hommes, c’est maintenant, annonça Alexandre.
- Dans ce cas, Dhakas est sacrifié, remarqua Tarlaq.
Le Prince se contenta d’une moue fataliste.
- Une perte acceptable.
Dans un mouvement d’une impressionnante puissance, la lourde hache s’abattit sur Anéus Rivoln.
Comme prévu, elle n’atteignit jamais sa cible.
Un rayon de lumière rouge fendit l’air et frappa Dhakas à la poitrine. Le bourreau, en dépit de sa corpulence, fut projeté jusqu’au pied de l’estrade. Son arme retomba à côté de sa victime sans lui causer de mal. Les deux auxiliaires se précipitèrent et s’agenouillèrent à côté du colosse.
- Il est vivant !
Sans se réjouir de cette nouvelle, Alexandre se tourna vers le sommet d’une haute construction, d’où l’attaque était partie. Il s’apprêtait à scruter méticuleusement la zone, à l’affût du moindre indice. Ce ne fut pas nécessaire.
Tanaril de Ganor ne se cachait pas. Debout sur le toit de l’immeuble, son armure noire se découpant dans le ciel, sa longue lance de combat à la main, il posait sur le Prince un regard flamboyant de colère, chargé de la volonté de tuer.
- Vous vouliez me faire venir, Altesse ?! s’exclama-t-il. Dans ce cas, me voici !
Des centaines d’yeux levés vers lui, Tanaril poursuivit :
- Et à ce que je vois, vous teniez vraiment à m’attirer ! Au point même de faire exécuter des innocents... Oh, je vous comprends ! Je ne nie pas que j’ai essayé de vous tuer. Et puisque vous m’offrez une chance de rattraper mon échec, je ne vais pas me priver !
Une lueur mortelle s’alluma dans sa main gauche, gagnant peu à peu en intensité.
Alexandre soupira. Fallait-il vraiment en arriver là ?
- Archers ! cria-t-il.
Trente arcs se braquèrent sur Tanaril. Il continua à préparer son sort.
- Visez les condamnés !
Tanaril se troubla quand les pointes des flèches s’abaissèrent vers les Mages de Combat.
- Rendez-vous, et je serai clément ! lança Alexandre. Je vous épargnerai tous, je vous le jure !
L’Elfe Noir ne répondit rien.
- Tirez ! ordonna le Prince.
Les soldats ouvrirent les doigts. Une pluie de traits fusa en direction des condamnés.
Tanaril n’eut pas le choix. Libérant son pouvoir, il intercepta les projectiles en plein vol et les rejeta à terre.
- Deuxième salve !
Sans se soucier des quinze mètres qui le séparaient du sol, l’Elfe Noir se laissa tomber du bâtiment et se reçut en souplesse sur l’échafaud.
- Cessez le tir ! commanda Alexandre. Et saisissez-vous de lui !
Les gardes s’élancèrent vers l’estrade. Le plus rapide gravit les marches d’un bond, se rua en avant et abattit son épée.
La lance de Tanaril écarta la lame qui s’abattait sur lui tandis que son pied percutait la tête de son assaillant. L’homme s’écroula alors que l’Elfe Noir parait déjà l’attaque du suivant. Il recula sous une série de coups violents avant d’amener l’épée du soldat contre le bois de l’estrade. Puis, au terme d’un mouvement de pivot qui démontrait à lui seul un parfait contrôle de ses appuis, Tanaril frappa du coude. Touché à la tempe, l’autre bascula sur le côté.
L’Elfe Noir se baissa pour éviter une hallebarde, assena à son attaquant un coup de pied fouetté qui l’envoya rouler dans les jambes des autres gardes, puis leva la main en appelant la magie.
Trois billes rougeoyantes jaillirent de ses doigts. Deux d’entre elles firent sauter les anneaux de métal qui entravaient les mains d’Arnéus Rivoln. La dernière fracassa son collier de dantarium.
Plus vif qu’un serpent, comme si tout avait été convenu à l’avance, Arnéus se redressa. Son poing s’élança, heurta le menton d’un garde qui se jetait sur Tanaril. Sans perdre davantage de temps, Arnéus empoigna la hache du bourreau et frappa à trois reprises, avec une précision millimétrée.
L’acier et le dantarium se brisèrent, un autre mage se trouva libre. Il roula au sol, faucha un soldat au niveau des chevilles, se releva pour le saisir au cou et au bras. Un craquement retentit quand le poignet du garde se brisa. Le mage lui arracha son épée, para de justesse le coup porté par un nouvel adversaire, ouvrit la bouche...
- Projek !
Une détonation claqua. Le garde s’envola, voltigea dans les airs puis retomba dans les rangs de ses camarades.
A quelques mètres, Arnéus bloqua l’épée d’un soldat et, du bout des doigts, lui projeta un éclair aveuglant en plein visage. L’homme poussa un hurlement déchirant puis s’effondra de tout son long sur l’échafaud, aux pieds de Tanaril.
Ce dernier, aux prises avec trois agresseurs, contint brièvement leur assaut avant de déceler une faille dans leur garde. Sa lance siffla, ouvrit une profonde entaille dans la gorge du premier, se planta dans la cuisse du second. Le troisième, affolé, porta un coup d’estoc. Tanaril bondit pour l’esquiver et prolongea son mouvement en décochant un solide coup de pied à son adversaire. Le garde n’eut pas le temps de retrouver son équilibre. Les épées de ses camarades blessés, soulevées par la magie de l’Elfe Noir, se fichèrent ensemble dans sa poitrine.
La férocité des Mages de Combat fit hésiter les autres gardes pendant une poignée de secondes. Ce relâchement permit à Arnéus et Tanaril de libérer trois des leurs avant de reprendre la lutte.
Ce qui n’était au départ qu’une simple échauffourée se transforma finalement en une véritable bataille. Un groupe de mages repoussait les soldats qui tentaient de prendre pied sur l’estrade, un autre délivrait les condamnés et les fournissait en armes tandis qu’un troisième fauchait en plein vol les traits décochés contre eux. De leur côté, la plupart des gardes assaillaient l’échafaud avec détermination pendant qu’une partie d’entre eux éloignait les blessés et faisait reculer la foule. Quelques bagarres éclatèrent avec des badauds furieux d’être privés du spectacle.

- Qu’espère-t-il donc en libérant ses hommes ? s’étonna Alexandre. A-t-il conscience qu’il ne fait que les condamner ?
- J’ai bien peur qu’il n’ait prévu un plan pour s’échapper, lui signala Tarlaq. Il faudrait en finir vite faire cesser cette boucherie.
- Tout à fait d’accord.
Le Prince s’adressa à Thenetos.
- Je crois qu’il est temps de faire intervenir vos serviteurs.
- Entendu, répondit le vieux mage.
Il leva haut sa main droite. Un faisceau blanc illumina le balcon. C’était le signal.

Seize lames étincelèrent en quittant leur fourreau. Les hommes de Thenetos fendirent les rangs de la foule et s’élancèrent vers l’estrade, les plaques de métal qui renforçaient leurs armures de cuir brillant soudain dans la lumière du jour.
Deux d’entre eux, armés de longs sabres, semblèrent s’envoler dans de magnifiques saut périlleux. Ils retombèrent de part et d’autre de Tanaril et frappèrent aussitôt. La lance de l’Elfe Noir tournoya, déviant in extremis les lames de ses adversaires. Il s’accroupit pour esquiver un nouvel assaut, pivota et lança son pied dans le genou d’un de ses adversaires. Il manqua sa cible, se redressa pour parer une volée de coups de sabres, céda du terrain. Une lame frôla sa tête, repassa au ras de son ventre. Tanaril intercepta une troisième attaque, amena le sabre du guerrier contre celui de son camarade. Les lames s’entrechoquèrent avec violence, les deux hommes perdirent l’équilibre.
Tanaril se fendit à une vitesse stupéfiante. La pointe de sa lance transperça l’estomac de l’adversaire le plus proche. Sans même dégager son arme, il se laissa tomber au sol pour éviter le coup de taille que lui portait son autre assaillant, prit appui contre le bois de l’estrade et s’élança. La hampe de son arme percuta sauvagement le visage du guerrier. Le nez en sang, il s’écroula.
Tanaril jeta un regard circulaire autour de lui. Tous ses hommes, désormais libres, affrontaient avec courage les soldats d’Alexandre et les guerriers de Thenetos. Aux prises avec l’un d’eux, Arnéus feinta avant d’abattre sa hache sur la jambe de son adversaire. L’homme grimaça quand le fer entama sa chair, relâcha son attention en essayant de reculer. Arnéus balança lourdement sa hache. La tête du guerrier vola au loin.
Tanaril se jeta en arrière pour échapper à un coup d’épée. Sa lance faucha d’un balayage les chevilles de son attaquant. Il en tua un autre en projetant sa magie, se retourna pour faire face à un troisième.
Un rugissement monstrueux le fit presque sursauter. Un reptile géant, pourvu d’une épaisse cuirasse, venait de se jeter dans la bataille.

Dans un premier temps, Tektus avait prêté main forte aux gardes qui évacuaient la foule, écrasant par sa stature ceux qui tentaient de rester sur place. Maintenant que cette question était réglée, il pouvait donner libre cours à ses instincts primaires.
La hache du Varak faucha un mage sous la clavicule, fracassa sa cage thoracique et l’envoya rouler au sol. Sa lame revint, manqua d’un cheveu le flanc d’un autre adversaire. Puis sa lourde queue fendit l’air et faillit arracher la tête du mage qui s’éloigna vivement.
Un rayon orangé, chargé d’énergie, frappa Tektus à la poitrine. Le Varak encaissa le choc sans broncher, faisant à peine un pas en arrière.
- Dommage, lança-t-il au mage qui l’avait attaqué. Je ne crains quasiment pas la magie.
Et il l’embrocha sur la pointe d’acier qui prolongeait le manche de sa hache.

KaiM
KaiM
Niveau 11
20 janvier 2006 à 16:41:53

Cerné par ses assaillants, Tanaril combattait comme un diable. Sa lance entailla la joue d’un soldat, son coude percuta la mâchoire d’un autre, son pied en cueillit un troisième à l’entrejambe. Il esquiva l’attaque d’un nouvel agresseur, contra avec une incroyable dextérité les assauts qui fusaient de toutes parts. Les choses ne se déroulaient pas du tout comme il l’avait prévu. Il fallait impressionner ces hommes, et très vite.
Une vague d’énergie émana de son corps tout entier, frappa les guerriers qui l’entouraient et les jeta au bas de l’estrade. Comme d’autres se jetaient sur lui, l’Elfe Noir planta sa lance dans le sol et s’élança en l’air. Emporté par l’énergie centrifuge, retenu par ses mains biens fermées sur son arme, il tournoya comme une toupie en distribuant les coups de pieds. Une botte originale qu’il avait apprise d’un vieux maître oriental.
Tanaril retomba, arracha sa lance des planches de l’estrade et fouetta l’air autour de lui pour repousser ses ennemis.
Malgré la confusion que semaient ses hommes autour de lui, il perçut soudain une nouvelle forme de magie. Il n’eut que le temps de dresser un écran devant lui avant qu’une sphère de lumière blanche s’y écrase, son onde de choc éparpillant des soldats alentour.
Thenetos de Vordal se tenait au pied de l’échafaud, son manteau blanc ondulant paresseusement dans une petite brise.
- Vous causez un peu trop de dégâts parmi mes serviteurs, déclara-t-il. Vous me forcez à m’occupez de vous par moi-même.
- J’ai entendu parler de vous, répliqua Tanaril. Vous avez été un sorcier honorable, mais aujourd’hui vous vous faites trop vieux pour espérer me vaincre.
- Nous verrons.
Thenetos leva la main. Une nouvelle boule d’énergie explosa contre l’écran, puis une autre, et encore une. A chaque attaque, Tanaril sentait son pouvoir faiblir, son bouclier flancher. Comment un tel vieillard pouvait-il disposer d’une telle puissance ?
Devant le peu d’options qui se présentaient à lui, l’Elfe Noir riposta. Deux rayons rouges fusèrent de ses bras et fondirent sur Thenetos. Celui-ci opposa aux sortilèges un écran scintillant qui les engloutit sans difficulté, avant de claquer négligemment des doigts.
Le bois de l’échafaud fondit sous les pieds de Tanaril qui passa à travers l’estrade. Puis les planches se reformèrent en chuintant et immobilisèrent l’Elfe Noir. Furieux, il projeta une volée de boules de feu sur Thenetos. Le vieux mage se contenta d’un léger souffle. Presque un soupir.
Une rafale de vent naquit de nulle part et dissipa les sphères enflammées à mi-chemin de leur cible.
Tanaril s’efforça de garder son calme. Son adversaire maîtrisait peut-être une large gamme de sortilèges, mais lui, Tanaril de Ganor, conservait sûrement l’avantage de la force brute. Il lui suffisait de trouver un moyen de passer la garde de Thenetos pour le réduire en cendres.
Une nouvelle explosion arracha les planches qui immobilisaient Tanaril. Puis, au lieu de se disperser, l’énergie se rassembla dans la main de l’Elfe Noir qui la propulsa sur Thenetos. Celui-ci, d’un geste presque négligent, tendit les doigts vers le sol.
Avec un grondement sourd, quelques pavés se descellèrent pour intercepter la sphère d’énergie. Ils explosèrent sous le choc, mais arrêtèrent le sortilège.
Thenetos agita la main. Les éclats de pierre s’abattirent sur Tanaril en une grêle meurtrière. L’Elfe Noir plongea au sol pour les éviter, sans pour autant s’épargner quelques écorchures au visage. Le combat prenait une tournure qui ne lui plaisait vraiment pas.
Les vrais magiciens méprisaient les prestidigitateurs, ces hommes qui recouraient à des astuces puériles pour impressionner les foules. Ils leur accordaient cependant la justesse d’une de leurs règles : « On doit toujours garder quelques atouts dans sa manche. »
Tanaril en avait deux. Il décida de jouer le premier.
Une lame d’énergie se matérialisa dans sa main et fendit l’air en sifflant, droit su Thenetos.
Le vieux mage appela son pouvoir pour lever un bouclier.
La lame le traversa sans même ralentir.
Thenetos se jeta à terre pour esquiver. La lame poursuivit sa course, frappa le mur d’une maison, y ouvrit une profonde entaille. Ressortit de l’autre côté.
Tanaril répéta son attaque. Cette fois, Thenetos généra un écran d’énergie beaucoup plus puissant, capable d’arrêter un troupeau d’éléphants en colère. Il ne résista pas mieux à la lame scintillante.
En se dérobant à nouveau, Thenetos sentit gémir ses articulations vieillissantes. Il ne tiendrait pas longtemps à ce rythme.
Une troisième lame frôla sa tête après avoir percé son bouclier. Thenetos s’efforça d’analyser le phénomène pour en comprendre le principe.
En homme d’expérience et de savoir, il trouva rapidement l’explication. Les lames de Tanaril ne contenaient pas plus de pouvoir qu’un sort ordinaire, mais l’énergie y était si concentrée qu’elles pouvaient trancher n’importe quel écran. Une idée redoutable.
Thenetos se secoua. Lui, le Maître de la Guilde des Mages d’Affoth, le Premier Sorcier de l’Empire, le Seigneur de Vordal, n’allait pas se laisser faire !

- Etrange, commenta Alexandre. Ils n’essayent pas de s’enfuir. Ils ne font que combattre nos hommes. Qu’ont-ils donc derrière la tête ?
Tarlaq soupira.
- Désolé, Altesse, mais je ne peux plus supporter ça.
- Quoi ?
Le baron dégaina son épée.
- Je suis avant tout un soldat, Altesse. Ma place est sur le champ de bataille, pas ici. Je ne vais pas regarder ces hommes se faire massacrer sans intervenir.
Il s’engouffra dans l’escalier qui menait au rez-de-chaussée du palais de justice.
- Qu’est-ce qu’on fait ? demanda Vladek.
Alexandre écarta les bras, l’air désabusé.
- Avons-nous vraiment le choix ?
Ils échangèrent un petit sourire.

Sur l’estrade, les mages tenaient bon. Les gardes attaquaient sans répit, renouvelant leurs assauts interminablement. La bataille s’éternisait.
Arnéus Rivoln foudroya un soldat, esquiva l’assaut d’un second, passa dans son dos et lui fendit la nuque d’un violent coup de hache. Il sauta au bas de l’estrade, lança son pied dans le menton d’un ennemi, se pencha pour éviter une épée lancée contre son dos. Il se remit en garde, attendit que l’autre passe à l’attaque. Quand le soldat abattit sa lame, Arnéus la dévia d’un moulinet avant de blesser son agresseur à la jambe. Levant son arme, il se prépara à l’achever...
Tarlaq le percuta à cet instant. Sous l’impact, Arnéus recula d’un pas, puis se campa solidement sur ses jambes, lame en avant, face à son assaillant.
- Tarlaq, grinça-t-il. Tu aurais mieux fait de rester à l’abri.
Le baron posa sur lui un regard dur et résolu.
- J’ai beaucoup de respect pour toi, Arnéus. Mais je ne te laisserai pas tuer mes hommes sans réagir.
- Quelle noblesse imbécile !
Les lames s’entrechoquèrent. Arnéus se dégagea d’un grand mouvement du bras, porta un coup latéral. Tarlaq, qui avait anticipé cette riposte, fléchit les genoux pour esquiver et abattit son épée sur les jambes de son adversaire. Arnéus bondit souplement pour échapper à l’attaque et pointa la main vers le baron.
La foudre naquit au bout de ses doigts et crépita en fondant sur Tarlaq. Celui-ci brandit son épée d’un geste vif. L’éclair s’y écrasa, courut un instant le long de la lame avant de s’évanouir.
- Poignée gainée de cuir, commenta le baron. Crois-tu vraiment que j’affronte un mage comme toi pour la première fois.
En guise de réponse, Arnéus s’élança. Sa hache décrivit un arc de cercle étincelant que Tarlaq intercepta sans mal. Le baron repoussa l’arme de son adversaire, plaça un coup de taille ; Arnéus esquiva et lui décocha un coup de pied à la hanche. Tarlaq chancela, faillit basculer en arrière. Le mage poussa son avantage et frappa à nouveau.
Au dernier moment, Tarlaq renversa son équilibre pour se porter au contact de son agresseur. Son poing percuta le visage d’Arnéus alors que la hache fendait l’air dans son dos. Le mage tituba.
D’une main, le baron empoigna l’arme de son adversaire, de l’autre il porta une puissante estocade. Arnéus ne dut qu’à la magie de ne pas finir égorgé. Une explosion d’énergie, jaillie de sa main gauche, projeta le baron au sol.
Quand Tarlaq eut rassemblé ses esprits et chassé les étoiles qui dansaient devant ses yeux, il aperçut une hache qui se dressait très haut au-dessus de sa tête. La panique l’envahit.
- J’ai dû utiliser mes dernières réserves, déclara Arnéus. Mais à ce prix, le sort m’accorde ta mort.
La lourde masse s’abattit. Dans un effort désespéré, Tarlaq roula de côté.
Il n’avait que peu de chances d’éviter le coup. Peut-être, s’il avait agi une fraction de seconde plus tôt, y serait-il parvenu. Mais le destin semblait en avoir décidé autrement.
La course de la hache s’arrêta enfin.
Elle n’avait pas touché sa cible. Ni même le sol.
L’épée de Vladek écarta la lame d’Arnéus.

A peine Alexandre s’était-il engagé sur l’estrade qu’un Mage de Combat l’aperçut et se rua sur lui. Le Prince évita un rayon bleuté, para un coup d’épée, plaça une feinte. Rapide comme un éclair, son glaive plongea vers le ventre de son adversaire qui tenta de le contrer. Alexandre glissa ensuite sur le côté, pivota autour de son ennemi avec une prodigieuse agilité. Le mage sentit soudain le contact froid du métal sur sa nuque. Puis il y eut une brûlure, et la lumière s’éteignit.
Sans accorder un regard au corps de sa victime, Alexandre plongea pour passer sous la lame d’un autre mage. Il roula en touchant le sol, faucha du pied les jambes de son adversaire et dans le même mouvement se redressa pour lui planter son glaive dans le dos.
Le Prince arracha sa lame, et se tourna vers un autre ennemi qui fonçait droit vers lui. Le mage dut cependant s’arrêter pour répondre à l’assaut d’un des guerriers de Thenetos.
Autour d’Alexandre, le combat faisait rage. Les soldats de Dümrist, infatigables, maintenaient la pression sur la dizaine de mages qu’il restait sur l’estrade. Le nombre des gardes et leur combativité ne laissait planer aucun doute quant à l’issue du combat.
Alexandre esquissa un sourire et leva haut son glaive. Il était temps d’en finir avec cette farce grotesque !

Sur les pavés de la place, Thenetos multipliait les ruses pour échapper aux lames de Tanaril. Il faisait hurler le vent, lançait des éclairs aveuglants, arrachait des pavés pour les projeter sur l’Elfe Noir. Sans résultat. Son adversaire parait chacune de ses attaques tout en enchaînant les tirs meurtriers.
Thenetos espérait que Tanaril finirait par faiblir, mais son énergie semblait inépuisable. Quelque chose l’aidait, il n’y avait pas d’autre explication.
S’envolant pour éviter une lame, Thenetos se concentra. Utilisant son don prodigieux, il vit le pouvoir de Tanaril palpiter en lui et jaugea sa puissance. Certes, c’était impressionnant, mais enfin de nombreux mages possédaient un tel pouvoir. Non, il devait y avoir autre chose.
Thenetos finit par repérer une anomalie. Une concentration d’énergie anormale dans la main droite de Tanaril. Sur son index droit, en fait. Dans une bague argentée.
C’était ça ! Un artefact magique prêtait sa puissance à l’Elfe Noir. Il suffisait à Thenetos de le détruire pour remporter la victoire.
Il se propulsa en avant, dévia une nouvelle lame de Tanaril, construisit un sort à une vitesse folle et agrippa le bras de l’Elfe Noir.
La bague d’argent, bien plus vulnérable que le mage, explosa sous la décharge que Thenetos envoya dans la main de Tanaril. Le vieillard recula, satisfait.
Etrangement, un mauvais pressentiment s’insinua dans son esprit. Pressentiment qui se trouva bientôt confirmé.
Tanaril aurait dû s’affaiblir, perdre son énergie. Au lieu de quoi son pouvoir ne cessait de croître, comme si une puissance inimaginable se déversait soudain en lui.
- Imbécile ! cracha-t-il. Tu as cru que cette bague me renforçait, c’est ça ? Pour ta gouverne, sache qu’elle me sert à me contrôler !
Thenetos sentit un froid glacial l’envahir. Comment avait-il pu être aussi stupide ? A présent, il se souvenait d’avoir appris jadis que certains mages, porteurs d’un pouvoir trop dangereux et trop instable, usaient d’objets magiques pour sceller une partie de leur énergie.
Et Tanaril était l’un de ces mages.
Et lui, Thenetos de Vordal, venait de déclencher l’enfer.
Il comprit qu’il devait risquer le tout pour le tout. Tanaril ne contrôlait pas son pouvoir, il allait donc le concentrer en un point et le libérer d’un coup. Si Thenetos survivait à cette attaque, l’Elfe Noir serait trop épuisé pour poursuivre la lutte.
Thenetos projeta deux rayons de lumière blanche à l’instant précis où une vague d’énergie s’échappait du corps de Tanaril pour foncer dans sa direction. Les deux attaques fusèrent, s’approchèrent.
Se rencontrèrent.
Une explosion titanesque dévasta la moitié de la place, ébranla les bâtiments alentour, souffla plusieurs étals de marchands, souleva un épais nuage de poussière.
Quand il se dissipa, une silhouette se dressait au milieu des décombres.
Tanaril de Ganor.

KaiM
KaiM
Niveau 11
20 janvier 2006 à 16:42:37

Alexandre entendit la détonation alors qu’il interceptait la hallebarde d’un mage. En combattant avisé, il se défit en premier lieu de son assaillant, puis se tourna vers la place.
Tanaril se tenait au centre d’un cratère. Autour de lui, le sol avait fondu avant de se solidifier, donnant ainsi naissance à une surface lisse et brillante.
Thenetos gisait, inconscient, à vingt mètres de lui.
Alexandre s’approcha de Tektus qui acculait un mage au bord de l’échafaud. Le Varak souleva sa hache comme si elle avait été une plume, puis l’abattit avec puissance et fluidité.
Les deux moitiés du mage tombèrent au sol en répandant une mare de sang.
- Qu’y a-t-il, Altesse ?
- Je vais m’occuper de Tanaril, répondit Alexandre. Tenez-vous à l’écart et couvrez-moi en cas de besoin !
- Compris.
Le Prince et le Varak s’éloignèrent de la bataille et coururent vers Tanaril. Tektus s’arrêta à une petite distance du mage tandis qu’Alexandre continuait jusqu’à lui.
Une lueur décidée s’alluma dans les yeux de l’Elfe Noir. Il fit tournoyer sa lance et se mit en garde.
- Pourquoi tenez-vous à me tuer ? demanda calmement Alexandre.
- Vous avez touché à un secret qui ne doit pas être dévoilé, répondit Tanaril. Vous devez donc mourir.
Sa lance siffla. Alexandre para le coup d’estoc, pivota et lança son talon dans la poitrine du mage.
- Vous parlez de l’œil de Kashnir ? Pourquoi aurait-il dû rester caché ?
- Il vaut mieux que personne n’en sache davantage, haleta l’Elfe Noir.
Il projeta la hampe de sa lance dans la tête d’Alexandre. Le Prince esquiva en se baissant, plaça un coup de taille qui força Tanaril à reculer, avança pour maintenir la pression et lui décocha un coup de coude au visage.
- Soyez raisonnable, Tanaril. Si vous persistez, tous vos hommes seront massacrés.
- Aucune importance. Ils étaient déjà condamnés.
- Quoi ?
Alexandre se pencha pour éviter une nouvelle attaque, contra un violent coup de pied circulaire et cingla l’air de sa lame. Une éraflure apparut sur l’armure noire de Tanaril et se prolongea par une sanglante estafilade sur sa joue droite.
- J’aurais pu vous tuer, signala le Prince. Mais j’attends des explications.
- Ma vie et celles de mes hommes n’ont aucune importance, répondit Tanaril en portant un puissant balayage. Je ne suis venu ici que pour vous tuer, Altesse.
- Vous êtes prêts à sacrifier vos amis pour m’assassiner ? s’étonna Alexandre en déviant habilement l’attaque.
- Oui.
- Et Onorius ? Lui aussi est au courant, pourtant vous n’avez rien tenté contre lui.
Le pied de Tanaril fouetta l’air, frappa Alexandre à l’épaule. Le Prince esquiva néanmoins le plus gros de l’impact et riposta par une fente audacieuse. Son adversaire para l’assaut de justesse, faisant tournoyer sa lance à une vitesse sidérante.
- Je voulais observer Onorius, l’espionner. Il n’est pas ce qu’il semble être.
- J’apprends ici des informations capitales, railla Alexandre. Vous n’avez vraiment rien de plus solide ?
- Quelle importance ? Je vais vous tuer, de toute façon.
La lance de Tanaril décrivit une courbe élégante. Le Prince la bloqua d’un geste vif puis, dans un enchaînement aussi fluide et irrésistible que l’eau d’un torrent, bondit en avant pour placer un fulgurant revers qu’il doubla d’un violent coup de genou. Tanaril dévia le glaive avec le brassard droit de son armure et reçut l’autre attaque de plein fouet. Il tituba, porta une manchette qu’Alexandre contra aisément, rompit de plusieurs pas.
- Honnêtement, je ne pense pas risquer grand-chose, déclara le Prince. Vous êtes épuisé, vidé. Vous ne pouvez strictement rien contre moi.
Tanaril se permit un sourire.
- Il me reste encore assez de pouvoir pour recourir à la magie !
Un éclair rouge, chargé d’une énergie colossale, jaillit de sa main et frappa Alexandre à la poitrine. Tanaril soupira. Cet acte lui avait coûté ses ultimes forces, mais il avait réussi. Le Prince n’avait pas pu survivre à une telle attaque.
Et pourtant...
Alexandre ne tomba pas. Ses bras croisés devant lui, il avait encaissé le sortilège sans subir le moindre mal. Les pierres incrustées dans ses bracelets, soudain illuminées, cessèrent lentement de briller.
- Comment est-ce possible ? articula Tanaril.
- Je ne crois pas que votre magie puisse m’inquiéter, répondit le Prince. Sans vouloir vous vexer, il faudrait plus que ce genre d’assaut pour percer mes défenses.

Entre Tarlaq, Vladek et Arnéus cliquetait un étincelant tourbillon d’acier. Le baron et le capitaine combattaient en suivant leur tactique favorite, l’un prenant des risques inouïs pour frapper pendant que l’autre le couvrait. Leur adversaire, malgré son adresse, était constamment sur le point de se laisser déborder par le flot d’attaques qui pleuvait sur lui. Ce qui ne l’empêchait pas de résister avec toute sa puissance.
Tarlaq para un coup de taille qui l’eût décapité, esquissa une attaque sur la droite avant de propulser son épée sur la jambe gauche d’Arnéus. Celui-ci contra l’assaut et répliqua par un coup vertical. L’épée de Vladek s’interposa tandis que Tarlaq frappait à nouveau. Le mage recula pour esquiver, lâcha un coup de pied qui faillit renverser le capitaine puis abattit sa hache. Cette fois, ce fut Tarlaq qui para l’assaut destiné à son second, permettant à Vladek de porter une vive estocade.
La pointe de sa lame ouvrit une longue entaille sur la main d’Arnéus. Sans perdre son arme pour autant, le mage assena une violente riposte. Le capitaine sortit les trois griffes dissimulées dans sa main d’argent et bloqua la lame de son assaillant tout en plaçant un nouveau coup d’estoc. Arnéus se pencha pour esquiver, se redressa et frappa encore.
Il eut du mal à comprendre la suite. Alors qu’il abattait son bras de toute sa force, l’épée de Vladek s’enroula comme un serpent autour du manche de sa hache et l’envoya voler au loin.
- Joli coup, commenta Tarlaq. Où l’as-tu appris ?
- Hendar Gorts, répondit le capitaine. On s’est entraîné ensemble, des fois.
Tout en parlant, les deux hommes avançaient vers Arnéus en le menaçant de leurs épées. Le regard affolé du mage se posa sur un soldat blessé qui chancelait à quelques mètres de là. Prenant au dépourvu ses adversaires qui s’attendaient à le voir abandonner, Arnéus se jeta sur le garde, l’abattit d’une manchette à la gorge doublée d’un coup de coude à la nuque et lui arracha son épée.
Il dévia in extremis une nouvelle attaque de Vladek, tendit la main vers une épée qui gisait au sol. L’arme s’éleva dans les airs et vint se placer dans sa main alors que Tarlaq accourait à son tour.
Quatre lames se croisèrent dans un jet d’étincelles.
Maniant ses épées avec brio, Arnéus parvint à faire reculer ses assaillants qui ne tardèrent pourtant pas à se ressaisir. Vladek porta un coup d’estoc qui déchira la robe du mage, Tarlaq manqua lui couper la jambe d’un revers de sa lame. Arnéus croisa ses épées pour bloquer celle du capitaine puis, en désespoir de cause, tenta un terrible fauchage de jambes. La chance le servit.
Tarlaq s’effondra quand le pied d’Arnéus lui percuta les chevilles. Vladek, à présent seul à ferrailler contre le mage, multiplia les bottes adroites et élégantes. Malgré son âge, il se battait encore avec la fougue d’un jeune homme et Arnéus comprit qu’il ne s’était octroyé qu’un maigre avantage.
Son épée droite bloqua celle de Vladek tandis que la gauche s’abattait sur la tête du capitaine. Celui-ci esquiva et recula pour contenir la série de coups violents assenée par son adversaire.
Vladek intercepta chacun des arcs éblouissants que décrivaient les épées d’Arnéus. Sans exception. Sa lame, fluide et précise, volait d’une parade à l’autre, et rien ne semblait pouvoir percer sa garde.
Puis il repassa à l’attaque, enchaînant les feintes et les assauts. Bien plus habile qu’un instant auparavant, il luttait avec une implacable efficacité. Arnéus ne comprenait pas comment une telle transformation avait pu se produire. A la première erreur, le mage perdait le duel. Sans aucun doute.
Du coin de l’œil, Arnéus vit Tarlaq se relever. A la même seconde, un jet de flammes bleutées passa au ras de son visage. Il tourna la tête pour découvrir Onorius de Finglä, apparemment enfin décidé à intervenir.
Vladek n’avait pas besoin d’une autre diversion. Profitant de l’infime hésitation d’Arnéus, il se fendit avec adresse.
Son épée se glissa entre les lames du mage, trancha son manteau et transperça son épaule. Arnéus poussa un cri. Une deuxième attaque lui lacéra la cuisse et il tomba à genoux.
- Ne me tuez pas, supplia-t-il. Je vous dirai tout ce que je...
Vladek ne le laissa pas terminer sa phrase. Ajustant son coup en une fraction de seconde, il plongea sa lame dans la gorge d’Arnéus. Le mage leva vers lui des yeux étonnés, ouvrit la bouche pour parler, puis s’effondra avec un râle d’agonie.
- Bien, capitaine, fit Onorius. Une belle victoire.
- Mais pourquoi l’as-tu achevé ? s’emporta Tarlaq. Il était prêt à avouer !
Vladek se tourna vers lui.
- Désolé, Monseigneur, mais il était trop dangereux pour qu’on le laisse vivre. Il nous aurait poignardés dans le dos à la première occasion.
- Bien parlé, capitaine, approuva Onorius. Je crois que cette bataille est terminée, à présent.
Le dernier mage tomba sous un coup d’épée. Autour de lui gisaient les corps, morts ou blessés, de tous ses compagnons et d’une cinquantaine de soldats. Ce piège avait coûté cher, songea Tarlaq.
Ce piège ?
Soudain inquiet, le baron parcourut la place du regard. Tanaril avait-il enfin été capturé, au moins ?
Ses yeux tombèrent sur le dernier corps à corps.

Une logique s’était installée dans le duel qui opposait Alexandre à Tanaril. Le Prince avançait constamment, cherchant le contact avec son adversaire, annulant ainsi l’avantage que la longueur de sa lance conférait à l’Elfe Noir. Les lames virevoltaient, les attaques se succédaient au fil de passes aussi magnifiques que mortelles.
Alexandre s’élança, effectua un prodigieux vol plané pour abattre son glaive sur l’épaule de Tanaril. L’Elfe Noir leva sa lance et intercepta l’attaque. Le Prince transforma alors son bond en un souple périlleux, décocha un coup de pied dans le dos de Tanaril et acheva son mouvement par l’esquive d’un furieux balayage. Il fit une roulade, tournoya sur lui-même pour se relever et porta l’attaque finale.
Son talon percuta les côtes de Tanaril, son glaive lui déchira le bras. L’Elfe Noir lâcha son arme. Le glaive d’Alexandre se posa sur sa gorge, menaçant.
- C’est fini, Tanaril. Vous avez perdu. Acceptez votre défaite et dites-moi ce que je dois savoir.
- Je préfère mourir que de vous en révéler davantage, Altesse.
- A votre guise.
Alexandre espérait effrayer son adversaire, mais il n’en fut rien. Tanaril attendit la mort avec calme et résolution, comme ses hommes avant lui.
Puis une lueur étrange s’alluma dans son regard, et il parla.
- Très bien, Altesse. Peut-être vaut-il mieux que vous découvriez la vérité avant qu’il ne soit trop tard.
Alexandre retint un cri de joie. Il avait gagné !
- Si vous voulez savoir, poursuivit Tanaril, je vous conseille de consulter un livre. Un livre très rare que vous trouverez dans une cache secrète accessible depuis mon bureau. Je vous montrerai. Mais avant cela...
La suite se déroula si vite qu’Alexandre, pourtant vif et plein de réflexes, n’eut pas le temps de réagir. Tanaril écarta le glaive du Prince, lui lança un coup de pied dans le ventre tout en lui arrachant son arme.
Alexandre, remis de sa surprise, tenta de placer une manchette. Tanaril fouetta l’air avec le glaive, obligeant le Prince à reculer, le saisit à l’épaule et sans perdre de temps le poussa à terre.
Alexandre vit sa propre lame s’abattre sur lui pour lui transpercer le cœur. Au moment d’activer les Bracelets d’Arzhan, il réalisa que le pouvoir ne se libèrerait qu’une seconde trop tard. Sa seule pensée fut qu’il avait manqué de vigilance. Convaincu d’avoir remporté la victoire, il l’avait laissée s’échapper. C’était si stupide...
Tektus s’était élancé à son secours, mais il ne pouvait arriver à temps. Alexandre leva les bras pour se protéger, essaya de ne pas fermer les yeux.
Une forme blanche percuta le bras de Tanaril, déviant le glaive avant qu’il ne s’enfonce dans la poitrine du Prince. Alexandre ne chercha pas à comprendre ce qui se passait. Sa main se referma sur le poignard de Jakarn passé à sa ceinture.
La dague prit vie à cet instant. Elle bondit hors de son fourreau, brilla d’un éclat sauvage dans la lumière du jour, siffla en s’abattant.
La lame-serpent mordit la gorge de Tanaril. Un flot de sang éclaboussa le Prince. Il y eut un gargouillement étouffé.
Tanaril de Ganor s’effondra.

Alexandre, encore chancelant et étourdi après avoir frôlé la mort de si près, se tourna vers la forme blanche étendue aux pieds de Tanaril, et qui lui avait saucé la vie.
C’était Alice.
La jeune fille s’était montrée plus rapide encore que Tektus. Elle était parvenue à intercepter le coup mortel.
Elle se releva, son visage portant encore la marque de la peur qui l’avait étreinte.
Alexandre s’approcha d’elle. Leurs regards se croisèrent, brillant d’un mélange de stupeur et de reconnaissance.
- Merci, articula-t-il.
Ils n’échangèrent pas d’autres mots. Leurs visages s’approchèrent encore.
Leurs mains se frôlèrent.
Leurs lèvres se trouvèrent.
Alexandre ne savait plus très bien comment il en était arrivé là. Mais ça n’avait pas d’importance. Rien n’avait plus d’importance. Il ferma les yeux, enlaça la jeune fille et la pressa contre lui.
Un instant s’écoula, qui sembla durer une éternité.
Puis un raclement de gorge à côté de lui le fit sursauter.
- Loin de moi l’idée de perturber votre vie sentimentale, déclara Onorius, mais il semble que nous ayons d’autres problèmes.
Alexandre et Alice s’écartèrent et se tournèrent vers l’endroit où s’étaient fixés les yeux du maître Chanteur.
Namâric se tenait dans une des rues qui menaient à la place des exécutions, en compagnie de huit Paladins Noirs dont certains portaient des blessures très sérieuses.
Son regard parcourut la scène de carnage qui s’étalait devant lui.
- Vous m’expliquerez plus tard à quoi vous vous amusez pendant que je ne suis pas là, dit-t-il d’une voix dont il s’efforçait de chasser toute surprise. Pour l’instant, mes hommes ont besoin de soins. Nous sommes tombés dans un piège.

:)

_Azerty777
_Azerty777
Niveau 10
20 janvier 2006 à 17:09:03

:spoiler:

J´avoue que la fin est nulle. Tanaril aurait DU gagner, il n´a pas gagné juste à cause du scénario, et l´excuse est même pas valable (Alice ne sait pas courir, et on peut pas parer un coup comme ça...)
Mais bon, j´aurai jamais l´audace de réécrire ce passage, je ferais pire. :)

:spoiler:

Sinon, du reste j´ai bien aimé comme d´habitude, surtout la longueur en fait. :)

KaiM
KaiM
Niveau 11
20 janvier 2006 à 17:18:32

Je pense qu´on peut dévier un coup comme ça. En parlant d´une fin nulle, je songeais plutôt à la scène pseudo-romantique qui vient entacher le dernier paragraphe. Mais il fallait bien que je la pose quelque part un jour ou l´autre...

Cela dit tu as aussi raison sur ce point Az´, alors qi tu as des idées pour rendre la défaite de Tanaril plus crédible, ne te gêne pas. (Il pourrait très bien se faire tuer par Tektus, mais ça m´empêcherait un peu l´intervention d´Alice, s´pas?)

chris12
chris12
Niveau 9
20 janvier 2006 à 17:31:33

mdr je croyais que la fin ridicule c´etait l´achevement sans raison du mage à la hache, mais c´etait bien pis

_Azerty777
_Azerty777
Niveau 10
20 janvier 2006 à 17:41:10

Non, la scène pseudo-romantique comme tu dis s´inscrit très bien dans l´amour que tu sous-entend depuis au moins une centaine de pages entre Alice et Alexandre.

Moi l´achèvement du mage, je dirais pas que c´est ridicule, mais inquiétant (scénaristiquement). D´une : -Vladek n´est pas (plus?) habitué à tuer des gens comme ça sans raisons, d´où l´étonnement de Tarlaq d´ailleurs.
De deux, la réaction d´Onorius prouve que le Mage a bien fait de pas tout dire...ce type m´a l´air bien plus dangereux que Tanaril, Itraïr et toute la Horde Ork réunis. Peut-être est-il lié à Molloch d´ailleurs? (ça, on le saura dans longtemps^^).
Bref, que de questions^^. (sûrement tellement tordues que KaiM n´y avait même pas pensé mais bon^^)

En ce qui concerne la crédibilité de la mort de Tanaril, je dirais que Tektus peut lancer sa hache (ou Onorius un sort), et qu´Alice arrive à ce moment-là. :) De plus, ça rend plus crédible la scène romantique, puisqu´alors Alice se jetterait dans les bras d´Alexandre, ayant failli le voir mourir. :) Enfin après, tu fais comme tu veux. :-)

Docteur_Chakall
Docteur_Chakall
Niveau 8
21 janvier 2006 à 09:29:24

Ou alors, Tektus qui se tenait prêt à l´action blesse Tanaril, ce qui donne à Alexandre le temps de se relever et évite à notre Varak de passer pour un incapable. Alice arrive sur ces entrefaites. Ensuite, pourtant, Alexandre ne tue pas encore Tanaril, ce qui permet à celui-ci d´essayer encore une fois d´assassiner le Prince. Et là Alice dévie le coup, ce qui fait que c´est quand même elle qui a sauvé Alexandre, et alors... non, je m´embrouille, j´arriverai pas non plus à refaire cette scène.

Docteur_Chakall
Docteur_Chakall
Niveau 8
21 janvier 2006 à 09:30:33

PS : vas-tu raconter en détail ce qui est arrivé à Namâric ou juste un résumé. Parce que j´adore ce personnage et le voir en action est toujours un grand moment.

Sunshadow
Sunshadow
Niveau 7
22 janvier 2006 à 13:29:03

C´est vrai que ça fait un peu bizarre qu´elle déboule comme ça.

Il faudrait en effet qu´elle se jette dans ses bras parce qu´il a failli mourir.

Docteur_Chakall
Docteur_Chakall
Niveau 8
22 janvier 2006 à 15:55:01

Je pense pas. L´intérêt est justement que ce soit Alice qui lui sauve la vie, (ça doit être son seul acte de bravoure dans toute la série), ce qui pousse Alexandre à se lâcher un peu. Il faudrait trouver un moyen qui fasse que c´est quand même grâce à Alice que le Prince survit.

LeConseiller
LeConseiller
Niveau 10
22 janvier 2006 à 20:07:55

Hello,

Premier message de ma part dans un de tes topics, je me dois d´être explicite :)

Tout d´abord, c´est Alir qui m´a conseillé de lire tes trois fics (ce dont je le remercie vivement), et le bilan que j´ai pu tirer de cette lecture est excellent.

On sent une bonne maîtrise dfe la langue française, parfois tâchée par des passages trop embrouillés, ou qui sortent de la logique de l´histoire, et surtout par des fautes très fréquentes dans ta première fic (ca s´arrange avec les suivante :) ).

L´intrigue est superbe. En effet, on est loin d´une intrigue linéaire entièrement centrée sur une seule quête et une seule personne. Peut-être n´as-tu pas développé assez le caractères de certain personnages, mais cela est très imperceptible, surtout qu´on découvre toujours de nouvelles facettes chez des personnages comme Namarik, Vladek, Hustouk, etc...

Niveau action, c´est sublime. On est toujours en halèhne, grâce à des rebondissement souvent innatendus. Tu as de réels dons pour narrer les combats et les batailles.

Un gros point d´ombre cependant : J´ai plus d´encre dans mon imprimante depuis que j´imprime ta fic (trois cartouches d´usées pour l´instant, et pour les dernières pages, j´ai du imprimer en bleu foncé :) ).

Sinon, une petite suggestion : mettre les fics que tu as déjà finies sous forme d´un fichier word disponible au téléchargement, pour éviter d´avoir à parcourir chaque page des anciens topics (ca te permettrait, en plus, de mettre tes dernières améliorations).

Bilan : A quand la suite ? :lol:

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