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Liste des sujets

Le siège de Dümrist

_Azerty777
_Azerty777
Niveau 10
20 décembre 2005 à 20:52:46

Ah....ça fait du bien une bonne grosse suite. Surtout quand elle est aussi bien, même si le mystère s´épaissit encore, notamment au sujet de la p´tite vieille...serait-elle pas magicienne en fin de compte? Nous saurons tout cela dans quelques chapitres^^. :-)

La suite! :)

Sunshadow
Sunshadow
Niveau 7
20 décembre 2005 à 21:09:05

Exellent.

Rien à dire comme d´habitude. On a toujours plus envie de voir la suite de l´histoire de chacun des personnages.

chris12
chris12
Niveau 9
20 décembre 2005 à 21:43:03

re, après une coupure internet du à l´instalation et les bugs de ma neuf box, je suis de retour.

Donc rien à dire sur ces chaps, on en apprend plus sur le tigre et "la guerre du tigre" (si je me trompe pas". Bonne baston avec tanaril.

"Doué d´une prodigieuse faculté d´analyse, Dario comprit aussitôt qu´Onorius lui parlait : seul le lien formidable entre un maître et son élève permettait un tel contact. " j´adore la faculté d´analyse pour comprendre qu´on lui parle par telepathie :lol:

miss_allsunday
miss_allsunday
Niveau 7
21 décembre 2005 à 11:03:50

super!! :ok:
dommage que je parte en vacance, je devrais attendre jusqu´à lundi pour lire la suite :-(
:ange:

KaiM
KaiM
Niveau 11
21 décembre 2005 à 12:32:52

chris :d) C´est vrai que toi, quand tu te réveilles dans un endroit inconnu et que tu entends des voix, tu piges aussitôt que quelqu´un te parle par télépathie et en plus tu sais qui c´est sans avoir besoin de réfléchir. :lol:

Bon, ben merci pour vos commentaires.

chris12
chris12
Niveau 9
21 décembre 2005 à 13:12:57

après un combat contre un mage qui me mets KO, moi mage très puissant, je me retrouve enfermé dans une cage ensorcelé : ben ouais je sais qui me parle :lol:

KaiM
KaiM
Niveau 11
21 décembre 2005 à 13:15:51

Juste. A voir.

Docteur_Chakall
Docteur_Chakall
Niveau 8
21 décembre 2005 à 17:54:11

Vais-je oser lancer un nouveau débat?

Allez, oui.

Après réflexion, je trouve assez mauvais que le héros soit protégé par une entité quasi divine (Molloch) capable d´assurer sa sécurité et déboulant toujours quand on a besoin de son aide (enfin, ses serviteurs). Alexandre ne court plus aucun risque, on ne peut plus s´inquiéter pour lui. Ce procédé ressemble plus à de la paresse d´auteur qu´à une bonne idée. Franchement, j´aime pas.

_Azerty777
_Azerty777
Niveau 10
21 décembre 2005 à 17:59:15

Pour une fois je suis un peu d´accord avec toi Chakall. Cependant, juste un bémol auquel tu n´as pas l´air d´avoir pensé : d´une, Molloch ne protège pas entièrement Alexandre (il me semble qu´il dit clairement qu´il est remplacable), mais surtout le fait qu´il soit là fait qu´Alexandre va être obligé de lui obéir, donc finalement c´est loin d´être de la paresse, puisqu´Alexandre devra se débarasser de Molloch, qu´a pas l´air d´être si bienveillant que cela au final.

KaiM
KaiM
Niveau 11
21 décembre 2005 à 18:02:59

Je vois que Molloch fait parler de lui.
C´est vrai que j´avais hésité à introduire ce Deus ex machina (puisque apparemment c´est comme ça que ça s´appelle), mais Molloch a un rôle important et devait arriver un jour ou l´autre.
Cela dit, rassurer vous, la situation va (relativement) vite évoluer entre Alexandre et lui. Il ne restera pas éternellement son protecteur, loin de là.

_Azerty777
_Azerty777
Niveau 10
21 décembre 2005 à 18:14:09

C´est bien ce que je me disais...le truc qu´Alexandre "doit" à Molloch ne doit pas être très zoli, donc il va pas vouloir, et ledit Molloch va pas être content^^. J´ai hâte. :diable: :)

KaiM
KaiM
Niveau 11
21 décembre 2005 à 18:20:05

Aurais-tu oublié qu´on ne peut pas refuser de payer ce genre de dette? Molloch n´est pas vraiment du genre à envoyer des huissiers si on refuse de régler ce qu´on lui doit... Mais je ne vais pas trop spoiler.

Lestonius
Lestonius
Niveau 2
21 décembre 2005 à 18:21:54

Je dois t´avouer que je n´ai pas eu le courage de tout lire..
En fait je me suis arrêter au bout de la cinquième ligne du premier chapitre.
A chacun ses goûts.
Je voulais juste te féliciter car apparemment tu as su créer un vrai monde avec de vrais personnages charismatiques et que les lecteurs non seulement te suivent mais approuvent et en discutent.
Peu importe le thème et le style (qui est ma foi bon, je trouve...), c´est une grande "création" de ta part.

KaiM
KaiM
Niveau 11
21 décembre 2005 à 18:29:05

Je dois t´avouer que je ne m´attends pas à ce que quelqu´un trouve le courage de commencer cette fic maintenant, d´autant plus en sachant qu´elle est la suite de deux autres.

Par contre, je m´étonne que tu puisses trouver le style ou le thème bons en n´ayant lu que cinq lignes...

Et merci du compliment.

Docteur_Chakall
Docteur_Chakall
Niveau 8
21 décembre 2005 à 18:31:06

J´ai besoin de voir comment va évoluer l´histoire, mais en ce qui concerne la vie que Molloch va demander à Alexandre, j´ai déjà ma petite idée...

Lestonius
Lestonius
Niveau 2
21 décembre 2005 à 18:40:11

"Par contre, je m´étonne que tu puisses trouver le style ou le thème bons en n´ayant lu que cinq lignes... "

Remarque très juste... Touché...

https://www.jeuxvideo.com/smileys/32.gif

KaiM
KaiM
Niveau 11
22 décembre 2005 à 09:37:11

La suite :

Un débat mouvementé agitait la salle du Conseil. Les généraux pestaient, s´apostrophaient les uns les autres, tapaient du pied, s´accusaient de trahison, s´égosillaient, lançaient objection sur objection, hurlaient, créant une ambiance certes digne des plus grandes foires du pays, mais totalement déplacée dans une salle de réunion.
Onorius de Finglä, assis dans son fauteuil, faisait semblant de dormir en attendant que les généraux se calment, sans vraiment d´espoir : la séance avait commencé une heure avant, et jamais on n´avait crié aussi fort.
A l´origine des problèmes, la disparition de Dario.
Jusque-là, le maître Chanteur avait réussi à contenir les généraux, principalement en assumant toutes les décisions et en évitant de réunir le Conseil. Depuis qu´il était introuvable, les choses allaient de mal en pis.
La trahison de Tanaril de Ganor n´arrangeait pas vraiment la situation. On ne savait pas encore grand-chose de l´affaire, mais déjà des troubles considérables ébranlaient l´ensemble des mages. On parlait de règlements de comptes, d´abus de pouvoir ou encore d´hérésie. Accessoirement, tout poussait à croire que le commandant des Mages de Combat n´avait pas pu quitter Dümrist, et la présence d´un hors-la-loi aussi influent entre les murs de la cité n´avait rien de rassurant.
Tarlaq, soutenu par Pyers Thul´lod, expliquait au général Sardol Forneïa qu´il était nécessaire de défendre Dümrist comme prévu, quand Hendar Gorts l´interrompit avec férocité :
- Cessez donc de parler de fidélité au roi, Tarlaq ! Nous savons tous que vous voulez le pouvoir pour vous ! Vous essayez de nous imposer les anciennes décisions de notre souverain pour obtenir le commandement ! Il faut aller à la rencontre d´Itraïr, c´est évident !
- Vous m´excuserez, Hendar, mais je ne comprends rien à votre raisonnement !
- Je ne suis pas d´accord, intervint Jorgun de Borion. Il faut évacuer cette cité et se replier vers le Sud.
- Il a raison !
- Non !
L´interprète de Pyers Thul´lod dut hurler pour se faire entendre :
- Son Excellence se range à l´avis du général Tarlaq. Dümrist est la position la plus sûre pour le peuple comme pour l´armée.
- Au diable ce tas de graisse ! cracha Gorts.
Thul´lod rougit, essaya de se lever. Retomba sur son siège.
L´interprète tira son poignard.
- N´insultez plus jamais son Excellence.
- Tu crois me faire peur, cancrelat ? rugit Hendar Gorts en dégainant son épée.
Tarlaq brandit la sienne pour s´interposer.
- On ne va quand même pas se battre pour savoir qui a raison !
- Et pourquoi pas ? Pose ton arme et jouons-ça aux poings !
- Nous sommes des gens civilisés, Hendar !
- Tu vas voir comment je conçois la civilisation !
- Il suffit !
Le silence tomba d´un coup. Les généraux se tournèrent vers la porte de la salle du Conseil.
Tarlaq écarquilla les yeux.
Les autres l´imitèrent avec une seconde de retard.
Onorius esquissa un sourire.
Alexandre.
Le Prince avança lentement, l´écho de ses pas résonnant dans la salle. Son regard aussi froid que la glace balaya l´assemblée, s´arrêta un instant sur Pyers Thul´lod qui ne broncha pas avant de se porter sur Hendar Gorts, toujours armé de son épée.
- Il me semble que c´est à moi, Alexandre, Prince de Dümra, héritier du royaume, de régler la question. Dorénavant, j´assure le commandement au même titre que mon père. Des remarques ?
Personne ne parla. Alexandre poursuivit :
- La maladie de mon père ne change en rien nos plans. Nous restons à Dümrist et nous résistons à Itraïr. Compris ?
Hendar Gorts se reprit enfin :
- Altesse, nous savons que, vu l´état du roi, vous avez plus que tout autre le droit de diriger le royaume. Cependant, vous êtes trop...
- Jeune ? C´est ça ? Vous pensez que seul un homme mûr peut supporter une telle charge ? Eh bien, général Gorts, si vous tenez tant que ça à me mettre à l´épreuve, que diriez-vous d´un duel ? Il semble que ce soit votre mode d´action préféré...
Hendar Gorts hésita, puis choisit de se contenir. Il riposterait plus tard.
- Ceux qui veulent me parler pourront me trouver dans le bureau des appartements royaux, poursuivit Alexandre. En attendant, la séance est levée.
Aucun général ne se permit la moindre remarque. Tarlaq adressa un sourire chaleureux à Alexandre qui le lui rendit avant de tourner les talons.
Tarlaq ne comprenait pas comment le Prince avait fait pour revenir, ni si son retour allait vraiment se dérouler aussi simplement, mais il s´en moquait. Il seule pensée occupait son esprit.
Les choses s´arrangeaient.

Les collines du comté de Ganor, peu fertiles, n´étaient guère peuplées. La végétation, fouillis inextricable de buissons épineux et de quelques bosquets d´arbres, s´étendait de chaque côté de la piste, parfois interrompue par des clairières herbeuses ou des affleurements rocheux. Ici et là, de petites dermes se dressaient au milieu d´un espace défriché.
D´ordinaire, Artus et Adrien marchaient d´un bon pas et la traversée des collines aurait pu ne leur prendre que trois jours. Néanmoins, une troisième personne leur imposait un rythme plus lent.
Après s´être arrachée aux remerciements des villageois, Nurmill Aqlaï s´était jointe à eux à leur départ du village pour profiter, avait-elle dit, de leur compagnie plus que de leur protection. Artus avait commencer par la rabrouer puis, devant son irrésistible aplomb, avait fini par céder. Tous trois suivaient donc la piste des collines, espérant rejoindre la ville de Ganor en moins d´une semaine.
Artus, silencieux, portait au côté une des épées dérobées aux pillards. Un comportement inhabituel chez quelqu´un qui se contentait souvent de son pouvoir. Adrien ne s´en inquiétait pas encore, mais il se doutait déjà que les collines dissimulaient des dangers mortels.
Tout en marchant, le garçon essayait de s´exercer, mais il ne parvenait pas à se concentrer. Il n´arrivait plus à retrouver l´énergie que, la veille, il avait sentie en lui. Au bout d´un moment, il se résolut à remettre son entraînement à plus tard et à discuter avec Nurmill Aqlaï.
le magicien. Il n´y avait pourtant rien. La vieille femme avait l´art de romancer sa vie tout en lui restant fidèle. Elle semblait avoir vécu des aventures palpitantes, sans jamais chercher à s´attacher quelque part. Aujourd´hui âgée, elle continuait à voyager. Elle suivrait probablement cette voie jusqu´à sa mort.
Elle proposa à Adrien de lui raconter quelques-unes des histoires qu´elle avait accumulées au cours de son existence. Le garçon accepta de bon coeur. Son talent de conteuse fit à nouveau merveille, et Adrien se sentait captivé au plus profond de son être quand Artus interrompit la vieille femme.
- Stop ! Arrêt complet. Plus un bruit.
Il tira son épée. Le silence tomba sur le trio. Seuls s´élevaient les chants stridents des insectes autour d´eux. Adrien regarda en tous sens, cherchant ce qui avait pu inquiéter
- Qu´est-ce que... commença-t-il.
- Chut !
C´était Nurmill qui avait parlé. Adrien se tut, sentant monter la tension. Il lui sembla alors distinguer un léger sifflement dans les buissons, accompagné d´un frôlement presque imperceptible.
Puis ce fut l´enfer.
Une gueule béante munie de crochets acérés jaillit des ronces à côté d´eux. Adrien n´eut que le temps de voir les dents s´écarter pour le mordre tandis que deux yeux jaunes aux pupilles verticales brillaient de sauvagerie en se rapprochant de lui.
L´épée d´Artus siffla. La tête du monstre tomba dans une gerbe de sang.
Adrien ne put détacher son regard de l´animal. C´était un serpent de trois mètres de long, doté d´anneaux puissants couverts d´écailles vertes et pointues. Ses arcades sourcilières étaient garnies de poils luisants, dégageant une lumière qui perdait peu à peu de son intensité. De ses crochets suintait un liquide jaunâtre dont l´odeur piquante parvenait sans peine aux narines d´Adrien.
- Un serpent dosnaïl, expliqua Artus. Les poils au-dessus de ses yeux lui permettent de repérer ses proies à leur chaleur, même la nuit, et son venin tue en quatre secondes. Il fait partie des charmantes bestioles qui vivent dans ces collines. Normalement, il ne s´attaque pas aux humains, mais quand il a très faim...
- N´aurait-on pas mieux fait de passer par les forêts ? hasarda Adrien qui retrouvait rapidement ses moyens.
- Trop long, trop de détours, trop de brigands. Continuons.
- Il ne risque pas d´y en avoir d´autres ?
- Ils se déplacent rarement à plusieurs, répondit le magicien. Mais si l´un d´eux va jusqu´à nous agresser pour se nourrir, il est probable que d´autres aient la même...
Il ne termina pas sa phrase.
Une queue écailleuse fusa depuis un autre buisson, s´enroula autour de ses jambes et le fit tomber au sol. Artus leva son épée, mais déjà le serpent l´attirait vers le bord de la piste.
Un autre reptile fouetta l´air, faucha les pieds de Nurmill Aqlaï. La vieille femme s´effondra en poussant un cri. Adrien évita d´un bond une troisième queue verte pendant qu´Artus parvenait à planter son épée dans le corps de son assaillant. Un hurlement aigu s´éleva des ronces et le serpent relâcha sa prise.
Artus roula sur le côté. La queue du dosnaïl s´abattit sur lui comme une massue. Il pointa son épée en avant et le serpent s´y embrocha. Nouveau rugissement.
Nurmill Aqlaï, au lieu de se débattre, entonnait un chant calme. Adrien ne chercha pas à savoir ce qu´elle faisait. La gueule d´un dosnaïl surgit d´un buisson et plongea sur lui. Le garçon l´évita d´extrême justesse, recula d´un pas et parvint à une conclusion logique : il fallait fuir.
Un nouveau serpent émergea et barra la route derrière lui. Adrien élabora une deuxième solution : recourir à la magie. Il essaya de dominer sa peur, de se pas penser à la quantité de monstres qui attendaient encore de se jeter sur eux. Il se concentra.
Nurmill continuait à chanter. Etrangement, le dosnaïl qui l´assaillait ne parvenait pas à la toucher. Il bondissait autour d´elle, agitait sa queue et faisait claquer ses mâchoires. Dans le vide.
Adrien essayait désespérément de contrôler son énergie. Il ne la sentait pas. Une tête verte la frôla, des crochets manquèrent sa gorge de très peu.
Artus se redressa, retourna son épée et la ficha dans la terre, clouant son adversaire au sol. Il tira son poignard et, rageusement, tendit la main vers le buisson.
La tête du serpent jaillit des épineux, emportée par la magie, et retomba à côté d´Artus. Celui-ci enfonça son poignard entre les deux yeux du monstre, se retourna.
Un autre dosnaïl fonçait sur lui, prêt à mordre. Muscles tendus, Artus attendit le choc.
Qui n´eut pas lieu.
Un éclair de lumière rouge éblouit le magicien. Il comprit ce qui s´était passé avant même de rouvrir les yeux.
Adrien se tenait au milieu de la piste, l´air épuisé. Autour de lui gisaient les corps calcinés d´une demi-douzaine de serpents qui se convulsaient encore.
- Tu contrôlais le pouvoir ? demanda Artus.
- Non. Encore une fois, c´est venu tout seul.
- Dommage. Enfin, ça ne m´étonne pas. Et ça nous sauve la vie.
Adrien remarqua soudain le sang qui imprégnait le manteau d´Artus à hauteur de son épaule.
- Vous avez été mordu ? s´inquiéta-t-il.
- Juste la blessure de tout à l´heure qui s´est un peu rouverte. Rien de grave.
Nurmill Aqlaï se relevait péniblement en s´appuyant sur son bâton. Artus, remarqua Adrien, ne semblait pas avoir fait attention à son chant. Le garçon décida qu´il interrogerait la conteuse à ce sujet, mais plus tard.
Artus repoussa du pied un dosnaïl carbonisé, rengaina son épée et reprit son chemin sans faire plus de commentaires. Nurmill le suivit sans hésiter. Adrien leur emboîta le pas.
A des milliers de kilomètres de là, un vieillard reprenait ses esprits après une violente crise de migraine.

KaiM
KaiM
Niveau 11
22 décembre 2005 à 09:37:48

- Alors, quelle est notre situation ?
Alexandre se tenait assis dans un fauteuil de chêne soigneusement sculpté, derrière un somptueux bureau de marbre blanc. Une bibliothèque emplie d´archives et une plante grimpante d´un rouge flamboyant trônaient à sa droite, tandis que sur sa gauche, une immense carte de Dümra s´étalait contre le mur. La lumière vive de la fin de matinée éclairait la scène à travers une large fenêtre vitrée.
A sa manière, la salle d´audience privée, qu´on aurait pu appeler bureau, résumait l´aspect des appartements royaux : luxueux et impressionnants.
Tarlaq, debout devant le Prince à côté de Vladek, réfléchit avant de demander :
- Pourquoi ne vous en êtes-vous pas informé au Conseil ?
- Enfin ! s´exclama Alexandre. Vous imaginez la scène ? « Bonjour, j´arrive pour prendre le commandement, il se passe quoi au juste ? » Exactement le genre d´attitude qui aurait convaincu Gorts que je n´avais pas ma place sur le trône ! C´est pourquoi je préfère un entretien privé pour me renseigner. Alors ?
Tarlaq se dirigea vers la carte de Dümra et, du bout du doigt, décrivit un large arc de cercle autour de la capitale.
- Les Elfes ont progressé jusque-là. Ils ont pratiquement fini de nous encercler. Conformément aux ordres de votre père, aucune troupe n´a été envoyée à leur rencontre.
- Mais quel imbécile ! Je comprends qu´il ne veuille pas prendre de risques, mais à ce stade, c´est plus de la lâcheté que de la prudence ! Il fallait tendre des embuscades, ralentir leur progression ! Nous n´aurions pas repoussé Itraïr, mais nous lui aurions mis un peu de pression !
- Je ne suis pas responsable des ordres du roi, se défendit Tarlaq.
- Vous traitez votre père d´imbécile ? intervint Vladek.
Alexandre se tourna vers lui, moitié gêné, moitié énervé.
- C´est vrai, non ? Il n´a jamais été capable de diriger ce royaume ! N´attendez pas que je verse des larmes à l´annonce de sa mort. Je le savais malade, et je m´étais préparé depuis longtemps à de telles circonstances.
Vladek parut surpris, mais ne fit pas d´autre commentaire.
- Donc, reprit Tarlaq, vous avez un plan pour vaincre Itraïr ?
- Le général Thul´lod ne vous en a pas parlé ?
Le baron afficha un air intrigué.
- Non, pourquoi ?
Alexandre passa la main sur la surface du bureau, pensif. D´accord, Pyers Thul´lod tenait à garder sa stratégie secrète, mais qu´il ne l´ai toujours pas révélée... Puis la lumière se fit dans l´esprit du Prince. Thul´lod pensait garder cet argument en réserve afin se faire passer, quand Itraïr rentrerait chez lui, pour le sauveur du royaume ! Et gagner un peu plus en influence du même coup. C´était l´explication la plus logique compte tenu des ambitions du général.
Donc, autant le prendre de vitesse.
- Itraïr n´a plus que seize mille guerriers, soit très peu pour assiéger une ville qui abrite presque trente mille citoyens. Le comte Thibaut de Montfort rassemble des renforts dans le Nord, et il a réussi à convaincre la horde de l´Echine du Dragon de lancer une attaque contre Alméra.
- Quoi ?
S´ensuivirent dix bonnes minutes pendant lesquelles Alexandre expliqua à ses amis les détails du plan de contre attaque. Quand il eut fini, Vladek poussa un sifflement admiratif.
- Impressionnant ! Voilà qui explique toutes les étranges décisions du roi, comme garder la population ici !
- En effet, répondit Alexandre. Si nous tenons Dümrist ne serait-ce qu´un mois ou deux, la victoire est à nous !
- Bien, dit Tarlaq. Je vais l´annoncer aux...
- Non !
Le baron jeta un regard étonné au Prince.
- Non, répéta Alexandre. Je m´occuperai d´en parler aux autres quand le moment sera venu. Pour l´instant, que ceci reste entre nous.
Tarlaq acquiesça, conscient que le Prince venait de lui témoigner une grande confiance.
- Et au fait, demanda Alexandre, que savez-vous de Dario ? J´ai cru comprendre qu´on ne le trouvait nulle part...
- C´est vrai, déclara Tarlaq. Introuvable. A croire qu´il s´est évanoui en fumée...
Le Prince se raidit. Un mauvais pressentiment l´étreignait.
- Et Namâric ?
- Parti depuis ce matin. En reconnaissance. Au moins, nous savons ce qu´il fait.
Alexandre jeta un regard par la fenêtre. Il devrait s´entretenir au plus vite avec Namâric. En dehors de Dario, il ne voyait personne de plus fiable dans toute la ville.
- Autre chose, lança Vladek. Comment avez-vous fait pour revenir si vite ?
- Ca...
A cet instant précis, comme dans une minuterie bien réglée, une immense créature blanche, mi-homme mi-oiseau, fendit l´air en coup de vent au ras de la fenêtre, faisant vibrer le carreau de verre.
- ... c´est grâce à Barn, acheva Alexandre.
Les deux guerriers restaient figés, frappés de stupeur et d´admiration. Ils n´avaient entrevu le Dylran qu´une brève seconde, mais cela suffisait. De toutes les merveilles qu´ils avaient admirées dans leur vie, Barn était sans nul doute la plus incroyable.
Vladek se ressaisit le premier.
- Eh bien, Altesse, vous n´avez pas fini de nous surprendre ! Si vous n´avez plus rien à nous dire, je crois que je vais sortir et vous envoyer quelques-uns des hommes qui attendent à la porte.
- Les généraux Torhân, Kester et Aineol, s´il vous plaît. Eux seuls.
- Entendu.
- Transmettez aussi un message à Hixbykiû, notre armurier. Je passerai le voir d´ici demain pour une nouvelle lame.
Vladek hocha la tête et se tourna vers la porte. Tarlaq le suivit.
- Merci de votre soutien, dit Alexandre. Vous êtes comme des frères pour moi.
Le baron lui lança un regard amical et quitta la pièce. Vladek demeura dans le bureau et referma la porte. Il avait saisi l´allusion.
- Quand comptez-vous le lui dire ? questionna Alexandre.
- Tarlaq est mon demi-frère, soit. Mais je vous ai déjà expliqué que ça resterait secret.
- Il faudra bien le lui avouer un jour. Ca vous pèse, je le vois bien.
Vladek prit un air dur.
- Cette histoire ne me pèse absolument pas, Altesse. Je n´ai aucun besoin de la révéler. Croyez-vous vraiment qu´apprendre que son père a conçu un enfant illégitime rendrait Tarlaq plus heureux ?
Avant qu´Alexandre ne puisse répliquer que de nombreux seigneurs avaient des bâtards, le capitaine était sorti.

Jusdol Torhân, Darl de Kester et Friedrig Aineol. Trois généraux de l´armée royale qui, sans même dépasser la quarantaine, visaient déjà le poste de général en chef et la place au Conseil qui allait avec. Ils pénétrèrent dans la salle d´audience dans un magnifique ensemble d´uniformes bleus, d´épaulettes argentées et de postures éclatantes de fierté. Ils saluèrent le Prince, prirent place sur les fauteuils et attendirent.
- Je suis prêt à entendre toutes vos remarques, déclara Alexandre.
Suivit une succession d´exclamations indignées et de revendications justifiées, qui dura cinq bonnes minutes avant que le Prince, qui les avait écoutés attentivement, ne lève la main pour les faire taire.
Un silence total tomba.
- Bon, commença Alexandre. Si j´ai bien suivi, vous regrettez principalement de n´avoir, en dépit de votre grade, quasiment pas de troupes à diriger.
- Quasiment pas ? s´écria Darl de Kester. Pas du tout, oui ! Nous sommes vingt généraux rassemblés à Dümrist, avec à peine six mille hommes à commander ! Du coup, à eux sept, les généraux en chefs contrôlent directement l´armée. Et nous n´avons plus aucun pouvoir ! J´envie presque mes dix autres collègues éparpillés dans le pays ! Eux, au moins, ils ont quelques soldats sous leurs ordres ! En plus...
- Merci, l´interrompit Alexandre. Je dois cependant vous rappeler que les dix généraux dont vous parlez se trouvent la plupart loin d´ici par lâcheté, pour ne pas avoir à affronter Itraïr. Et leurs troupes nous manquent cruellement. Vous dites vraiment les envier ?
- Bien sûr que non ! intervint Friedrig Aineol. Nous sommes fiers de nous trouver à Dümrist et de combattre l´ennemi ! Simplement, nous regrettons de...
- ... ne pas pouvoir commander d´hommes, je l´ai bien compris.
- J´ajouterais, dit Jusdol Torhân, que notre seul désir est de servir la couronne au mieux de nos possibilités.
Alexandre esquissa un sourire. Malgré son apparente hypocrisie, Torhân était sincère. Les trois hommes plaçaient réellement l´ordre du royaume et la souveraineté des héritiers légitimes au-dessus de leurs propres ambitions. Il suffisait au Prince de leur donner un os à ronger pour s´assurer d´un appui solide de leur part.
- J´ai conscience de vos talents, déclara Alexandre. Honnêtement, vous méritez bien plus une place au Conseil que les hommes qui y siègent en ce moment. Quand cette guerre sera finie, vous pouvez compter sur moi pour vous intégrer la liste des généraux en chef.
Les trois hommes hochèrent la tête, très intéressés.
- En échange...
Mouvement de recul. Imperceptible.
- Je vous demande, dès maintenant, de me soutenir auprès des autres généraux. Je sais qu´on va critiquer mon accession au pouvoir en vertu de mon âge et de mon inexpérience. J´attends de vous une aide et une obéissance sans faille.
Friedrig Aineol acquiesça aussitôt :
- Il va de soi que nous vous aurions appuyé même si vous ne nous aviez rien proposé en retour. Je suis cependant heureux de voir quelle estime vous nous portez. Je ne vous décevrai pas.
Il se tourna vers ses compagnons qui affirmèrent d´une même voix :
- Moi non plus.
Alexandre sourit un peu plus largement. Les choses se mettaient en place.

Un palais monumental dans le Nord d´un empire, assemblage étonnant de tourelles, de tunnels, de jardins et de passerelles.
Sans que personne n´agisse, la grande porte s´ouvre tout entière.
Deux cavaliers jaillissent.
Dans un galop fulgurant, ils prennent la direction du Sud.
Leur maître a été très clair : cette mission ne tolère pas d´échec.
Ils s´éloignent en filant comme le vent.

:)

KaiM
KaiM
Niveau 11
22 décembre 2005 à 09:38:27

Pour ceux qui viennent de cliquer sur "dernière page", la suite est à la page précédente.

chris12
chris12
Niveau 9
22 décembre 2005 à 10:58:22

la premiere partie m´a donné l´impression d´avoir été ecrites vite et s´en être relu : des majs absentes, des phrases bizarres.

Deuxieme partie interressante

:lasuite: (faudrait vraiment avoir un smile :lol: )

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