chris
j´ai pas compris le sens de ton dernier message.... ![]()
Bon, à la demande générale d´Azerty (facile à taper, ce pseudo, tiens...), je poste une suite, en annonçant d´entrée qu´il n´y aura rien d´autre d´ici une semaine, d´accord?
- Bonjour, Alexandre. Je voulais te parler depuis hier.
Le Prince referma la porte de sa chambre avant de se retourner vers Onorius de Finglä. Il ne s´attendait pas à trouver le directeur de l´Académie de Magie dans ses appartements, pourtant il ne montra aucun signe d´étonnement.
- De quoi vouliez-vous m´entretenir ? s´enquit Alexandre.
Les yeux d´Onorius étincelaient d´une terrible colère qu´il parvint à contenir pour répondre d´une voix calme :
- Vous avez tué le général Pyers Thu´lod.
Alexandre affecta l´indignation.
- Quoi ? Voulez-vous bien me répéter ça ? Vous m´insultez, maître ! Je vous prie de sortir d´ici au plus vite !
Le mage ne se démonta pas.
- Inutile de nier, Alexandre. Je sais ce que tu as fait, mais je ne compte pas te dénoncer.
Le Prince réfléchit un instant. Onorius tentait-il de le piéger ? de lui faire avouer son crime ? Et dans le cas contraire, que savait-il vraiment ? Alexandre essaya de maîtriser sa panique : Onorius était dans son camp !
- Qu´est-ce qui vous fait dire que je pourrais être le meurtrier du général ? questionna le Prince.
- Pyers a été assassiné peu après que je t´aie laissé seul. Mais surtout, tu as joué à merveille ton rôle de chef en apprenant la nouvelle. C´était trop parfait, bien mieux que ce que tu aurais fait en temps normal, bouleversé par la mort d´un de tes serviteurs. Il ne m´a pas fallu longtemps pour comprendre.
Comme Alexandre allait parler, le mage ajouta :
- Mais rassure-toi. Je n´ai pas l´intention de te faire accuser, d´ailleurs je n´ai aucune preuve. La piste Tanaril devrait suffire à occuper nos enquêteurs. D´autre part, je doute qu´un autre que moi te connaisse assez pour parvenir aux mêmes conclusions. Ce n´est pas ça qui m´inquiète.
- Ah. Quoi ?
Onorius explosa.
- Pyers cachait quelque chose, c´est évident ! J´aurais peut-être pu le découvrir si tu ne l´avais pas définitivement réduit au silence !
- Oh, je ne vous avais pas dit ? L´envoyé de Thul´lod, Seubal Artus, avait pour consigne de me faire disparaître à Kridath. Il est même parvenu à convaincre le gouverneur de l´aider. Thul´lod voulait ma mort, au final c´est moi qui ai eu la sienne.
- Ah, tu avoues !
Onorius n´avait pas paru surpris quand Alexandre lui avait dévoilé les plans du général, simplement intéressé. Le Prince poursuivit :
- Si je l´avais laissé vivre, il aurait renouvelé ses complots contre moi. Maintenant c´est fini.
- Non ! s´écria Onorius. Il est certain que Pyers oeuvrait pour le compte de quelqu´un d´autre !
Alexandre haussa les épaules.
- Qui donc ? Il a cherché à me faire tuer pour prendre le pouvoir, c´est tout.
- Et s´il était mêlé au complot contre ton père ?
Le Prince réfléchit quelques secondes.
- Je n´y avais pas songé. Mais j´en doute.
- Ah oui ? Pourquoi ?
- Ca ne l´avantageait pas. Il jouissait de la confiance du roi, et il s´est retrouvé après l´attentat sur un pied d´égalité avec les autres généraux en chefs. Quelqu´un d´aussi intelligent que Pyers Thul´lod n´aurait pas commis une pareille erreur. Non, ça ne colle pas.
Ce fut au tour d´Onorius de rester pensif. Au bout d´une poignée de secondes, il déclara :
- Peut-être as-tu raison. Mais je vais poursuivre mon enquête. Et comme si ça ne suffisait pas, j´ai aussi le meurtre de deux de mes étudiants à élucider, maugréa-t-il.
- Ah bon ? s´étonna Alexandre. De qui s´agit-il ?
- Ils s´appelaient Fernio de Daizor et Lynae Nores. On les a retrouvés morts dans les faubourgs, poignardés. J´espère arrêter le coupable, mais honnêtement j´en doute.
- Vous faites une affaire personnelle de la mort de vos élèves ?
- Comme Dario.
Onorius se dirigea vers la porte.
- Tenez-moi au courant de cette histoire, lui lança le Prince. J´ai comme un pressentiment. Il se peut que quelque chose d´important se cache là-derrière.
Le maître Chanteur acquiesça :
- Je m´occupe de tout. En attendant, fais-moi plaisir : n´élimine personne sans m´en référer à l´avance.
Alexandre aurait voulu répondre qu´il ne projetait pas d´autres règlements de comptes, mais le mage avait déjà quitté la pièce.
- Je crois que vous me devez quelques explications.
Nurmill Aqlaï tourna son regard sage vers Adrien et lui adressa un grand sourire.
- A quel sujet ?
Ils s´étaient assis à l´ombre d´un arbre en fleurs qui les protégeait un peu du violent soleil de midi. Artus s´était éloigné vers le sommet d´une colline pour scruter les environs, laissant seuls le garçon et la vieille femme. Adrien attendait cette occasion depuis longtemps.
- J´aimerais savoir ce que vous entendiez, avant-hier soir, à l´auberge, en me disant que j´aurais peut-être un rôle à jouer dans l´histoire d´Arkos. Dans la foulée, si vous décidiez de m´expliquer comment vous avez pu échapper au dosnaïl, hier, simplement en chantant, j´apprécierais.
Nurmill plongea ses yeux dans ceux d´Adrien et répondit d´une voix douce :
- La légende prétend qu´Arkos a laissé des traces qui ressurgiront un jour. A ce moment-là, l´histoire s´achèvera vraiment. cela peut arriver dans un an, dix, cent ou même des milliers ou encore pas du tout. Mais il se peut que la légende d´Arkos finisse un jour par te concerner. Voilà tout.
Adrien hocha la tête.
- Et ma deuxième question ? Comment avez-vous fait pour maîtriser ce serpent ?
- J´ai beaucoup voyagé, mon garçon, répondit Nurmill. On apprend énormément quand on voyage, à commencer par les particularités de nombreux animaux...
Elle lui lança un clin d´oeil. Adrien n´était pas vraiment satisfait. Il voulut insister, mais déjà Artus les rejoignait.
- Nous prendrons à droite à la prochaine intersection, annonça le magicien. Toutefois, même en choisissant cette route, j´ai bien peur de ne pas trouver de ferme où dormir ce soir.
- Comment ferons-nous ? s´inquiéta Adrien.
Artus se contenta d´un haussement d´épaules.
- Nous passerons la nuit dehors.
Ils reprirent leur marche.
Hustouk restait tourmenté par son choix.
Il avait décidé de se rendre en Alméra avec l´ensemble de la horde, mais il regrettait de trahir ainsi le baron Tarlaq ainsi que ses amis, Tektus et Vladek. Un mauvais pressentiment le troublé, comme s´il aurait dû rejoindre le baron, comme si sa place était à Dümrist.
Pourtant, il savait combien ce voyage importait pour lui. D´après les deux nains qu´il avait rencontrées à Kridath, Anamïn et Ektaïn, ce n´était qu´à Alkarion, la capitale du royaume elfique qu´il trouverait enfin les réponses à ses questions, les origines de l´Autre qui vivait en lui.
L´Autre...
Dans ses souvenirs les plus anciens, il le portait déjà. Une entité étrange, qui voulait à la fois le protéger et le contrôler. A chaque instant, Hustouk luttait pour ne pas se laisser dominer. Mais parfois, il ne pouvait le nier, il recourait à son aide, à son incroyable puissance.
Bien que l´Autre lui ait souvent sauvé la vie, Hustouk n´avait qu´un seul désir : s´en débarrasser. La présence d´un être dangereux tapi au fond de lui avait de quoi le déranger. Mais pour le chasser, il lui faudrait gagner Alméra.
Hustouk se réjouissait encore qu´Anamïn et Ektaïn aient pu lui donner cette clé. D´après eux, leur maître, le mage Thenetos s´intéressait à des cas semblables, et pensait qu´un mage capable de créer de tels prodiges avait autrefois vécu dans le royaume elfique. On n´en connaissait pas d´autre.
Hustouk allait donc peut-être remonter à l´origine du mal.
Une main puissant se posa sur son épaule, le tirant de ses pensées.
- Alors, cousin ? Bon retour parmi les tiens.
- Ca va très bien, Hoktar.
Du haut de leurs Karzax, les deux Orks observèrent l´interminable convoi qui s´étendait devant et derrière eux, ensemble harmonieux de montures, de guerriers, d´armures et de lames, avançant sans relâche dans des plaines infinies. La beauté d´une telle armée avait quelque chose d´émouvant. Pour un Ork, s´entend.
Borkas avait décidé de longer la frontière entre Dümra et l´empire d´Affoth afin de ne pas éveiller trop de craintes chez les humains qui vivaient dans ces pays. Cela permettrait à la horde d´atteindre Alméra sans être prise d´assaut par des armées qu´elle ne comptait pas défier. Une décision sage.
Hustouk tapota machinalement la nouvelle arbalète qui pendait à sa selle. Il s´était longtemps demandé comment les Orks, qui maîtrisaient à peine la métallurgie, pouvaient disposer d´armes de jet aussi sophistiquées. Il n´avait appris toute l´histoire que récemment.
Quelques décennies auparavant, des Ethioliens avaient tenté de coloniser l´Echine du Dragon. Ils y avaient découvert une mine de fer et bâti des aciéries ainsi qu´un château. Le clans Orks, d´abord surpris mais tolérants, avaient fini par s´allier pour chasser l´envahisseur. Le travail ayant été comme d´habitude très bien exécuté, aucun des colons n´avait survécu. Parmi le butin récolté dans les ruines de leur château se trouvait leur premier - et dernier - stock d´arbalètes et de carreaux, riche de plusieurs milliers de pièces.
Quant au reste des armes modernes que possédaient les Orks, il provenait de longues séries de pillages sur lesquels il serait inutile de s´éterniser.
- Nous allons attaquer Alméra, dit Hoktar. C´est un projet ambitieux, non ?
- Certainement, répondit Hustouk.
- Ca comportera des risques...
- Ben ouais...
- ... donc des occasions de se mettre en valeur...
- Si tu le dis...
- ... et d´être récompensé.
Hustouk planta ses yeux rouges dans ceux de son cousin.
- Arrête de tourner autour du pot, veux-tu ? Qu´est-ce que tu essayes de me dire ?
- Simplement qu´un soldat comme toi pourrait bien s´illustrer sur le champ de bataille, répondit Hoktar. Si Borkas te remarque, tu risques fort de monter en grade.
Hustouk plissa le front. Il se rendait en Alméra pour casser de l´ennemi et se libérer de l´Autre qui le hantait. L´idée de faire carrière dans l´armée du chef de la horde ne l´avait jamais effleuré. Mais en y réfléchissant...
- Peut-être que tu as raison, lâcha-t-il. Mais ma priorité sera de t´empêcher de te faire tuer, compris ?
Hoktar éclata de rire.
- Aux dernières nouvelles, j´ai sauvé ta peau plus souvent que tu n´as sauvé la mienne !
- Les choses changent...
Le capitaine Ork ne trouva rien à répliquer.
La horde poursuivit sa marche vers le Nord.
C´était bien la peine de me réclamer une suite...
scuse j´avais pas vu....
pas le temps de lire là, mais c´était pour te dire que là, j´ai vu que y avait une suite...
voilà!
ça y est, azerty n´est plus là, et ce topic à perdu une grande partie de sa vivacité... ![]()
Pff... Trop court
une faute:
"Un mauvais pressentiment le troublé"
Devine
En plus je la trouve moche... Déjà:
" Il était troublé par un mauvais pressentiment"
ça le fait mieux
Ouais mais il faut éviter le verbe "être" autant que possible.
J´oubliais: Bonne année
KaiM: Toute façon les deux je les trouve moches.
[Mode bouffon pas drôle on/]Et puis faut pas être raciste avec ce pauvre verbe être parceque il a pas décidé d´être différent!!! [Mode bouffon pas drôle off/]
C´est donc sans regret que je laisse l´année 2005 derrière moi (elle m´a fendu la lèvre, cassé deux dents et... transpercé le menton le dernier jour)
Bonne année tout d´abord
c´est calme cette partie mais bien
enfin!!!je viens de tout finir!!!
J´AI TROUVE UNE FAUTE!!!
le troublé--->le troublait
mwarf c´est vraiment génial!!!!il me tarde la bataille entre les orks et les elfes!
![]()
Euh oui s´pour dire, m´attendez pas, je reviende bientôt là tout de suite je peux pas trop
Merci de penser à moi ^^ Pis plus j´en aurais à mon retour, mieux ce sera ![]()
J´suis parti quelques heures avant ton post, et suis revenu y´a une demi-heure.
Mais je vois que le forum a bien vécu durant ce temps (deux pages
).
Euh y´a plusieurs fautes dans ce chapitre, te serais-tu dépêché en l´écrivant?
Mais sorry, pas relevé, y´en a trois de mémoire (en comptant celle déjà relevée deux fois).
Eh bien voilà, vivement le 5 Janvier donc.
Et bonne année. ![]()
j´avais pas vu qu´elle avait déja été relevée ![]()
Salut,
Suite à un message que t´avais laissé sur le forum livres, suivi de celui de hipop_danseuse, je me suis lancé dans la lecture de tes fics hier...
Aussitôt copié sur Word, j´imprime les Bracelets d´Arzhan. J´ai tout lu d´un trait (enfin, de deux) entre hier soir et ce matin. J´ai adoré, vraiment bravo.
Là, j´attends de pouvoir imprimer la Cathédrale de Kridath, et dès ce soir je m´y mets ! ^^
Bon, tout ça pour dire que j´adore, et que je suis d´ores et déjà fan. ![]()
Un chapitre de mise au point, qui fait un peu avancer les choses. Le suivant contiendra un long combat.
Bonne lecture.
Quand Vladek pénétra dans la salle d´armes des généraux en chefs, une odeur de sueur assaillit ses narines en même temps que des bruits de lutte lui malmenaient les tympans. En soupirant, il s´adossa à un mur et attendit la fin des combats.
La salle, vaste et lumineuse, était située dans le donjon du Palais, au-dessous de la salle du Trône. Un parquet de bois rouge en couvrait le sol tandis que des mosaïques guerrières ornaient les murs garnis de torches. En dehors des bancs alignés sur les côtés, aucun meuble ne pouvait gêner les exercices.
Vladek observa d´un oeil expérimenté l´affrontement le plus intéressant qui se déroulait dans la pièce : Tarlaq de Holarn contre Hendar Gorts.
Les deux généraux, brandissant des longues épées d´entraînement aux pointes arrondies et aux tranchants émoussés, enchaînaient des attaques mesurées et des parades précises. Leurs torses nus luisaient de transpiration, leurs visages se tendaient sous l´effort et la concentration.
Tarlaq contra fermement un assaut puis riposta par un coup aux jambes. Hendar Gorts para l´attaque, écarta l´épée du baron avant d´abattre la sienne. Son adversaire l´esquiva d´un bond en arrière, rétablit son équilibre puis se fendit. Hendar dévia la lame qui plongeait vers son ventre, pivota et frappa de toutes ses forces sur la garde de Tarlaq qui perdit son épée.
- Une nouvelle victoire pour moi, lança le général Gorts en pointant sa lame vers la gorge du baron.
- Ouais, bravo, maugréa ce dernier en se massant la main.
Hendar abaissa son arme.
- Nous ne sommes que des brutes, lâcha-t-il. La finesse de l´escrime n´est pas encore à notre portée.
- Tu as pourtant du style, répliqua Tarlaq.
- Oui, je sais. Mais aucun de nous ne passera jamais maître dans l´art du Makashi, qu´on nous enseigne pourtant depuis notre plus tendre enfance.
- Ah ! La maîtrise du Makashi ! Notre rêve à tous !
C´était vrai. Le style Makashi, aussi nommé escrime des seigneurs, se basait sur une précision et un contrôle de la lame absolus. Exigeant au point de nécessiter un apprentissage dès l´enfance, cet art redoutable dans les combats singuliers n´était enseigné qu´aux jeunes nobles. Et malgré leur entraînement intensif, ces derniers n´atteignaient jamais la perfection. Sauf quelques légendes...
- Oui, reprit Hendar Gorts. A ma connaissance, un seul homme est parvenu à un niveau vraiment exceptionnel dans ce style : ton père. Dommage que son héritage ait été perdu...
Tarlaq se rembrunit. Oui, son père, Sigurd de Holarn, maîtrisait le Makashi à merveille. L´arme à la main, nul ne pouvait rivaliser avec lui. En revanche, Tarlaq n´était qu´un combattant ordinaire. Il n´avait pas su apprendre de son père...
Vladek profita du silence soudain pour se racler la gorge. Les deux généraux se tournèrent vers lui, ne s´apercevant que maintenant de sa présence.
- Quoi ? demanda Hendar Gorts.
- Le Prince Alexandre aurait besoin d´un peu d´aide de votre part, répondit le capitaine. Certains généraux contestent la nomination de Torhân et vous devriez rapidement confirmer la décision du Prince pour faire taire les protestations.
Jorgun de Borion et Sardol Forneïa interrompirent leur duel pour s´approcher, bientôt rejoints par les deux derniers combattants.
- Allons-y ! s´exclama Tarlaq.
En quelques instants, les généraux jetèrent leurs armes à terre, passèrent tuniques, pourpoints et manteaux, ceignirent leurs épées d´apparat et s´engouffrèrent dans le couloir.
Vladek allait les suivre quand une voix s´éleva dans son dos.
- Capitaine !
Il se retourna. Hendar Gorts, resté en tenue d´entraînement, s´appuyait sur son épée au centre de la salle.
- Oui, mon général ?
- Je pense que les autres pourront se débrouiller sans notre aide. De toute façon, je n´approuve pas vraiment le Prince.
- Vous pourriez y aller pour tenter de lui faire perdre la face.
Hendar leva son épée.
- Je suis très mauvais dans ce domaine, quoi qu´on en dise, déclara-t-il. Et j´ai mieux à faire.
Intrigué, Vladek se rapprocha de lui.
- Et quoi donc ?
- J´aimerais disputer quelques passes avec vous. Vous êtes d´accord ?
Vladek commença à s´inquiéter : pourquoi diable le général voulait-il l´affronter ? Il jeta un oeil dans le couloir. Les autres avaient déjà disparu
- Allons-y, dit-il enfin.
Il décrocha son épée, la posa contre un mur et saisit une des lames d´entraînement. Il appuya ensuite le tranchant sur le dos de sa main et tira d´un coup sec, comme pour s´entailler la peau. Aucune plaie n´apparut.
- Lame correctement émoussée, constata-t-il. C´est bon.
Par principe, Hendar vérifia lui aussi son arme avant de se mettre en garde.
Les deux adversaires se jaugèrent un instant du regard, puis Hendar Gorts passa à l´attaque.
Son épée décrivit une courbe rapide que Vladek intercepta sans mal. Le général dégagea sa lame, évita un coup de taille et frappa de l´autre côté. D´un revers, le capitaine bloqua l´arme à nouveau. Hendar plaça une botte vigoureuse. Vladek para encore et rompit d´un pas.
Le capitaine recula de plusieurs mètres en contrant les attaques de plus en plus violentes portées par son adversaire, puis riposta avec puissance. Hendar para quelques assauts avant de s´échapper d´un bond. Vladek chargea sans lui laisser le temps de se ressaisir. Les épées se croisèrent. Le général repoussa son assaillant et abattit sa lame. Nouvelle gerbe d´étincelles.
Rapidement, Hendar prit l´avantage. Vladek cédait du terrain, ne bloquait les attaques que d´extrême justesse, perdait du temps dans des mouvements inutiles. Un coup de taille meurtrit son épaule, un second le cueillit au ventre, un troisième fit voler son épée au loin.
- Vous avez gagné, mon général.
- Ca ne me convient pas, bougonna Hendar. Vous ne vous donnez pas à fond.
- Je vous assure que j´ai fait tout ce que j´ai pu, mon général, répliqua Vladek en se massant l´épaule.
- C´est ce que nous allons voir.
Hendar Gorts lança son épée à Vladek qui l´attrapa au vol, puis en tira une autre d´un fourreau étendu sur un banc. Cette fois, il ne s´agissait plus d´une arme d´entraînement, mais d´une lame aiguisée, prête à tuer !
Avant que Vladek n´ait pu protester, le général était sur lui. Les épées s´entrechoquèrent dans un cliquetis d´acier, s´écartèrent puis se retrouvèrent. Hendar déchaîna sa violence, repoussant Vladek jusqu´à l´acculer contre un mur.
Le capitaine s´affolait vraiment, à présent. Hendar comptait-il le supprimer ?
Une botte adroite frôla sa cuise, une autre manqua lui entailler la joue. Vladek sentit que l´affrontement lui échappait. Il ne pourrait l´emporter à moins de se résigner à...
L´épée de Hendar s´abattit sur son flanc en une parabole étincelante et mortelle. Le capitaine comprit qu´il n´avait plus le choix.
D´un revers fluide et élégant, il para l´attaque de son adversaire avec une précision millimétrée. Dans le même mouvement, sa lame enroba celle du général et la lui arracha des mains.
- Que comptiez-vous faire ? questionna Vladek avec colère.
Les yeux de Hendar Gorts brillaient d´admiration.
- Simplement vous pousser dans vos derniers retranchements pour vérifier une hypothèse, répondit-il. C´était une parade-riposte tout droit issue du style Makashi, n´est-ce pas ?
Vladek sentit son sang se glacer. Hendar l´avait piégé ! Et si...
- Je pensais bien vous avoir déjà vu combattre ainsi, poursuivit le général. On dirait que vous connaissez parfaitement le Makashi, malgré vos origines paysannes, mais que vous le réservez pour les cas extrêmes.
- Où voulez-vous en venir ?
- Pas plus loin que le point où je suis déjà rendu, capitaine. A plus tard.
Hendar se rhabilla et quitta la salle d´armes.
Vladek resta sur place, abasourdi.
Après avoir confirmé Jusdol Torhân dans ses fonctions, Alexandre regagna les appartements royaux, satisfait.
Il y découvrit Namâric.
Le Paladin l´attendait, ombre noire immobile au centre du grand hall, pendant que l´Orgue jouait une musique sinistre.
- Vous vouliez me parler, déclara-t-il.
Alexandre congédia d´un geste les gardes qui l´escortaient et s´approcha du guerrier.
- C´est exact. Il me faut un rapport sur les forces et les agissements des Paladins Noirs à Dümrist. J´ai cru comprendre que vous étiez une dizaine et que vous lanciez des assauts la nuit contre les positions avancées d´Itraïr.
- Onze, en me comptant, corrigea Namâric. Et pour nos agissements, c´est exact. Ca n´arrêtera pas l´ennemi, mais je peux espérer le ralentir et miner son moral.
- L´idée d´assassins nocturnes capables de frapper n´importe où n´a rien de rassurant, approuva Alexandre. Mais pourriez-vous m´indiquer la fréquence de vos attaques ?
Namâric s´efforçait de dominer sa mauvaise conscience. Il avait déjà pris sa décision : quand l´Ordre lui enjoindrait d´éliminer le Prince, il obéirait sans hésiter. Mais jusque-là, il continuerait de le servir avec la plus grande loyauté. Cette hypocrisie l´écoeurait quelque peu, mais jamais il n´aurait pu contester les consignes de ses supérieurs. Sa vie aurait perdu tout son sens.
- Il me faut effectuer de longues reconnaissances avant de pouvoir passer à l´action, indiqua le Paladin. En conséquence, je peux mener une opération tous les quatre ou cinq jours.
- Quelle est la prochaine ?
- Dans deux jours, je pense abattre les Elfes basés dans le village de Gorien, à l´Ouest. Ensuite... nous verrons.
Alexandre réfléchit à ce plan. Gorien servait de point de dépôt pour quelques réserves de vivres de l´ennemi. Détruire ces réserves ne causerait qu´une gêne mineure, mais cela ferait toujours une épine de plus dans le pied d´Itraïr.
- Une décision sage, convint le Prince. J´espère que tout se passera bien.
- Ne vous inquiétez pas. L´efficacité de l´Ordre est sans faille.
- Comme sa loyauté, ajouta Alexandre. Votre aide nous est infiniment précieuse.
Ils se saluèrent et se séparèrent. Namâric se dirigea vers son quartier général en essayant de ne pas penser à l´immensité de la confiance qu´il s´apprêtait à trahir.
Assise dans le bureau d´Onorius de Finglä, Alice attendait.
Un serviteur l´avait conduite là quelques minutes auparavant et lui avait demandé de patienter. Quand elle avait voulu savoir pourquoi on avait besoin d´elle, l´homme lui avait simplement répondu :
- Il s´agit juste de vous tester.
Apparemment, elle n´avait pas à s´inquiéter. Elle se doutait bien que, vu les pouvoirs magiques dont elle disposait, le moment de sonder ses forces devait venir un jour.
Aussi fut-elle très surprise par la suite des événements.
La porte du bureau directorial s´ouvrit et Onorius apparut, tout sourire.
- Bonjour, jeune fille ! lança-t-il.
- Bonjour...
Alice restait dubitative. Ce vieux bonhomme à l´air gâteux et au crâne dégarni était vraiment le directeur de l´Académie de Magie ? Elle avait du mal à y croire.
- Je suppose qu´on t´a expliqué les raisons de ta présence ici...
- Ben, pas vraiment. J´ai compris qu´il fallait me tester.
Onorius s´assit en face d´elle, dans un grand fauteuil rembourré.
- Exactement. D´après son Altesse le Prince Alexandre, tu détiens des pouvoirs magiques considérables. Et c´est à moi qu´il appartient d´en déterminer l´ampleur.
- Mais comment ?
Le vieillard la regarda avec des yeux pétillants.
- D´une façon très simple. Tu n´auras qu´à me laisser faire.
Il ouvrit un tiroir et posa un objet rond sur la table. C´était un disque noir visiblement très lourd, orné de signes mystérieux.
- Tout ce que je vais te demander, c´est de fixer cet objet. Je me charge de le guider.
- Quoi ?
- Regarde-le et laisse-moi m´occuper de tout.
Alice n´y comprenait rien, mais elle choisit d´obéir et se concentra sur le disque noir.
Le front d´Onorius se plissa. Il braqua lui aussi ses yeux sur les signes et murmura quelque chose. Les inscriptions scintillèrent doucement.
Une minute s´écoula.
Il ne se passa rien d´autre.
Finalement, Onorius se redressa et d´appuya contre le dossier de son fauteuil.
- Alors ? s´enquit Alice.
- Alors rien, répondit le mage. Tu n´as aucun pouvoir.
- Quoi ?
Il désigna le disque noir.
- Normalement, cet objet change de couleur selon le pouvoir de la personne testée. L´échelle de teinte est la même que pour les décharges d´énergie magique : du rouge le plus sombre pour la faiblesse, jusqu´au blanc pour les plus grandes puissances, en passant par le jaune, le vert ou encore le bleu.
- Et pour moi...
- C´est resté noir. Tu es totalement dépourvue de pouvoirs magiques.
Alice se leva d´un coup.
- Mais c´est impossible ! A Kridath, je me suis servie de la magie ! Je ne l´ai pas inventé !
- Je ne saurais te l´expliquer, répondit Onorius. Cependant...
- Quoi ?
Le mage réfléchit un instant.
- Il me semble distinguer une trace de magie en toi. Une trace qui s´est même affaiblie quand j´ai tenté de l´examiner. Pas quelque chose que tu puisses utiliser mais plutôt...
Il soupira.
- Je ne sais pas. Si tu veux bien, je te demanderai de revenir ici pour être examinée par un collègue plus compétent dans cette branche.
- Bien entendu.
Incroyablement déçue, Alice se dirigea vers la sortie.
Le soleil était bas sur l´horizon quand Artus décida de s´arrêter.
- C´est fini, soupira-t-il. Nous ne trouverons rien ce soir. Il faudra dormir à la belle étoile.
Adrien s´assit sur le bord de la piste. Après cette nouvelle journée de marche, ses jambes commençaient à lui faire mal.
- Et comment allons-nous nous protéger des bêtes sauvages ? demanda-t-il.
- Je m´en charge, répondit le magicien.
Nurmill Aqlaï s´installa péniblement dans l´herbe et déplia l´épaisse couverture qu´elle portait dans le dos.
Adrien s´occupa de préparer la sienne et celle de son maître, puis tira des provisions de son sac. Les trois voyageurs partagèrent un dîner de pain et de fromage agrémenté de quelques fruits secs, sans beaucoup discuter.
Après le repas, Nurmill s´enroula dans sa couverture et s´endormit rapidement. Artus se leva et écarta les bras.
- Qu´allez-vous faire, maître ?
- Dresser une protection. Essaye de voir ce qui se passe.
Adrien hocha la tête et se concentra. Artus ferma les yeux, se raidit.
Le temps se figea.
Enfin Adrien crut sentir quelque chose, comme un bourdonnement qui aurait résonné dans son esprit. C´était aussi flou qu´auparavant, pourtant il tenta encore une fois de saisir le phénomène, tendit toute sa volonté vers cette étrange sensation...
Et tout lui apparut.
Le pouvoir d´Artus palpitait dans son corps, se rassemblait peu à peu dans ses mains. Adrien le voyait parfaitement, comme il aurait vu de l´eau ruisseler sur sa peau.
Un déclic s´était fait en lui, il comprenait tout. Avec une acuité qu´il ‘aurait pas crue imaginable.
La magie décidait enfin de se montrer.
Emerveillé, Adrien contempla le pouvoir qui vibrait en son maître. Il se sentait heureux. Heureux d´avoir compris. Heureux d´avoir enfin franchi cette étape.
Puis l´énergie s´échappa des paumes d´Artus, emplit l´air en un ensemble de lignes fines qui s´assemblèrent en une structure complexe avant de s´immobiliser.
Les lueurs orangées du crépuscule, qui inondaient à présent les collines, se reflétaient sur les lignes d´énergie entrelacées, rendant l´ensemble irréel. Adrien sentait chaque parcelle l´impressionnante puissance qui se dégageait du sort et continuait de l´admirer.
Artus baissa les bras, essoufflé. Il chancela quelques secondes avant de se ressaisir.
- Ca va, maître ?
- Ca va, haleta le magicien. Ca fait juste longtemps que je n´ai pas construit de sortilège de ce genre, et ça me fatigue.
Adrien jeta un nouveau regard aux courbes figées qui encerclaient le campement et demanda :
- Que vont faire ces lignes ?
- Repousser les animaux. Ca ne suffira pas à éloigner un être intelligent, mais n´importe quelle bête qui passera par là sera poussée par son instinct à quitter les lieux.
Puis, soudain :
- Comment ça, « ces lignes » ? Tu vois les lignes de force ?
Artus paraissait stupéfait.
- Je crois que je viens de saisir le truc, répondit Adrien.
Et, avec tout le naturel du monde, il appela le pouvoir. Cette fois, il n´eut aucun mal à concentrer son énergie dans sa main droite, l´entourant d´une aura de lumière blanche.
Artus, ébahi, finit par sourire.
- Eh bien ! s´exclama-t-il. A partir de demain, les choses sérieuses vont pouvoir commencer !
Dario chantait.
Le bourdonnement de la cloche de verre l´empêchait presque totalement de se concentrer, les cinq momies à l´extérieur ne semblaient attendre qu´une tentative d´évasion de sa part pour le mettre en pièces, pourtant il s´obstinait.
Il fallait qu´il s´échappe, qu´il retrouve Onorius et Tanaril, qu´il comprenne ce qui se jouait.
Il fallait qu´il protège Alexandre.
Les notes jaillissaient de sa gorge, la mélodie résonnait entre les murs de verre.
Son sort se construisait.
C œ ur ’ (petit test personnel, faites pas attention)
"Adrien sentait chaque parcelle l´impressionnante"
==>Manque pas un mot ici?
A part ça c´est vrai qu´il se passe pas beaucoup de trucs, par contre pour Hendar je me doutais de ce qu´il voulait...quant à savoir ce qu´il veut en faire...je te laisse le soin de nous le dévoiler au moment voulu.
Ah, et pour le test, on voit les références, hein! Malgré les différences, on reconnaît ici bien l´objet de ce cher Duom...héhé...
Ah, et euh....la suite!
(jamais rassasié
)
J´ai lu la Cathédrale de Kridath today (n´ayant rien à faire de la journée... ^^). Hum, comment dire... C´est génial. ![]()
Bon, c´est pas un commentaire des plus constructifs, ça sert à rien non plus de tenir tout le monde au courant de là où j´en suis, mais je peux pas m´empêcher de te féliciter alors je poste. ^^
J´aurais juste espéré pouvoir prendre cette 3e fic´ un peu plus vite en chemin, parce que c´est quand même 69 pages en caractère 10, m´enfin tant pis.
Je prends en cours de route, mais j´suis pas moins fan. ^^
Génial. (Comment ça je l´ai déjà dit ? Bon...)
J´aurais volontiers fait les mêmes remarques qu´Azerty, mais j´arrive trop tard.
Sur cette troisième fic, j´ai remarqué plusieurs fautes, mais vu la longueur ça peut se comprendre. Sûrement qu´on t´en a donné la plupart (dont toutes celles que j´ai remarquées XD). Par contre, une faute récurente : t´oublies presque toujours l´accent circonflexe de dû, p. passé de devoir (je précise, au cas où ^^).
Ah, et aussi, au début, lorsque Alice et Vladek rentrent à Dümrist, tu expliques que Vladek étant gravement blessé, ils ont dû ralentir la cadence... Mais c´est lui qui est blessé, pas le cheval qui les transporte, donc ils auraient dû aller plus rapidement quand même, non ?
Et étant donné qu´ils mettent une semaine pour revenir, sans nourriture, Alice devrait être dans un moins bon état.
Cette fois je me tais... Ah nan, une dernière chose : la suite ! ![]()
Merci d´avoir eu le courage de lire tout ça. En ce qui concerne ta dernière remarque, l´explication est simple : quand on transporte un blessé très profondément entaillé, dont la plaie peut se réouvrir au moindre choc, on ne fait pas galoper son cheval, sauf en cas d´urgence (comme sur la fin, puisque Vladek avait plus besoin de soins immédiats que de ménagement)
Et la nourriture, ça peut se trouver : Vladek avait des provisions dans ses fontes (c´est dit au tout début de la fic, au moment du départ) et quand on traverse des terres évacuées dans l´urgence, on peut sûrement y découvrir du bétail abattu, des sacs de grains oubliés, etc... OK, j´avoue, j´y avais pas pensé. Mais je peux l´expliquer.
"Merci d´avoir eu le courage de lire tout ça."
~~> Une fois qu´on a commencé, on peut plus lâcher. Merci de l´avoir écrit surtout. ^^
Et puis merci pour l´explication aussi. ^^ (Quoique le bétail abattu, ça ne doit ni être facile à ouvrir, ni facile à manger lorsque ce n´est pas cuit, et encore moins hygiénique. Mais les sacs de grains, j´y avais pas pensé.)