Bon, j'ai terminé L' île de Robert Merle, j'ai parfois eu l'impression de lire un traité de science po à certains moments mais les péripéties font écho à beaucoup de choses que beaucoup de monde connaît ( les dynamiques de pouvoir dans un groupe par exemple) donc j'ai pas eu de mal à rentrer dans le bouquin, les images venaient facilement. J'allais reprocher ses personnages un peu simples, j'allais même dire que l'auteur avait probablement rédigé des fiches pour chaque personnage et imaginé des intrigues entre ces personnages sans perspective d'évolution mais j'ai eu tort concernant le personnage principal et c'était vraiment bien.
Maintenant, j'ai profité d'un passage à Paris pour m'approvisionner chez Gibert Joseph. J'ai pris encore un peu au pif, Édouard Glissant, David Foenkinos ( ça vaut quoi ça?), Flaubert, des bouquins de grammaire d'arabe et un bouquin d'Urvoas sur le Sénat. "Océaniens" de Nicholas Thomas dans le sillage du livre de Robert Merle. Entre temps, je feuillette Les nouveaux rouges-bruns de Jean-Loup Amselle et ça fait écho de manière inattendue à l'actualité... Et ça me gave un peu en fait mais bon ![]()
Edit : c'est La délicatesse de Foenkinos, Bouvard et Pecuchet de Flaubert et La lézarde je crois d'Édouard Glissant, si ça dit quelque chose à quelqu'un... ( Flaubert j'imagine que oui)
Les livres de Foenkinos sont d'excellent combustibles ainsi que des papiers cul de qualité.
Il est à la littérature ce que François Hollande est à la politique.
Le 01 juillet 2020 à 17:19:56 Hoemazehn a écrit :
Bon, j'ai terminé L' île de Robert Merle, j'ai parfois eu l'impression de lire un traité de science po à certains moments mais les péripéties font écho à beaucoup de choses que beaucoup de monde connaît ( les dynamiques de pouvoir dans un groupe par exemple) donc j'ai pas eu de mal à rentrer dans le bouquin, les images venaient facilement. J'allais reprocher ses personnages un peu simples, j'allais même dire que l'auteur avait probablement rédigé des fiches pour chaque personnage et imaginé des intrigues entre ces personnages sans perspective d'évolution mais j'ai eu tort concernant le personnage principal et c'était vraiment bien.
Maintenant, j'ai profité d'un passage à Paris pour m'approvisionner chez Gibert Joseph. J'ai pris encore un peu au pif, Édouard Glissant, David Foenkinos ( ça vaut quoi ça?), Flaubert, des bouquins de grammaire d'arabe et un bouquin d'Urvoas sur le Sénat. "Océaniens" de Nicholas Thomas dans le sillage du livre de Robert Merle. Entre temps, je feuillette Les nouveaux rouges-bruns de Jean-Loup Amselle et ça fait écho de manière inattendue à l'actualité... Et ça me gave un peu en fait mais bonEdit : c'est La délicatesse de Foenkinos, Bouvard et Pecuchet de Flaubert et La lézarde je crois d'Édouard Glissant, si ça dit quelque chose à quelqu'un... ( Flaubert j'imagine que oui)
Bouvard et Pécuchet c'est très drôle. Pas lu La Lézarde, j'ai lu Tout-Monde mais c'est assez complexe.
Foenkinos ben je miserais pas dessus personnellement, même si je l'ai pas lu, je l'ai entendu.
PS : Philippe Djian ça vaut quelque chose ? J'ai adoré le film Elle de Verhoeven adapté de son Oh !. Mais je sais pas s'il est dans la horde des tocards de la litté française ou si c'est acceptable, un peu comme Carrère qui sans être un génie, est plutôt pas mauvais quand il fait des biographies (L'adversaire et Limonov c'était pas mal)
Le film et le bouquin se ressemblent pas du tout dans le ton, c'est du Verhoeven avant d'être une adaptation, comme d'hab avec lui.
C'est un de ces littérateurs qui rêvent d'être américain, en imitant toute la structure de la fiction contemporaine US et ses modèles génétiques, depuis la tentative d'écriture sérielle - doggy bag - jusqu'à la foi inébranlable en l'atelier d'écriture.
Sans être aussi insupportable que les mégères de chez POL et stock, je trouve ça absolument sans intérêt perso.
Par contre de deux trois vidéos que j'ai vues de lui ça a pas l'air d'être un mauvais type, ni un mauvais lecteur comme le sont indéniablement certains dans l'ultra-contempo. Mais bon de là à le lire, bof.
Curieusement, j'ai hésité pour Foenkinos, l'instinct a dû m'envoyer un signe à moins que ce soit le titre nul du bouquin qui m'ait mis la puce à l'oreille. Bon, c'est le risque quand tu prends un peu au hasard, tant pis je verrai bien
Ultra intégré dans le pire du système médiatique actuel, primé dans les distinctions bidonnées les plus honteuses - genre goncourt des lycéens -, mondains et mou du slip, y a 100% de chance que ce soit de la merde.
L'Île est trop long à mon avis, les péripéties à la fin s'étirent beaucoup trop, mais la structure du bouquin en confrontation des deux modèles qui doivent un moment ou l'autre s'affronter est intéressant je trouve. C'est rare que dans les robinsonnades on ait autant de personnages actants en même temps, et il arrive à bien renouveler le genre en en faisant une affaire de "comment fonder sa société" au lieu d'en faire un survival con qui ouvre fortuitement à la fin sur un discours général sur l'homme.
Dans le même thème insulaire il y a "Mardi" de Herman Melville et "Ile" d'Aldous Huxley.
Ouais voilà je l'avais vu en interview il faut moins de peine que Foenkinos ou Jean Teubé. Je me demandais au passage.
Un matin de Virgine de William Styron
Anna Karénine de Tolstoï, je m’essaye a la littérature russe.
Mémoires de porc-épic de Alain Mabanckou. J'aime beaucoup ce type.
^Très sympa mais aussi très léger, j'ai trouvé que ça s'effilochait sur la fin, mais le ton du porc-épic reste formidable.
Et en parlant de sorcellerie africaine:
En attendant le vote des bêtes sauvages (Kourouma). Très chouette. Regard bienveillant, amusé et fataliste sur une génération de débâcle en termes de leadership politique. Comme une sorte d'exorcisme sans doute, car "mieux vaut en rire". Il faut que j'aille voir qui sont les modèles historiques des personnages.
Je termine Crime et châtiment qui est le dernier gros Dosto que je n'avais pas encore lu puis je compte enchaîner sur ''La marche de Radetzky" de Joseph Rot
Le 05 juillet 2020 à 10:06:29 Everlasting a écrit :
^Très sympa mais aussi très léger, j'ai trouvé que ça s'effilochait sur la fin, mais le ton du porc-épic reste formidable.
Et en parlant de sorcellerie africaine:En attendant le vote des bêtes sauvages (Kourouma). Très chouette. Regard bienveillant, amusé et fataliste sur une génération de débâcle en termes de leadership politique. Comme une sorte d'exorcisme sans doute, car "mieux vaut en rire". Il faut que j'aille voir qui sont les modèles historiques des personnages.
Ah ça va je l'ai lu de deux traites, j'ai trouvé ça assez constant, dans la légèreté et l'autodérision, avec un fond assez cruel pour rester sérieux. Pour le coup c'est bien à faire lire à un collégien (Stoe ou autres professeurs, si vous passez par là).
Pas le livre du siècle, mais sympathique comme lecture, malin. J'aimerais bien trouvez Les sanglots de l'homme noir comme essai de Mabanckou, ça reste un intellectuel intéressant surtout.
Merci pour la recommandation, j'irai jeter un œil.
J'avais déjà essayé un extrait de African Psycho en soutien avec des 3e ça les avait pas chauffés de ouf.
Je suis clairement pas un fou du gars mais bon pour du contempo ça reste très lisible.
C'est écrit très correctement oui, malgré son obsession pour l'anus, ce qui y entre et ce qui en sort.
Le Charlatan de Isaac Bashevis Singer, sorti récemment. Feuilleton publié en 1966-1967 à la base. Compilé tardivement, traduit du yiddish à l'anglais tardivement, puis de l'anglais au français... enfin voilà. J'ai jamais trop compris pourquoi il voulait qu'on le traduise d'abord en anglais puis dans les autres langues d'ailleurs (certaines traductions du yiddish à l'anglais sont de Saul Bellow, sinon c'est son neveu ou un truc du genre qui s'en charge).
Le triomphe du singe-araignée de Joyce Carol Oates
J'ai jamais trop compris pourquoi il voulait qu'on le traduise d'abord en anglais puis dans les autres langues d'ailleurs
Parce que, comme Mishima, il appréciait la version anglaise traduite de son oeuvre globalement et qu'il jugeait pour des raisons pratiques que c'était plus utile, plus uniforme, que cette première traduction serve de pivot à celles dans des langues proches.
Si tu rajoutes à ça le fait que les éditeurs sont trop contents de se dispenser de la part relou et coûteuse du boulot consistant à mettre la main sur un spécialiste de langue rare + éventuellement un ou des relecteurs, t'en arrives à une pratique (la traduction-relais si je me plante pas dans la terminologie) assez répandue somme toute.
Je savais pas pour Mishima tiens. Je regarde rarement les traducteurs j'en connais peu.