Le 30 janvier 2025 à 13:09:59 :
L' obscène oiseau de la nuit (José Donoso).
Courage, c'est... ouais
Je me relis Fictions. Je ris. Je m'amuse. Encore et encore. Je respire mieux. À nouveau.
Les alcooliques anonymes ![]()
Pour ce début de mois j'ai lu Oro de Cizia Zÿke, et Comprendre l'époque d'Alain Soral.
Là je lis The Psychology of Money de Morgan Housel
L’affreux
Gatsby le magnifique
Rhinocéros
L’insoutenable légèreté de l’être
1984
Soit 5 livres depuis le 1er janvier, je suis content de mon rythme. Là j’ai attaqué ‘’les mémoires d’hadrien’’.
J'ai repris ma lecture des Sagas Islandaises. J'avais déjà lu celles d'Egill fils de Grimr le Chauve et de Snorri le Godi. J'ai donc enchaîné avec celle d'Eirikr le Rouge et le Dit des Groenlandais, très courtes l'une et l'autre, et à présent je suis sur celle des Gens du Val au Saumon. Une fois qu'on chope le truc, ça se lit très bien. Le premier truc étant de savoir sauter les généalogies où tout le monde s'appelle Thorsteinn, Thorkell ou Thorgerdr. Le deuxième étant d'accepter que les personnages et les péripéties sont archétypiques: la mort de l'un laisse place au destin de l'autre, et c'est comme une longue variation. On est toujours à la frontière de l'histoire et du mythe. Je trouve le ton fascinant: on se borne à l'essentiel, dans un style ultra-germanique on met en scène les mentalités rudes dans un pays rude, la loi du plus fort ou du plus malin, la magie paienne, les rêves et les prophéties, les décisions sages ou impulsives dont on ne sait jamais si elles ramèneront l'ordre ou si elles contiennent la graine du chaos. Violence sourde, sagesse, rouerie, prospérité, les sagas semblent dire qu'il y a un temps pour tout mais qu'une vie est faite de tout cela. Bref, j'entretiens ma fascination pour ce pays que j'ai aimé traverser de long en large il y a de cela... 15 ans.
J'avais déjà posté sur Munro. J'ai aussi lu en janvier: Nathanael West (G pour ta culture si ce n'est chose faite), Bruno Schulz (quel ennui), Schnitzler (sympa), Emecheta (toujours un plaisir).
La bible de jérusalem. Il était temps, un livre à lire une fois dans sa vie avant de mourir ?
Plus de 2 000 pages, je vais en avoir pour un moment... Objectif essayer de lire les textes sacrés des grandes religions pour tenter de percer ce mystère.
"Les réseaux secrets de la police - Loges, influence et corruption" de Frédéric Ploquin (sur la loge Athanor qui a fait la une il n'y a pas si longtemps). Où vous apprendrez combien coûte (en euros) une vie humaine.
Après avoir, il y a des années, découvert les récits de voyage dans le temps de Poul Anderson, je dévore ses Space Opera.
En ce moment, j'entame "Corsaire de l'espace", le dernier traduit au Belial.
Le 30 janvier 2025 à 20:13:13 :
Je me relis Fictions. Je ris. Je m'amuse. Encore et encore. Je respire mieux. À nouveau.
relu en janvier
Le 06 février 2025 à 21:35:28 :
J'ai repris ma lecture des Sagas Islandaises. J'avais déjà lu celles d'Egill fils de Grimr le Chauve et de Snorri le Godi. J'ai donc enchaîné avec celle d'Eirikr le Rouge et le Dit des Groenlandais, très courtes l'une et l'autre, et à présent je suis sur celle des Gens du Val au Saumon. Une fois qu'on chope le truc, ça se lit très bien. Le premier truc étant de savoir sauter les généalogies où tout le monde s'appelle Thorsteinn, Thorkell ou Thorgerdr. Le deuxième étant d'accepter que les personnages et les péripéties sont archétypiques: la mort de l'un laisse place au destin de l'autre, et c'est comme une longue variation. On est toujours à la frontière de l'histoire et du mythe. Je trouve le ton fascinant: on se borne à l'essentiel, dans un style ultra-germanique on met en scène les mentalités rudes dans un pays rude, la loi du plus fort ou du plus malin, la magie paienne, les rêves et les prophéties, les décisions sages ou impulsives dont on ne sait jamais si elles ramèneront l'ordre ou si elles contiennent la graine du chaos. Violence sourde, sagesse, rouerie, prospérité, les sagas semblent dire qu'il y a un temps pour tout mais qu'une vie est faite de tout cela. Bref, j'entretiens ma fascination pour ce pays que j'ai aimé traverser de long en large il y a de cela... 15 ans.J'avais déjà posté sur Munro. J'ai aussi lu en janvier: Nathanael West (G pour ta culture si ce n'est chose faite), Bruno Schulz (quel ennui), Schnitzler (sympa), Emecheta (toujours un plaisir).
Tu as lu quoi de Schnitzler ? C'est surtout un grand nouvelliste. Et la première œuvre littéraire sérieuse et accomplie (Dujardin c'est médiocre) en flux de conscience c'est lui (Le Sous-lieutenant Gustl)
J'aime bien Shulz, c'est vraiment le dessinateur-écrivain, quasiment gribouilleur impressionniste (quand son pote Witkiewicz était plutôt vraiment expressionniste soit dit en passant)
Je note pour West. Ça m'a l'air pas mal à priori.
Bon en parlant de Borges tout ça, Vila-Matas y a des trucs que c'est la peine ou c'est tout du borgesisme d'archiviste lettré non littéraire comme Bartleby et compagnie ?
Lu La Peau de chagrin de Balzac, qui aborde à sa manière le dilemme d’Achille : avoir une vie tranquille et longue ou une vie brève mais intense, en laissant courir l’idée d’une quantité d’énergie vitale propre à chaque être humain et que l’on peut choisir d’épargner ou de dilapider. Celle-ci est ici matérialisée par une “peau de chagrin”, une peau d’onagre, dont le protagoniste fait l’acquisition alors qu’il était sur le point de mettre fin à ses jours. Elle a le pouvoir d’exaucer tous ses désirs au prix d’un raccourcissement de la vie.
Je m’attendais à un roman plus franchement fantastique, en fait l’élément surnaturel semble surnager parmi un propos essentiellement réaliste et assez classique, avec par exemple son côté roman d’apprentissage ou bien le triangle amoureux, qui structurent davantage la narration que l’intrigue plus étroitement liée au talisman. J’ai trouvé que cela donnait un aspect d’un peu bancal à l’ensemble, sans toutefois être inintéressant pour autant ; pourquoi pas, ça ne m'a pas forcément déplu.
Ceci dit j’ai trouvé moins convaincante la façon dont est exploitée l'idée de la peau. Le fait que son possesseur finit par s’isoler chez lui en trouvant des astuces pour éviter de désirer quoi que ce soit laisse imaginer une peau dont le pouvoir serait à mon avis un peu trop “sensible”, et je n’ai pas vraiment accroché à l’idée de ce risque de souhait très accidentel qui en vérité n’a que peu ou pas d’impact sur son existence. J'ai trouvé que cela avait tendance à se substituer au véritable dilemme (vie durable ou vie intense et satisfaite) avec lequel on aurait sans doute pu jouer davantage, à travers des tentations, des choix impossibles à faire, etc, en somme une peau-outil magique dont on peut décider d'user en assumant les conséquences, davantage qu'une peau maléfique que l'on subit à tout va. Ici je ne peux qu'imaginer que le malheur du héros se noue fatalement à partir du moment où il accepte le don, signant ainsi son pacte faustien à lui.
Sinon j’ai apprécié ma lecture, en dépit de quelques longueurs qu’on aurait pu trouver dans quantité de romans réalistes. Je me demande quel genre de narration aurait pu donner l’idée d’une peau seulement métaphorique, comment aurait pu être traité ce problème de l’énergie vitale que l'on dépense et qui s’amenuise jusqu’à la mort.
J’avais toujours eu en tête l'image de ce classique (en abrégé, une version réclamée par la scolarité de mon frère il me semble) dans la bibliothèque de famille, sans que je ne l’aie jamais ouvert, et j’en gardais une impression de mystère causée par le titre et par le peu qu'on m'avait dit de la chose, je sais enfin de quoi il retourne.
Également pioché à la bibli municipale, qui ne comporte ici que peu de classiques, L’Œuvre d’Emile Zola, dont le thème me tentait autant que je redoutais son traitement. Ce roman qui a pour protagoniste Claude Lantier complète la saga des Rougon-Macquart avec une étude de cas qui s'enracine dans le milieu artistique de la deuxième partie du 19ème siècle.
Plus spécifiquement il aborde la vocation artistique dans ce qu’elle peut avoir de sombre et de mortifère, au travers notamment de la peinture, mais aussi de la littérature ou de la sculpture. A noter que pour ce roman Zola s’est nettement inspiré de sa propre vie et de personnes réelles : Cézanne, Manet, notamment, pour le peintre Claude Lantier, et lui-même mettant en scène ses opinions, ses soirées et son propre projet d’écrivain à travers le personnage de Sandoz.
En quoi l’art et la vie peuvent se trouver inconciliables, celui-là vampirisant celle-ci, la distance qui grandit entre la femme idéalisée et la compagne-modèle de chair et d’os, l’impuissance à créer, à matérialiser sa vision, la pauvreté ou encore le poids paradoxal de la reconnaissance, sont les drames pris en charge par une narration fiévreuse et abrupte, qui décrit parfois des réalités et des moments fort durs, voire ignobles (je pense par exemple au sort réservé à l’enfant complètement négligé de Claude et Christine).
L’art exige pour lui la création, la gestation, les difficultés de l’accouchement, il accapare la vitalité et l'esprit. Quand il gagne sur "la vie réelle", les corps, vivants ou morts, lui sont consacrés. Quand l'inspiration ou l'aptitude n'y est plus, il abandonne derrière lui une existence vidée, absurde et en suspens. La décomposition, qu’elle soit mentale, amoureuse, amicale, menace de s'étendre sur ce qu'il avait pu d'abord réunir, unifier, composer, maintenant pomme de discorde jetée au milieu des festivités. On assiste ainsi au triste délitement d’un groupe d’amis qui partageaient un même enthousiasme pour l'art, au moment où dans les salons la modernité essaie de se faire une place aux côtés des œuvres de facture classique ; l’intérêt, la divergence, l’embourgeoisement, en viennent peu à peu à mesquinement saper la complicité et la bonne entente. Egalement à la dégradation cruelle de la passion amoureuse, à laquelle se substitue un rêve et un désir égoïstes de Pygmalion.
J’ai bien apprécié la plongée dans le monde artistique de l'époque, avec ses Salons et ses “Refusés”. Zola en imagine l’obscurité de l’académisme être percée par les éclaircies des œuvres “pleinairistes”.
Donc une bonne découverte pour moi, j’avais du mal à décrocher de la lecture. Ca m'incite à laisser un peu plus souvent sa chance à Zola, pour lequel j’ai toujours eu une affection plutôt mitigée. Ici, même s’il y avait bien sûr des choses que j’appréciais moins, par exemple la façon peut-être un peu grossière de glisser son propre projet dans la bouche d'un personnage, dans l’ensemble c’est une œuvre assez déchirante dont j’ai pu noter la certaine franchise dans la cruauté de ces formes d'existence et de relation soumises à l'exigence de création comme à un tiers destructeur.
@G:
- De Schnitzler j'ai lu La Nouvelle Rêvée, c'était le seul en rayon et la mention érotisme / Kubrick a suffi à me convaincre. La scène culminante m'a laissé sur ma faim mais j'ai apprécié la ballade nocturne hallucinée qui m'a rappelé Meyrinck, et aussi le thème éros - thanatos en filigrane. Avec le fait que j'aurai bientôt l'âge de faire une crise de la quarantaine, je kiffe de plus en plus tout ce qui tourne autour de la jalousie, adultère, aliénation, cynisme, distanciation. Chez Schnitzler, on sent qu'il remue un bourbier assez malsain, sans doute autobiographique, et qu'il crée un fantasme de rédemption auquel il ne croit pas, tant il paraît immédiatement lointain, hors-de-portée, condamné. En définitive, en fait d'érotisme le docteur reste de marbre, et son côté torturé m'a paru bien sombre.
- Je te rejoins complètement sur le côté gribouilleur impressioniste de Schulz. J'ai eu l'impression que le texte illustrait ses dessins plutôt que l'inverse, et je me suis demandé ce qui lui avait valu son statut au niveau littéraire.
- Pour Vila-Matas j'ai rien lu d'autre que Bartleby & co, qui était vraiment un exercise méta assez stérile, bien que louable dans l'intention et quand même amusant. Du côté anglophone, j'irais voir dans la littérature expérimentale, par exemple Wittgenstein's Mistress de Markson et Autobiography of Red de Carson, deux OVNIs qui ont le mérite d'être véritablement hypnotiques et désarçonnants (et drôles).
Là je lis My Cousin Rachel (Daphne du Maurier) et ça part bien.
J'ai lu quelques bails sur le Rwanda, là je suis sur Chaka de Mofolo et je vais enchaîner avec Magie Noire de Paul Morand.
Si vous avez des recommandations sur l'Afrique noire ou les Îles, allez-y. N'importe quoi qui vous ait marqué
Afrique noire :
Saison de la migration vers le nord
En attendant le vote des bêtes sauvages
L'aventure ambiguë
Une si longue lettre
Pour les îles à sucre :
Le Quatrième siècle
L'esclave vieil homme et le molosse
Tout-Monde (faut un certain courage pour s'y plonger, c'est une forme de cri primal tout près de soi)
Poésie (haïtienne ça tabasse type Depestres et Frankétienne + Glissant)
Non exhaustif évidemment, certains adorent La Vie et demie (pionnier de la littérature de dictateur Africaine, trop décousu et pourtant on voit les fils) ou Dongala (pur exotisme, irritant, comme Mabanckou)
Cimer, c'est parfait ![]()
Le 18 janvier 2025 à 11:48:34 :
Le 15 janvier 2025 à 17:35:14 :
Anna Karénine (édition Folio classique, pour la traduction de Mongault).Il est temps pour moi de m'imprégner des classiques russes (et pas seulement). Je me suis constitué une "petite" pile.
je te conseille Les Vaincus d'Irina Golovkina , un vrai chef d'oeuvre
Merci, c'est noté. Je ne connaissais pas du tout. ![]()
Baise ton prochain de Dany-Robert Dufour : un livre qui apparaît comme le logiciel caché du capitalisme.
Il se trouve que Dany-Robert Dufour a eu accès à un texte étonnant, complètement oublié ou presque, datant de 1714, de l'époque même où ce système s'est mis en place et qui pourrait considérablement renouveler les analyses permettant de savoir dans quelle galère au juste nous sommes embarqués.
https://www.parislibrairies.fr/livre/9782330157135-baise-ton-prochain-une-histoire-souterraine-du-capitalisme-dany-robert-dufour/
J'ai abandonné Cosmopolis de DeLillo
J'avais pas mal aimé un recueil de nouvelles de cet auteur mais là ce roman c'est de la belle fumette. Prétentieux et qui n'a ni queue ni tête
Ça fait le deuxième roman américain en un mois que je lis avec pour thème la finance au début du XXIème siècle et le deuxième que j'abandonne 